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19 avril 2012

Une place de village

  La place d’un village évoque pour chacun, un lieu privilégié, où chaque jour, à l’occasion d’un  marché, ou d’un rassemblement  festif,  toute la population vient faire ses courses ou se divertir ; cela donne au village une ambiance qui lui est propre, une convivialité  heureuse que chacun partage avec joie. Les discussions vont bon train, on fait connaissance, on retrouve ses amis, des copains, on se rappelle des souvenirs, et cela finit presque toujours par un verre pris au bistrot !

 place_Victor-et-Hélène-Basch vue de l'avenue du Général Leclerc.JPG Imaginons, mais ce n’est qu’une image, que la place d’Alésia (Hélène et Victor Basch) redevienne pour une journée seulement , une place de village. Tout y est ou presque : l’église, majestueuse qui nous invite chaque dimanche, au son de ses cloches, à venir prier le Seigneur. Pour le reste, le site a bien changé. Ce carrefour, où débouche l’avenue du Maine, royale et haussmanienne par ses immeubles, n’a plus le charme d’antan, lorsque le Petit Montrouge était un « écart » du grand Montrouge. Les anciens ont connu le café « Biard », remplacé par le Crédit Agricole. Les maisons modestes du faubourg, situées à l’angle de l’avenue de Châtillon (Jean Moulin) ont disparu pour devenir le garage Peugeot.  Une banque, la B.N.P. a remplacé le Comptoir National d’Escompte qui logeait dans les locaux d’une ancienne auberge ! En face, le pâtissier Vivier, à l’angle de rue d’Alésia s’est lui aussi transformé en une succursale de la HSBC. La charcuterie Noblet  et son enseigne où présidait un cochon célèbre, a laissé la place, il y a peu, au pâtissier Saibron. Tout au début de l’avenue Jean Moulin, l’impasse du Rouet fait figure encore  d’un lieu insolite. Là, à l’angle, il y  avait une auberge : « l’auberge du Rouet » qui fut remplacée pendant quelque temps par une restaurant italien : "le bistrot romain",  disparu. Aujourd’hui, c’est encore une banque qui a pris la suite !

Après la Libération de Paris, en août 44, des bals furent organisés sur la place et ce durant deux ou trois années… Heureux temps où les pas des danseurs s’envolaient dans un nuage de gaîté et de légèreté, alors qu’aujourd’hui, les pneus des voitures crissent, remplaçant les accents mélodieux des valses musette  et tangos de l’époque…

 Oui, tout cela est bien  fini. « La nostalgie n’est plus ce qu’elle était » ! Alors ? La place d’Alésia, place de village ? Certes non, mais elle est et restera toujours vivante pour celles et ceux qui gardent une image lointaine, idéalisée sans doute, mais qui réjouit le cœur.

 R.Rillot