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18 décembre 2013

La prison de la Santé ferme pour se rénover

paris 14e,75014,santé,prison,vaudremer,renovationLa prison de la Santé (920 détenus) commencera à se vider dans les premiers jours de janvier 2014. Un énorme chantier va durer jusqu’en 2018-2019.(photo de Charles Malville prise entre 1867, construction de la Santé et 1879, mort de Malville - cliquer pour agrandir) L’établissement sera vide en juillet. D’ici là, les détenus libérés ne seront pas remplacés. Ceux dont les peines ne sont pas terminées seront transférés dans d’autres prisons de la région parisienne - vers Nanterre, Fresnes, Fleury-Mérogis, Villepinte – ou vers la province en fonction de leur situation pénale (prévenus ou condamnés), et du lien nécessaire à maintenir avec les familles. 

La vieille prison avait bien besoin de travaux. Elle a été construite de 1861 à 1867. A l’époque, c’était un établissement très moderne… mais les standards ont changé. Dans le « quartier haut » des cellules collectives ne font que 12 m2, et ont dû être désaffectées en 2005 et 2006 pour des raisons de sécurité. Dans la partie basse, les cellules individuelles font 7 m2 seulement ; les sanitaires sont insuffisants, l’isolation thermique… inexistante.

Un programme de réhabilitation et de reconstruction a été lancé en 2012. Il coûtera, selon le ministère de la Justice, « plusieurs centaines de millions d’euros ». Les appels d’offre ont été lancés, les entreprises ont rendu leurs offres finales à la mi-octobre. La signature des contrats interviendra au deuxième trimestre 2014 et les travaux commenceront vers septembre ou octobre 2014. Seul le quartier de semi-liberté continuera à fonctionner pendant le chantier.

La reconstruction sera l’occasion de mettre en place...(cliquez sur Lire la suite)

Gérard Desmedt

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10 septembre 2009

IV - Survol historique de la paroisse Saint-Pierre-de Montrouge

UNE GRANDE EGLISE POUR UNE GRANDE PAROISSE

Ainsi que nous l'avons vu dans le précédent chapitre, ce ne fut qu'aux tout derniers jours de décembre 1847 que fut inauguré le modeste bâtiment intitulé église Saint-Pierre-de-Montrouge, fruit des efforts persévérants de l'abbé Comte, lequel fut le premier curé de la paroisse. Rappelons que cet édifice se situait exactement entre nos actuelles voies dites rue Thibaud et passage Rimbaut.

L'excellent homme qu'était le curé de la paroisse ainsi créée, ne se doutait guère que la Révolution de 1848 allait éclater quelques semaines plus tard, mais il ne perdait pas son temps, comme on va le voir, au milieu d'une situation politique et sociale qui devait durer jusqu'au rétablissement de l'Empire, à la fin de 1852.

ET NAPOLEON III APPELA HAUSSMANN

Le plébiscite marquant la fin de la IIe République est du 21 novembre 1852, mais, dès le 15 octobre précédent, un notable industriel montrougien,       M. Alexandre Dareau, a été nommé maire de Montrouge, fonction dont il avait été destitué quatre ans plus tôt par la Monarchie de Juillet. Aussitôt il va accélérer les travaux de la nouvelle mairie de Montrouge au Petit-Montrouge. Et, dès le 29 juin 1852, ce sera l'abbé Comte, notre curé de Saint-Pierre-de-Montrouge, qui bénira le terrain de cette mairie, ainsi que la première pierre de l'édifice, qu'allait poser M. Berger, le préfet de la Seine.

L'année suivante, l'Empereur donnait pour successeur à M. Berger celui qui allait être durant dix-sept ans le grand préfet de Paris : Haussmann, lequel se mit immédiatement à la tâche...

UN GRAND ARCHITECTE : VAUDREMER

Notre 14e arrondissement fut pour Haussmann, exécutant les ordres de l'Empereur et surtout réalisant ses plans, le cadre d'une suite de grands travaux comme aucune ville de France n'en avait jamais connue. Haussmann confia à une élite d'architectes et d'ingénieurs reconnus parmi les meilleurs d'Europe : les Belgrand, Couche, Alphand, Quesnel, Vaudremer..., la réalisation du rêve de l'unique souverain urbaniste du XIXe siècle, Napoléon III.

