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12 septembre 2011

En remontant le boulevard(III)

Voici le troisième volet de notre découverte du boulevard Raspail.  (lire le précédent)

LyceeJeanQuarré.jpgNous sommes au niveau du 231, devant la vaste façade d’un bâtiment récent (le lycée hôtelier Jean Quarré), qui a remplacé l’ancien lycée technique Raspail, lui-même déménagé près de la porte Didot. Il avait pris la suite de l’Ecole Professionnelle de St Ouen, déménagée après avoir été sinistrée durant la deuxième guerre mondiale.

Il faut dire que ce lieu a subi de nombreuses modifications depuis longtemps. Ainsi, en 1855, fonctionnait ici un des dépôts de la « Compagnie des petites Voitures », absorbée en 1894 par la « Compagnie Générale des Voitures à Paris », qui créa entre 1920 et 1924 une douzaine de garages pour les 1500 taxis qu’elle possédait en 1929. Il est probable que cet immense terrain d’angle était à l’origine propriété de l’horticulteur Noisette dont l’adresse était au 51 Bd. d’Enfer.

Aux heures fastes de Montparnasse, on trouve à cet  endroit du boulevard, un lieu où s’implanta en novembre 1923, la « Sorbonne Montparnassienne » qui avait pour nom vérItable : « l’Académie du Caméléon », laquelle venait du 146 du Bd du Montparnasse. Cette Académie prétendait devenir une Maison des intellectuels. Elle éditait un bimensuel : Paris-Conférences ; l’expérience dura  cinq ans puis disparut.

Vint ensuite en 1930, un vaste édifice en béton qui devait être le « Salon Parnasse », composé d’un vaste hall entouré de galeries superposées en gradins. Mais l’expérience échoua et le bâtiment devint le lycée technique Raspail, cité plus haut.

paris 14e,lavoixdu14e.info,raspail,jean quarrAujourd’hui, un square fait l’angle avec la rue Campagne Première. Il est dédié au peintre Yves Klein, qui avait son atelier au 9 de cette rue, tandis qu’il habitait au 14.

Traversons cette dernière. A l’angle du boulevard, existait une petite maison de faubourg où vécut quelque temps dans une chambre misérable, Arthur Rimbaud accompagné de Verlaine.  De nos jours, un restaurant «  le Duc » a pris la place, remplaçant un restaurant-dancing, le « Normandy », symbole  éteint de la vie artistique de l’avant-guerre.

Au 247, s’ouvre le passage d’Enfer, seule appellation subsistant  de l’origine. Ce passage existait déjà en 1808. Les maisons basses et les pavés inscrivent leur nostalgie dans un lieu qui  a gardé son charme presque champêtre d’une autre époque.

Enfin, pour clore provisoirement notre promenade, au 253, il y avait l’impasse Sainte Elisabeth, devenue après son prolongement jusqu’au boulevard Montparnasse, la rue Boissonade, savant helléniste qui vécut de 1774 à 1857. (Lire la note suivante)

N.D.L .R  Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

 

10 septembre 2011

Brocante boulevard Jourdan, dimanche 11 septembre

BrocanteBdJourdan4309.jpg

Une brocante a lieu boulevard Jourdan, à hauteur du Parc Montsouris, ce dimanche 11 septembre. Pour l'avoir visitée samedi, elle ressemble à une brocante, avec des objets anciens ou d'occasion.

09 septembre 2011

En remontant le boulevard (II)

(Lire la note précédente) Nous continuons  notre balade sur le  boulevard Raspail, côté des numéros impairs, en direction de Denfert-Rochereau, laissant planer en nos mémoires, le souvenir des jardins de la Grande Chaumière . Ici même, au N° 201, le restaurant le  Rond-Point , modernisé en 1958, était l’héritier du Café Baty. Aujourd’hui, ces établissements ont disparus et ont été remplacés successivement par le  "Bar à  huîtres"  et de nos jours par le  "Restaurant de Haute mer". Apollinaire, disait à propos du café Baty : « c’est le dernier des véritables marchands de vin, quand il se sera retiré, cette profession aura disparu de Paris ; il restera des bistrots, mais le «  chand d’vin » aura vécu.Le patron avait servi, René Benjamin, Apollinaire, Pierre Benoît, Billy, Jean Cocteau, Max Jacob, Giraudoux, Vincent d’Indy… L’enseigne porta un temps celui du restaurant : "La Grande Chaumière" .

