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06 janvier 2011

La Voix du 14ème et ses lecteurs

Janvier est généralement le temps des bilans. Celui de la Voix en 2010 est plutôt bon, puisque le nombre de visites et de lecteurs a été en constante augmentation. En décembre, il y a eu 16.400 visites et plus de 60.000 pages lues : ce qui indique, qu’en moyenne, un lecteur consulte quatre pages. En décembre, on a aussi compté plus de 6.400 « visiteurs uniques ». Les visiteurs uniques sont ceux qui reviennent plusieurs fois.  En fait, les visiteurs uniques sont le nombre de microordinateurs différents, qui se sont connectés pendant le mois.

Merci à tous ces lecteurs, qui nous font confiance.

Merci à l’équipe de rédaction, qui, tous les jours de l’année, glane des infos, rédige des notes et met à jour notre site.

 

Mais ce site est aussi le votre, et vous pouvez y participer. Nos colonnes sont ouvertes.

Vous avez vu un film ? lu un livre ? vu une pièce ? Envoyez nous votre critique. Une critique gastronomique ? Pourquoi pas.

Mais aussi, des infos sur  la vie de l’arrondissement, des figures de quartier. Ou un coup de gueule, ou alimenter le coin des râleurs, etc…

On serait simplement tenté de vous demander de le faire avec objectivité. Idée qu’un connaisseur, Dominique Gerbaud, récuse ainsi : le journaliste est subjectif, le lecteur est subjectif. Mais alors, l’objectivité ?  Eh bien, c’est la rencontre harmonieuse de deux subjectivités.

A.C.

Nous écrire

05 août 2010

Vacances ou vacance ?

Ce sont les vacances ! la magie du mot fait son œuvre, car celle-ci sous-tend, découverte, inconnu,  fils du hasard. L'imprévu a ici toute sa chance de surgir. « Vacances » est un mot qui nous précède dans la rupture avec le passé récent, passé couleur gris-souris, où les brumes du banal ont contaminé les soleils du rire.

Mais c'est aussi un mot qui porte en son sein le sens d'une interrogation. Vacances , oui... mais pour quoi faire ? Une première réponse pourrait être : «  rien ». Mais cela est bien contraire à l'état habituel de conscience que nous portons en nous. Les vacances devraient nous permettre d'accéder à l'horizon caché de nous-mêmes ou redécouvrir autrui, se réapproprier le sens fondamental de la vie. A ce niveau de signification , le mot «  vacance » prend son entière plénitude lorsqu'il s'accompagne d'un voyage vers la transcendance, vers l'au-delà.

Un petit livre écrit par Michel Hubaut, franciscain prédicateur au « Jour du Seigneur » et collaborateur à la «  Croix-Evénement » a attiré mon attention par les chemins qu'il ouvre à notre réflexion. Ce livre : « les Chemins du silence », remet en selle les valeurs essentielles, à la fois humaines et spirituelles qui devraient nous tenir en éveil. Je cite : «  Retrouver la saveur des plaisirs simples... marcher très tôt le matin sur le rivage de la mer... Respirer le parfum des embruns de notre berceau originel... Ecouter le silence des montagnes enneigées...Retrouver quelques vertus à la paresse... Admirer l'habileté besogneuse d'une fourmi...Regarder et écouter un arbre, une fleur, un caillou... Ecouter la musique du silence »... Et cette dernière citation qui me paraît aller au coeur de notre sujet : « Celui qui ne sait pas écouter la musique de la Création, ne saura pas écouter les autres et encore moins le silence de Dieu ».

Poursuivant ma lecture, le chapitre consacré à « la face lumineuse et à la face nocturne du silence « m'a vraiment ébloui. L'auteur y parle du silence de la patience, du silence de la prudence, du silence de la compassion, du silence de l'humilité. Mais il parle aussi du silence de l'indifférence et du mépris, de la rancune, de l'orgueil, de la trahison ou de la complicité.

A partir de ces quelques citations, chacun pourra parfaire son itinéraire personnel et découvrir les sources d'un nouvel enchantement, celui de la vie qui nous a été donnée.

" Vacance (s) " ? Un mot qui nous propose les outils nécessaires pour défricher un pays abandonné à lui-même, où les jachères de l'habitude étouffent la clairvoyance de l'esprit. « Vacance (s) ? Un mot joyeux qui permet de parcourir les prairies ensoleillées de l'âme.

R.R

 

01 juillet 2010

Une pensée par jour, de l'abbé Pierre

Chacune de nos actions, même la plus banale et la plus quotidienne, se vit secrètement dans cette intimité amoureuse avec Dieu.

Je ne souhaite à personne de souffrir, mais constatant que la souffrance fait partie de la condition humaine, sachons vouloir que cette malédiction devienne le lieu et le temps d'un véritable approfondissement et élargissement du cœur de l'homme.

Gardons-nous de faire la leçon à ceux qui souffrent. Gardons-nous de leur faire de beaux discours, fut-ce sur la foi. Ayons cette pudeur, cette discrétion qui nous rend présent par un geste affectueux, attentif, et discrètement priant...

Etre charitable, ce n'est pas forcément donner, c'est avoir été, être blessé de la blessure de l'autre. C'est aussi unir toutes mes énergies aux siennes pour guérir ensemble de son mal devenue le mien.

Dieu, parce qu'Il est substantiellement Amour, ne demande qu'à pardonner. C'est pourquoi  Il ne nous condamnera jamais comme un tribunal. C'est l'homme, par le péché, par l'orgueil, qui se condamne lui-même, qui se coupe volontairement de la lumière.

Pour que le partage soit vrai, il faut le mettre en œuvre en commençant par les plus démunis.

On n'est jamais heureux que dans le bonheur d'un autre.

26 juin 2010

Une pensée par jour, de l'Abbé Pierre

Si « l'aimer comme moi-même » ne signifie pas le servir avant moi s'il est moins heureux que moi, qu'est-ce cela signifie ?

L'espérance chrétienne, c'est l'espérance que nos attentes ne seront pas déçues.

