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05 décembre 2009

Donogoo de Jules Romains

donogoo.JPG1930. La crise financière et économique, dont les effets se prolongeront pendant une décennie jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale, affecte les mentalités, les comportements, et nous révèle une situation perturbant la société toute entière : ambitions démesurées, escroqueries en tout genre, manipulations d'ordre politique, trafics d'influence, arrivisme des uns et des autres, montée des fanatismes, etc... La tentation est grande d'établir le parallèle avec la crise actuelle, en 2010 !

C'est pourquoi la pièce de J. Romains est d'une actualité particulièrement brûlante. Elle est un modèle du genre, où l'on voit un certain M. le Trouhadec, géographe éminent, membre du Collège de France, rêvant d'être élu à l'Institut. Mais une maladresse survenue il y a quelques dix ans lui a définitivement fermé les portes. Survient alors, un certain Lamendin, homme d'affaires mégalomane et dépressif ( !), un tantinet peu scrupuleux sur les moyens employés pour arriver à ses fins. Ce personnage peu recommandable s'enhardit à monter un projet basé sur la crédulité, la cupidité, l'intérêt et la naïveté de différents intervenants : banquiers, publicitaires, actionnaires avides de gains immédiats, petits aventuriers attirés par les sables aurifères et la possibilité de faire fortune en investissant toutes leurs énergies à propos du développement d'une ville située au Brésil : Donogoo. L'inconvénient est que cette ville est purement imaginaire... Elle n'est qu'un mirage destiné à convaincre chacun de placer son argent dans le capital de la « Société Franco-américaine pour l'embellissement de la ville de Donogoo-Tonka »... Les premiers pionniers en seront pour leurs frais ! !

Jules Romains a bien saisi et décrit le système du montage pyramidal d'une société où les premiers émigrants deviendront peu à peu les exploiteurs des suivants !

Nous assistons par de multiples saynètes, découpées en dioramas habilement mis en place, à la progression infernale de l'escroquerie gigantesque. In fine, le personnage de Lamendin se transforme subitement en celui d'un « Gouverneur général de la ville de Donogoo ».  Le but est atteint. Le piège s'est refermé. Cette scène est particulièrement révélatrice, car elle nous donne à voir les premiers pas d'un totalitarisme qui ne demande qu'à conquérir les masses hypnotisées par le pouvoir absolu de quelques uns, usant de la propagande, du mensonge,  et de la manipulation. Belle prémonition pour l'époque !

La pièce reste cependant une comédie où le sourire et l'humour sont toujours au rendez-vous, grâce à la complicité du spectateur. Le spectacle, par une mise en scène vive et intelligente, donne à l'ensemble un rythme soutenu, efficace, qu'accompagne une musique d'époque, ce qui lui ajoute le charme de la nostalgie. Les costumes des acteurs sont particulièrement en phase avec la mode des années 30. Jacques Fontanel, dans le rôle de Lamendin est remarquable par son jeu équilibré, convainquant. Il imprime à la pièce un dynamisme qui ne faiblit jamais. Toute la troupe est au même niveau.

Une réussite à ne pas manquer de voir.

R.Rillot

- Théâtre 14 Jean Marie Serreau : 20  avenue Marc Sangnier - 75 014 - Jusqu'au 2 janvier 2010 - Locations au théâtre : 01 45 45 49 77 du lundi au samedi de 14h à 18h - e-mail :  theatre14@wanadoo.fr

02 novembre 2009

"Paroles de détenus"

 

« 9 m² » adaptation théâtrale de « Paroles de détenus » Mercredi 4 novembre 20h30-22h30 au Moulin à Café

 

"Neuf mètres carrés : surface moyenne d'une cellule d'une prison française. Elle "abrite" jusqu'à 5 détenus. Neuf mètres carrés d'espace vital pour "purger" sa peine, pour se purger. Neuf mètres carrés auxquels il faut soustraire la surface effective des lits, des "sanitaires", des tables et chaises éventuelles, neuf mètres carrés pour payer sa dette, pour réfléchir, pour construire, se reconstruire, pour se détruire aussi."
"Neuf mètres carrés est l'adaptation théâtrale de Paroles de détenus, aux éditions Les Arènes et Librio. Images et témoignages de notre temps, ces textes ont été écrits par des détenus français et rassemblés sous la direction de Jean-Pierre Guéno chez Radio France."
http://www.lacompagniedesrescapes.com

Illustration : prison de la Santé

http://moulin.cafe.free.fr/

Coordonnées : le Moulin à café 9, place de la Garenne 75014 Paris
Tel 01.40.44.87.55 - Métro Pernety

 

17 octobre 2009

Des bons plans pour les vacances de la Toussaint à Paris

Pendant les vacances de la Toussaint, du samedi 24 octobre après la classe au jeudi 5 novembre au matin, la Ville organise une foule d'activités pour tous les âges et tous les goûts : ateliers dans les musées, bibliothèques et médiathèques, activités nature dans les parcs et jardins, stages et animations dans les écoles municipales des sports, visites d'expos ou balades à la campagne avec les centres de loisirs, la maison des petits au 104, le village de cirque, Mon premier Festival ou le ciné pour les petits...

Découvrez tous les bons plans pour faire passer de bonnes vacances à vos enfants.

http://www.paris.fr/portail/Education/Portal.lut?page_id=...

Les centres de loisirs

Les centres de loisirs proposent aux petits parisiens des activités variées pendant les vacances scolaires. Il y en a forcément un dans votre quartier...

» Loisirs plein air et découverte de la nature

Les parcs et jardins sont le lieu d'amusements et de découvertes en tous genres pour les enfants... Des spectacles guignol aux activités du programme Paris-Nature, il existe une multitude d'activités pour les juniors...

» Des vacances 100 % sport

Pendant les vacances, la Ville propose des stages et animations sportives pour les jeunes de 7 à 18 ans, en partenariat avec les fédérations et les grands clubs parisiens.

» Plein d'idées de sorties...
Des expos, du théâtre, un tour au cirque, en passant par des spectacles de marionnettes...

Activités dans les musées municipaux : http://www.paris.fr/portail/Education/Portal.lut?page_id=...

» Les rendez-vous jeunesse des bibliothèques

Spectacles, expositions, conférences, rencontres avec des auteurs, lectures, ateliers, jeux... sont proposés dans les bibliothèques.

12 octobre 2009

Humour musical : la Framboise frivole

Conçu et réalisé par Peter Hens, avec la complicité de Bart Van Caenegem, voici un spectacle qui ravira tous ceux qui sont sensibles à l'absurde dans le domaine musical.

framboise frivole.jpgPour la première fois, le flamboyant Peter Hens quitte ses habits de conférencier pour nous faire en musique et en humour, les confessions les plus déconcertantes sur sa propre destinée. Fils d'une célébrissime cantatrice qui rêvait de faire de lui un chef... de cuisine, Peter nous raconte sa vocation contrariée entre chant et Chantilly ? De traumatismes en quiproquos, de pianos en pianos, de toque en Bartok, il nous dévoile pourquoi la Framboise frivole est au spectacle musical ce que le tournedos de Rossini est à la cuisine. Faisant toujours si magnifiquement chanter sa voix et son violoncelle, Peter Hens accomode à sa sauce les recettes des grands classiques mêlés aux tubes contemporains pour un festin Gastronomique-musicologique. A l'occasion de ce banquet on retrouvera, parmi les savoureuses nouveautés, quelques unes des plus fameuses spécialités de La Framboise Frivole.