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Nous voici maintenant au 207. Pierre Benoît y habita de 1918 à 1923. Au 209, un café appelé autrefois" La Guérite", fut un rendez-vous d’artistes : « le groupe des Caïmans » suivi par le « Groupe de l’échelle » .Aujourd’hui, la Guérite a fait place aux « Fondus de la Raclette ». Plus loin, au 213, une vitrine attire notre attention : « Aventuria », créateur de voyages en direction des USA, du Canada et de l’Afrique Australe.

Le 221 vit le statuaire Hiolle, vers 1880. De son atelier entouré d’arbres, il disait : « C’est rien poétique ici, on entend toujours gueulé les petits oiseaux ».

Au 229, nous remarquons la façade incurvée de l’immeuble qui respectait un très vieil acacia, planté semble-t-il, par Victor Hugo. Mais le vieil arbre a disparu. C’est à cet endroit que s’était installé en 1864, le « Cercle catholique d’ouvriers », dit Cercle Montparnasse, et c’est dans cette salle que fut lancé le 15 juin 1894, la Schola Cantorum, par l’organiste Charles Bordes. Le  premier concert eut lieu le 17 mai 1896 en la salle du cercle Montparnasse, tandis que le 15 octobre fut créé un cours de chant liturgique et de musique religieuse. Nous vous quittons ici pour un prochain rendez-vous sur le boulevard.  (Lire la note suivante)

 -N.D.L.R. Documentation extraite  de la Revue N° 5,  de la S.H.A. du 14e.

06 septembre 2011

En remontant le boulevard (I)

Une longue balade nous attend tout le long du boulevard Raspail, une importante artère du XIVe arrondissement.

Nous voici du côté des numéros impairs du dit boulevard, à l’angle que fait celui-ci avec le boulevard du Montparnasse, en remontant vers Denfert-Rochereau.

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Carrefour Montparnasse-Raspail en 1910

Pendant la 1ère partie du XIXe siècle, l’emplacement était occupé par de vastes jardins sur lesquels était installé une sorte de Luna Park. Ainsi, sous la Restauration, sévissait ici, la mode des « Montagnes russes » , divertissement qui consistait  en un hangar monté sur un rocher en bois qui permettait d’y accéder, et de là , le visiteur pouvait se lancer sur une pente de 65 mètres à l’aide de chariots et de gondoles… On appelait aussi ce lieu de détente : «  le jardin des Montagnes Suisses ».

A l’arrière de cet endroit ( numéros 205 à 299 de l’actuel boulevard du Montparnasse) s’étendaient les jardins du « Bal de la Grande Chaumière », né en 1787, et dont la propriété appartenait à l’anglais Tinkson, après fusion avec le restaurant Fillard,  prenant lui-même la suite du « Café Turc ». Les Benoît père et fils succèdent à Tinkson et lancent les « Montagnes russes ». Les jardins y attenant comportaient grottes en pierre meulière, des tapisseries de verdure, des talus de gazon, et des fleurs…

La réputation un peu scandaleuse de la Grande Chaumière débute vers 1830, avec les « Chicards », les « Flambards », et plus tard avec les « Boussingots ». En 1844, on y danse les premières polkas et une danse toute nouvelle, qui deviendra célèbre sous le Second  Empire : le « Chahut », ancêtre du « Cancan ». Là se retrouvent des jeunes gens dont certains deviendront célèbres : Thiers, Barbès, ainsi que des filles célèbres : Mogador, Lola Montes, Louise-la balocheuse… Louise-la- loucheuse…

C’est en 1858, que Bullier s’installe près de l’Observatoire, avec la « Closerie des Lilas ». C’en est fini de la Grande Chaumière. Elle avait fait son temps, elle disparaît peu à peu.

Nous continuerons notre promenade sur le boulevard  d’Enfer, la première dénomination du boulevard Raspail, lors d’une prochaine évocation. (Lire la note suivante)

N.D.L.R. Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

27 août 2011

Rémy Dumoncel, le Résistant

Remy Dumoncel.jpgUne rue du XIV° porte son nom, reprenant une partie de la rue Dareau. D’une certaine manière il fut de notre arrondissement puisqu’il  travailla aux Editions Tallandier,  dont le siège était rue du Saint-Gothard un certain temps. Il avait épousé en 1919,la fille de Jules Tallandier.

