Une école d’Haïti dans le 14e, rue d' Alésia (25 octobre 2010)

Campagne de l'UNICEF pour la reconstruction d'établissements scolaires à  Haïti

La  façade de l'école du 12-14 rue d' Alésia présente des groupes d'écoliers devant des décombres

Ecole77-TombeIssoireF5640.jpgSi vous passez rue d'Alésia au carrefour avec la rue de La Tombe Issoire, vous serez surpris par l'aspect de la façade de l'école qui est recouverte de photos immenses représentant des groupes d'enfants haïtiens devant des décombres. Nous nous sommes posé des questions à ce sujet et la Mairie du 14ème nous en  a donné l'explication.

" L'UNICEF a choisi le 14e arrondissement pour lancer une grande campagne de mobilisation et d'appels aux dons pour la reconstruction des écoles à Haïti. Un visuel fort a été installé sur toute la façade de l'école élémentaire du 12-14 rue d'Alésia ce mardi 19 octobre, en présence de Lilian Thuram, ambassadeur de la campagne de « Haïti urgence école » de l'UNICEF, et Pascal Cherki, maire du 14e ".

Cette école, située en face de la place des droits de l'enfant, est depuis ornée d'un visuel représentant des enfants haïtiens en uniforme qui attendent de pouvoir retourner à l'école, un bâtiment réduit à un champ de ruines, des monticules de gravats... En Haïti, 4992 écoles ont été détruites ou endommagées suite au séisme du 12 janvier 2010.

En Haïti, des milliers d'enfants attendent de retourner à l'école !"

Dès le mois d'avril, l'Unicef avait lancé une campagne pour la reconstruction des écoles en Haïti. Avec la rentrée d'octobre, l'éducation est devenue l'une des priorités numéro 1 pour l'Unicef. Désormais, il s'agit de rendre l'éducation accessible à tous les enfants du pays, y compris à ceux qui n'étaient pas scolarisés avant le séisme. Des écoles semi-permanentes ont déjà été installées, ce qui est un premier pas. Mais la reconstruction à long terme du pays repose également sur un travail autour de la santé, de l'hygiène et de l'assainissement.

Voici une présentation de la situation en Haïti et et de la campgne organisée par l'Unicef trouvée sur le site de cette association www.unicef.fr

La situation

Au total, 4200 écoles ont été détruites, 38 000 écoliers et 1 350 enseignants ont perdu la vie dans le séisme. Avant la catastrophe, seulement la moitié des enfants était scolarisée. Dans ce contexte, la reconstruction des écoles recouvre un double enjeu. Pour les enfants, le retour à l'école est synonyme de retour à une vie normale, encadrée par des adultes. Et pour le pays, c'est aussi la perspective de former les générations futures qui le relèveront.

Neuf mois après le séisme qui a frappé Haïti, 1,3 million de personnes vivent toujours dans des camps. Les deux millions de personnes affectées directement ou indirectement par la catastrophe sont encore loin d'avoir retrouvé la normalité à laquelle ils aspirent. Parmi elles, 800 000 enfants dont l'Unicef a fait une priorité. Sur le terrain, une assistance d'urgence immédiate, dans le secteur de la santé, de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement leur a été apportée.

La violence du séisme a été telle que parmi ces 800 000 enfants, plus de la moitié sont encore extrêmement vulnérables : leur bien- être et leur sécurité sont très fragiles. Ce sont surtout les enfants non accompagnés, ceux qui ont été séparés de leurs familles suite à la catastrophe, qui préoccupent l'Unicef. En effet, ils vivent sous la menace du trafic d'enfants, du viol, de la transmission du VIH/Sida, de sévices, etc.

Les stigmates du tremblement de terre sont toujours là et seul un infime pourcentage des décombres a, à ce jour, été dégagé, le plus souvent avec des moyens dérisoires. Pour remettre le pays sur pied, l'Unicef a décidé de placer les enfants et les jeunes au cœur de ses actions. Afin de les aider à regagner confiance en eux-mêmes et en l'avenir, l'Unicef les encourage à prendre part aux projets de reconstruction.

