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23 février 2020

Ciné-quartier Mouton-Duvernet : "Valse avec Bachir" mardi 25 février 20h15

valse avec bachir dans la mer la nuit.jpgLe conseil de quartier Mouton- Duvernet vous invite mardi 25 février à 20h15 à venir au cinéma Chaplin Denfert voir Valse avec Bachir d’Ari Folman

Valse avec Bachir (ואלס עם באשיר), d’Ari Folman
Israël (2008), film d’animation, 1h27 — Version originale hébreue avec sous-titres français

avec les voix d’ : Ari Folman, Miki Leon, Ori Sivan, Yehezkel Lazarov

Magnifique film d'animation sur les massacres de Sabra et Chatila signé Ari Folman, Ce documentaire réalisé en dessin animé permet d’évoquer l’insoutenable guerre au travers des cauchemars du héros. Seul un film d’animation aux images splendides et violentes peut ainsi exprimer ces souvenirs hallucinés.

M.G.V.

valse avec bachir conversation dans un bar.jpgHistoire personnelle d'un traumatisme de guerre pendant « Paix en Galilée », le Vietnam israélien

Un soir, dans un bar, un vieil ami raconte au réalisateur, Ari Folman, un rêve récurrent qui vient hanter toutes ses nuits et dans lequel il est poursuivi par 26 chiens féroces. Toutes les nuits, le même nombre de chiens. Les deux hommes en concluent qu’il y a certainement un lien avec leur expérience commune dans l’armée israélienne lors de la première guerre du Liban, au début des années 80.valse avec bachir les chiens.jpg

Ari est surpris de n’avoir plus aucun souvenir de cette période. Intrigué, il décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Afin de découvrir la vérité sur cette période et sur lui-même. Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge alors dans le mystère et sa mémoire commence à être parasitée par des images de plus en plus surréalistes ...

Tarif d’entrée : 5 €

Cinéma Chaplin – Denfert : 24 place Denfert-Rochereau, Paris 14e, métro Denfert-Rochereau (lignes 4 et 6).


Valse avec Bachir, la mémoire et l'oubli

Article du Figaro par Olivier Delcroix à l’occasion d’une rediffusion sur Arte

Il fallait une bonne dose d'audace, voire de folie, pour se lancer à corps perdu dans la mise en scène d'un film d'animation sur les massacres de Sabra et Chatila.

Ari Folman a eu ce courage. Le résultat? Un ovni cinématographique entre documentaire, psychothérapie et film d'animation. Bref, Valse avec Bachir innove, émeut et frappe l'imagination. Cinéaste israélien d'origine, remarqué avec le long-métrage Santa Clara, tiré du roman de l'écrivain tchèque Pavel Kohout, puis avec Made in Israel, conte futuriste sur la traque du dernier nazi vivant, Ari Folman a entamé le tournage du film après avoir constaté que certains moments de sa vie s'étaient effacés de sa mémoire. «Impossible de me rappeler l'invasion de Beyrouth-Ouest en 1982 , au moment des massacres de Sabra et Chatila, précisait le réalisateur lors de la présentation du film au Festival de Cannes 2008. Parce que mes souvenirs étaient toujours profondément enfouis, j'ai rencontré un psychiatre spécialiste des traumatismes de guerre. Il m'a dit qu'on pouvait me payer des traitements jusqu'à la fin de mes jours, ce qu'il ne recommandait pas. Il m'a surtout conseillé de ne pas creuser. Et c'est à ce moment-là que j'ai décidé de faire le film qui a été pour moi comme une thérapie.»

Une enquête psychanalytique

Engagé dans l'armée israélienne, Folman a participé à la première guerre du Liban. Valse avec Bachir est le récit de cette quête en forme d'enquête psychanalytique. Avec un graphisme superbe, une animation soignée, rehaussée de couleurs tranchées, le tout baigné par une musique lancinante, Valse avec Bachir marque clairement un tournant dans le film documentaire d'animation.

….Cet objet cinématographique unique et singulier traite avant tout de la guerre et de la mémoire. La quête de la vérité d'Ari Folman passe par les jeux tortueux de la mémoire, par des rêves et des cauchemars. De l'onirisme pur à la réalité la plus cruelle, il n'y a finalement qu'un pas, avec l'évocation de la tuerie vengeresse perpétrée par la milice chrétienne dans les camps de réfugiés palestiniens.

Ari Folman se met lui-même en scène à l'époque où, jeune homme, il participe à l'opération «Paix en Galilée» dans le cadre de son service militaire dans l'armée israélienne et se trouve mêlé au massacre des camps de Sabra et Chatila. Des années plus tard, il tente de reconstituer cette période occultée en retrouvant d'anciens compagnons d'armes. Le spectateur suit avec passion cette quête faite d'allers et retours entre le passé et le présent.

Pourquoi avoir raconté cette histoire personnelle par le biais de l'animation? «Pour mieux restituer les jeux de l'inconscient et du subconscient, les rêves, les hallucinations, répond sans hésiter Ari Folman. Pour se faire, nous avons créé un studio à Tel-Aviv. Vingt personnes ont travaillé sur Valse de Bachir. J'ai d'abord réalisé un film vidéo qui a servi de base au story-board. Nous avons ensuite développé 2 300 dessins animés de façon classique ou en 3D.»

Reparti bredouille du Festival de Cannes en 2008 en raison de sa trop vive singularité, le film sera ensuite nommé aux Oscars en 2009, finira par obtenir un Golden Globe, ainsi que le césar du meilleur film étranger, en 2009. Un juste retour des choses pour cette œuvre forte et intelligente.

Olivier Delcroix Le Figaro

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