Au Petit-Montrouge, ce fut Emile Vaudremer, architecte de la Ville de Paris (prix de Rome 1854) qui construisit, entre 1860 et 1870, notre église Saint-Pierre-de-Montrouge (tout en bâtissant simultanément, au quartier voisin dit de la Santé, la prison du même nom).

Saint-Pierre-de-Montrouge est certainement une des églises les plus "réussies" de cette époque à Paris, sur un terrain triangulaire dont cet architecte sut tirer le meilleur parti. On a cessé de discuter et même de contester son style (romano-byzantin, paraît-il) et l'on peut dire que cette église, avec son haut clocher carré, s'est parfaitement incorporée à notre paysage urbain, en cette vieille place quasi centrale qui changea tant de fois de nom : Croix-des-Sages, Quatre-Chemins, Puits-Rouge, Saint-Pierre - et, maintenant, de son appellation officielle, "Victor et Hélène Basch",  noms de deux victimes de la dernière guerre (et "place d'Alésia" dans le parler courant).

Et quel "carrefour" extraordinaire sous l'ombre de notre église : la grand-route d'Espagne, continuée au Nord par celles de Germanie et des Flandres (de l'autre côté de la Seine) et recevant comme les affluents d'un grand fleuve la chaussée du duc du Maine, la route de Chevreuse ou de Chartres, la longue rocade des rues de la Convention, de Vouillé, d'Alésia et de Tolbiac... Saint-Pierre est une des églises de Paris les mieux situées...

UNE PAROISSE A GEOMETRIE VARIABLE

Le premier Saint-Pierre, que nous avons évoqué en commençant (c'est-à-dire la modeste église de la rue Thibaud, ouverte fin 1847) était devenu trop exigu, avec le peuplement rapide de la partie de Montrouge dite le Petit-Montrouge, laquelle était bien plus étendue que le quartier créé sous ce nom en 1860. La paroisse de l'époque couvrait la totalité de cette moitié Nord de la commune, à l'intérieur de l'enceinte des Fortifications. Et, en fait, il n'y avait alors d'autre église dans ce secteur que la très modeste chapelle de N.-D. de Plaisance, rue Saint-Médard, actuelle rue du Texel, au nord-ouest du futur Arrondissement. Quand le second Saint-Pierre eut été bâti, il resta l'église de la paroisse du lieu. Ce n'est que beaucoup plus tard, entre la fin du XIXe siècle et les lendemains de la Grande Guerre de 1914-1918, qu'apparurent d'autres églises : N.-D. du Travail en 1901, qui remplaça N.D.  de Plaisance au premier tiers de la rue Vercingétorix . N.-D. du Rosaire en 1911, tout au bout de la rue de Vanves (actuellement rue Raymond-Losserand) ; Saint-Dominique en 1921 (à l'entrée de la rue de la Tombe Issoire) ; d'où autant de paroisses nouvelles, qui réduisirent l'extension territoriale de la paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge.

Quelles sont, à l'heure présente, les limites de cette paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge ? Les voici, telles qu'elles ont été fixées en 1925 :

- Au nord, c'est la rue Froidevaux, de l'avenue du Maine à la rue Boulard ;

- A l'est, ce sont les rues Boulard et Ernest Cresson, l'avenue du Général Leclerc jusqu'à la rue Sophie Germain ; cette dernière jusqu'à la rue Hallé ; celle-ci jusqu'à la rue Ducouëdic ; celle-ci jusqu'à la rue d'Alembert, laquelle va rejoindre la rue de la Tombe Issoire ; puis cette dernière jusqu'au boulevard Romain Rolland ;

- Au sud, ce même boulevard jusqu'à l'extrémité de l'avenue de la Porte de Châtillon ;

- A l'ouest, l'avenue du Maine jusqu'à la rue Maison-Dieu ; puis les rues Asseline, Didot et d'Alésia ; celle-ci jusqu'à la rue Delbet ; ensuite dans le prolongement de cette dernière, un tracé plus ou moins rectiligne venant couper le boulevard Brune pour emprunter la rue du Général de Maud'huy, puis le début de l'avenue Maurice d'Ocagne et la fin de l'avenue de la Porte de Châtillon jusqu'à rejoindre le boulevard Romain Rolland. On voit donc que l'actuelle paroisse déborde sensiblement à l'Ouest et quelque peu au Nord des limites du Petit-Montrouge, dont elle abandonne, en revanche, l'angle supérieur Nord-Est.