- Représentation le samedi 17 octobre à 20h 30

- Théâtre de Châtillon : 3, rue Sadi Carnot - 92 320 - Châtillon - Tél : 01 55 48 06 90

- billetterie@theatreachatillon.com

14 septembre 2009

Théâtre 14 : les femmes savantes

Lesfemmessavantes2.jpgMolière, fin observateur de la société de son époque, sous couvert de dénoncer les artifices du langage précieux et amphigourique en vigueur dans certains salons littéraires, serait-il misogyne ? Non nous ne le croyons pas, car en nous faisant le portrait de ces femmes dites « savantes », attichées de beau langage, de philosophie et de science, il met le doigt sur les artifices de la comédie humaine. Les cuistres, les beaux parleurs, ceux qui font la mode et qui se mettent en scène afin de forger l'opinion publique tiennent le pouvoir sur les familles, les clans et in fine agissent sur le comportement individuel, de façon insidieuse mais toujours réelle.

Si dans la pièce, il s'agit d'un chassé-croisé concernant deux mariages contrariés, ainsi que de la rivalité pour ne pas dire de l'affrontement entre un père et une mère à propos du mariage de deux de leurs enfants, Molière, ici, dépasse le thème du mariage forcé pour aborder plus largement et par un détour de sémantique, celui du pouvoir, de tous les pouvoirs : celui de l'époux sur son épouse, qui était la règle à l'époque, mais aussi de celle-ci sur son mari, ainsi que sur sa « maison », ses filles et ses futur gendres. La faiblesse de l'un révèle la force immobile de l'autre, force imbécile nourrie par l'entêtement et l'arbitraire.

La pièce est résolument moderne et prémonitoire de ce que nos sociétés modernes vivent aujourd'hui. Antagonisme et autonomie de chacun dans le couple, sentiments contrariés chez les plus jeunes face à la lourdeur des coutumes, liberté d'aimer revendiquée haut et fort, révolte et soumission à la fois sont les caractéristiques essentielles qui donnent à ces Femmes Savantes une coloration post-moderne d'une actualité évidente.

N'oublions pas pour conclure, de la parfaite maîtrise de la mise en scène, à la fois dynamique tout en restant classique, dans un décor dépouillé, et de la finesse d'interprétation cultivée par chaque personnage. En particulier Trissotin en la présence de Arnaud Denis, fait merveille. Quant à Philaminte, interprété par Jean-Laurent Cochet, c'est un régal.

Non, Molière n'est pas un auteur poussiéreux. La société qu'il observe est notre propre société.

Les « Femmes Savantes » vous feront passer une bonne soirée, à ne manquer sous aucun prétexte.

R.R.

Théâtre 14 : 20 avenue Marc Sangnier - 75014 - métro : Porte de Vanves - Bus 58 et 95 - tramway : station Didot.

Séances du 8 septembre au 24 octobre - réservations: Tél : 01 45 45 49 77 -

31 août 2009

le Théâtre de la Cité U

La programmation

En ce moment

Chto Interdit aux moins de 15 ans

[Contemporain]

Lieu : En tournée
du 08/02/2005 au 28/04/2010

"Le déclencheur de cette histoire est la description poétique d'une scène de guerre dans 'Agamemnon', texte que j'ai lu à une jeune fille tchétchène rencontrée à Marseille dans un centre d'apprentissage de la langue française. Elle arrive [...]

Plus sur "Chto Interdit aux moins de 15 ans"

(En cours)Le Cri
En tournée
du 5 Février 2009 au 23 Mars 2010
(A venir)ActOral
En tournée
du 28 Septembre 2009 au 12 Décembre 2009
(En cours)Memory
En tournée
du 12 Septembre 2008 au 28 Novembre 2009
(En cours)City Maquette
En tournée
du 13 Juin 2009 au 24 Octobre 2009
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Théâtre de la Cité internationale - Paris
du 16 Juillet 2009 au 9 Août 2009
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24 août 2009

Théâtre 14 jean-Marie Serreau

 

Programmation

  •  8e festival En compagnie(s) d'été

    8e festival En compagnie(s) d'été

    Genre : Festival Théâtre

    Autour du thème de l'évasion, la compagnie Grrr a invité sept autres troupes pour cette 8e édition du festival En compagnie(s) d'été. Jeune création ou classiques du genre, de Feydau à Emmanuel Depoix, les acteurs visitent et revisitent des pièces variées pour tout public.

    Programmation
    Du 21 juillet 2009 au 29 août 2009.
    Tous les jours.

  •  Concerto en yaka majeur

    Concerto en yaka majeur

    Genre : Variété française

     

    Programmation
    Du 17 août 2009 au 29 août 2009.
    Tous les jours sauf le dimanche à 21h30.

  •  A La Recherche de l'âge d'or

    A La Recherche de l'âge d'or

    Genre : Variété française

     

    Programmation
    Du 17 août 2009 au 29 août 2009.
    Tous les jours sauf le dimanche à 19h30.

  •  Mademoiselle j'affabule et les chasseurs de rêves

    Mademoiselle j'affabule et les chasseurs de rêves

    Genre : Spectacles enfants

    Pour les enfants à partir de 7 ans.

    Programmation
    Du 25 août 2009 au 29 août 2009.
    Les mardi, jeudi, vendredi et samedi à 14h30.

  • Les Femmes savantes

    Les Femmes savantes

    Genre : Pièces de théâtre

    Alors qu'Henriette envisage d'épouser Clitandre, Philaminte, sa mère, s'oppose à cette union, préférant la marier à un bel esprit fat et calculateur : Trissotin. Situation exacerbée par l'attitude de Chrysale, son père, entièrement soumis à l'autorité de sa femme, par la douce folie de Bélise, sa tante, persuadée que tout homme est amoureux d'elle, et par l'amertume d'Armande, sa soeur, blessée de n'avoir jamais pu prouver son amour à Clitandre et qui, au final, reste seule dans un isolement qu'elle a elle-même favorisé.

    Programmation
    Du 8 septembre 2009 au 24 octobre 2009.
    Les mardi et vendredi à 20h30.
    Les mercredi et jeudi à 19h.
    Le samedi à 16h et à 20h30.

