Prière pour la paix (31 juillet 2016)

Dans notre contexte troublé par la haine et la violence, comment prier ?

Prière de Saint François d’ Assise

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Cette magnifique prière chrétienne pour la paix, attribuée à François d'Assise, apparaît pour la première fois en 1912. En 1927 elle est pour la première fois associée à Saint François d'Assise par des pacifistes protestants français, et commence à être connue. La diffusion du texte de la prière reste cependant limitée avant qu'il n'arrive aux États-Unis en 1927. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des Américains, dont le cardinal Spellman, archevêque de New York, la diffusent à des millions d'exemplaires. Elle est aujourd'hui une des prières les plus célèbres au monde. ( extrait de l’article de l'encyclopédie Wikipédia.)


Saint-François d'Assise et le Sultan.jpgOn peut penser que l’on a attribué cette prière à François d’ Assise à cause de sa rencontre avec le sultan Al Malik Al Kamil.

En 1219, saint François d’Assise rencontre le Sultan d’Egypte à Damiette, sur les bords du delta du Nil, en pleine folie d’une croisade. Rencontre pacifique avec l’Islam. ( L’histoire de la rencontre entre François d'Assise et le Sultan Al Malik Al Kamil a été rapportée par Saint Bonaventure) http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/en_ligne/careme02/seneve008.html

Saint François et le Sultan

Voici l'histoire de la rencontre entre François d'Assise et le Sultan Al Malik Al Kamil telle que rapportée par Saint Bonaventure 1 qui a écrit sur la vie de François, approuvé en 1266 par l'Ordre des Frères Mineurs. Cet épisode de la vie de François a été repris par quelques journaux lors de la conférence d'Assise, en janvier 2002 ou suite aux attentats du 11 Septembre 2001, pour donner un «ancien» exemple de dialogue islamo-chrétien.

Nous sommes en 1219. « Une troisième fois, il tenta de passer chez les infidèles pour favoriser, en y répandant son sang, l'expansion de la foi en la sainte Trinité, et, la treizième année qui suivit sa conversion, partit pour la Syrie, s'exposant avec courage aux dangers de tous les instants, pour arriver chez le sultan de Babylone en personne. La guerre sévissait alors, implacable entre chrétiens et Sarrazins, et les deux armées ayant pris position face à face dans la plaine, on ne pouvait sans risquer sa vie passer de l'une à l'autre. Le sultan avait d'ailleurs publié un édit cruel promettant un besant d'or en récompense à quiconque apporterait la tête d'une chrétien. Mais dans l'espoir d'obtenir sans tarder ce qu'il désirait, François, le vaillant chevalier du Christ, résolut de s'y rendre : loin de craindre la mort, il se sentait attiré par elle. Après avoir prié, il obtint la force du Seigneur 2 et, plein de confiance, chanta ce verset du Prophète: «Si j'ai à marcher au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi 3

S'étant adjoint pour compagnon frère Illuminé, homme d'intelligence et de courage, il s'était à peine mis en route qu'il rencontrait deux brebis ; à leur vue il se sentit tout réjouit et dit à son compagnon : «Aie confiance dans le Seigneur 4, frère, car voici accompli pour nous cet avertissement de l'Évangile : «Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups 5... » Quelques pas plus loin, ils tombaient dans les avant-postes des Sarrazins, et ceux-ci, plus rapides que les loups se jetant sur les brebis, se précipitèrent brutalement sur eux et s'en saisirent avec haine et cruauté, les accablant d'injures, les chargeant de chaînes et les rouant de coups. À la fin, après les avoir maltraités et meurtris de toutes manières, ils les amenèrent, conformément aux décrets de la divine Providence, en présence du sultan : c'était ce qu'avait désiré l'homme de Dieu.