UNE CONSECRATION TARDIVE

La consécration de notre église Saint-Pierre-de-Montrouge n'intervint - pour des raisons qui nous échappent - que plus de cinquante ans après son entrée en service effectif vers la fin du Second Empire : à cette époque il ne manquait plus que la toiture de la plate-forme culminante, qui fut occupée par les Fédérés sous la Commune. Or, nous pouvons lire, en lettres d'or sur une grande plaque de marbre blanc proche de l'entrée de l'église, une belle inscription latine attestant "aux ides de Février MCMXXIII". la consécration du monument. Appelant au secours nos souvenirs scolaires, nous traduirons : le 13 Février 1923. L'architecte Emile Vaudremer a les honneurs de la première citation de l'inscription, ès-qualités de bâtisseur de l'édifice. Puis sont mentionnées les hautes personnalités ecclésiastiques ayant procédé aux rites de la consécration, et notamment le Cardinal Dubois, Archevêque de Paris, et le futur Cardinal Baudrillart.

R.L.C

28 octobre 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (13)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous a proposé une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer. Nous sommes arrivés au terme de ces 13 épisodes, qui se terminent donc avec ce dernier article.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

(Voir l’article précédent)

La construction de St Pierre de Montrouge

-La sculpture:

Plusieurs oeuvres en ronde-bosse rythment l’intérieur de l'église en divers endroits : St Pierre dans la chapelle de droite à l’entrée de l’église  par Henri Maniglier.

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Saint Pierre 

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Saint Paul 

Ste Geneviève, St Denis, St Louis, Ste Jeanne d'Arc, Ste Rita par les sculpteurs Hayon et Perrin le long du déambulatoire. Dans la chapelle de la Vierge, une statue de ND de BonSecours fut exécutée en 1872 par Victor Edmond Le Harivel-Durocher. Ce sculpteur fit également le relief de la Nativité de l'autel de la chapelle.

A l'extérieur, sur le tympan de l’entrée, figurent des peintures sur porcelaine transparente de Devers représentant Saint Pierre sur  un fond or.

 
Conclusion

Vaudremer a réussi une église considérée aujourd'hui comme un chef-d’œuvre du XIXe siècle, car l’édifice témoigne d'une assimilation très aboutie des styles architecturaux appliqués aux constructions religieuses. Il n'est pas possible de parler d'éclectisme car chaque référence est, non pas juxtaposée, mais entremêlée comme si l'architecte faisait œuvre de sincérité intellectuelle dans sa compréhension de l'histoire de l'architecture religieuse. L'élan spirituel est marqué par les hauteurs des murs et des toitures qui ont fait dire à un journaliste de l'Illustration en 1868 « malgré le positivisme de l'époque, nos arts connaissent encore la route du beau ». Devenu architecte diocésain de la ville de Paris,

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La médaille de Vaudremer

Vaudremer construisit d'autres églises mais aussi des villas et des immeubles. Sa rigueur par rapport aux principes rationalistes l'a certainement préservé de l'interprétation abusive des styles anciens. Ces œuvres témoignent toutes d'une sorte d'austérité

 
Bibliographie sommaire
 :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.


21 octobre 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (12)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

(Voir l’article précédent)

La construction de St Pierre de Montrouge

Le décor mobilier, suite

-Les vitraux:

Dans la nef, le choix se porta sur des vitraux aux motifs géométriques simples, aux couleurs neutres, ne rivalisant pas avec le décor architectural ; ils sont de l'atelier  Lauren-Gsell et datés de 1872.

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Les vitraux en grisaille des chapelles des fonts baptismaux et de la statue de St Pierre étaient de l’atelier d’Oudinot mais les actuels sont de facture récente.

Dans la chapelle de la Vierge, c'est la référence romane qui a été choisie avec des lancettes ornées de médaillons décrivant la vie du Christ, aux tons rouges et bleus à la manière des vitraux des XIIe et XIIIe siècles. A gauche : Annonciation, Visitation, Adoration des Mages, Présentation au Temple et Jésus au milieu des Docteurs de la Loi ; au centre : l'Assomption, le triomphe et le couronnement de la Vierge ;

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à droite : Jésus au jardin des Oliviers, le couronnement d'épines, la flagellation, Jésus portant la croix, le calvaire. L'auteur des vitraux est le peintre-verrier Stanislas Oudinot qui les a exécutés en 1864.