Infos pratiques

Théâtre 14 - Jean-Marie Serreau


20, av. Marc-Sangnier 75014 Paris
01 45 45 49 77

Métro 13 Porte de Vanves, Tramway 3 Porte de Vanves, Bus 58 , Bus 95 , Bus PC

 

 

20 août 2009

A la recherche de l'âge d'or


Une comédie musicale de G. Feydeau

du 17 au 29 aout 2009  à 19h 30

 

RRGR Cie

Monsieur Follentin n'aime pas son époque. Employé aux Affaires étrangères, il a hérité d'une somme
importante, mais il l'a en grande partie dépensée. Les contributions l'assomment et son collègue Bienencourt
comble des malheurs, l'a trahi... il lui a pris le poste de chef de bureau qu'il convoitait et qu'on lui avait promis!
Non, ça ne va pas bien dans son époque, ce début du XXe siècle, 1905, pour être exacts. Il rêve de la quitter
et Le Temps va exaucer son souhait...

la pi èce

L'Age d'or est une pièce extravagante, démesurée, onirique. Trop longue, impossible à mettre en scène, entend-t-on ici
et là, à moins d'avoir des millions, une distribution plus que nombreuse, des décors « babyloniens...»
Et si ce n'était pas tout à fait vrai ? Si cette pièce était surtout une ode à l'acteur, à sa capacité à tout jouer, à nous rendre
visible, par sa seule présence, son corps, ses déplacements dans l'espace, villes, maisons, jardins, la Cour, le Roi, le
passage du temps et le Temps lui même ? Partant de là, nous mettons l'acteur au centre du projet. Sans décors.
pourqu oi «l'âge d'or» ?

Les raisons pour lesquelles on a envie de se confronter au texte d'un auteur sont souvent plus mystérieuses qu'on ne
le pense. Surtout si, comme c'est mon cas, on est soi-même auteur et on met en scène en priorité ses propres pièces.
J'avais envie d'explorer les mécanismes d'un «classique du rire», d'un auteur chez qui le rythme et le mouvement sont
les rois : au XXe siècle, qui mieux que Feydeau ?

«C'est le mouvement qui constitue le véritable secret de Feydeau. L'auteur en était alors parfaitement conscient puisqu'il
y voyait « la condition essentielle du théâtre » et par suite le principal don du dramaturge ». Henri Gidel
Et je voulais continuer à creuser les thèmes qui me tiennent à coeur depuis toujours et habitent tous mes spectacles: la
recherche d'un monde meilleur, le temps qui passe, l'espoir. En nous divertissant, Feydeau aborde ces sujets, légèrement,
en plongeant ses héros dans une quête affolée et drôle de ce mythique «âge d'or» où l'humanité était heureuse,
L'atmosphère libre, comme dans les rêves, que le texte propose, propice à tous les délires, est un formidable outil pour
inventer un spectacle qui navigue dans les époques et dans les genres, avec j'espère, une grande et jouissive liberté.
Le spectacle

Depuis des années, dans le prolongement de mon travail à l'École Jacques Lecoq, je mène avec des acteurs et musiciens
une réflexion axée sur la pratique, à propos de l'acteur-inventeur: d'espaces, de personnages, de mondes. Nous
avons eu le désir d'associer plus étroitement de jeunes acteurs à ces recherches et j'ai invité mes élèves sortant cette
année de Lecoq, à participer au travail et aux représentations pour une « sortie d'école » de la promotion 2009.
Onze élèves ont accepté le défi. Ils rejoindront les acteurs avec qui je travaille d'habitude, et ensemble nous allons partir
à la recherche de l'âge d'or... sans « décors babyloniens », mais, il est vrai, avec une distribution importante : ils seront
18 en scène. Ils joueront tout, personnages et décors.
Très libre adaptation d'après l'Âge d'or de Georges Feydeau

Adaptation et mise en scène Susana Lastreto
musique originale Annabel de Courson et Jorge Migoya
avec Bernadette Le Saché, François Frapier, Hélène Hardouin, Annabel de Courson, Jorge Migoya, Serge
Djen, Jean Soumagnas et les élèves de la promotion 2009 de l'Ecole Jacques Lecoq : Julia Gwynne, Selena
McMahan, Ioana Jarda, Sigrid Mettetal, Tessa Hays-Nordin, Livia Arditti, Rémy Vachet, Marie Pierson,
Camille Blouet, Amber Minogue, Signe Erichsen
Scénographie et costumes: S.Lastreto aideé par C.Boulicaut
Lumière: Léon Viallaret

On gardera à la pièce son genre de comédie musicale voulu par Feydeau. Les partitions d'origine
ayant été perdues, nous aurons toute liberté pour inventer une musique originale contemporaine.
Annabel de Courson et Jorge Migoya en seront les compositeurs et principaux interprètes.
Et j'espère que l'on rira beaucoup, car c'est tout de même le but de Feydeau, que nous respectons,
nous qui résistons à la fameuse crise avec nos rugissements et nos rires: Groupe Rires, Rage

13 juin 2009

Les caprices de Marianne au théâtre 14

affiche_Caprices_Gd.jpgMusset, poète de la jeunesse ? La pièce aurait pu être écrite aujourd’hui, car la recherche de l’absolu, la provocation, le délire, l’affranchissement des tabous et des conventions est de tous les temps, et particulièrement en cette période dite romantique, mais toutes les époques ne gardent-elles pas le souvenir du Romantisme ?

Se fuir soi-même pour mieux se découvrir est une constante de la vie. Assumer ses contradictions  à travers l'amour, la folie, les distorsions faites à l'ordre moral, Octave et Coelio sont l’envers et l’endroit d’un même personnage. Marianne devient alors le lieu géométrique autour duquel se noue le drame existentiel de l’être écartelé  entre la fête échevelée, les sens débridés,  les attitudes  éphémères et aléatoires, qui ne sont en définitive qu’illusions, perditions, face à la réalité qui finira par soumettre tout l’être au vertige, celui de se substituer à un autre : « l’ivresse passagère d’un songe » .

Mais la vie n’est-elle pas pour certains de nous, essentiellement un songe , où l'excessive recherche de soi, peut conduire au naufrage et à la solitude face à la tentation du néant ? Ici, Marianne, accompagnée de son vieux mari de juge, est sur le chemin de l'adultère ; elle se pose en femme  expérimentant  les premiers pas d'une liberté revendiquée, face aux conformismes d'une époque. Elle est fière de pouvoir imposer son choix, et d'affirmer son amour pour un jeune homme. Elle est l’image même de la femme contemporaine, ayant conquis son autonomie. Certes, elle sait qu'elle fait souffrir, mais elle revendique cette souffrance, cette part d’elle-même afin d’asseoir sa victoire encore fragile de femme libre,  imparfaite dans sa démarche, mais  celle-ci combien libératrice à travers le modèle qu'elle offre à ses semblables.

Entre légèreté et gravité,  Marcel Maréchal, par sa mise en scène, offre un éclairage  tout en nuance, qui fait apparaître toute l’ambiguïté de la pièce. L’ambiance carnavalesque appuyée, dévoile toute la richesse cachée du jeu, la joie factice, mais aussi la souffrance, le doute, la folie, la recherche d’un bonheur éphémère pourtant si proche, mais en définitive inaccessible.

Marcel Maréchal a su tenir le gouvernail d’une pièce à la complexité multiple, qu’endossent  tous les personnages, ceux- ci dévoilant  dans  leur rôle toutes les couleurs troubles de l'intrigue, celle-ci baignée dans une atmosphère, où le naturel semble parfois, devoir être totalement exclu.

Musset nous ouvre, par cette pièce, les pages « nocturnes » du livre de la vie, celles que la tempête des sentiments déchire parfois.

