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07 juin 2023

L’imprévu de la Sablière

Quel est l’habitant, amoureux de son village, qui ne serait pas curieux de découvrir au détour d’une rue, une place pittoresque où se réunissent d’habitude quelques copains ou amis pour boire un verre, et bavarder de tout et de n’importe quoi ?

Le quartier de Plaisance est un petit bijou. Il porte encore les empreintes d’un village dont l’axe est toujours la rue de Vanves, aujourd'hui devenue rue Raymond Losserand. 

Ainsi, si vous prenez la rue de la Sablière et débouchez place Flora Tristan, où apparaît la rue Didot, vous serez charmé par l’atmosphère villageoise qui se dégage de cet endroit.

place Flora Tristan 75014, rue de la Sablière

Appuyez-vous à une table de « L’Imprévu », l’unique bistro de ce lieu. Il offre à l’ombre de grands arbres, toute l’hospitalité souhaitée et la quiétude bienveillante que vous propose une dizaine de tables accueillantes. 

Oui, de ce côté-là de la rue Didot, le village de Plaisance et son quartier deviennent aimables, attachants, à la lumière de ces petits hameaux de campagne, où la paix est le seul credo de la vie, une vie simple et authentique, prête à être partagée entre tous. 

Alors n’hésitez plus, venez  vous asseoir place Flora Tristan. Lutèce l’agitée devrait suivre cet exemple heureux et bienfaisant.

 R.R.

08 novembre 2020

Une place de village : Place Flora Tristan

place Flora Tristan 75014.jpgLorsque le promeneur suit la rue de la Sablière, longue de plus de 340 mètres, il débouche sur une petite place ombragée de platanes.

Nous sommes place Flora Tristan et l’impression première est celle d’être au centre d’un petit village. Le terre-plein central s’orne d’une fontaine Wallace et des cafés proposent leurs services pour les plus assoiffés sur des guéridons disposés sous les arbres. On trouve alentour une brasserie, un bistroquet, une crêperie, une boulangerie. L’atmosphère est  paisible, douce, comme le fût sans doute, jadis, le village de Plaisance.

Mais qui était Flora Tristan ?

FLORA TRISTAN était une ouvrière et une femme deFlora Tristan 1838.JPG lettres, militante socialiste et féministe française, qui fut l’une des figures majeures du débat social dans les années 1840 et participa aux premiers pas de l’internationalisme.

Flora Tristan avait vu le jour en 1803 à Vaugirard qui est encore un village agricole, viticole où quelques familles parisiennes aisées viennent s’installer. Le quartier Plaisance n’est pas encore né et reste, jusqu’en 1840, lié à Vaugirard, avec ses champs et ses moulins à vent.

Mais revenons à Flora Tristan : Flora Tristan est  fille naturelle d’un aristocrate péruvien, et d’ une  bourgeoise parisienne. (note 1)

Elle connut dès sa cinquième année le début d’une terrible errance avec sa mère confrontée à de grandes difficultés financières.  A 17 ans on la marie à un certain André Chazal, graveur de métier. Mais cet homme est jaloux et violent. En 1825, Flora s’enfuit, enceinte de son troisième enfant : Aline qui sera la mère d’un personnage important de Plaisance, Paul Gauguin (1848-1903).

Flora Tristan a beaucoup voyagé.

Elle est allée à plusieurs reprises en Angleterre (en 1826, 1831,1839) . En 1840, elle publie « Promenades dans Londres » où elle décrit une Angleterre industrielle dont le modèle de développement « sacrifie l’homme à la tyrannie du profit »

Elle s’est rendue au Pérou en 1833, espérant se faire reconnaître par sa famille paternelle. Elle y reste jusqu’en 1935 C'est un semi- échec, mais ce voyage initiatique lui permet d'écrire son premier livre : Pérégrinations d'une paria, où elle détaille ses observations sur la vie sociale et politique du Pérou , le pouvoir de l'Église catholique et les exclusions de toutes sortes, y compris l’esclavage dans les plantations sucrières.

Une militante défendant les ouvriers et les ouvrières

En 1843-44, elle  entreprend un « Tour de France » , circuit traditionnel des apprentis-compagnons, afin de s’entretenir avec des hommes et des femmes du monde ouvrier. Son journal paraîtra après sa mort.

En effet, elle ne finira pas son voyage, elle meurt de la fièvre typhoïde à Bordeaux, en novembre 1944.  (Cette mort prématurée semble être la conséquence de l’agression de son mari qui tira sur elle en 1938 : son poumon fut perforé par une balle qui ne put être extraite.) ( note 2)

Son livre « Union ouvrière », paru en 1843, représente le premier manifeste politique important appelant la classe ouvrière à une union internationale.

Flora Tristan aura été la première femme à faire prendre conscience aux ouvriers et ouvrières de leur importance dans les sociétés contemporaines en se constituant « en force de pression autonome représentative, qui ferait céder le pouvoir sur les questions en suspens : le droit au travail, le droit à l’instruction, le droit à un minimum de couverture sociale ».( note 3)

Documentation extraite de « Ecrivains, poètes, artistes du quartier Plaisance » Edition Parole et Poésie

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