 Rappelons brièvement sa vie. Né en octobre 1888, il fut maire d’Avon de 1935 à 1945. En 1914, il fut mobilisé et fut blessé cinq fois et fait prisonnier. Pour son courage il reçut la Croix de guerre et la Légion d’Honneur. Maire d’Avon jusqu’en 1940, il refuse de démissionner contre les atteintes de l’occupant. Sachant que ses sympathies allaient à la France Libre, les Allemands le surveillent. D’ailleurs, il accueille les prisonniers évadés et les fait passer en zone libre. Il organise à cette effet, à la préfecture de Melun un service clandestin de cartes d’identités et il héberge de nombreux juifs dans sa propriété de Dordogne.

En 1940, les Allemands lui demande de désigner vingt otages : il fournit quatre noms dont le sien, ainsi que celui du père Jacques ( Louis Bunel) directeur du collège Saint-Thomas d’Avon. Celui-ci fut emmené par la Gestapo pour avoir caché des enfants juifs. Louis Malle en  tirera un film : « Au revoir les Enfants ».

Le 4 mai 1944, Rémy Dumoncel est à Paris. Il est recherché par la Gestapo. Il sera arrêté et incarcéré à Fontainebleau, transféré à Compiègne et de là, à Neuengamme. Il meurt le 15 mars 1945. Son nom est inscrit au Panthéon.

N.D.L.R  Documentation extraite de la Revue N° 48 de la S.H.A. du 14e.

 

15 août 2011

Mon quartier, le 15 aout

 

Le désert, vous connaissez ? Non, pas celui de Gobi, mais l’image du parfait désert qu’offre notre quartier d’Alésia. Cela se passe  à Paris, le 15 août.

Tout d’abord, « ils » sont partis, tous ; à la mer, à la montagne, aux Seychelles ou à Palavas-les Flots.

« Ils », ce sont les Parisiens aventureux qui n’hésitent pas à faire rouler « sur place », leurs voitures sur des autoroutes «  tire-bouchons ». Ils font  halte sur des aires de «  repos » qui n’ont conservé que le nom pour n’y accueillir  que  les automobilistes et leurs montures assoiffées.

Là, on fait le « plein » de repos et d’essence, et quand la coupe est pleine, on peut même y passer la nuit à la lueur des phares des véhicules qui roulent non loin de là… Bref, c’est  le paradis ou presque, avant de rejoindre la Côte Basque, Llioret del Mar ou la Corrèze. Demain, il restera encore 350 km à parcourir en faisant sauter joyeusement les bouchons. On maugréée, on est irrité par les jappements aigus du chien de la belle-mère ou les piaillements des enfants !

Mais il y a mon quartier, abandonné aux oiseaux, aux flâneurs, à ceux qui rêvent que leur ville se trouve à la campagne et qui se contentent de regarder le ciel. Ils ralentissent souvent pour écouter les pas glissants du silence, ou les nuages qui déposent avec grâce , leurs ombres sur les façades réjouies des immeubles. Ils écoutent les tables des terrasse de cafés se lamenter de ne recevoir que des touristes ne parlant que le néerlandais, l’américain ou le chinois… tandis que les trottoirs respirent et sourient de ne pas subir le martèlement des pieds griffus et crochus de piétons stressés. L’atmosphère de la ville alors, se prend à rêver au son de séraphiques orchestres invisibles, les arbres se plaisent à se balancer mollement dans une houle de lumière qu’un soleil capricieux daigne offrir, avec parcimonie, mais toujours avec tendresse. Parfois, la pluie s'invite  à cette fête improvisée où les parapluies sont des compagnons précieux et dévoués...

Oui, mon quartier, le 15 août, reprend des couleurs. Il est lui aussi parti en vacances, tout en sachant rester chez lui, en craignant  la prochaine  invasion des barbares : les nuages noirs de la rentrée !

R.R.

 

 

11 août 2011

Les rues de nos quartiers : les allées Verhaeren et Rodenbach

Beaucoup d'écrivains vécurent dans nos quartiers. Certaines de nos voies sont situées dans des sites discrets et peu visibles de la rue.  Ainsi, deux allées ont reçu les noms de deux poètes bleges : Emile Verhaeren et son ami Georges Rodenbach.  Ces écrivains contribuèrent à leur manière à faire connaître au public français la littérature flamande d'expression française, à la fin du 19e siècle.

On connaît de Verheren : les Campagnes hallucinées, et les Cités tentaculaires. De Rodenbach : La jeunesse blanche et le Règne du silence. Mais une oeuvre est restée célèbre entre toutes pour Rodenbach. il s'agit de Bruges la Morte.

Les patronymes de ces deux  écrivains ont été réunis dans deux voies privées qui se rejoignennt derrière les façades des immeubles des numéros 23ter et 25 de la rue Jean Dolent. Ici, le site est verdoyant et nous apparaît un peu comme étant hors du temps.