R.R

- Théâtre 14 – Jean-Marie Serreau : 20, avenue marc Sangnier – 75 014- jusqu’au 11 juillet 2009. Réservations : 01 45 45 49 77

06 mai 2009

Printemps de la jeune création théâtrale du 7 au 16 mai au Théâtre 14-Jean Marie Serreau

printemps jeune creation.jpgDrames et comédies, répertoire classique et auteurs contemporains… le Printemps de la jeune création théâtrale devrait ravir tous les amateurs et les curieux de théâtre.
Une dizaine de compagnies sont à l’affiche de la manifestation qui se déroule du 7 au 16 mai au Théâtre 14!
Ne manquez pas cette occasion de voir des pièces très intéressantes et qui sont rarement jouées (Le voyageur sans bagage de Jean Anouilh) des textes de Jean de La Fontaine de Rimbaud mais aussi des textes contemporains….
C’est gratuit, dans la mesure des places disponibles, les portes sont ouvertes un quart d’heure avant l’heure de la représentation ; c’est une initiative de la mairie du 14e.
20 Avenue Marc Sangnier 75014-Métro : Porte de Vanves et T3 : Didot.
Téléchargez le programme complet

16 avril 2009

Bonté divine, au théâtre de la Gaîté

bonte divine.jpgJ’y suis allé prudent, poussé par de bonnes critiques et freiné par un titre qu’on a du mal à prendre au sérieux. Eh bien, c’est un bon spectacle et je vous engage à vous y rendre. Vous ne serez pas le seul, cette salle de 400 places est comble chaque soir.
Les auteurs, Frédéric Lenoir, directeur du Monde des religions, et Louis-Michel Colla, homme de théâtre, savent de quoi ils parlent. C’est vraiment une pièce de théâtre avec une progression et on y dit des choses intelligentes. Non, ce n’est pas incompatible, et l’humour est toujours présent.
Quatre responsables religieux, un prêtre, un rabbin, un imam et un bonze bouddhiste sont venus animer une conférence-débat, au cours de laquelle les habituels lieux communs, l’argent de l’église, le djihad, l’archaïsme juif, le détachement de la réalité du bouddhisme pleuvent. Les premières réponses sont justes et pleines d’esprit.
Ils se retrouvent ensuite coincés dans la sacristie pour des raisons mystérieuses, jusqu’à la fin du week-end.  La componction et la politesse qui avaient dominé jusque là se fissurent, les fleurets ne sont plus mouchetés, d’autant plus que c’est un coup monté. Le texte est savoureux, le suspense est là, et la chasse aux idées reçues est ouverte. Avec beaucoup d’informations, historiques et théologiques, le texte ne manque pas de profondeur.
Ces hommes de foi ne sont pas épargnés par le doute, Roland Giraud et les trois autres comédiens Jean-Loup Horwitz , Saïd Amadis  et Benoit Nguyen-Tat sont excellents. Un spectacle pour croyants et non croyants.
Alain Constans
26, rue de la Gaité, 75014, 20h, (de 18 à 34€)

05 avril 2009

« Journal d’un curé de campagne » de Bernanos

maxime d'Aboville.jpgLes mardis, mercredis, jeudis et vendredis à 20 h jusqu’à la fin avril au « Chat noir ».
L’itinéraire d’un jeune prêtre chétif et maladroit, confronté à la solitude, au mépris et à la misère intérieure de ses paroissiens, mais qui brûle d’une force toute surnaturelle. “Sa naïveté aura raison de tout et il mourra tranquillement d’un cancer. ”
J’aime ce livre comme s’il n’était pas de moi. Il me semble que je frappe un grand coup sur les âmes. Je vois se lever peu à peu devant moi un visage inoubliable que je me tue à essayer de peindre avec toute ma foi et mon amour” Bernanos.
Après un DEA de droit, Maxime d’Aboville a suivi les cours de Jean-Laurent Cochet. Il a notamment joué “Vous ne voulez pas de moi ? Tant pis !” (Morceaux choisis de Feydeau, Tchekhov et Courteline), « C’est  Une femme du monde » de Feydeau ou « Cuisine et dépendance » de Jaoui. Marqué par l’oeuvre de Bernanos et par son écriture vivante, il a adapté « Journal d’un curé de campagne » qu’il interprète, seul sur scène.

Livrer en une heure l’essentiel d’une œuvre aussi riche que celle de Bernanos, voilà qui semble une gageure ! Eh bien, force est de constater que le spectacle proposé par le « Chat noir » les mardis, mercredis, jeudis et vendredis à 20 heures jusqu’à la fin avril est une vraie réussite.
Dans un décor intimiste à souhait, un seul interprète, Maxime d’Aboville, sobre mais réellement habité par son personnage tient en haleine la petite vingtaine de spectateurs que peut accueillir la salle en sous-sol.
Si vous n’avez pas peur d’un dépaysement certain (ce coin du XIe ne ressemble pas trop à notre XIVe !), n’hésitez pas !
N. et A. deMaistre

76, rue Jean-Pierre Timbaud /75011 paris / Métro Parmentier ou Couronnes
http://auchatnoir.free.fr/?page_id=101
Réservations : 01 42 77 02 19 ou auchatnoir@gmail.com

20 mars 2009

Britannicus dans le XIV°

Le théâtre classique traverse le temps. C’est un euphémisme que de le prétendre. Mais lorsqu’une pièce comme celle-ci nous est présentée avec la modernité sage qu’il convient, alors, nous assistons à une nouvelle naissance, une sorte de résurrection bienheureuse et souhaitable pour tous les publics qui ne sont pas au fait du théâtre classique du XVII° siècle.

Le texte , les personnages reprennent soudain le chemin de notre époque, celui d’une actualité immédiate et contemporaine. Ainsi, Britannicus aurait pu être écrit de nos jours. Néron, Agrippine, Junie, Burrhus, Narcisse, Albine sont des personnages qui peuplent notre actualité immédiate. Rien n’a changé à propos des passions, celles de l’amour, celles qui animent la soif de pouvoir, les affres de la jalousie ou de la vengeance. Vice et vertu se télescopent pour nous ouvrir le ciel de la tragi-comédie humaine. Nul n’est à l’abri du désordre engendré par l’orgueil, l’inextinguible soif de dictature d’un tyran… On peut ne pas être Néron ou Agrippine, mais parfois, nous sommes si près de leur ressembler !

La pièce, est servie par un décor très original fait de panneaux grillagés mobiles qui permettent, avec souplesse et mobilité, de créer l’atmosphère presque carcérale qu’il convient. Les personnages vont s’y affronter avec violence et cruauté. Un jeu sophistiqué de lumières et de miroirs permet de créer un dédoublement de chacun. Entre vérité du cœur et hypocrisie des apparences, les sentiments peuvent se dévoiler avec lucidité et force.

La troupe des Studios d’Asnières dans une mise en scène de Jean-Louis Martin-Barbaz, fait merveille avec Jean-Charles Laurier dans le rôle de Néron et Yveline Hamon dans celui d’Agrippine. Le texte de Jean Racine est servi avec justesse et précision. Les voix sont bien placées et l’intensité dramatique respectée dans ses moindres détails. C’est une réussite théâtrale à ne pas manquer de voir. Un grand texte classique qui nous permet de saisir et de redécouvrir toute la pertinence politique et humaine d’un chef-d’œuvre.

