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14 juillet 2019

Adieu - Père François Potez

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Adieu ! Quel joli mot ! Adieu. En Dieu pour toujours. Pourquoi certains ont-ils peur de ce mot ? Alors, « à toujours », si vous préférez ! Avouons-le, c’est toujours difficile de quitter quelqu’un qu’on aime. Pour ma part, j'ai horreur de ça. En disant au-revoir, on sait bien que, pour certains, on ne les reverra qu’au ciel. Pour être franc, c’est d’ailleurs une des raisons principales pour lesquelles je suis pressé d’aller au ciel, c’est que Là-Haut, enfin, nous n’aurons plus jamais à dire au-revoir.

Dire adieu, c’est dire que l’on ne se quitte pas. Que l’on reste présent par le « dedans ». Partir. C’est nécessaire. Parce qu’il ne faut pas s’attacher trop humainement. Ni aux œuvres, ni même aux personnes. « Solo Dios, basta ! », dirait sainte Thérèse d’Avila. Nous ne sommes pas faits pour nous installer ici-bas, puisque nous sommes citoyens du ciel. Or c’est toujours un risque : s’attacher  tellement que l’on devient propriétaire. Au contraire, il faut se détacher de tout. Devenir pauvre. Radicalement. « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des Cieux est à eux ». Le dépouillement n’est-il pas le vrai chemin de la richesse ? C’est en tout cas celui que Jésus a choisi. Et c’est parce qu’Elle est radicalement vide d’Elle-même que Marie est pleine de grâce ! Apprendre à mourir. Rien de moins ! C’est quand on offre sa vie qu’on est vraiment vivant.

Au moment de dire adieu à Notre-Dame-du-Travail, c’est vraiment l’action de grâce qui domine dans mon cœur. J’ai tant reçu ici. Et je me sens tellement redevable ! Dire en quelques mots la Vision Pastorale de la paroisse (cf. p. 3), c’est dire cette action de grâce : offrande, eucharistie, communion familiale, style marial...

Beaucoup plus qu’un bilan, c’est un élan ! Oui, vraiment, la vie est devant ! La consécration de la paroisse au Cœur Immaculé de Marie, l’intronisation du Tableau de la Miséricorde Divine, l’adoration permanente, les Cellules Paroissiales d’Évangélisation, l’approfondissement de la spiritualité propre à Notre-Dame-du-Travail : voilà ce que Dieu nous a donné. Ce qu’il nous a confié !


C’est le trésor que j’emporte dans mon cœur. Je garde ce trésor comme un souvenir précieux. Non pas comme un souvenir qui va finir par jaunir, comme les vieilles photos au fond d’un tiroir... Mais comme un trésor que je voudrais garder dans mon cœur pour le méditer fidèlement, à l’école de Marie.

C’est aussi votre mission désormais, sous la houlette de celui qui sera votre pasteur, le Père Gabriel. Je sais que vous l’accueillerez bien, comme celui que le Père vous donne dans sa bienveillance. Vous ne l’accueillerez pas pour ses talents ou ses qualités, mais parce que c’est celui que l'Esprit Saint a désigné pour vous. Et c’est avec lui que vous conduirez la paroisse vers son avenir.

J’aime à citer ici notre archevêque, dans son homélie des ordinations sacerdotales à St-Sulpice : « Il n’est plus temps de tenir une boutique ou de faire fonctionner une institution. [...] L’amour du Christ nous presse, l’amour du Christ nous brûle. C’est le temps de la créativité, de l’imagination, de la mission empressée : « malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile. »

Je m’en vais le cœur en paix. Comblé par cette extraordinaire et paisible plénitude que nous avons vécue ensemble le dimanche 23 juin. Merci d’ailleurs, immense merci à tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la réussite de cette journée magnifique. Vraiment, nous aurons été gâtés ces derniers temps : le Seigneur nous a comblés de ses dons, à travers des moments de communion exceptionnels.

Mais avant de vous quitter, je voudrais aussi vous demander pardon encore une fois pour tout ce que je n’ai pas fait ou pas su faire. Pardon surtout pour toutes les personnes que j’aurais pu blesser ou heurter, d’une façon ou d’une autre, consciemment ou non. Que l’Immaculée reprenne avec douceur les plaies qui ne seraient pas encore guéries. Je m’en remets à Elle pour cela aussi.

Et maintenant, je n’ai qu’une certitude : c’est le Seigneur qui me mène. Comme le Bon Pasteur, il me guide et me rassure, il me mène vers les eaux tranquilles. Par où me mène-t-il ? Je n’en sais rien, et ça m’est indifférent, pourvu que ce soit Lui. Avec Jésus, je voudrais prendre la route de Jérusalem avec détermination. Jérusalem, c’est le « passage ». Le passage qui doit se faire à travers l’offrande radicale. Avec Simon de Cyrène, je me sens réquisitionné pour porter la croix de Jésus. Soit ! Je sais que je le verrai de mes yeux et que je serai plus proche de Lui. C’est la seule chose qui compte. Marie est là, et je me réfugie sous son manteau de tendresse. C’est avec toute sa tendresse et sa douceur que je voudrais vous dire une dernière fois, en vous bénissant et en vous embrassant tous et toutes affectueusement : à toujours !

Père François Potez, curé de Notre- Dame du Travail jusqu’au 31 août...

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