Etre heureux sans les autres, ou bien être heureux avec les autres... Ce choix, qui est à refaire chaque matin, est le plus fondamental qui soit.

Tout exemple, même tout petit, montrant que l'on choisit ce qui n'est pas le plus facile, ce qui n'est pas le plus égoïste, et qu'on le fait par amour, tout exemple de ce type, en fait, est contagieux. Il rayonne comme le mal. Car celui-là aussi est contagieux.

Non, la vie n'est pas un rêve ni un plan de l'homme ; elle est un acquiescement. Dieu nous guide par les évènements, à nous de dire oui ou non.

Oui, vivre c'est pouvoir aimer, c'est-à-dire entendre en nous la voix d'amour infini qui dit : « Si tu veux... et tu peux puisque Je suis avec toi, si tu veux être avec Moi ».

Je crois en Dieu et je pense que seul Son Amour, Son Etre hors du temps, peut clarifier cette petite et immense réalité qu'est chaque personne.

L'absurde absolu pour un humain, c'est de se trouver vivant sans raison de vivre.

11 février 2010

Décès de Lionel Assouad

Lionel Assouad  avait été  élu maire du XIVe  en 1983. et pendant près de vingt ans, avait exercé ses fonctions auprès de ses administrés. Il était né le 12 août 1930 à Paris. Ancien directeur d'un groupe industriel, il avait servi sous le général de Gaulle dans divers cabinets ministériels et avait été conseiller municipal de 1971 à 2001. Durant trois mandats il restera le maire de notre arrondissement, mais ne se représentera pas pour un quatrième mandat en 2001. Le XIVe alors, basculera de la droite vers une municipalité de gauche, présidée par Pierre Castagnou. Au Conseil de Paris, Jean-François Lamour, président du groupe UMP  a déclaré : c'était un maire qui avait à cœur de cultiver une réelle proximité avec les habitants du XIVe. A la mairie, les drapeaux ont été mis en berne, et l'actuel maire, Pascal Cherki a exprimé sa tristesse devant la disparition de l'ancien maire.

Le vendredi 12 février à 10h 30, les obsèques de Lionel Assouad auront lieu en l'église Saint Philippe du Roule ( VIIIe).

01 janvier 2010

Meilleurs voeux pour 2010

voeux enneigés pour l'année 2010 photo Marie Belin+texte.jpg

Inscrits dans la neige du Jardin Atlantique - Photo Marie Belin

30 juillet 2009

Vacance(s)

S'il est un temps où le mot « vacance »  résonne d'une musique particulière, c'est bien cette époque charnière où l'année prend ses quartiers d'été . Eté partagé par une ligne d'horizon invisible mais sensible à tout un chacun,  où  l'atmosphère retient son souffle, où le ciel semble faire le point pour déterminer la direction à trouver, où les nuits et les jours s'accouplent  de façon équilibrée pour ralentir le cours du fleuve « Temps », pacifier ses berges, gommer ses aspérités, réduire ses fractures, apaiser ses sautes d'humeur, bref, trouver la bonne vitesse qui fera naître en chacun, une forme de quiétude, de sérénité propre à la méditation, à cette lévitation de l'esprit que tout être humain attend de façon inconsciente, mais qui in fine, crée un espace, une « fenêtre » intérieure, ouverte sur le monde de l'esprit, sur l'espace, la forme visible de l'infini.

Ne nous privons pas de ce temps régénérateur, fortifiant. Le calme en est le bain de jouvence ; le silence : la clé d'un chant d'azur ; la paix : la musique qui efface le grondement souterrain des passions. Ce temps qui nous est prêté est ce trésor inconnu, peut-être caché sous nos pieds, mais que nous ne savons pas découvrir par faute de ne savoir regarder que les fantasmes d'un avenir toujours lointain, fuyant, insaisissable. Savoir s'arrêter. Là, est la porte ouverte des vacances !

R.R

15 juin 2009

Les résultats des élections européennes

Du 4 au 7 juin 2009, 375 millions d'Européens étaient appelés à élire leurs 736 députés qui siègent au Parlement européen situé à Strasbourg. Le taux de participation s'élève à 49,67 % à Paris contre 40,48 % sur le plan national.

Ont été élus dans la région Ile-de-France :

Quand l'Europe veut, l'Europe peut - Majorité Présidentielle - UMP - Nouveau Centre - la Gauche Moderne conduite par Michel Barnier : M. Michel BARNIER, Mme Rachida DATI, M. Jean-Marie CAVADA, Mme Marielle GALLO
M. Philippe JUVIN

Europe Ecologie avec Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové
M. Daniel COHN BENDIT, Mme Eva JOLY, M. Pascal CANFIN, Mme Karima DELLI

Changer l'Europe maintenant avec les socialistes
M. Harlem DESIR, Mme Pervenche BERES

Front de gauche pour changer d'Europe
M. Patrick LE HYARIC

Démocrates pour l'Europe liste soutenue par François Bayrou
Mme Marielle DE SARNEZ

Résultats pour le 14ème arrondissement
Il y a eu 52,84% de votants dans le 14ème arrondissement, c'est mieux que dans le reste de Paris et beaucoup mieux que la moyenne française, mais encore très peu ! Mais pouvait-on attendre autre chose d'une campagne qui n'était même pas menée par les candidats au parlement européen mais par les leaders des partis politiques. J'ai vu plusieurs électeurs qui étaient totalement désorientés car ils ne retrouvaient pas les noms des personnes qu'ils avaient entendues pendant la campagne électorale...

Les vainqueurs sont ceux qui ont centré leur campagne sur l'évolution du Parlement européen. Je crois que les électeurs sont plus mûrs que les partis politiques et les médias ! C'est assez dur d'avoir eu l'impression de ne pas disposer de l'information nécessaire pour élire les futurs membres du Parlement européen dont les pouvoirs sont pourtant élargis ; il va falloir apprendre à se servir des groupes d'influence pour obtenir les lois européennes qui nous semblent justes.