Le mobilier de bois

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Confessionnaux, bancs, lambris… ainsi que les grilles en fer portent la signature de Vaudremer à travers des motifs récurrents

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qui se retrouveront sur d’autres de ses réalisations à Paris: pommes de pin stylisées, fleurons, palmettes et croix grecques. Ces motifs ornent  très sobrement les grilles et les murs tant de l’intérieur que de l’extérieur de l’église. L’ensemble fut dessiné par Vaudremer.
 

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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14 octobre 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (11)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

-Les peintures:

Elles se concentrent dans les culs de four (forme romane) des bras du transept et de la chapelle axiale. Le parti pris a été de choisir un style néo-byzantin privilégiant la figure hiératique sur fond doré. Le traitement des personnages et du fond, rappelle les mosaïques de Ravenne ou bien les icônes byzantines. Mais la peinture revenant bien  moins cher, c'est cette technique qui fut choisie, rationalisme oblige ! Le peintre Eugène Capelle, à qui reviennent ces peintures exécutées en 1869,  s'inscrit dans la lignée stylistique d'un Charles Lameire, grand peintre décorateur de plusieurs églises parisiennes à l'époque. Les personnages sont hiératiques, les attributs simples et visibles, l'ensemble assez statique. Dans les transepts,  St Joseph, au départ conçu avec une équerre de charpentier et une branche de lys, est  finalement représenté avec un parchemin

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et St Jean, qui devait tenir un calice, est reconnaissable par l'aigle et tient l’Evangile dans la main.

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La mosaïque de la chapelle axiale, représentant le Christ bénissant et enseignant, fut exécutée dans les années 1930 à l’identique de la peinture originale détériorée,  par l'artiste peintre et céramiste Barillier.

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Il faut aussi remarquer les multiples références faites aux  catacombes paléochrétiennes avec l’emploi des motifs tels que les pampres de vignes, les palmettes, le monogramme christique (notamment au plafond des chapelles latérales du chœur ainsi que sur la chaire située dans la nef).

Les inscriptions en haut des murs de la nef et de la croisée du transept reprennent

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des passages de l'Apocalypse ou bien interprètent les Livres des Rois. Un verset du psaume 150 orne le grand orgue: « Louez le Seigneur sur le tambour et dans la danse, louez-le sur les cordes et sur l'orgue ».

 

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.

-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.

-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.

-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.

-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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07 octobre 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (10)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

Le décor mobilier

Il n'est pas possible de parler de programme iconographique à St Pierre de Montrouge tant le décor est pauvre. Mais sous cette apparence sobre, voire triste, le parti rationaliste a en réalité pris le dessus. Nous avons affaire à un architecte-décorateur qui a conçu en amont toute la décoration intérieure. Cette démarche est visible dans d'autres  réalisations de l’architecte comme à l'église orthodoxe grecque rue Georges Bizet

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ou encore dans la Villa Collin construite à Fourqueux (Yvelines)

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pour son ami horloger vers 1894. Vaudremer s'inscrit de cette manière dans la nouvelle lignée des architectes qui feront de leurs constructions un art total (et duquel naîtra l’art Nouveau avec, par exemple, Hector Guimard).


 
Bibliographie sommaire
 :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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01 octobre 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (9)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer. Interrompue pendant les vacances, cette rencontre reprend maintenant.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

La marque du rationnalisme

 St Pierre peut  être qualifiée de style romano-byzantin-paléochrétien. Mais le rationalisme est néanmoins bien présent, comme une sorte de liant entre ces différentes influences.

Par exemple, au niveau de la charpente, en sapin rouge,

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 les poutres sont peintes sur trois faces uniquement afin de laisser la paroi interne respirer.

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De même, les parties en bois placées dans la maçonnerie sont dans des cases aérées (avec terminaison en terre cuite à l'extérieur, en forme de petites fleurs, visibles tant à l’extérieur sous les chéneaux qu’à l’intérieur au-dessus des arcades)

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et les portées sont doublées de plates-bandes en fer contre les risques d'incendie.

La polychromie dans l’église est à souligner car elle témoigne de la curiosité de l'architecte pour un débat engagé dès les années 1830 par Jacques-Ignace Hittorf (architecte de St Vincent de Paul) ou Félix Duban (architecte de l’Ecole des Beaux-Arts) sur l’utilisation de la couleur dans les temples durant l'antiquité. Vaudremer signe en quelque sorte son accord avec cette nouvelle théorie des édifices polychromes, qu’il a pu vérifier in situ lors de ses voyages en Italie du sud et en Grèce.