R.Rillot

Théâtre 14 - 20, avenue Marc Sangnier - 75 014 - Locations  : tél 01 45 45 49 77 - Représentations jusqu'au 2 mai 2009 - En soirée à 20h 30, le jeudi à 19h, matinée le samedi à 16h.

17 mars 2009

Urgent : Saint Pierre de Montrouge !

Théâtre/conférences/halte prière
Jeudi 19 mars, 20h30, « Saint Paul, notre contemporain : Vivre les changements dans l’espérance »
Conférence de Marie-Françoise Baslez, historienne, spécialiste de l’Apôtre st Paul à la chapelle St Paul, 171 Bd Brune
Dimanche 22 mars 16h30 « La chair et l’Esprit » Conférence de Carême à Notre-Dame : Mgr Job Getcha, théologien orthodoxe et Mgr Pierre Debergé, théologien.
Jeudi 2 avril, à 20h30, Damien Ricour viendra interpréter « Bienvenue au Paradis» dans l’église saint Pierre de Montrouge.
C’est du théâtre mis en scène de façon à devenir une catéchèse pour adultes et enfants. A quelques jours de la Semaine Sainte, cela peut permettre une réflexion pleine de richesse.
Samedi 4 avril : halte-prière à Notre-Dame de Bon-Secours. A 10h, l’intervenant est le père Michel Guittet sur le thème " le message pascal de saint Paul. La joie dans la foi"

Infos/Appels
Travaux du clocher de l’église Saint Pierre de Montrouge
Près de la statue de st Pierre (à droite de l'entrée principale de l’église de saint Pierre de Montrouge), vous trouverez quelques photos et explications sur les travaux du clocher. Ceux-ci sont bientôt finis pour la tranche qui a pu être réalisée. Les cloches seront bientôt de retour (mais après Pâques, probablement). Et en juin, nous devrions relire l’heure aux 3 cadrans du clocher. La nouvelle croix sommitale a été bénie.
Préparer une soupe chaude pour l’accueil de jour du Secours Catholique
Les responsables de l’accueil de jour du Secours Catholique de la rue du Père Corentin ont encore besoin de soupe chaude le dimanche et le lundi (pendant toute l’année). Cet accueil est ouvert plusieurs fois par semaine pour l’accueil amical, social et administratif de certaines personnes à la rue. Prenez contact avec Isabelle Constans à l’accueil de la paroisse Saint Pierre de Montrouge 01.45.95.41.00.

09 mars 2009

Barbe Bleue de Jacques Offenbach

sp_27787_g.jpgLe Théâtre Saint léon, 11, place du cardinal Amette - 75 015- (métro Duplex / la Motte-Piquet Grenelle ), présente les jeudi 12 mars, samedi 14 mars, dimanche 15 mars, lundi 23 mars, mardi 24 mars, vendredi 27 mars et samedi 28 mars : BARBE BLEUE DE J. Offenbach

Après La Grande Duchesse de Gérolstein, Les Brigands et la Périchole, la Compagnie Allegro Furioso a voulu faire découvrir à son public une oeuvre de Jacques Offenbach qui a toujours été jouée hors de nos frontières mais très rarement chez nous ! Barbe Bleue avait pourtant connu un immense succès lors de sa création à Paris en 1866 au Théâtre de variétés, mais quelques mois plus tard, sur une autre scène, La Vie Parisienne allait connaître le début de carrière triomphale que l'on sait et lui porter un coup fatal. Ce Barbe bleue, on s'en douterait, n'est pas tout à fait celui du conte de Perrault. Avec Jacques Offenbach et ses complices habituels, Meilhac et Halévy, jamais veuf ne fut plus gai !

20h 30 sauf le dimanche à 17h. - Réservations : tél  : 01 43 97 25 26 et 06 03 44 22 67

- Direction musicale, Simon Grad, l'adaptation et la mise en scène par Bertrand Morando, chef de Choeur François Bataille.

31 janvier 2009

L'Alpenage de Knobst de Jean-Loup Horwitz

alpenage de Knobst.JPGLe théâtre est un miroir, miroir qui renvoie au spectateur sa propre image, et qui déplie devant lui le tissu du drame ou de la comédie que propose la vie. Ce miroir nous fascine parce que nous sommes sans défense devant cette mise à nu.

Et si ce miroir se brisait ? Si nous devenions soudain nous-même notre propre miroir, où les acteurs deviendraient spectateurs et le spectateur, acteur, c’est-à-dire témoin, placé au centre de la scène et qui se dévoilerait à lui-même l’architecture complexe de la réalité, notre réalité, celle de la vie mêlée à celle du théâtre, c’est-à-dire confrontée au double que nous portons tous en nous ?

Dans une salle de théâtre abandonnée, quasi en ruines, où la vétusté des lieux accompagne la déshérence de six personnages, dont deux couples opposés par leur culture et leurs origines, auxquels se joindra un troisième couple formé d’une infirmière et d’un acteur débutant…, le spectacle doit commencer d’un instant à l’autre, mais les acteurs qui doivent entrer en scène ne sont pas arrivés, ils sont absents. Le rideau de fer a été baissé, la grille d’entrée du théâtre s’est refermée, le directeur est parti en emportant la clé… Il reste six spectateurs-otages - (acteurs) pris soudain au piège dans un huis-clos définitif. La seule présence sensible qui peu à peu se fait jour dans une atmosphère glauque et progressivement tragique, est la mort qui sournoisement tisse son filet.

Le lieu du théâtre devient alors maudit, puis la salle peu à peu s’écroule. Tout semble revenir à la poussière, au chaos initial du néant. La fin semble inéluctable. Soudain du balcon à demi effondré surgit le directeur. Mais est-ce vraiment le directeur ? Peut-être un Juge suprême, le Sauveur , celui qui explique, qui reprendra en main la situation. On ne sait.

A ce stade de la pièce, la métaphore est puissante, car si le théâtre est parodie de la vie, la vie est peut-être une illusion. Devons-nous la subir, ou pour le moins agir au mieux de nos impressions, de nos intuitions ? La vérité de chaque vie se situe-t-elle au-delà de la simple réalité ou bien la réalité n’est-elle qu’une approche toujours imparfaite de nos désirs, de nos passions, de notre destinée toujours en sursis ?

Dans une langue volontairement faite de banalités et de lieux communs, où les clichés de langage sont fréquents et souvent en prise directe avec l’actualité, la pièce est aux antipodes de la convention théâtrale et dérangera les esprits cartésiens ou conservateurs, mais elle a le mérite de réveiller nos consciences, de secouer, d’ébranler nos certitudes, et en premier lieu celles qui définissent le confort parfois trop douillet de nos vies !