Vous pouvez cliquer sur lire la suite pour avoir tous les résultats

Vous trouverez  aussi des renseignements sur le Parlement européen, son fonctionnement, sur les listes électorales, les élus dans toute l'Europe... sur différents sites :

Fondation Robert Schumann : http://www.elections-europeennes.org/ http://www.europarl.europa.eu/elections2009/default.htm?l...
http://www.touteleurope.fr/fr.html
http://info.france2.fr/elections/europeennes-2009/

M.G.V

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24 mai 2009

Le vol de la mort, Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la Paix

Le terrible procès destiné à faire taire l’opposante birmanne Aung San Suu Kyi, montre bien, s’il en était encore besoin, que les prix Nobel de la Paix, sont très souvent très maltraités dans leur propre pays, comme l’illustre le récit qui suit: 32 ans après, Adolfo Perez Esquivel, argentin, prix Nobel de la Paix 1980, raconte le jour où les dictateurs argentins ont tenté de l’assassiner, par défénestration d’un avion. Habitant le 14ème, Francis Gély, ami du prix Nobel de la Paix 1980, a transmis ce récit à La Voix, qui le publie pendant les trois jours qui viennent. Troisième partie:

Je me souvenais des compagnons et des compagnes du Serpaj, de mon fils aîné, Leonardo, de sa résistance et de son travail pour la défense des droits des peuples; il était très jeune et avait beaucoup d’enthousiasme et d’engagement pour accompagner les organisations qui émergeaient du drame que vivait le peuple. Je me souvenais de ceux qui donnaient leur vie pour donner la vie et qui, de l’endroit où ils se trouvaient, résistaient avec dignité, comme ce groupe de femmes (de la Place de Mai) avec lesquelles nous partagions la douleur, la résistance et la force de la prière oecuménique. Elles surmontaient toutes les barrières culturelles, idéologiques et politiques, unies pour savoir où l’on avait amené leurs fils et leurs filles. Nous avons appris à tisser des réseaux solidaires.
Pendant ce temps intemporel, sans dimension, le vol de la mort continuait, jusqu’à ce que le pilote dise à voix haute: “Je reçois l’ordre d’aller à la Base Aérienne de Moron avec le prisonnier”. Alors, l’avion longe la côte et se dirige vers la base de Palomar. C’est un édifice peint de couleur jaune déjà un peu délavée par le temps. L’avion atterrit sur la piste et stationne près de cet édifice. Je reste avec le gardien armé. Le pilote et les officiers se dirigent vers l’édifice. Je ne sais plus combien de temps cela dure, sans doute plus de deux heures; je crois que c’est alors qu’on décide ce que l’on va faire de moi. La pression internationale était intense, pression des églises, des gouvernements, des organisations sociales et culturelles et des organismes internationaux.
Quand le pilote et les officiers reviennent, ils disent: “Soyez content, nous vous amenons à la prison U9, la Nouvelle Unité”; je crois bien que j’ai été vraiment content qu’ils me conduisent en prison, car l’autre alternative, c’était la mort.
En ce jour du 5 mai de l’année 1977, j’ai rendu grâce à Dieu et à la vie de pouvoir continuer la lutte et la résistance dans l’espérance. Je sais que cette lutte et cette résistance ne sont toujours pas terminées. Il faut continuer malgré toutes les erreurs commises comme, par exemple, la remise du patrimoine du peuple à la voracité des entreprises internationales et toutes les trahisons de ceux qui ont vendu notre pays. Il faut récupérer les valeurs, l’identité, le sens de la vie et la dignité de notre peuple. Pour que ceux qui ont donné leur vie pour donner la vie, dans leur lutte et leurs espoirs, ne l’aient pas fait inutilement.
32 années après, il faut continuer à construire dans l’espérance. Malgré tout.
Adolfo Pérez Esquivel.
Buenos Aires, le 5 mai 2009.

23 mai 2009

La vol de la mort, Adolfo Perez esquivel, prix Nobel de le paix 1980

Le terrible procès destiné à faire taire l’opposante birmanne Aung San Suu Kyi, montre bien, s’il en était encore besoin, que les prix Nobel de la Paix, sont très souvent très maltraités dans leur propre pays, comme l’illustre le récit qui suit: 32 ans après, Adolfo Perez Esquivel, argentin, prix Nobel de la Paix 1980, raconte le jour où les dictateurs argentins ont tenté de l’assassiner, par défénestration d’un avion. Habitant le 14ème, Francis Gély, ami du prix Nobel de la Paix 1980, a transmis ce récit à La Voix, qui le publie pendant les trois jours qui viennent. Deuxième partie:

J’ai demandé où l’on m’emmenait mais le silence était absolu. Je connais parfaitement la zone que nous survolions car, pendant des années, j’ai navigué dans cette région. Je pouvais voir le Parana de Las Palmas, le Parana Mini et le Parana Guazu, la Barra de San Juan, la ville de Colonia (en Uruguay) et les lumières de Montevideo. Ce parcours était inexplicable ainsi que le temps que nous avons passé en l’air en tournant en rond sans prendre aucune destination.
Les gardes parlaient entre eux à voix basse et l’un d’eux s’approcha pour vérifier comment étaient les chaînes qui m’attachaient au siège et contrôler le cadenas. Je le sentait très nerveux et troublé, mais il restait silencieux et n’osait pas me regarder. Quelque chose devait arriver mais je ne savais pas quoi, bien que je pressentais ce que cela pouvait être. Les militaires attendaient un ordre pour savoir ce qu’ils devaient faire de moi. Puis, le pilote appelle l’officier et ils se parlent à voix basse. Je comprend qu’il lui dit: “ Nous attendons un ordre”.
Beaucoup de souvenirs se pressaient dans mon esprit et dans mon coeur; cependant j’étais serein et ma force venait de la prière, de la foi et de l’engagement assumé auprès des peuples de l’Amérique Latine et de l’Argentine, de mon appartenance, des valeurs et de la lutte pour la vie face aux dictatures militaires. Je me souvenais des êtres chers, de mon épouse et de mes enfants; aujourd’hui 7 mai, c’était l’anniversaire de mon fils Ernesto et j’éprouvais la douleur de ne pouvoir être avec ma famille pour le célébrer ensemble et partager. L’incertitude de ne pas savoir si je m’en sortirais vivant.
J’étais informé du fait que la dictature militaire ordonnait de jeter des prisonners depuis des avions dans le Rio de La Plata et la mer. A Genève, à l’Association Internationale des Juristes, j’avais pu voir quelques micro-films montrant des cadavres de prisonniers que le courant du fleuve avait fait échouer sur la côte uruguayenne.
L’avion continuait à tourner entre la côte et le fleuve. Il faisait très froid et le temps s’écoulait interminable dans une attente incertaine chargée de tensions et d’une odeur de mort dans ce vol qui allait vers nulle part.
Le matin et le soleil commençaient à s’éveiller après une nuit chargée de présages et d’incertitudes. Je demeurais enchaîné dans l’avion sans possibilité de faire le moindre mouvement, sans réponse à mes questions avec seulement quelques regards furtifs et le chuchotement de leurs conversations avec leurs armes toujours sur les genoux. Je me demandais si j’étais arrivé à la limite de la vie, si tout ceci était la fin et j’essayais seulement d’aspirer l’air comme si c’était la dernière bouffée de vie.

