14 décembre 2008
« Aguirre, la colère de Dieu », au ciné de quartier Mouton-Duvernet
mardi 16 décembre, 19h30, au cinéma Le Denfert (24, Place Denfert Rochereau). Ouvert à tous, 4€, l’entrée et le débat.
Un film réalisé en 1972 par Werner Herzog avec Klaus Kinski, Ruy Gerra, Helena Rojo, Peter Berling...
Cette fois-ci, le ciné de quartier Mouton Duvernet propose un film sur un thème historique la conquête de l’Amérique latine au XVI siècle par les Espagnols. Le récit est fictif mais il y a un grand réalisme documentaire
En 1560, une troupe de conquistadors espagnols descend de la montagne à la recherche de l'Eldorado. Mais l'équipée s'enlise dans les marais.

Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre, qui devra reconnaître l'aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manoeuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement "empereur du Pérou et de l'Eldorado"….
Extraits d’analyses de ce film : « En 1971, le cinéaste allemand Werner Herzog rédige en quelques jours un scénario contant la quête de l’Eldorado par un groupe de conquistadors perdus dans la jungle péruvienne. Il embarque, dans ce tournage à haut risque, huit techniciens, ainsi que quelques acteurs dont l’inquiétant Klaus Kinski.

Les prises de vues, effectuées en pleine forêt vierge, se révèlent très périlleuses et Werner Herzog inclut dans son métrage certaines péripéties qui sont réellement arrivées à l’équipe (le radeau pris dans un tourbillon, par exemple)… Inspiré par deux personnages historiques dont on ne connaît quasiment rien, le cinéaste invente la totalité de l’intrigue en nous faisant pourtant croire à son caractère véridique. Isolant quelques personnages au milieu d’une nature hostile, il dresse un portrait sans concession des rapports hiérarchiques et de pouvoir au sein d’une société improvisée. Déchirés par l’ambition et de chimériques rêves de gloire et de fortune, ces hommes cupides sont voués à s’entretuer ou à sombrer dans la folie pure et simple. Au-delà d’une traditionnelle évocation de la conquête espagnole, Aguirre (1972) nous convie à observer un microcosme humain avec ses règles, ses lois et ses inévitables dérives…A la fois fiévreux, lancinant et à la lisière du fantastique, Aguirre, la colère de Dieu est un film très original, comme il en existe fort peu. »
En bref venez avec vos amis voir ce film très intéressant. L’image est magnifique et le grand écran est indispensable pour l’apprécier. La séance est ouverte, l’entrée de 4€ comporte la séance et un débat ensuite.
M.G. V.
20:00 Publié dans 3- Vie des quartiers, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris 14, cinema, aguirre, herzog, kinski |
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La Fosse aux Lions
Ou la présence de chiffonniers dans les anciennes carrières

Il faut préciser que depuis 1774, les carriers exploitant les sites d’extraction, devaient combler les vides qu’ils laissaient. C’est là qu’apparut une activité de salubrité publique : la collecte des ordures et immondices de Paris .
Depuis la création du Mur des Fermiers Généraux à la fin du 18e siècle, le transit des ordures provenant du centre de la ville ( les Halles), était en partie exécutée par des chiffonniers dont le travail consistait à trier les ordures pour remettre certains de leurs produits à des maraîchers qui avaient le droit de les déverser dans leurs champs. Ces derniers devaient être situés à plus de deux kilomètres des « Barrières », en fait le Mur des Fermiers Généraux. Ainsi, les ordures étaient collectées et rassemblées aux « portes maraîchères » : la barrière Saint jacques l’était entre toutes. Et là, nous voyons apparaître le site de la « Fosse aux Lions », constitué de l’ancienne carrière limitée par l’actuel boulevard Saint-Jacques, la rue Cabanis et la rue des Catacombes ( actuelle rue Dareau).

La répartition et la collecte se faisait par adjudication. L’adjudication désignait un louageur, qui lui-même rétrocédait à un sous-loueur tout ou partie des immondices provenant des divers quartiers de Paris. En outre les maraîchers faisaient à part entière partie du circuit.
Sur l’appellation de la dite « Fosse aux Lions », on peut sans trop se tromper, dire que les dits chiffonniers n’étaient pas tous des enfants de chœur… Cet endroit tenait plus d’un repaire de : tirelaines, escarpes, fourlines et chevaliers de la pince-monseigneur… Une sorte de marché aux puces avant l’heure qui attirait, on s’en doute des malfrats de toute sorte ! Les chiffonniers étaient ces « lions » occupant cette ancienne carrière… Cela devait être animé ! Certains possédaient des surnoms plutôt cocasses tels que : Marron sculpté, Pas-de-chance, le Frileux, Mort au vin, Plein-de-puces, la Miteuse, la Trouillotte, la Papavoine, la Chaufferette... Vision pittoresque d’un lieu-dit voué à la misère et sans doute au crime, aux règlements de compte en tout genre.
Mais peu à peu, l’activité des chiffonniers déclina par le seul effet de l’évolution économique; la récupération et la revente des produits de rebus étant remplacée par le développement des produits manufacturés de l’ère industrielle. Les déchets de la ville perdirent au cours des années, de leur valeur, et de ce fait leur revente ou transformation cessèrent d’être intéressant. La « Fosse aux Lions » avait vécu. Elle fut remblayée en 1850 . La plupart des chiffonniers se réinstallèrent du côté du quartier de la Glacière, en bordure de la Bièvre. En 1883, le préfet Poubelle créa sa fameuse « boîte ». C’en était fini de la « récup ». Aujourd’hui, le lieu est occupé par un grand hôtel, quatre étoiles. La rue Cabanis est calme. On n’entend plus de clameurs, de cris. Encore un « Mystère de Paris » disparu !
R.R
N.D.L.R – Documentation extraite de la Revue de la S.H.A du 14e: N° 24
06:00 Publié dans 6- Art, Culture, Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : le paris pittoresque |
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