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26 février 2010

RUE(S) LIBRE(S) n°3 : Rue(s) libre(s) le spectacle est dans la rue près de la porte de Vanves, samedi 27 février à 17h

Des images de rue étonnantes, votre photo dans un décor ambulant, des rencontres entre habitants et passants... pour réaliser un portrait costumé des mille visages d'un quartier !

AU PROGRAMME : déambulation artistique dans le quartier de la porte de Vanves dans une ambiance foraine, photos-postiches, diaporama du quartier costumé, textes brefs... et rencontre avec les artistes. Pour clore l'événement, les images de l'après-midi seront projetées autour d'un pot et de lectures de textes. Panneau forain réalisé par Marie-Sophie André.

RDV à 17h au local rouge de la compagnie Bouche à Bouche 2/4 rue du Général Humbert -M° ou T3 Porte de Vanves. Informations au 06 89 93 20 99.

Nouvellement installée La compagnie Bouche à Bouche part à la rencontre de son quartier : déambulations, films, photos, théâtre, musique, lectures... les arts sortent dans la rue et les langages s'entremêlent.

C'est gratuit et ouvert à tous.

Le coin des râleurs

urbanisme,paris,poteletsLa biodiversité est, dit-on, menacée. De toutes parts s'élèvent des voix scientifiques, pour attirer notre attention sur la disparition quasi certaine de certaines espèces végétales ou animales. Cependant, une espèce est en pleine expansion dans nos villes. Elle fleurit les trottoirs sans vergogne, elle germe et prolifère sans retenue, elle prend ses aises et sa vitesse d'expansion est explosive, on ne l'arrêtera plus. Il est déjà trop tard.

Sa silhouette est visible de loin, sa taille  arrive à la hauteur de la poitrine d'un homme, elle est presque élégante vu sa minceur. Elle a une fâcheuse tendance à vous heurter si vous êtes distrait ou si vous marchez la tête baissée. Avez-vous déjà deviné de quoi il s'agit , Non ? Vous ne voyez pas encore ? Vous donnez votre langue au chat. Il s'agit bien entendu du « potelet ». Oui , une monstruosité végétale qui empoisonne la marche du passant, des femmes enceintes, des aveugles, des personnes âgées, des chiens... et de tout ce qui bouge. Bref, les humanoïdes que nous sommes, sont perturbés par ces tubes d'acier dont la fleur perpétuelle et imputrescible, se termine par une sphère de couleur blanche du plus banal effet. Établis selon le plan astucieux d'un labyrinthe imprévisible et sournois, ces potelets nous invitent à zigzaguer devant le piège qui est posé devant nous. Pressés d'aller au travail, de faire nos courses, nous nous heurtons avec violence, à ces étranges végétaux dont le tronc fait  d'un acier particulièrement résistant écarte toute tentative de rencontre amicale.

Vous vous trouvez soudain projeté dans une forêt tropicale inextricable. Chaque potelet est une liane aux griffes maléfiques. L'horizon est bouché par cette végétation métallique où l'air même résonne du timbre aigu du potelet, dont la musique vous ravine le coeur.

Car le potelet est une plante carnivore. Elle représente la solution finale pour mettre à mal notre désir de marcher sans entraves, d'être léger, aérien, d'être un nuage parmi les autres nuages ! Il vous faut accepter son diktat sans protester, sinon la punition est à la hauteur de votre refus : un hématome au niveau du genou !

Non, le potelet, ce « végétal » étouffant, une sorte d'espèce mutante, nous rappelle qu'on doit  toujours avoir les deux pieds sur terre et un regard de lynx pour les éviter. Alors, un conseil : ouvrez l'œil dès que vous avez l'intention d'aller chercher une baguette de pain, sinon le potelet se rappellera à votre bon souvenir.

PS : 56 potelets viennent d'être installés à la porte d'Orléans non loin de la pharmacie principale. Une monoculture envahissante...

RR