(suite demain)

22 mai 2009

Le vol de la mort, Adolfo Perez Esquivel, Prix Nobel de la paix 1980

Le terrible procès destiné à faire taire l’opposante birmanne Aung San Suu Kyi, montre bien, s’il en était encore besoin, que les prix Nobel de la Paix, sont très souvent très maltraités dans leur propre pays, comme l’illustre le récit qui suit: 32 ans après, Adolfo Perez Esquivel, argentin, prix Nobel de la Paix 1980, raconte le jour où les dictateurs argentins ont tenté de l’assassiner, par défénestration d’un avion. Habitant le 14ème, Francis Gély, ami du prix Nobel de la Paix 1980, a transmis ce récit à La Voix, qui le publie pendant les trois jours qui viennent. Première partie:

Chacun garde dans sa mémoire les faits et les événements qui ont marqué sa vie. Ces événements personnels ne sont pas isolés dans la vie du peuple, la situation du pays, et dans la communauté  de chacun.
Je me trouvais en Equateur où je participais à la rencontre des Evêques Latino-américains qui avait lieu a la Casa de Santa Cruz, à Riobamba dans le Diocèse de Monseigneur Leonidas Proaño. C’est là que nous avons appris l’assassinat de Monseigneur Angelelli en Argentine. C’était un des évêques invités qui n’avait pas pu venir à cette rencontre. L’Archevêque de Santa Fé en Argentine, Monseigneur Vicente Zaspe était aussi avec nous.
La répression militaire équatorienne envahit la maison de retraite pour arrêter les 17 évêques et les religieux et les laïques qui s’y trouvaient. Nous avons été détenus et emmenés dans une prison militaire à Quito à quelques 300 kilomètres de là. Ce fut une des opérations continentale du Plan Condor, imposé par la Doctrine de la Sécurité Nationale lancée par la direction des Etats-Unis dans les régimes dictatoriaux de l’époque.
A mon retour en Argentine après ma libération en Equateur, j’ai été détenu au Département Central de la Police Fédérale, le 4 avril 1977, anniversaire de l’assassinat de Luther King. C’était le premier jour de la Semaine Sainte. C’était des moments de forte tension et de résistance spirituelle. Puis, j’ai été emmené à la Superintendance de la Sécurité Fédérale, un centre de torture où j’ai été enfermé dans un “tubo”, une sorte de cachot petit et malodorant avec tous les restes des prisonniers précédents. C’est en cet endroit que sont passés aussi les Graiver et Hérald, le Directeur de Buenos Aires, ainsi que Robert Cox, parmi bien d’autres. C’était un endroit où passaient les prisonnièress qui étaient transférées vers d’autres prisons en leur promettant qu’on allait les libérer.  Mais, quand elles sortaient dans la rue avec l’Etat de Siège, on les enfermait à nouveau.
Le 5 mai 1977, de très bon matin, le gardien ouvre la porte du cachot et on me fait sortir pour m’emmener dans un bureau où ils m’apprennent que je vais être transféré. Ils ne me donnent aucune autre information. Un officier est chargé de m’accompagner avec deux autres officiers et deux sous-officiers qui me mettent les menottes et me font monter dans une voiture cellulaire où je suis enfermé dans un compartiment si étroit que je suis obligé de rester debout.
Après un parcours d’environ une heure et demie, on s’arrête et je vois que nous sommes à l’aérodrome de San Justo, une pancarte me permet de l’identifier, près d’un hangar d’où est tracté un petit avion. On me fait monter et on m’enchaîne sur le siège arrière. Là se trouvent le pilote, le co-pilote et les officiers et sous-officiers qui sont venus me chercher à la Surintendance de la Sécurité Fédérale. Ils sont armés de mitrailleuses et l’avion prend la piste et s’élève en se dirigeant vers le Rio de La Plata.
(suite demain)