Rappelons que Rodenbach mourut en 1898 à quarante trois ans et Verheren à soixante et un ans en 1916.

N.D.L.R Documentation extraite de la Revue Historique N° 44 de la S.H.A du 14e.

10 août 2011

Certains artistes préféraient vivre dans le 14e...

Notre arrondissemtent a toujours été privilégié pour devenir la ruche où des artistes, après avoir vécu des "vaches maigres", sont devenus célèbres par la suite. Les  rues suivantes ont vu déambuler pendant la période de l'entre-deux guerres, des noms  connus universellement.  Ainsi :

Maïakovski Vladimir : 29, rue Campagne Première ( Hôtel Istria).

Man Ray :29 rue Campagne Première.

Masson André : rue Campagne Première.

Matisse Henri : 132 bd. Montparnasse et 37 bis Villa d'Alésia.

Joan Miro : 39, rue Delambre ( hôtel Apollinaire).

Modigliani Amédeo : 216 bd Raspail, 3 rue Campagne premirère et 16, rue du Saint Gothard.

Piet Mondrian : 5, et 26 rue du Départ, rue de Coulmiers, 278 bd Raspail.

Edxard Munch :32, rue de la Santé.

Ozanfant  Amédée :  53, avenue Reille, 16,  rue Campagne Premirèe et 16 rue Boissonnade

Piacasso Pablo :5bis rue Victor Schoelcher, 242Bd Raspail ( cité Nicolas Poussin).

Picabia Francis : 29, rue Campagne première ( hôtel Istria).

Rousseau ( dit le Douanier) :36 rue Gassendi, 2bis rue Perrel, 3, rue Vercingétorix, 44, avenue du Maine, impasse du Rouet et 44, rue Daguerre.

Soutine Chaïm :25, avenue du Général lecler, 35 avenue du président Coty, 26-28 Bd Edgar Quinet, 26, rue des Plantes, rue de l'Aude, 18 villa Seurat, 8 rue du Saint Gothard.

Nicolas de Staël :7, rue Gauguet.

Tal Coat  Pierre :7, rue Brézin.

Tanguy Yves : 54, rue du Château, rue du Moulin Vert.

Utrillo Maurice :42 rue des Plantes et 1, rue Cabanis.

Vlaminck Maurice de : 26 rue du Départ.

Zao-Wouki :51  bis rue du Moulin Vert et 19 bis rue Jonquoy.

On pourrait compléter  cette liste par des noms d'artistes moins connus, mais nous pouvons affirmer que notre quartorzième est  une plaine fertile où fleurisent et continuent de fleurir  un grand nombre d'artistes sans doute inspirés par le bon air qui souffle sur les Trois Monts : Montparnasse, Montsouris et Monrouge. Allez savoir ...

20 juillet 2011

Effets de miroirs 3D...Jardin Atlantique...

effets de miroirs dans le jardin Atlantique photo Marie Belin.JPG

Effets de miroirs 3D...Jardin Atlantique...sur la passerelle...Lundi 18 juillet 2011

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09 juillet 2011

L'impasse du rouet

 Au sein du quartier du Petit-Montrouge, si près de la place Victor et Hélène Basch, place bruyante et toujours « bouchonnée » par d’inextricables marées d’automobiles, cette minuscule impasse a le charme discret d’un lieu qui se veut  invisible, vu son étroitesse et la modestie de sa longueur. Est-ce une ruelle, un passage ? Nous hésitons à lui donner un rôle défini. Il s'agit à première vue, d'une voie destinée aux piétons, ou tout le moins réservée à quelques rares véhicules légers.

paris 14e,rouet

On peut alors imaginer qu’autrefois – il y a très longtemps – une jeune fille, fileuse de son état, était astreinte à rester des heures durant, devant un rouet, qu’aujourd’hui  nous avons effacé de nos mémoires. Elle s’évertuait à façonner un fil tiré d’une pelote de laine brute. Y avait-il des moutons dans les environs ? Nul ne le sait . Seul le passé  lointain pourrait nous éclairer à ce sujet. Mais la petite histoire qui rejoint la légende voudrait que le rouet en question soit en fait l’image d’une corderie qui avait fonctionné au fond de ce passage ; cette corderie fabriquait cordes,  cordages et autres  fournitures destinés aux attelages de chevaux, qui roulaient sur la route d’Orléans.  Ceux-ci s’arrêtaient à « l’auberge du Puits rouge », auberge située à l’endroit exact où des immeubles contemporains s’élèvent à l’angle de l’avenue Jean Moulin et de l’avenue du général Leclerc. Jusque dans les années 1950, le bâtiment de l’auberge existait encore. Il avait été investi par une banque : le Comptoir National d’Escompte de Paris, devenue par la suite la BNP, après fusion avec la BNCI…

 Nous sommes bien loin de la fileuse au « rouet » et d’une bucolique image où bergers et bergères sillonnaient les lieux en chantant et jouant de la flûte de Pan !