Le prince leur demanda qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir ; avec sa belle assurance, le serviteur du Christ François répondit qu'il avait été envoyé d'au-delà des mers non par un homme mais par le Dieu très-haut pour lui indiquer, à lui et à son peuple, la voie du salut et leur annoncer l'Évangile qui est la vérité. Puis il prêcha au sultan Dieu Trinité et Jésus sauveur du monde, avec une telle vigueur de pensée, une telle force d'âme et une telle ferveur d'esprit qu'en lui vraiment se réalisait de façon éclatante ce verset de l'Évangile: «Je mettrai dans votre bouche une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront ni résister ni contredire 6Saint François d' assise et le Sultan  Angelico_san_francesco_fa_la_pova_del_fuoco_davanti_al_sultano.jpg

Témoin en effet de cette ardeur et de ce courage, le sultan l'écoutait avec plaisir et le pressait de prolonger son séjour auprès de lui ; mais le serviteur du Christ, instruit par une indication du ciel lui dit : « Si tu veux te convertir au Christ, et ton peuple avec toi, c'est très volontiers que, pour son amour, je resterai parmi vous. Si tu hésites à quitter pour la foi du Christ la loi de Mahomet, ordonne qu'on allume un immense brasier où j'entrerai avec tes prêtres, et tu sauras alors qu'elle est la plus certaine et la plus sainte des deux croyances, celle que tu dois tenir.» --- «Je doute, remarqua le sultan, qu'un de mes prêtres veuille pour sa foi s'exposer au feu ou subir quelque tourment.» Il venait en effet d'apercevoir l'un de ses prêtres, pontife éminent et avancé en âge pourtant s'éclipser en entendant la proposition de François. Le saint lui dit alors : «Si tu veux me promettre, en ton nom et au nom de ton peuple, que vous passez tous au culte du Christ pourvu que je sorte des flammes sans mal, j'affronterai seul le feu. Si je suis brûlé, ne l'attribuez qu'à mes péchés ; mais si la puissance de Dieu me protège, reconnaissez pour vrai Dieu, seigneur et sauveur de tous les hommes, le Christ, puissance et sagesse de Dieu 7 !» Le sultan n'osa point accepter ce contrat aléatoire par crainte d'un soulèvement populaire ; mais il lui offrit de nombreux et riches cadeaux que l'homme de Dieu méprisa comme de la boue: ce n'était pas des richesses du monde qu'il était avide, mais du salut des âmes.

Le sultan n'en conçut que plus de dévotion encore pour lui, à constater chez le saint un si parfait mépris des biens d'ici-bas ; malgré son refus ou peut-être sa peur de passer à la foi chrétienne, il pria cependant le serviteur de Dieu, afin d'être plus certainement sauvé, d'emmener tous ces présents et de les distribuer aux chrétiens pauvres ou aux églises. Mais le saint, qui avait horreur de porter de l'argent, et qui ne découvrait pas dans l'âme du sultan les racines profondes de la foi vraie, s'y refusa inexorablement. »

Le journal Le Courrier 8, ajoute : «Les jours se mettent alors à défiler à grande vitesse, entraînant les deux hommes de surprise en surprise. François et Illuminé se rendent compte, en effet que les sarrasins ont peu à voir avec cette «race abominable» qu'on leur a décrite en Europe. Cinq fois par jour, les deux frères écoutent l'appel du muezzin et regardent avec admiration tous ces hommes courbés vers le sol, unis dans leur prière au Dieu unique. Pour dire vrai, François et Illuminé ne comprennent pas très bien ce qui leur arrive : ils n'obtiennent ni le martyre dont ils rêvaient avant de partir, ni la conversion de Al Malik et de ses proches. Quelque peu déçus, ils annoncent leur départ au sultan et reprennent la route d'Assise. Les voies de Dieu, décidément, sont impénétrables.»

« Il semble, souligne Albert Jacquard 9 que le sultan n'oublia pas le sourire de François, sa douceur dans l'expression d'une foi sans limite. Peut-être ce souvenir fut-il décisif lorsqu'il décida, dix années plus tard, alors qu'aucune force ne l'y contraignait, de rendre Jérusalem aux chrétiens. Ce que les armées venues d'Europe n'avaient pu obtenir, l'intelligence et la tolérance de Malik al-Kamil permettraient à l'islam de l'offrir. Sans doute le regard clair de François avait-il poursuivi son lent travail dans la conscience de cet homme ouvert à la pensée des autres.»

Ce texte est extrait du site http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/en_ligne/careme02/seneve008.html

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