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axiale est dédiée à la Vierge Marie, et plus particulièrement, depuis la guerre de 1870 à Notre-Dame de Bon-Secours

Enfin, sur la totalité des murs, un décor au pochoir a été entrepris pour souligner l'horizontalité du mur ou bien le découpage des fenêtres. Ce décor imite  les claveaux en pierre  qui composaient la fenêtre cintrée romane et rappelle les faux claveaux extérieurs dessinés dans le moellon (importance de l’harmonie entre l’intérieur et l’extérieur).Un bandeau de couleur ocre court tout le long des murs de la nef afin de marquer la longueur du vaisseau qui s’oppose à la verticalité des colonnes, mais aussi pour offrir au regard une cohérence des formes.

Les matériaux des colonnes et de la table de communion du choeur sont des pierres issues de différentes carrières de France rappelant le marbre au moment du polissage. Pour respecter un programme économe, le choix des pierres par l’architecte s'est révélé fondamental : granit de Vire pour la base des colonnes, pierre de Colombachien pour les fûts, calcaire de Morlay pour les chapiteaux. Nous sommes de cette façon dans l’illusion de l'Antiquité.

La crypte fut créee pour favoriser -à la demande de Vaudremer- l'enseignement du catéchisme, dans un lieu à la fois calme et inséré au coeur de l'église (en réalité située sous le chevet).

La partie postérieure de l'église est sans doute la plus délicate à commenter. La présence de chapelles étaient encore justifiées à l’époque La chapelle axiale est dédiée à la Vierge Marie, et plus particulièrement, depuis la guerre de 1870 à Notre-Dame de Bon Secours.

 
Bibliographie sommaire
 :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.

-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.

-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.

-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.

-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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08 juillet 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 - (8)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

Le lieu saint : un traitement d’exception

L’église de St Pierre présente une configuration nouvelle de la croisée du transept : le chœur s’y déploie de façon imposante, presque volumineuse, en alliant la surélévation, la clôture en pierre et le ciborium au-dessus de l’autel, à l’image des églises paléochrétiennes. Le choeur était autrefois fermé par une colonnade avec entablement encore visible sur certaines photos anciennes,

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du côté de la chapelle de la Vierge et du transept. Les transformations du chœur se firent après le concile de Vatican II. Un ciborium surmonte l'autel, auquel on accède par quelques marches. Il est composé de quatre colonnes avec un ange accolé à chaque angle, porteur d'un instrument de la Passion. Cet ensemble est l'oeuvre d’Henri-Charles Maniglier (1869) auteur également de la statue en bronze de St Pierre dans la chapelle située à droite de l’entrée de l’église et de multiples statues dans les églises parisiennes. La présence du ciborium monumental est aussi une forme de clin d’œil à  St Pierre de Rome

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(ciborium à colonnes torses de l’architecte Le Bernin) que confirme le motif du symbole de la papauté au sol en mosaïque (clés de St Pierre et mitre). Voir article précédent en bas

 Le choeur est surélevé à la manière des églises primitives dont la crypte créait une superstructure du fait de sa voûte construite pour abriter les reliques du saint patron.

 Vaudremer a donc particulièrement mis en valeur le lieu saint de l'église en le situant au centre, légèrement surélevé et protégé par un mur. On peut avancer que Vaudremer a quasiment inscrit le plan centré dans le plan en croix latine de l'église. Or, le plan centré, en « croix grecque », est également une caractéristique des églises d'Orient orthodoxes. Cette forme de croix est omniprésente dans l’église St Pierre de Montrouge, peinte ou sculptée.  La présence des ambons (1) est aussi une marque de l’influence paléochrétienne, époque à laquelle la Parole tient une place primordiale. Ainsi, à travers un mélange de références architecturales issues des églises d'Orient et d'Occident, Vaudremer signe une sorte de syncrétisme des formes qui aboutit à une mise en valeur exceptionnelle de la partie la plus sacrée de l’église.

(1)l'ambon est le pupitre placé à l'entrée du chœur dans une église et où est posé le lectionnaire ou la Bible. C'est de l'ambon qu'est proclamée la Parole de Dieu. À l'origine, il s'agit d'une petite tribune à l'entrée du chœur de certaines églises byzantines et médiévales

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.

-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.

-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.

-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.

