Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 février 2010

Le coin des râleurs

La biodiversité est, dit-on, menacée. De toutes parts s'élèvent des voix scientifiques, pour attirer notre attention sur la disparition quasi certaine de certaines espèces végétales ou animales. Cependant, une espèce est en pleine expansion dans nos villes. Elle fleurit les trottoirs sans vergogne, elle germe et prolifère sans retenue, elle prend ses aises et sa vitesse d'expansion est explosive, on ne l'arrêtera plus. Il est déjà trop tard.

Sa silhouette est visible de loin, sa taille  arrive à la hauteur de la poitrine d'un homme, elle est presque élégante vu sa minceur. Elle a une fâcheuse tendance à vous heurter si vous êtes distrait ou si vous marchez la tête baissée. Avez-vous déjà deviné de quoi il s'agit , Non ? Vous ne voyez pas encore ? Vous donnez votre langue au chat. Il s'agit bien entendu du « potelet ». Oui , une monstruosité végétale qui empoisonne la marche du passant, des femmes enceintes, des aveugles, des personnes âgées, des chiens... et de tout ce qui bouge. Bref, les humanoïdes que nous sommes, sont perturbés par ces tubes d'acier dont la fleur perpétuelle et imputrescible, se termine par une sphère de couleur blanche du plus banal effet. Etablis selon le plan astucieux d'un labyrinthe imprévisible et sournois, ces potelets nous invitent à zygzaguer devant le piège qui est posé devant nous. Pressés d'aller au travail, de faire nos courses, nous nous heurtons avec violence, à ces étranges végétaux dont le tronc fait  d'un acier particulièrement résistant écarte toute tentative de rencontre amicale.

Vous vous trouvez soudain projeté dans une forêt tropicale inextricable. Chaque potelet est une liane aux griffes maléfiques. L'horizon est bouché par cette végétation métallique où l'air même résonne du timbre aigu du potelet, dont la musique vous ravine le coeur.

Car le potelet est une plante carnivore. Elle représente la solution finale pour mettre à mal notre désir de marcher sans entraves, d'être léger, aérien, d'être un nuage parmi les autres nuages ! Il vous faut accepter son diktat sans protester, sinon la punition est à la hauteur de votre refus : un hématome au niveau du genou !

Non, le potelet, ce « végétal » étouffant, une sorte d'espèce mutante, nous rappelle qu'on doit  toujours avoir les deux pieds sur terre et un regard de lynx pour les éviter. Alors, un conseil : ouvrez l'œil dès que vous avez l'intention d'aller chercher une baguette de pain, sinon le potelet se rappellera à votre bon souvenir.

PS : 56 potelets viennent d'être installés à la porte d'Orléans non loin de la pharmacie principale. Une monoculture envahissante...

RR

Commentaires

Merci pour cette petite chronique acerbe qui m'a bien fait rire! Bientôt les piétons eux-mêmes devront enjamber des "gendarmes couchés"... et 56 potelets d'un coup ça va faire mal!

Écrit par : bureaux | 04 mars 2010

Bonjour,

Excellent coup de gueule. C'est la " lèpre " des rues. Elles deviennent hideuses avec ces verrues que la mairie de Paris continue de faire prospérer allègrement. Il y a d'autres solutions que ces machins horribles. Allons, un effort, M. Delanoë !

Écrit par : Piednoir | 18 avril 2010

Oui, je suis d'accord, et nos amis les chiens sont tres heureux chaque matin d'attaquer a l'acide la racine de ces plantes. Avec la hauteur des potelets, je pense aussi a la reproduction de l'espece Homo Parisiensis qui est mise en danger, ce dont M. le Maire ne se sent probablement pas concerne'.

Écrit par : John Testling | 09 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.