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13 mars 2018

Les Alchimistes transmutent et gagnent

Aux Grands Voisins, sur le site de l’ancien hôpital Saint Vincent de Paul, dans une cabane en bois, siège une curieuse machine : une large citerne qui ressemble à celle d’un camion de transport de liquides, accouplée à ce qui rappelle un engin agricole. Cette machine, un composteur électromécanique, un système inventé par une petite entreprise, les Alchimistes, vient de rapporter à leurs créateurs, Alexandre Guilly et Fabien-Kenzo Sato, un trophée de l’Économie sociale et solidaire décerné par la Ville de Paris.

Depuis presque un an, des cyclistes, sur des vélos électriques munis d’une remorque, ramassent, chez des clients partenaires (restaurants, hypermarchés, cantines…) tous leurs déchets organiques : épluchures de fruits et légumes, restes de repas, viandes et poissons compris, invendus gâchés impossible à vendre etc. Ces déchets sont introduits dans le réacteur fermé du composteur, où ils sont brassés régulièrement grâce à des pales, aérés juste ce qu’il faut. La température monte de façon uniforme. La matière organique se dégrade très rapidement. En sortie, la matière est mise à maturer pendant quatre semaines. Elle est alors prête à être vendue sous forme de compost.

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Les avantages s’accumulent. D’abord un circuit très court. Les déchets sont ramassés dans un rayon de trois à quatre kilomètres alors que l’usine de méthanisation la plus proche de Paris demande 70 km de trajet. De plus, le système des Alchimistes ne produit aucunes nuisances sonores, et pas de mauvaises odeurs. Le cycle de transformation dure 6 semaines au total, contre 6 à 12 mois dans des composteurs classiques. Au final, le compost « made in Paris » est revendu.  L’entreprise a reçu de la Ville de Paris un agrément sanitaire.


La machine installée aux Grands Voisins est expérimentale. Elle ne traite qu’une centaine de kilos de déchets par jour. Les Alchimistes voient beaucoup plus grand. Deux sites de traitements vont voir le jour : dans l’Île Saint Denis (automne 2018) , et près de la Porte Brançion, dans le 15e (2019) Les vélos continueront leurs tournées, mais de petits camions permettront de ramasser la matière première plus loin, et en plus grande quantité. On passera alors à deux tonnes par jour et par machine.

L’entreprise pourra alors devenir rentable. Elle embauchera, car actuellement, elle ne compte que trois salariés, plus un stagiaire. Les Alchimistes passeront des contrats avec ses clients (supermarchés, etc.) qui rémunéreront le service de ramassage. L’autre source de revenu viendra de la vente du compost. Et si le succès se confirme, les créateurs comptent bien ensuite multiplier les sites.

Gérard Desmedt

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