-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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01 juillet 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (7)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

La disposition intérieure et ses influences orientales

D'autres indices permettent de mieux préciser les influences de Vaudremer. Les arcs sont en plein cintre comme il se doit dans l'art roman,

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Nes de saint Pierre de Montrouge, vue depuis l'orgue 

à l’inverse des arcs brisés qui caractériseront l'art gothique, pourtant leur forme est proche de l'arc en tiers-point, c'est-à-dire un arc presque surbaissé, étiré, tels que l'on peut les trouver en Espagne ou encore en Sicile. Or, nous savons que, comme tous les pensionnaires de l'Académie de France à  Rome (Villa Médicis), Vaudremer a visité l'Italie du sud et particulièrement la Sicile qui offre ce mélange d'influences orientales et occidentales dans ses églises. Il aura la chance d'aller ensuite jusqu'en Grèce où il découvrira les temples antiques mais aussi les églises orthodoxes.

La présence de mosaïque au sol,

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Mosaique de la travée centrale 

dessinée et installée par l’atelier de l'italien Facchina, est encore une autre piste d'influence orientale. Cet art éminemment byzantin a été très développé en Italie à l'époque paléochrétienne. Il fut repris dans tout l'Orient chrétien.

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Motif de mosaique au pied de l'autel 

Ici, la mosaïque offre des figures géométriques variées et harmonieuses que l’on retrouvera dans la plupart des édifices religieux de Vaudremer

 
Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.

-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.

-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.

-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.

-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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24 juin 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (6)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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La construction de St Pierre de Montrouge

La disposition intérieure et ses influences orientales

L'intérieur de St Pierre dégage à la fois un sentiment d'harmonie et d'extrême simplicité. Par rapport  à d'autres églises de la même époque, peu de place est faite à la peinture ou au vitrail. Ce qui frappe en entrant est le plan basilical de l’église, jusqu'au transept. Ce plan apporte une coloration orientale à l'édifice néo-roman. medium_251px-Dehio_17_Santa_Maria_Maggiore.2.jpgLa basilique, monument public servant de tribunal durant l'antiquité gréco-romaine, se caractérisait par une large nef couverte d'une charpente soutenue par des piliers ou colonnes. C'est exactement ce qu'offre St Pierre. Ce plan se retrouve particulièrement à l'honneur durant la période paléochrétienne, immédiatement postérieure à l'époque de Jésus et antérieure aux invasions barbares (Ve siècle après JC). Il rappelle notamment à Rome, la basilique Ste Marie-Majeure ou encore Saint-Paul-hors-les- murs (reconstruite à l’identique au XIXe siècle).

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Nef de Sainte Marie Majeure de Rome

St Pierre est donc à la confluence de l'Orient et de l'Occident, d'où l'appellation de style romano-byzantin auquel on pourrait ajouter le terme de paléochrétien. La fonctionnalité du plan est lisible dans la définition de l'espace principal laissé aux fidèles et aux célébrants (nef et choeur-croisée du transept) tandis que les locaux annexes se répartissent autour du déambulatoire.

 Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872

-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.

-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.

-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.

-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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17 juin 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale, 1863-1872 (5)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog La Voix du 14ème pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

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La construction de St Pierre de Montrouge: Le style architectural néo-roman de l’extérieur

Les volumes de Saint Pierre de Montrouge rappellent ceux des églises d'Auvergne ou de Bourgogne, églises romanes aux chevets volumineux et échelonnées, à la croisée des transepts haute et souvent surhaussée d'une tour, comme par éxemple, l’église de Veauce dans le Puy de Dôme :

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Eglise de Veauce 

Le néo-roman est parfaitement mis en valeur à Saint Pierre de Montrouge grâce au fait qu'il permet de tirer partie très rationnellement du terrain triangulaire.

Mais la « patte rationaliste » est bien  présente aussi. Dans le choix des matériaux: pierres dures pour les fondations (meulière et ciment) et les soubassements du clocher (roche de Crouy, calcaire très dur), pierre tendre pour les parties supérieures du clocher (haut de 58 m). Les murs des façades sont en remplissage de moellons piqués tandis que chaînes, corniches et bandeaux sont en pierre tendre. Vaudremer a disposé de plus, tout au long des murs, des chéneaux en terre cuite,

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Au centre, le chéneau en terre cuite 

destinés à écouler les eaux de pluies. Ces chéneaux sont percés à intervalle régulier d’éléments en terre cuite en forme de petites fleurs; celles-ci pourraient être considérées comme décoratives, mais elles masquent en réalité l'extrémité des poutres intérieures de la charpente de la nef.

