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24 janvier 2017

Une histoire du 14ème arrondissement (VIII)

Nous continuons notre découverte du 14ème arrondissement par une évocation d’un site qui attire aujourd’hui de nombreux touristes et amateurs de carrières abandonnées : les Catacombes.

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En fait, ce titre est impropre car il s’agit d’anciennes carrières qui, une fois leurs gisements épuisés, servirent de réceptacle aux six millions de squelettes extirpés des cimetières du vieux Paris et cela, peu avant les années qui précédèrent la Révolution de 1789. Jusqu'au règne de Louis XVI, on enterrait dans Paris même, et notamment dans les enclos jouxtant les églises  et dans les charniers tels que celui des Innocents aux Halles, les corps des disparus sous une couche de terre ne dépassant pas vingt centimètres. Inutile de dire les odeurs qui se dégageaient de ces fosses à fleur de sol. L’utilisation des carrières désaffectées fut donc une œuvre de salubrité qui se poursuivit durant tout le 19ème siècle.

Nous savons que le 14ème arrondissement dans sa quasi-totalité,  repose sur d’anciennes carrières. A ce titre, elles devinrent les lieux naturels pour le transfert des corps provenant du centre de Paris. On les assimila aux Catacombes de Rome. Très vite, elles devinrent un véritable centre d’attraction, une des grandes curiosités parisiennes pour les provinciaux et les étrangers. Les galeries présentent des parois tapissées de crânes, tibias et autres fémurs, scellés dans un mortier de revêtement, tandis que derrière ces parois, s’entassent des débris humains  non classés. Autour de la Barrière d’Enfer – notre place Denfert Rochereau d’aujourd’hui- et comme souvent aux alentours des lieux de sépulture, s’établirent des guinguettes agrémentées de tonnelles où se tenaient également noces et banquets. Il en était bien entendu de même un peu plus à l’ouest, autour du cimetière Montparnasse.

Dans un prochain chapitre, nous aborderons l’activité des théâtres, bals et restaurants qui ont été longtemps une des caractéristiques du quartier Montparnasse.  -       

Documentation extraite du N°  299 de la S.H.A du 14e. 

11 août 2010

La plus grande nécropole du monde

«  Au delà de ces bornes ils reposent en attendant la vie bienheureuse » est-il écrit en latin à l'entrée des catacombes de Paris, où se trouvent les restes de plus de 6 millions de Parisiens.

Il y a beaucoup de différence entre les Catacombes de Paris et de Rome. Ces dernières étaient selon l'expression de Jean-Paul II de « véritables lieux de repos communautaires, où tous les frères chrétiens, indépendamment de leur rang et de leur profession, reposaient dans l'attente de la résurrection».

Celles de Paris sont dues à la surexploitation des carrières de pierre et au surpeuplement des cimetières parisiens. Longues de 250 km, sous 9 arrondissements, à 35 m de profondeur, elles constituent un véritable labyrinthe. D'abord à ciel ouvert sous les Romains, les exploitations sont devenues souterraines. Pendant des siècles les carriers vont vider Paris de son sous-sol, en ne respectant aucune réglementation. Le premier accident grave s'est produit en 1774, rue d'Enfer, où 14 maisons sont englouties, selon le processus des cloches de Fontis : le plafond d'une galerie s'effondre, constituant une « cloche » » qui remonte par éboulements successifs comme une bulle qui atteint la surface. L'Inspection des Carrières est alors créée par le Roi et va réaliser un gigantesque travail. Elle cartographie tous les vides et consolide le sol sous les voies publiques.

En 1780, le Lieutenant Général de Police Lenoir propose d'y enfouir les ossements qui encombraient les cimetières de Paris, dans un but d'hygiène publique. On a commencé par le Cimetière des Innocents. C'était un véritable charnier. De longues files de chariots funéraires étaient vidées dans les anciens puits d'accès. On supprima d'autres cimetières. C'est ainsi qu'on ne sait pas où sont les dépouilles de La Fontaine, Molière, ou Robespierre, Marat et bien d'autres, sinon dans les catacombes.

Beaucoup de légendes sont attachées à ces lieux. Au 12ème siècle des malfrats s'installent sous le jardin du Luxembourg où se dressait l'hôtel de Vauvert. Pour la population, le diable habitait là, d'où l'expression du « diable vauvert ».

Des évènements dramatiques s'y déroulent aussi. En 1871, les violents combats de la Commune forcent les fédérés à se réfugier dans les catacombes où les Versaillais  pénétrèrent par la barrière d'Enfer. Ils furent tous tués sur place ou faits prisonniers. Plus tard, les Catacombes ont servi à la construction d'abris, ou de bunkers par les Allemands ou utilisés par la Résistance (Rol-Tanguy à Denfert-Rochereau).

Depuis les années 60, les Catacombes sont fréquentées par une population très diverse. Des fêtes illégales y sont organisées. Le nombre de « visiteurs » a diminué, en raison de la lutte entre l'Inspection des Carrières murant des entrées et les cataphiles en rouvrant à quelques mètres. Le quartier Daguerre reste une zone d'accès privilégié.

A C.