21 mai 2009

Adolfo Perez Esquivel, Prix Nobel de la Paix

Le récent et terrible procès destiné à faire taire l’opposante birmanne Aung San Suu Kyi, montre bien, s’il en était encore besoin, que les prix Nobel de la Paix, sont très souvent très maltraités dans leur propre pays, comme l’illustre le récit qui va suivre.
Francis Gély, est une figure bien connue dans le 14ème. Il a vécu en Amérique latine, où il a rencontré Adolfo Perez Esquivel, peintre, sculpteur et Prix Nobel de la Paix en 1980, qui est devenu son ami.
Esquivel,Perez.jpgAdolfo Perez Esquivel est né en Argentine, à Buenos Aires, en 1931. Il est diplomé de l’Ecole Nationale des Beaux Arts et de l’Université de La Plata et il a enseigné pendant plus de 25 ans. Il a réalisé de nombreuses œuvres reconnues dans le monde entier.
Dès la fin des années 60, il travaille avec les organisations populaires En 1974, il est élu Coordinateur Général du SERPAJ, le Service Paix et Justice, un mouvement de chrétiens en Amérique Latine qui luttent pour la libération du continent par des moyens non-violents. En 1975, Adolfo Perez Esquivel a été arrêté par la police militaire brésilienne, puis emprisonné en 1976 en Equateur avec des évêques latino-américains et américains. En 1977, à Buenos Aires, dans les prisons de la Police fédérale argentine, il a été torturé, détenu sans procés et a été libéré au bout de 18 mois. En prison, il a reçu, entre autres distinctions, le Prix du Mémorial de la Paix Jean XXIII.
En 1980, le Prix Nobel de la Paix lui a été attribué pour ses engagements dans la défense des Droits de l’Homme. Depuis cette date, il parcourt le monde et continue son combat non violent pour lutter contre les injustices et pour la défense des peuples opprimés. Il a publié plusieurs livres, dont « En cheminant avec le Peuple » en 1975, et un entretien édité directement en français, chez Desclée de Brouver, où il raconte les nombreuses péripéties de sa vie mouvementée, dont le titre est: « Cultivons la Paix ».
Francis Gély traduit et diffuse ses écrits en français. Il vient de recevoir un récit de Adolfo Perez Esquivel, qui raconte la terrible journée du 5 mai 1977, où il échappe de peu à la mort horrible qui lui est promise, comme à bien d’autres, par défénestration d’un avion au dessus du Rio de la Plata.
Après l’avoir traduit , Francis Gély, a transmis ce récit à La Voix du 14ème, journal chrétien d’information, récit que Esquivel conclut ainsi : « 32 années après, il faut continuer à construire dans l’espérance. Malgré tout.”. La Voix publie ce récit pendant trois jours consécutifs, à partir de demain.
A.Constans

10 avril 2009

« Quelle heure est-il ?»

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Montée au calvaire - Pietro Lorenzetti, basilique d'assise, 1317

« L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. »
À la demande de quelques grecs sympathisants à la foi juive qui se demandent s’il n’est pas le Messie tant espéré, Jésus répond par un chemin détourné. À nos désirs intérieurs de voir Jésus, il nous est donné de méditer l’image d’un grain de blé qui tombe en terre pour porter du fruit.
De Cana jusqu’à Jérusalem, le Christ s’est donné à contempler à tous ceux qui l’ont approché. Peu ont saisi sa véritable identité. Malgré les signes et les paroles, malgré les gestes de Salut et les Paroles de vie, même les disciples n’ont pas compris qui Il était, d’où Il venait, quelle était sa mission.
L’heure de la Croix est venue. L’heure de la gloire ?
« Si vous attendez un messie guerrier et politique, vous serez déçus, je ne suis pas ce Messie là, je ne suis pas davantage un Messie populaire, acclamé par les foules… Je suis comme le grain de blé : pour porter du fruit, je dois disparaître en terre et accepter de mourir… Je suis le Messie qui doit mourir…»
Il est l’heure, l’heure de la Gloire qu’Il reçoit de son Père pour mieux le révéler à tous ceux qui se tournent vers lui. «Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore.» Sur la Croix, Jésus est le Messie. Il dévoile l’Amour du Père pour tout homme, l’élan du Père qui s’abaisse jusqu’à l’extrême pour le relever de toutes ses extrémités du péché et de la mort.
Ce n’est pas l’heure de la facilité. Et pourtant, «c’est pour cette heure-là que je suis venu… » dit le Christ. Son Heure, c’est l’heure de sa mort. Mais c’est en même temps l’heure de son exaltation, de sa résurrection, l’heure où la gloire de Dieu va être manifestée au monde entier, l’heure où Jésus va attirer à lui tous les hommes de tous les pays… l’heure où il va pouvoir se montrer aux grecs, aux catéchumènes, à nous tous qui cherchons le véritable Messie.
Accepter de rencontrer ce Messie là, c’est accepter de mourir à nous-mêmes pour entrer dans la véritable Vie, la vie du Ressuscité : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul.. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit… si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive… »

Quelle heure est-il ?
L’heure du Christ, l’heure de la Vie plus forte que la mort, l’heure de notre conversion.
« Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.»
P. Olivier PRAUD

29 mars 2009

A propos des déclarations dans l’Eglise ces derniers jours

1. Tout d’abord, nous, chrétiens, devons aller à la source des paroles du Pape.

Un catholique ne peut pas se contenter des approximations / déformations de la presse. Notamment en ce qui concerne la déclaration sur le préservatif, lors de son voyage en Afrique. Couper une phrase est un acte de mauvaise foi et une trahison.

2. Ne confondons pas les niveaux des trois dernières prises de parole de l’Eglise :

Par rapport à la levée de l’excommunication, il s’agit d’un acte magistériel du Pape qui a reçu la mission, comme Pierre dans l’Evangile, d’être signe et vecteur d’unité au nom du Christ pour son Eglise. Son geste à l’égard des évêques excommuniés est un acte de pardon en vue d’une réconciliation qui est maintenant entre les mains des évêques. On ne peut pas obliger quelqu’un à aller où il ne veut pas aller. C’est comme un enfant qui aurait claqué la porte de la maison, à qui son père ré ouvre la porte plusieurs années après: «  tu peux revenir, mais je te signale, on a réaménagé l’appartement autrement, tu prends les meubles et tout le reste tel que c’est ». Aujourd’hui, aucune réintégration n’est demandée par les évêques, mais « la patate chaude » est dans leurs mains.

Sur le jugement moral de l’évêque de Recife quant à la petite fille violée que sa mère a fait avorter. C’est, à mes yeux, un jugement purement légaliste, pharisien, sans cœur et donc sans discernement. Une condamnation qui oublie que le viol est aussi un assassinat psychologique pour toute une vie, plus inhumain que la mort (qui est par définition, définitive). Est-ce que la torture n’est pas plus inhumaine que la mise à mort ?