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Détail des chéneaux 

Ce détail  décoratif -qui n’en n’est pas un, puisqu'il est technique en permettant l’aération du bois-,  caractérise à lui seul le style rationaliste. 

Les dimensions de l'église sont de 70 m de long et 20 m de hauteur pour la nef, 30 m de hauteur pour le choeur.

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Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

10 juin 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale, 1863-1872 (4)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blogLa Voix du 14ème pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

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La construction de St Pierre de Montrouge

Le style architectural néo-roman de l’extérieur

Nous sommes à une période de l'histoire de l'architecture où il est de mode de se référer aux styles passés, considérés comme des modèles. Les rationalistes, après Viollet-le-Duc, font la part belle au style gothique, jugé comme étant le plus novateur sur le plan technique et le plus symbolique sur le plan spirituel. A Paris, sont édifiés des pastiches gothiques comme Ste Clothilde par Théodore Ballu et François-Christian Gau

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Eglise Sainte Clotilde à Paris 

ou bien encore St Jean-Baptiste de Belleville par Jean-Baptiste Lassus. Le style roman est beaucoup plus rare parce que moins prisé par les théoriciens. A Paris, ce sont St François-Xavier  par Joseph Uchard ou St Lambert de Vaugirard qui sont considérées comme étant d’inspiration romane, mais la plus célèbre réalisation néo-romane en France reste l'église Saint-Paul de Nîmes par Charles Questel. La démarche de l’architecte est alors considérée comme étant « archéologique ».

Vaudremer innove donc en 1862 quand il décide de s'inspirer de l'art roman pour bâtir son église. L'emprunt au style des XI et XIIe siècle est particulièrement évident dans l'élévation extérieure du bâtiment et dans l'agencement des volumes.

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Sur la vue perspective (fig.2) de l'église, il est aisé de constater que les masses sont différenciées par une toiture spécifique au volume et que chaque partie correspond à une entité fonctionnelle précise de l'église: la nef bordée de collatéraux, les bras du transept, la croisée du transept, le déambulatoire ouvrant sur la chapelle axiale encadrée de deux chapelles parallèles. 

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Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995. -Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

 

03 juin 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale, 1863-1872 (3)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blogLa Voix du 14ème pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge, bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

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3 - La construction de St Pierre de Montrouge - Le défi de l’architecte

L'architecte chargé du 14e arrondissement est à cette époque Emile Vaudremer (1829-1914), second grand prix de Rome en 1854, élève à l'Ecole des Beaux-Arts dans l’atelier de Blouet et de Gilbert, auteur de la prison de la Santé (1867), de plusieurs écoles de quartier (rue d’Alésia), et plus tard du lycée Buffon (1890),  de l’église orthodoxe grecque rue Georges Bizet (1890) ainsi que de ND d'Auteuil (1874-1892). C'est à lui que revient naturellement la construction de l'église en tant qu’architecte d’arrondissement de la Ville de Paris.

De formation rationaliste,

Dans la lignée de Viollet-le-Duc, Vaudremer défend l'idée que les matériaux doivent être choisis en fonction de leur utilisation (selon que leur emploi est pour les fondations, un mur porteur ou au contraire de la décoration) et que les formes de l'édifice doivent rendre compte de la distribution intérieure. L'objectif recherché est une construction à moindre coût, offrant une lisibilité fonctionnelle. L'idée du « vrai » est très importante, à travers le programme -les volumes rendent compte de la fonction- mais aussi des procédés constructifs –la hiérarchie des matériaux-. Vaudremer s'oppose en cela aux nouveautés architecturales que constituent les constructions en fer et fonte, comme par exemple l’église St Eugène par Louis-Auguste Boileau en  1852

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 ou encore la bibliothèque nationale par Henri Labrouste en 1868, où la forme ne dévoile pas automatiquement la fonction, la réalisation pouvant être perçue comme appartenant à la thématique de la halle ou de la gare alors que c’est un lieu de culte ou d’étude.

 

Premier défi

Le premier défi de Vaudremer fut d'occuper de la manière la plus rationnelle le terrain offert par la ville de Paris, triangle exigu et pointu pris entre l'avenue du Maine et l'ancienne route d'Orléans.

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Fig. 1 Plan d'implantation

En observant le plan (fig.1), on mesure l'habileté de l'architecte qui dessina une église tout en longueur en l’élargissant toujours plus vers le chœur. C'est ainsi que l'église s'ouvre sur un porche étroit, puis une longue nef qui débouche sur un large transept donnant ensuite sur un vaste chœur. Le chevet -c'est-à-dire le traitement extérieur du chœur et de ses chapelles- est particulièrement développé. Mais à aucun moment, ni de face, ni de dos, ni de côté, l'église ne paraît disproportionnée.