R.Rillot

Théâtre 14 Jean-marie Serreau - 20, avenue Marc Sangnier – Tél : 01 45 45 49 77 - jusqu’au 7 mars 2009 . e-mail : theatre14@wanadoo.fr

30 janvier 2009

Dernière minute: Michael Lonsdale dans Job ou l'errance du juste

londsale.jpgUn magnifique spectacle sur Job avec Michael Lonsdale passe samedi soir 31 janvier au temple de la rue de Grenelle: pas besoin de réserver, par contre couvrez-vous car il y fait un froid de canard:
"Job symbolise l'humanité de tous les temps. Il n'essaie pas de résoudre le problème du mal ni d'apporter une explication à l'énigme de la souffrance injuste. Job fait face tour à tour à la colère de sa femme puis à l'incompréhension de ses amis et finit par affronter la mort. Mais il ne se résigne pas à abdiquer : fragile et désemparé, il fait face à l'adversité. Il réclame d'être acquitté par Dieu lui-même."

de Michael Lonsdale et Richard Martin, avec Levon Minassian, Pierre-Philippe Devaux, Fabienne Bafchieri, violoncelle, Claire Oberkampf, violon
20h30, 106 rue de Grenelle Paris 7e: 15 euros

A signaler également, le livre dont est tiré le spectacle, paru chez Onésime 2009. plus d'info

14 novembre 2008

Jacques et son Maître de Milan Kundera d'après l'oeuvre de Diderot au Théâtre 14

Milan Kundera nous dit en préambule qu’il « a voulu rendre hommage à Diderot », sous la forme d’une « variation ». Qui dit variation, dit « thème », comme peut le concevoir un compositeur de musique. Aussi, cette"reconstruction" au sein de l’action théâtrale prend ici la figure d’un édifice à plusieurs étages.

image_centre_2006.jpgTout d’abord, trois histoires d’amour dont deux possèdent une enchevêtrement qui est loin d’être linéaire. La troisième, indépendante des deux précédentes, démontre un état de la société à l’époque de Diderot, où la naissance, la situation sociale dominante confèrent à celui qui la possède, un pouvoir exorbitant sur les gens du peuple, et surtout sur le monde féminin.

Mais le noyau central de la pièce de Kundera, c’est évidemment une méditation profonde sur ce qui caractérise l’importance de la destinée humaine, sur ce qui est « inscrit » dans chaque vie, et ce qui ne l’est pas . « La destinée est dictée d’en haut », ce qui amène à nous demander si nous sommes responsables de tous les actes de notre vie. C’est par la seule liberté, qu’il nous est donné de choisir. Les « ordres viennent d’en haut », dit le Maître, mais « le serviteur peut et doit choisir l’ordre qui lui convient le mieux ». On assiste ici à un face à face où les tenants du pouvoir sont confrontés à un contre-pouvoir. Critiquer l’ordre établi est déjà une étape pré-révolutionnaire pour la conquête de l’égalité.

Cette mise en accusation  est très présente dans la pièce de Kundera , où Jacques et son Maître sont en constante opposition, même si l’apparence d’une amitié superficielle et de circonstance soude à de rares moments, les relations entre les deux personnages en une fraternité surfaite.

A tout ceci, il faut ajouter qu’un climat de jouissance amoureuse délibérée, liée à un libertinage propre à l’époque, donne à  cette pièce une atmosphère festive, éloignée de l’hypocrisie des dévots et autres pisse-froid ! Les mots s’ajoutent aux images  pour leur conférer la crudité qu’il convient…

Résumons . Voici une pièce foisonnante, pleine de vie, d’émotions, d’amours contrariées et trahies, dans le plus pur style du marivaudage, mais où cependant les questions existentielles sont exposées en filigrane, où la joie organique, la jouissance, la recherche du bonheur survolent nos destinées pour mieux masquer, mais non effacer, la question ultime qui se pose à l’humanité depuis ses origines : où va-t-on ?

Rendons hommage à la qualité de la troupe où Yves Pignot et Nicolas Briançon traduisent avec bonheur et profondeur, à la fois la truculence, l’aventure, les aléas de l’amitié et de l'amour, mais aussi le désarroi,  l’angoisse, la solitude de leurs personnages, les vicissitudes de leurs destinées, c’est-à-dire en fin de compte la nôtre.

R.Rillot

- Théâtre 14 J.M. Serreau – 20, avenue Marc Sangnier – 75 014  – du 11 novembre 2008 au 3 janvier 2009 - Locations : 01 45 45 49 77  -métro Porte de Vanves. Bus 58 et 95. Tramway Didot jusqu’à 1h  du matin.

04 novembre 2008

Festival de théâtre amateur de Paris.

Du 5 au 10 novembre, tous les jours à 15h et 20h30 : Sept compagnies et autant de spectacles.

10 euros, le 1er spectacle, 3 euros les suivants. Studio Raspail, 216, boulevard Raspail. M° Raspail ou Vavin. compagniedumessage@wanadoo.fr

21 octobre 2008

Le Théâtre des Gens (Le THEG) ; prochaine séance dimanche 26 octobre

Le THEG est engagé depuis 30 ans dans une aventure : inventer du théâtre qui se fait avec des gens et qui se nourrit de ce qu’ils y apportent eux-mêmes.

Il propose un atelier ouvert à tous où le théâtre est d’abord un espace de jeu. Chacun peut s’y aventurer avec ses propres façons d’être et de sentir. Une construction commune s’invente au fur et à mesure laissant une large place à l’improvisation.

Il y a 2 dimanches après-midi par mois dans le 14ème arrondissement. (Métro Plaisance). D’octobre 08 à juin 09.

Tarif calculé en fonction des revenus de chacun.

Renseignements et inscription: Pierre Bourduge, 01 40 47 99 48 ou 06 64 67 82 39. THEG -Théâtre des Gens Prochaine séance : dimanche 26 octobre.

17 octobre 2008

Avis de mauvais temps sur les théâtres municipaux: le Théâtre 14 menacé ?

L’inquiétude fait suite à une déclaration de Christophe Girard, adjoint chargé de la culture, au sujet des six théâtres municipaux, Silvia Monfort, Paris Villette, Mouffetard, Théâtre 13, Théâtre 14 et Vingtième Théâtre. La mairie affecte cette année 3,6 millions d’euros à ces théâtres, mais annonce une importante réforme et remet en cause le système de subventions. «Ces subventions sont déterminées en fonction de la programmation mais aussi de leur fréquentation." Par exemple, le théâtre Sylvia Monfort « reçoit aujourd’hui une subvention de 900.000 € alors que son taux de remplissage annuel n’est que de 45 % ».

Mais Christophe Girard veut aussi reconsidérer la fonction de ces salles, et semble penser qu’il y a trop de théâtres, à moins que ce soit leur programmation qui n’est pas conforme à ses vues: « Dans certains quartiers, il n’est pas vital qu’il y ait autant de théâtres. On manque de salles de répétitions à Paris : certaines pourraient se consacrer à cet usage. ». Et cette réforme concernera « deux ou trois lieux ». Il n’a pas précisé quels seront les heureux élus, parmi les six.

Pierre Castagnou craint pour le Théâtre 14 et s’en est ému : « ce changement porterait un grave préjudice au quartier de la Porte de Vanves où ce théâtre est situé et au 14ème arrondissement dont il est l'un des piliers de l'action culturelle »

Mais que vaut le vœu d’un maire d’arrondissement face à un adjoint de Bertrand Delanoê ?

A.C.

15 octobre 2008

théâtre à la cité U

DEDANS DEHORS DAVID

D’après le portrait II du roman Closer de Dennis COOPER.
Mise en scène et installation : David BOBEE.