Sur l’intervention dans l’avion vers l’Afrique :
Il y a un vrai problème de communication du saint Siège.
Trop contents de trouver un bouc émissaire, une certaine presse risque, maintenant que     le Pape est ainsi étiqueté, de ne pas en rater une, à son encontre.

3. Sur la question de fond de la moralité du préservatif

Ce que l’Eglise en ses ministres, enseigne, c’est qu’on ne peut se contenter d’un regard sanitaire (se préserver) sur le sens de la sexualité et de la relation sexuelle. Il faut y inclure un regard humain et spirituel.
Le regard humain, c’est la solidarité avec les malades : L’Eglise catholique est l’institution privée la plus engagée dans le monde contre la pandémie : 26% des aides sur la recherche et le soutien institutionnel et médical. Avant l’ensemble des ONG : 18%.
Le regard humain, c’est aussi le soutien dans les centres d’accompagnement et de compassion que les religieux et médecins ont créés.
Le regard spirituel, c’est que l’homme est capable de choix de maturité dans la maîtrise de sa vie sexuelle. Les vertus de chasteté, d’abstinence et de fidélité ne sont pas que chrétiennes, elles sont spirituelles (et aussi chrétiennes). Mais tout le monde peut orienter sa vie de manière vertueuse. Il le doit, même.

Voici une histoire africaine : C'est un vieux prêtre, missionnaire en Tanzanie, qui disait à des adolescents: "Pour éviter de se contaminer dans sa jeunesse c'est comme pour traverser un fleuve infesté de crocodiles: vous avez deux excellentes pirogues, l'une c'est l'abstinence, l'autre c'est la fidélité dans le couple. Ne vous lancez pas à la nage! Prenez place dans l'une ou l'autre pirogue. Mais si, pour une raison ou une autre vous tombez à l'eau au cours de la traversée, il y a derrière ces pirogues solides un canot de sauvetage, fragile, sur lequel vous pourrez encore vous hisser. Cette embarcation de secours, c'est le préservatif."

Le préservatif est un moindre mal dans la lutte contre la propagation de la maladie et de la mort. Il n’est pas un moyen de contraception normal. Mais il ne faut pas rajouter un mal (la mort) à un autre mal (le virus). Le moindre mal n’est pas l’unique bien.

Le Cardinal Lustiger, s’il faut trouver un autre homme d’Eglise crédible, a dit cela en 1988: « Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l’amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n’y parviennent pas doivent, en utilisant d’autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. »
Le journaliste de reprendre : « Un pis-aller, le préservatif ? »
« Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal… ».

Père Philippe Marsset, curé de st Pierre de Montrouge

12 juillet 2008

Jean Moulin, le sacrifice du héros

Une récente exposition réalisée par la mairie du 14ème a mis l’accent sur la vie héroïque de Jean Moulin. Nous profitons de cette manifestation pour évoquer quelques aspects de sa vie. Il était né le 20 juin 1899 à Béziers d’une famille républicaine et laïque. Son père était lié au Parti Radical et fut président de la filiale de la Ligue des Droits de l’homme de cette région méridionale. Il fut également Conseiller général en 1913.

Jean Moulin, après ses études secondaires, entre à  la Faculté de Droit de Montpellier en 1917. En 1918 il est mobilisé et gagne le front des Vosges, mais bientôt, c’est l’Armistice. Démobilisé, il décide d’entrer dans la carrière préfectorale, à dater du 4 novembre 1919. Poursuivant en parallèle ses études de droit pour lesquelles il obtient sa licence en 1921, il devient alors chef de cabinet du Préfet de Savoie à Chambéry.

Cette affectation officielle ne l’empêche pas de poursuivre ses activités de dessin et d’art graphique. Il collabore à de nombreux journaux humoristiques parisiens. Durant sa vie, il fera des caricatures sous le pseudonyme de Romanin. Entre temps, il envisage d’épouser Jeanette Auran dont les parents tiennent un restaurant à Montparnasse : les  Mille Colonnes, mais sa demande en mariage se heurtera au refus du père. Déçu, il se réfugie dans le travail et est bientôt nommé à la sous-préfecture d’Albertville. A 26 ans, il est le plus jeune sous-préfet de France. En 1926 il se marie avec Marguerite Cerruti mais la jeune épousée s’ennuie en province et déserte le foyer familial. Le divorce se concrétisera en 1928.

Son entrée en politique se fait par une rencontre d’amitié avec Pierre Cot, député de Savoie. Et lorsque Pierre Cot deviendra ministre de l’air du gouvernement du Front Populaire, Jean Moulin prendra la tête de son cabinet.

Au début de 1930, il est nommé sous-préfet de 2ème classe à Châteaulin en Bretagne. Il fréquente alors un groupe d’artistes où il rencontre le poète Saint-Paul Roux, Céline et Max Jacob. Fin 1933, il est définitivement nommé chef de cabinet de Pierre Cot. Durant cette période, il prend conscience de l’impuissance parlementaire et de la montée des extrémismes.

Sa fonction l’amenant à vivre à Paris, il habite 26 rue des Plantes dans le 14ème arrondissement. Poursuivant son ascension, il se trouve nommé Préfet de l’Aveyron le 26 janvier 1937,et en janvier 1939 il devient Préfet de l’Eure et Loir à Chartres. Lors de l’exode de juin 1940, il déploie une activité prodigieuse pour enrayer la panique qui s’abat sur la population de Chartres et des réfugiés qui s’y concentrent.

Son premier acte de résistance fut, face aux Allemands, de refuser de signer un protocole infamant pour l’armée française. Il est cruellement frappé et tente de se suicider. Le temps de la barbarie est arrivé. Révoqué par le gouvernement de Vichy, il s’installe à Saint-Andiol et proclame : «  Nous ne devons pas accepter la défaite, il nous faut résister et entreprendre l’action clandestine. Il faut d’abord nous compter, nous grouper pour pouvoir mieux agir. »

Il se met en rapport avec Henri Frenay, chef du Mouvement de Libération national. Il passe ensuite en Espagne et au Portugal et en octobre 1941 rejoint de Gaulle à Londres. L’entente entre les deux hommes est immédiate. De Gaulle le désigne comme son représentant et comme délégué du comité national français pour la zone sud. De retour en France en janvier 1942, il contacte les différents responsables des réseaux de la zone sud : Henri Frenay, Emmanuel d’Astier de la Vigerie, Jean-Pierre Levy, Georges Bidault, Raymond Aubrac...