 

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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27 mai 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale 1863-1872 (2)

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge ,bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

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L’implantation de ST Pierre de Montrouge dans le quartier: Après 1860

Avec l'annexion des communes limitrophes à Paris en 1860, une impulsion est donnée par le gouvernement pour mettre en valeur ces nouvelles portes de Paris. Il s'agit alors de faciliter la circulation, -les travaux conduits par le préfet Haussmann sous les directives de Napoléon III étaient déjà bien entamés- mais aussi de magnifier les abords de la ville. C'est ainsi que l'on redessine les rues afin de leur donner un axe apparemment plus droit et plus harmonieux. Au niveau de la place d'Alésia -alors place du "puits rouge", lequel serait sous le chevet actuel?-, ce sont l'avenue d'Orléans -actuelle avenue du Général Leclerc- et la chaussée du Maine qui sont tracées de façon à donner l’impression, depuis l'actuelle Porte d'Orléans, que la route d'Orléans file droit vers le centre de Paris. En réalité, cette rue est légèrement désaxée et donnera au terrain proposé pour la construction de St Pierre une configuration singulière, en forme de triangle très pointu.

Un autre paramètre que celui de l'aménagement des rues et de la voirie caractérise l'implantation de St Pierre. Nous sommes au milieu du règne de l'empereur Napoléon III, lequel est à l’affût d'un électorat fidèle, susceptible de l'épauler depuis son coup d'état du 2 décembre 1851. L'empereur cherche clairement à se rallier les catholiques et l'un des moyens –outre de nouvelles relations diplomatiques avec Rome- est de favoriser la construction d'églises en débloquant des financements. Ces églises, dont l’édification est supervisée par la  ville de Paris, seront, de plus, intégrées dans le schéma de valorisation des quartiers. C'est ainsi que naissent St Augustin par Victor Baltard ou encore la Trinité par Théodore Ballu, églises ouvrant  soit sur un large carrefour soit sur une voie rectiligne.

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L'église Saint Augustin construite à la même époque (1860-1871) par Victor Baltard (également constructeur des fameuses Halles qui portent son nom

Ces constructions  suivent les principes de situation des monuments publics lancés dès 1852, monuments positionnés face à un axe magnifié –l’Opéra par Charles Garnier en 1861- ou formant carrefour -la fontaine St Michel par Gabriel Davioud en 1860-.

A chaque fois, le monument articule le changement d'axe en embellissant le lieu, et c'est ce qui se passe précisément à St Pierre.

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004.

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21 mai 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale - 1863-1872

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge ,bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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I -L’implantation de Saint-Pierre de Montrouge dans le quartier

Jusqu'en 1860, le quartier ne faisait pas partie de la ville de Paris qui arrêtait ses limites aux barrières d'octroi de Claude-Nicolas Ledoux, c'est-à-dire, en ce qui concerne notre arrondissement, celle de Denfert-Rochereau abritant aujourd’hui le service des carrières et l’entrée des catacombes. Avant la construction de St Pierre, les terrains étaient donc sur la commune de Montrouge, commune très étirée et morcelée puisque les fortifications construites par Thiers pour défendre l'accès de Paris vers 1840 venaient séparer le Petit-Montrouge, actuel 14e arrondissement, du Grand-Montrouge, actuelle commune de Montrouge.

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Ce célèbre plan des Cassini (astronomes drirgeant l'Observatoire de Paris, de père en fils) montre la limite de Paris, et Montrouge, représenté par sa paroisse et son cimetière.

Elles furent remplacées dans les années trente par la bande d’immeubles à bon marché en brique bordant maintenant les boulevards des maréchaux. Devant le manque sensible d’un lieu de culte de proximité dans le quartier du Petit-Montrouge, il est décidé, en 1848,  d’édifier la chapelle St Pierre entre l’actuel passage Rimbaut et la rue Thibaud, mais l'idée de construire une grande église pour faire le pendant avec St Jacques le Majeur du Grand-Montrouge avait pris corps. Les crédits manquèrent et seuls de nouveaux terrains furent acquis en 1852. La petite chapelle provisoire continua donc son rôle de lieu de culte pour cette partie de Montrouge, malgré sa mauvaise qualité de construction. 

 

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004

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