Comme dans les précédents spectacles du groupe RICTUS que nous avons accueillis, Fées et Cannibales, David BOBEE dénonce les pièges qui attendent sa génération : la consommation, le vide caché derrière le trop plein, cette fois le leurre de la célébrité factice. Pour faire entendre le danger, il s’est emparé des mots de Dennis COOPER, l’Américain qui comme Bret EASTON ELLIS, conjugue sexe, drogue et rock and roll dans ses portraits de jeunes gens en quête d’identité. Il a choisi le portrait 2 de Closer, son premier roman, qui donne la parole à David, jeune homme à la beauté artificielle, dont on débusque vite les mensonges sur fond de désir éperdu d’être aimé. Il a confié les mots de David à Fanny CATEL-CHANET, l’une des Fées, Fanny au corps d’enfant/femme qui parle d’elle au masculin, laissant apparaître l’enfant tourmenté, tandis que défilent en lettres rouges sur un écran les phrases de la Star Ac. Un spectacle troublant et fascinant. (Durée 1h)
jeudi 16 octobre et les Lundi, mardi, vendredi, samedi : 20h00, jeudi : 19h (sauf jeudi 2 octobre : 20h) , relâches mercredi, dimanche

L'OPÉRA PAYSAN

Théâtre-musique : Spectacle en hongrois, surtitré en français.

Béla PINTÉR est une des personnalités les plus intéressantes de la scène hongroise d’aujourd’hui. Danseur puis performer, il sait mêler dans ses propres spectacles la tradition hongroise aux tendances les plus actuelles du théâtre. L’Opéra paysan, qui associe acteurs professionnels et non professionnels. a tourné dans le monde entier. Ce spectacle mélange les genres : légendes villageoises et réalité d’aujourd’hui, chansons folkloriques hongroises et musique baroque et pop-rock. Un mariage de campagne est troublé par de sombres révélations venues du passé — passion, meurtre, inceste — qui bousculent le présent. Du théâtre musical extravagant, qui fait se croiser les histoires et les musiques l’humour faisant exploser les drames les plus sombres. Des comédiens / chanteurs époustouflants entraînent les spectateurs dans ce délire.
Écrit et mis en scène par Béla PINTÉR
Musique Benedek DARVAS.

jeudi 16 octobre et tous les jours à 20h30 - relâche dimanche

Théâtre de la Cité internationale 10€ (- de 30 ans et résidents) | 14€ (réduit) | 21€ (plein)

29 août 2008

La journée des dupes au Théâtre 14

eaf6b78fffd9cb4087093c68c5873b65.jpgJacques Rampal, auteur de cette pièce, écrit à propos de cette fameuse journée les lignes suivantes :

« Depuis l’entrée de Richelieu chez Marie de Médicis, tel Ruy Blas et son célèbre –Bon appétit Messieurs !- jusqu’au coup de théâtre que constitue le soudain ralliement de Louis XIII à ce prélat qu’il déteste, tout est là pour tenir le spectateur en haleine. Ajoutons à l’intrigue fort pittoresque : Richelieu, glacial et implacable, mais aussi angoissé, vulnérable, et finalement très humain ; Marie de Médicis, passionnée, forte en gueule, parfois risible quand elle jure en italien, Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, si seule, si révoltée, rêvant d’un grand amour auprès de Gaston d’Orléans, frère du roi, ce bellâtre qui conspire dans l’ombre ; Louis XIII, si seul lui aussi, timide, malade, mais plus intelligent, plus courageux qu’il ne lelaisse paraître ».

Théâtre 14 – 20 avenue Marc Sangnier – 75014 Paris – métro : Porte de Vanves. Bus 58, 95 et tramway.
- Représentations du 9 septembre au 25 octobre.
- Réservations : 01 45 45 49 77, du lundi au samedi de 14 heures à 18 heures - 27€ ou 19€ adhérents

 

10 juin 2008

Jules César au Théâtre du 14ème

Les derniers instants de la République sont soumis aux passions dévorantes des ambitions…


a113c6c0851b5542328bbf7577c4517c.jpg César, maître absolu de Rome, saura-t-il échapper, en dépit de l’avertissement prémonitoire des songes, au complot ourdi par les « libérateurs » de la Ville éternelle et de son peuple ?

Tout pouvoir génère, lorsqu’il agit en dehors de tout contrôle démocratique, une tyrannie qui accélère sa future faillite. Il attise le sentiment de jalousie et d’envie au sein de ceux qui prétendent se mettre au service du peuple. Mais dans la Rome antique, accéder au pouvoir, c’est rivaliser avec les dieux, c’est s’assurer de leur protection, mais c’est aussi prendre leur place. C’est justifier a posteriori la naissance d’autres impostures, d’autres tyrannies, d’autres mensonges, d’autres meurtres !

Ainsi Brutus, Cassius et quelques autres, auront la peau de César, mais in fine, ils s’entre-déchireront autour de sa dépouille, pour régner à leur tour.  Les ambitions individuelles annihilent toute fraternité si celle-ci n’est que façade. Le glaive aura raison des unions de circonstance, des amitiés passagères et fragiles. Le complot portera en lui le germe de son inéluctable éclatement.

Ici, Shakespeare a écrit beaucoup plus qu’une tragédie politique. Il étudie et nous livre la catharsis de toutes les passions humaines. Et c’est dans une langue survoltée, déchaînée, presque « surhumaine » qu’il enflamme et notre esprit et notre cœur.

A travers l’expression échevelée, quasi écartelée du langage, il nous fait toucher par la puissance irrépressible du verbe, l’abîme des passions, celles-ci étant portées au plus haut degré de leur déchaînement incontrôlé.

Par une mise en scène au relief saisissant, à la fois sobre et vivante, le spectateur sera conquis par la prestation de tous les éléments de la troupe, qui donne son énergie sans réserve à cette tragédie « sauvage » et pleine de fureur. La raison s’efface devant la folie. Alors, l’ambition du pouvoir portée à son incandescence sombrera dans le cratère de la mort !

R. R

Théâtre 14 Jean-Marie Serreau – avenue Marc  Sangnier 75014  - Représentations jusqu’au 12 juillet – Location au théâtre : 01 45 45 49 77 – courriel : theatre14@wanadoo.fr

07 juin 2008

Le cabaret des utopies au Théâtre à la Cité U

Nous présentons du 2 au 28 juin au Théâtre de la Cité internationale , un spectacle qui a pour titre :  Le cabaret des utopies. Un spectacle tout en musique et en chansons!

 Il s'agit d'un collectif de jeunes acteurs qui interrogent les utopies de notre temps en théâtre et en chansons. Ils sont 15 artistes, ayant tout juste 30 ans, sortis du TNS où ils ont pris goût à la création collective. Ces docteurs "ès Utopie" s’interrogent : « Avons-nous encore de grands rêves ? Pouvons-nous espérer une société meilleure ? ». Mais très vite l’utopie tourne au drame. Cabaret, performance, agit prop : chacun cherche à imposer sa vision du monde et se laisse aller à la confession de ses rêves intimes.

Il pourrait s'agir d'une occasion de proposer aux habitants du 14ème et autres internautes de découvrir ou redécouvrir un Théâtre voisin, dans le parc de la Cité.