Il réussira à convaincre les différents responsables des mouvements de résistance de la création de l’armée secrète unifiée et de l’idée d’une action commune. A Londres, de Gaulle lui confie la mission de créer le Conseil National de la Résistance. Le 27 mai 1943, une réunion a lieu au 48,de la rue du Four, à Paris.

Mais les événements vont bientôt se précipiter avec l’arrestation du général et chef de l’armée clandestine, Delestraint, le 9 juin. Jean Moulin organise alors une réunion avec les représentants de l’armée secrète afin d’en redéployer le commandement. Elle se tient à Caluire le 21 juin 1943. Jean Moulin sera arrêté avec ses amis. Torturé par Klaus Barbie, il mourra quelques jours plus tard sans avoir jamais parlé…

R. R. – NDLR - Documentation historique extraite du numéro 44 de la Revue d’histoire du 14ème arrondissement.

 

24 juillet 2007

Un 14 juillet pour mémoire

Défilé militaire, feux d'artifices, bals populaires, effervescence de la foule, sourires, éclats de rire, 400 000 personnes, dit-on, pour écouter aux Champ-de-Mars : Polnareff…

Les commémorations sont faites pour ressusciter le passé, pour réinventer l'Histoire, pour cultiver les racines d'événements parfois joyeux, souvent douloureux. Le 14 juillet ? un symbole, un rituel. Et nous savons que les rituels ont une signification. Ils donnent aux nouvelles générations, le moyen de se réapproprier la mémoire des ancêtres – la bataille d'Alésia, - Jules César - Azincourt – Austerlitz - le Chemin des Dames - Un certain 6 juin 1944…

Et ce qui est compréhensible au niveau de la "Grande Histoire", ne l'est pas moins au niveau du particulier et de nos vies éphémères. Le goût qu'ont nos compatriotes pour la généalogie, la recherche des racines de nos ancêtres, est un trait caractéristique de notre époque. Savoir d'où l'on vient, c'est déjà pour les plus jeunes, connaître où l'on va. Puisque l'incertitude et souvent le hasard sont incontournables, la vie humaine prend toute sa valeur à l'aune du passé éclairant le présent.

Alors,14 juillet ou pas, nous sommes tous redevables des actions de nos ancêtres. Nous marchons en avant, mais nous nous retournons par dessus notre épaule, afin de mieux prendre en compte, à sa juste valeur, les legs successifs du passé. Et là, l'horizon devient immense, riche, presque infini. Nos chemins deviennent larges comme mille avenues des Champs Elysées rassemblées. Mais ici, aucune armée n'y défilerait, sinon celle des cohortes de nos pères, grands-pères, aïeux, mères et sœurs, tantes et cousins, toutes nos familles rassemblées en une phalange innombrable. Du plus profond des âges, elles nous auront portés, afin que nous soyons conscients, nous vivants d'aujourd'hui, que le présent est déjà le passé d'un futur tout proche… Alors, rendez-vous est pris pour le prochain 14 juillet. Il nous aidera à conserver en mémoire celui de cette année ! R.R

 


20 juillet 2007

Vacances ou vacance ?

 

Que ce mot soit prononcé, et voici que chacun de nous, soudain débarrassé des obligations quotidiennes, se trouve investi d'un nouvel état d'esprit où se bousculent cent projets que nous gardions pour nous-même, sans savoir si nous pourrions les réaliser un jour.

Parfois, ces projets apparaissent comme futiles, presque indécents à mettre en œuvre, tant les problèmes de la cité sont d'une autre échelle.

Mais aujourd'hui, ce sont les vacances ! Alors, la magie fait son œuvre, car le mot sous-tend découverte, approche de l'inconnu, fils du hasard. L'imprévu a ici toute sa chance de surgir. "Vacances" est un mot qui nous précède dans la rupture avec un  passé lointain ou récent, passé couleur gris-souris, où les brumes du banal noient les soleils du rire, de la danse et des chants.

Mais c'est aussi un mot qui porte en son sein le sens d'une interrogation. Vacances, oui… mais pour quoi faire ?
Une première réponse pourrait être : d'abord ne rien faire… car faire, c'est toujours agir, s'agiter, produire quelque chose avec plus ou moins de bonheur. Produire du bonheur ? Ah! Cette fameuse productivité, cela sonne comme : PIB, PNB, stats de l'I.N.S.E.E… dont nos oreilles sont rebattues à longueur d'année. Par un curieux et subtil contresens l'envers de ce mot serait-il devenu l'enfer d'une réalité productiviste, cachée derrière le miroir brisé du rêve ?

Et si tout cela aboutissait à un terminus sans issue, où stagnerait un ersatz de bonheur, de bien-être, ingrédients réduits à une peau de chagrin où les tensions du corps, les aspirations de l'âme se dissolvent, sans pour autant combler le vide, la béance, l'abîme, lieux communs où se retournent et se débattent nombre de nos contemporains insatisfaits.

Mais nous-mêmes, sommes-nous prêts à nous mettre en "vacance", afin de méditer sur le sens étymologique du mot, à la fois magique, ambigu et presque métaphysique ? Les portes du sens qu'il nous ouvre, ne devraient-elles pas nous obliger à briser les chaînes de notre nuit intérieure, pour accéder aux fenêtres d'une vision élargie de la vie ?

Car dans notre société consumériste, aliénante, nous sommes devenus sourds, muets, autistes à tout message de vérité, à toute parole de lumière. " Vacance " devrait nous permettre d'accéder à l'horizon caché de nous-mêmes, redécouvrir autrui, se réapproprier le sens fondamental de la vie et de son corollaire, la mort. Enfin, pour nous chrétiens, nous rapprocher de la présence divine.

