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22 juillet 2008

SALVADOR DALI, DANS LE 14e ARRONDISSEMENT DE PARIS

En Juillet 1934, les Dali s’installent au 101 bis, rue de la Tombe-Issoire, Paris 14e, dans une maison à l’angle de la villa Seurat. (N° de téléphone : GOBelins 80 58). Ils y resteront jusqu’en janvier 1938.

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« ... L’exposition internationale du surréalisme [...] débute le 12 juin à Londres. Dali ne s’y rendra pas avant le 20, ayant organisé un vernissage chez lui le 19. Il vient d’emménager dans une nouvelle maison, proche du Lion de Belfort, au 101 bis, rue de la Tombe-Issoire. Le bâtiment, dessiné par Emilio Terry, un membre du groupe Zodiaque, est recouvert, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, de stuc blanc. Comme la maison de Port-Lligat, celle-ci respire la fraîcheur et la simplicité. Gala a choisi des meubles espagnols rustiques et les a disposé le long des murs, dans l’intention de recréer l’ambiance de Cadaqués, et d’inciter ainsi Dali à travailler.

Des tableaux de jeunesse de Chirico, provenant probablement d’Eluard, dont la situation économique était invariablement catastrophique, ornent le salon et se réfléchissent dans un énorme miroir concave. Au premier étage, Dali a son atelier, entièrement consacré à ses œuvres les plus récentes. C’est d’ailleurs là qu’a lieu le vernissage de cette exposition d’un jour.

Lorsque Julien Lévy arrive, accompagné de Léonor Fini, il découvre que tous les tableaux ont été vendus. Marie-Laure de Noailles lui apprend que l’acheteur est un "sale Anglais".[…]

 

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Le succès de cette exposition est total. Le Tout-Paris s’est bousculé en glosant devant les nouvelles toiles et la décoration de la maison. La foule est d’une extrême élégance, mais aucun peintre n’est présent, à l’exception de Picasso et de Léonor Fini. »
Le grand marchand d’art new-yorkais, Julien Levy (lui aussi marié en 1927 à la mairie du 14e avec Joella Lloyd, autre Américaine de la rue Campagne-Première, écrira dans Mémoire of an Art Gallery (1996) : « Eté 1936. Dali possédait maintenant une maison dans les faubourgs au-delà du lion de Belfort, qui avait été réaménagée grâce au gentleman architecte dont j’avais exposé les projets deux saisons auparavant, Emilio Terry. Coco Chanel et Elsa Schiaparelli rivalisèrent pour habiller Gala. […] La maison me surprit par sa simplicité. Je m’attendais au moins à quelque fantaisie néo-baroque d’Emilio Terry. Il n’y en avait pas, ni beaucoup de surréalisme. La maison était en stuc blanc, à l’extérieur et à l’intérieur, meublée avec une simplicité monastique d’éléments espagnols provinciaux. Il [Dali] possédait une belle collection de peintures modernes, discrètement accrochées. Les plus remarquables étaient une bonne demi-douzaine de belles toiles de la meilleure période métaphysique de Chirico, la plupart datée d’environ 1916-1917. Un miroir convexe reflétait la pièce en miniature. Les propres peintures de Dali étaient accrochées dans le grand studio qui occupait tout l’étage supérieur. »

Le 21 janvier 1938, Les Dali quittent le 101 bis rue de la Tombe-Issoire et emménagent au n° 88, rue de l’Université, au premier étage. (Tél. : INValides 79 29.)

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A part l’excellent musée privé de Montmartre et le petit cadran solaire mur d’angle de l’immeuble n° 27 rue Saint-Jacques, une discrète coquille Saint Jacques à visage humain, inaugurée en grande pompe daltonienne le 12 décembre 1966, rien ne rappelle ce que Paris et la France doivent à Salvador Dali. Il y eut pourtant une éphémère rue Salvador Dali, dans la buanderie désaffectée de l’Ecole Polytechnique lors de sa conférence mémorable le 12 décembre 1961…

La gare de Perpignan, haut lieu de la cosmogonie dalinienne, est célèbre. L’hôtel Meurice est associé au nom de Gala et Dali. Peut-être qu’un jour une "pelle" gravée -ou une plaque, rappellera que la renommée internationale du Génial Salvador Dali a commencé d’abord 7, rue Gauguet, puis 101 bis, rue de la Tombe-Issoire, dans le  14e arrondissement de Paris.

1er Juillet 2008                                           Richard PASCHAL

Commentaires

Bonsoir,

Il me semble pourtant que l'immeuble du N° 101 bis rue de la Tombe-Issoire avait été conçu par l'architecte Jean-Charles Moreux pour l'architecte Zielinski, lui-même concepteur des Immeubles des 5 et 7 de la rue Gauguet (en impasse d'ailleurs !).
Alors ?

Écrit par : piednoir | 06 août 2008

Mea culpa, j'ai confondu avec l'immeuble contaigu. Mille excuses

Écrit par : piednoir | 06 août 2008

Bonsoir
la villa du N° 101 bis rue de la Tombe-Issoire a été conçu par l'architecte André Lurçat pour l'ecrivain americain Frank Townshend entre 1926 et 29, Jean-Charles Moreux à conçu la maison contigu villa Seurat pour le sculpteur Robert Couturier
http://www.flickr.com/photos/ruamps/3446406599/

Écrit par : ruamps | 18 mai 2009

Le 101bis a bien été construit par André Lurçat, entre 1924 et 1926 selon certaines sources.
Emilio Terry, célèbre décorateur, bien connu des Dali, l'a réaménagé pour leur installation en 1934.

Écrit par : alain | 19 mai 2009

Bonsoir,

J'avoue que je ne comprends plus grand chose pour les différentes constructions indiquées ci-dessus.

En effet, je lis dans « Ateliers d'artistes à Paris », de Jean-Claude Delorme et Anne-Marie Dubois, éditions Parigramme, Paris, 1998 :

- 101 bis rue de la Tombe-Issoire : Atelier Zielinsky (architecte Jean-Charles Moreux).

- Villa Seurat, N° 1 : Maison Townshend.

Merci pour de futurs éclaircissemnts.

Écrit par : Piednoir | 16 juillet 2009

PS : donc au 1 bis, maison-Atelier de Robert Couturier.
Exact ?

Écrit par : piednoirp | 16 juillet 2009

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