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La campagne de l'UNICEF

Après la campagne « Urgence-Haïti » en janvier et celle d'avril appelée « Haïti-Urgence-École », la mobilisation de l'Unicef est toujours aussi forte. L'organisation met tout en œuvre, à la fois pour sensibiliser les enfants, les parents et le grand public sur la crise que traverse Haïti, et pour la reconstruction des écoles là-bas.

L'Unicef a collé sur les murs extérieurs de plusieurs écoles des affiches montrant des écoles haïtiennes détruites et des enfants de là-bas. Arrivant à la hauteur des enfants d'école primaire, ces enfants, grâce à un effet de trompe l'œil, paraissent très réels. Ainsi, l'impression de réalité est si forte que l'affichage suffit, à lui seul, à transformer les écoles françaises, qui participent à cette campagne, en de véritables champ de ruines. Quant aux images d'enfants haïtiens, l'effet est tel que ces derniers semblent se mélanger à leurs petits camarades français.

 

Lilian Thuram en Haïti

En tant que nouvel ambassadeur de l'Unicef, Lilian Thuram est parti en mission en Haïti. Il croit en l'éducation. D'après lui, c'est en allant à l'école que les enfants, traumatisés par le séisme, retrouveront confiance en l'avenir.

L'ampleur du travail est considérable car les terrains affectés par le séisme sont loin d'avoir tous été déblayés. Au-delà de l'aspect éducatif, l'action de l'Unicef sur le terrain touche aussi aux secteurs de la santé, de la protection de l'enfance, de l'hygiène et de l'assainissement.

 

Les défis de l'Unicef

Dans la plupart des cas, les enfants qui ont survécu au séisme ont été traumatisés par ce qu'ils ont vu pendant et après la catastrophe. Non seulement, ils ont  perdu des parents, des proches, des camarades d'école, mais en plus leurs maisons ont été détruites. Alors, pour redonner à ces enfants les repères dont ils ont besoin, l'Unicef appuie son action sur cinq thèmes majeurs : l'éducation, la protection de l'enfance, la nutrition, l'eau -l'hygiène et l'assainissement- et la santé. Durant les deux prochaines années, l'Unicef va travailler sur ces problématiques, à travers des objectifs définis.

Pour l'éducation, l'Unicef veut permettre un accès équitable à une éducation de qualité à tous les enfants, y compris ceux qui n'allaient pas à l'école avant le séisme. En ce qui concerne la protection de l'enfance, l'Unicef soutient une volonté politique qui renforce l'environnement protecteur des enfants, l'école en faisant partie. Avec la rentrée du 4 octobre, 2000 tentes ont été transformées en écoles temporaires, et d'ici la fin du mois de novembre, 200 d'entre elles deviendront des écoles semi-permanentes. Pour répondre concrètement aux besoins, du matériel scolaire pour élèves et enseignants a été distribué à 720 000 enfants et 15 000 enseignants.

Concernant la nutrition, les projets de lutte contre la sous-nutrition chronique se concentreront davantage sur les femmes enceintes et les enfants jusqu'à 24 mois. Pour l'eau, l'hygiène et l'assainissement, l'Unicef va multiplier les installations sanitaires dont le manque criant impactait directement la santé de la population haïtienne jusqu'à présent.

Enfin, le système de santé, jusque-là centralisé et dominé par le secteur privé, n'était pas capable de répondre efficacement lors de catastrophes humanitaires. Par conséquent, l'Unicef met tout en œuvre pour réhabiliter et reconstruire un système national de santé décentralisé, accessible à tous. Aujourd'hui, grâce aux campagnes de vaccination d'urgence, plus d'1 million d'enfants et de jeunes de moins de 20 ans ont été vaccinés contre les maladies évitables : diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole et polio. Enfin, l'Unicef soutient le rétablissement des services de vaccination de routine, avec une attention particulière aux endroits les plus reculés.

D'après le plan d'action du gouvernement haïtien actuel,  il faudra une dizaine d'années pour voir la reconstruction et la réalisation de projets devenir une réalité en Haïti.

Retrouvez l'intégralité de la campagne sur le site www.unicef.fr

18:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : unicef, paris 14, lavoixdu14e, haïti, haiti, tremblement de terre |  Facebook | |  Imprimer |