A ce niveau de signification, le mot  " vacance" prend son entière plénitude, lorsqu'il s'accompagne d'un voyage vers la transcendance, l'au-delà. Alors, "vacance(s)"?  Un mot qui nous propose les outils nécessaires pour défricher un pays abandonné à lui-même, où les jachères de l'habitude submergent la clairvoyance de l'esprit.

Vacance(s)  ? Un pays transparent, sans frontière aucune. En attendant, bonnes et belles vacances à vous tous !
                                                                                                                                                                                            R.R
 

31 décembre 2006

Bonne année 2007!

 

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Créée en 1914, dans les dures circonstances de la terrible guerre de 1914-1918, La Voix du XIVème, journal chrétien d'information, a duré jusqu'à maintenant. Quittant le support papier, elle est devenue il y a un peu plus d'un an un site Internet. Avec plus de 300 visites par jour à l'heure actuelle, chiffre en progression régulière, ce pari semble maintenant devoir être gagné.Ce site interactif sur le net s'intéresse à la vie du 14ème arrondissement dans les domaines les plus divers, historiques, économiques, sociaux, artistiques, culturels, urbanistiques, associatifs, religieux...

 Il est interactif et convivial. Vous en êtes vous-mêmes les rédacteurs, soit à chaud en réagissant au moyen de commentaires en cliquant sur ce mot à la fin des articles, soit en nous transmettant des infos, des images, ou des photos.

La Voix vous souhaite une bonne et heureuse année!

10 juillet 2006

Bonnes vacances ...

 Chers lecteurs,

 Le temps des vacances est venu. Nous allons mettre nos activités en veilleuse pendant un certain temps et nous reprendrons toutes nos activités à la fin du mois d'août.  D'ici là, nous essaierons de maintenir un minimum de parutions.

Nous vous remercions de votre fidèlité et nous serions heureux de vous retrouver pour la rentrée, au début du mois de septembre. Alors, à bientôt, et à vous aussi, nous vous souhaitons de bonnes vacances.

La Rédaction

16 février 2006

LA VOIX REDEMARRE

 

medium_img018_copie-r.jpgLa Voix, journal chrétien d'information du 14è, prend un nouveau départ.

Créé en 1914, avec une fréquence de parution qui a varié de 2 à 8 numéros par an, il a couvert une zône géographique étendue progressivement de la paroisse St Pierre à l'ensemble du 14è.Il a changé de nom, pour s'appeler successivement La Voix de St pierre, La voix de Montrouge-Montsouris, La Voix du 14è. Enfin, il a cessé sa parution cet été.

Prenant le temps de la réflexion, l'équipe a souhaité redémarrer. Et le faire sur de nouvelles bases. Le support écrit a été abandonné: lourd à gérer avec le bouclage un mois avant la date de parution, la mise en page, la fabrication et enfin la diffusion, il mobilisait bien des énergies et nécessitait la participation de l'ensemble des paroisses du 14è.

C'est ainsi que le blog – sîte intéractif sur le net – a été choisi comme support et nous osons espérer que nos fidèles abonnés – ils étaient plus de 300 - , nos lecteurs assidus – ils étaient plus de 2000 – vont nous suivre dans cette nouvelle entreprise.

Pour tous ceux qui comme moi ont longtemps refusé de se pencher sur le fonctionnement de ces appareils étranges que sont les ordinateurs, la route est difficile, mais avec les conseils d'amis patients, ils se connecteront sans douleur, et apprendront à démarrer, cliquer droit et gauche, copier-coller, imprimer, rechercher, formater et enfin apprendre à arrêter!!

Ainsi nos anciens lecteurs vont en devenir de nouveaux avec leurs amis, leurs familles, leurs voisins, que sais-je encore? Mais si la forme change, la grille avec ses anciennes rubriques reste: il s'agit de le vie des quartiers, de la culture et du patrimoine, de la vie des chrétiens dans le 14è. Des dossiers seront proposés: le premier concerne un sujet d'une brûlante actualité: l'emploi dans le 14è.

Surtout, n'oublez pas que le blog est intéractif: n'hésitez pas à ajouter vos commentaires ou à nous écrire par e-mail (spm.la.voix@free.fr) et pourquoi pas par lettre simple adressée à la Voix au 9 passage Rimbaut.

Jean-Michel Viney

13 février 2006

SAINT VALENTIN, offrez des roses

 

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à la manière de Monet,

ou de Van Gogh

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Mais, qui était Saint Valentin?

A-t-il seulemnt existé?

Voilà quelques liens pour répondre à la question:

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Valentin

- http://www.lexilogos.com/calendrier_valentin.htm
- http://www.canoe.qc.ca/StValentin/histoire.html

voilà, vous saurez tout!

A.C.

16 juin 2005

Une disparition provisoire

Chers abonnés, chers lecteurs,

Vous êtes encore nombreux à appeler « la Voix du XIVéme », « la Voix de St Pierre » qui a été son premier nom, son berceau paroissial. De fait, aujourd’hui, ce journal est encore très majoritairement porté et animé par la paroisse d’Alésia. Pour des raisons principalement de disponibilité et de priorité, les autres paroisses du doyenné ne peuvent investir plus qu’elles ne le font dans sa réalisation.

Vous trouverez avec l’envoi de ce journal, une lettre d’accompagnement signé de nous quatre, curés du doyenné. Sereinement mais difficilement, nous avons choisi d’arrêter sa diffusion. Prenez le temps de lire dans quel esprit nous avons pris cette douloureuse décision.

Qu’il nous soit permis ici d’exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui l’ont fait naître, grandir et vivre : ses figures connues, comme ses petites mains. Ce journal a su être une VOIX, une voix chrétienne dans notre quartier. Sa disparition aujourd’hui ne doit pas nous rendre aphone, mais inventif pour continuer à annoncer l’Evangile.

Pères Marsset, d’Arbaumont, Duverne, Bousquet