Plus d'informations sur ce spectacle, http://www.theatredelacite.com/
 boulevard jourdan - 75 014

29 mai 2008

Théâtre des gens au Centre d'animation Vercingétorix

Festival du Théâtre des Gens (THEG) au centre d’animation Vercingétorix 31 mai et 1er juin. 181/183 rue Vercingétorix 75014. Métro Plaisance -Bus 62

Le THEG est engagé depuis 30ans dans une aventure : inventer du théâtre qui se fait avec des gens et qui se nourrit de ce qu’ils y apportent eux-mêmes. La construction d’un spectacle s’inventant au fur et à mesure jusqu’à sa représentation est l’aboutissement de chacune de nos aventures.

Trois spectacles : - 14h « Parfums d’enfance » des gens qui sont venus depuis octobre 2007 qui ont décidé ensemble d’un canevas qui laisse sa place à l’improvisation.

- 15h « Improvisations sans filet » ce sont des gens qui approfondissent ensemble depuis un certain temps l’expérience de l’improvisation et qui vont donner vie à des histoires qu’ils découvriront en même temps que vous.

- 17h30 « Variations amoureuses » travail fait à partir de textes d’auteurs en allant à la rencontre des plus grands dramaturges : Molière, Corneille, Racine, Marivaux, Tchekhov…

Participation aux frais : 7€ (ou comme on peut …) Réservations et renseignements : 01 40 47 99 48 ou 06 64 67 82 39. THEG -Théâtre des Gens 10 passage Montbrun 75014 Paris.

27 mai 2008

Théâtre 14 : Jules César

Le théâtre 14 Jean-Marie Serreau présentera du 27 mai au 12 juillet 2008 : Jules César de William Shakespeare :
fallait-il devant la menace dictatoriale, prendre les devants au nom du bien public ? Loin d'apporter une réponse, la disparition sanglante de Jules César, nous renvoie à nos propres démons : il ne s'agit plus de savoir si l'on a les gouvernants que l'on mérite, mais de s'interroger sur le bien fondé d'être gouverné sachant que, l'Etat, peut un jour ou l'autre, prendre le pas sur le peuple. 
   
 Théâtre 14, 20 avenue Marc Sangnier, 75014- Paris -
  Représentations : mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20 h 30 - jeudi à 19 heures -  matinée samedi à 16 heures.
  Réservations : 01 45 45 49 77 - de 14 heures à 18 heures, du lundi au samedi

14 mars 2008

George Dandin au théâtre de Montrouge

Molière sous châpiteau...Dans une mise en scène de Marcel Maréchal et une production des Tréteaux de France/ Marcel Maréchal, la pièce de Molière est revisitée dans une mise en scène modernisée : une plage, une cabine de bain des années trente, des garçons et des filles en maillot de bain. Angélique, fille d'une famille noble et ruinée, a été forcée d'épouser une paysan riche : George Dandin. Obligée d'obéir à ses parents, elle se révolte corps et âme contre l'oppresion faite ainsi aux filles...

La plume de Molière, une langue simple et drue, éblouissante de vivacité et d'ironie ! 

 Les jeudi 20 et vendredi 21 mars à 20h. Informations : 01 46 12 75 70 - Réservations : 01 46 12 74 59

10 mars 2008

Théâtre 14 : la Reine Morte

2f2dc2e03009afa98cf6386b81ee1118.jpgUn défi, un vrai challenge. Rendre à la lumière cette pièce de Montherlant, créée en 1941, lui donner un nouveau souffle, un nouvel élan, tout en privilégiant le respect dû à ce grand texte n’est pas donné au premier metteur en scène venu.

Jean-Laurent Cochet s’est lancé à l’assaut d’une forteresse difficile à prendre… Car, l’œuvre présente un miroir aux multiples facettes : un amour contrarié face à la raison d’Etat, la vieillesse du roi de Portugal occultant les aspirations de la jeunesse, l’ordre face à l’expression libre de la passion amoureuse, l’obéissance confrontée à la désobéissance, la force aveugle du pouvoir mise en parallèle avec sa propre faiblesse, traduite ici par la colère impuissante et les atermoiements de l’âme. Enfin, et pour clore une situation  tragique : la mort bien réelle d’Inès de Castro accompagnant celle symbolique de don Pedro confronté à la disparition de son amour. En parallèle, nous assistons à la lente agonie du Roi, estocade finale. Alors, la vérité intime de chacun surgit dans l’émergence de la solitude, face à  son destin et  in fine à la mort.

Cependant dans un ultime sursaut, la rédemption proviendra du couronnement « post mortem » d’Inès, qui deviendra pour toujours : « la Reine Morte ». Jean-Laurent Cochet n’a pas hésité à donner la juste distance nécessaire au texte flamboyant d’intelligence de Montherlant, afin que l’humour subtil et caché parvienne à l’oreille du spectateur et qu’il capte toute son attention, tout en justifiant sa reconnaissance. La performance du metteur en scène scelle la réussite de la troupe et du spectacle.

R. Rillot –

Théâtre 14 - Jean-Marie Serreau – 20 avenue Marc Sangnier – 75014 -  Paris –

Représentations jusqu’au 19 avril 2008 -  Location : 01 45 45 49 77

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11 janvier 2008

théâtre - Le Bel Indifférent

A l'origine de la pièce, le rôle avait été créé pour Edith Piaf. Il s'agit d'une histoire d'amour où les coeurs se brisent et se méprisent, où le "populaire" n'est jamais très loin, où les chambres d'hôtel borgne suent un ennui mortel, où les cris du coeur, le désespoir de n'être pas aimé, dévoilent les plaies laissées par l'indifférence de l'homme "macho" qui se joue de la femme comme s'il s'agissait d'un jouet rapidement abandonné.

L'originalité du metteur en scène  - Thierry Harcourt - est d'avoir su nous offir, à travers une interprète incontournable de la chanson réaliste - Lucy Harrison - un spectacle double où la chanson des années 50, présentée en première partie, établit une liaison, une sorte de mise en résonnance intelligente et sensible, avec en seconde partie, la courte pièce de Jean Cocteau. Celle-ci, par la sincérité et le réalisme poètique du personnage, rétablit la dure réalité d'une vie, sans masque ni artifice, une mise à nu de la souffrance d'une âme et la mise à mort des illusions d'un amour absolu, mais en définitive impossible.

Lucy Harrison est magnifique dans les deux rôles qu'elle tient ici. L'interprétation de ses chansons est située au plus haut niveau de qualité, de complicité, de sensibilité,  de réalisme et  d'esthétisme. L'artiste nous donne rendez-vous avec la grâce d'une "re-création" sans faille. Quant au rôle tenu par la chanteuse en deuxième partie, il représente la quintessence de la douleur d'un amour non partagé. Nous sommes à la frontière de la tragédie, ressentie non comme un artifice, mais pleinement assumée par une artiste à la sensibilité profonde et au talent incomparable.

 Une pièce qui ne pourra que réjouir le spectateur exigeant.                                                            R.Rillot

 - Théâtre 14  Jean-Marie Serreau : 20, av Marc Sangnier - 75 014 -

Locations : tél : 01 45 45 49 77. Séances jusqu'au 23 février 2008.