Alors, lorsque vous passerez devant l’impasse, n’oubliez pas cette fileuse inconnue, petite main à jamais oubliée et dont le souvenir s’égrène le long du temps, pourvoyeur infatigable de la nostalgie et des rêves effacés…  R.R

06 juillet 2011

La Bouffarde

Ce sympathique café-brasserie est situé à l’angle de la rue Friant et du boulevard Brune, à deux pas de la Porte d’Orléans.

Bouffarde.JPG

On est intrigué de suite par cette appellation : « la Bouffarde » . D’où vient ce nom ? Ce qui pourrait n'être qu’une anecdote rejoint le grand chemin de l’Histoire. Ainsi …

Cela se passe à la bataille de Friedland le 14 juin 1807. Les Français ont en face d’eux l’armée russe commandée par le général Benningsen. L’armée de Napoléon est commandée par le général Lannes. Au cantonnement de l’armée française, un sans-grade nommé Bouffard fume sa pipe en attendant  l’assaut.  Il est au « repos » , comme ses camarades. Soudain, un déluge de feu s’abat sur la compagnie. Les Russes attaquent de toutes parts. Les boulets de canon font leur travail, et Bouffard tombe, les deux bras arrachés… On le transporte à l’arrière, il est pris en charge par des chirurgiens qui tentent de faire l’impossible… le miracle réussit à peu près, et l’on constate que sa pipe est toujours là, encore fumante et serrée entre les doigts de son bras gauche ! L’anecdote fait le tour de l’armée et d’une simple pipe allumée par le soldat Bouffard, cela donnera une « bouffarde ».

Vous qui fumez peut-être la pipe, pensez à ce brave soldat qui donna un mot nouveau à la langue française, alors qu’il n’en demandait pas tant, surtout lorsqu’on reçoit sans les désirer, des boulets de canon à vous faire perdre la tête ( de pipe) !            R.R

02 juin 2011

Visites de la villa Brune, samedi 11 juin, et du quartier Montsouris, dimanche 12 juin

Les visites organisées par " Secrets de Paris" se poursuivent :

La villa Brune, samedi 11 juin 2011 à 15h

La villa Brune est une charmante cité d'artistes méconnue, cachée à Plaisance entre la verdoyante Petite Ceinture et les boulevards des maréchaux. Alexandre Calder, Henri Laurens, Raymond Savignac y oeuvrèrent, ainsi que 150 autres artistes du 19e au 20e siècles.
A 15h.Rendez-vous à l'angle des rues Giordano Bruno et des Plantes (75014).
Tarif : 10 euros. Réservation par courriel.
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Renseignements : http://secretsdeparis.blogspirit.com/

Visite du quartier Montsouris, dimanche 12 juin à 15h.
Evocation des principaux peintres et sculpteurs ayant œuvré dans le quartier.   Rendez-vous à l'angle des rues d'Alésia et de la Tombe-Issoire (75014), devant la fontaine Wallace à 15h (Durée de la visite : environ 2h.)
Tarif : 10 euros- Réservation par courriel

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24 mai 2011

La petite place

Il y a sur l’un des côtés de la rue, quelques commerces : le «  Kebab Alésia », la «  Boucherie du square », « l’agence du chalet »,  la brasserie « le Rallye », une droguerie, et juste en face, la façade d’un restaurant fermé : le « Trois XIV »… Une banque contourne l’angle de la place, juste en face.

Nous sommes ici au carrefour formé par la rue Sarrette, les rues d’Alésia et de la Tombe Issoire. Au milieu, une fontaine Wallace murmure ; son jet d’eau mince et tranquille offre une source de fraîcheur au plus près du trafic intense des véhicules tout proches. Il y a aussi deux bancs, quelques tilleuls et, dominant l’ensemble par son allure altière, un ginkgo biloba qui, à l’automne distribuera  ses écus d’or avec la complicité du vent.

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Nous sommes au centre d’une place, certes petite mais accueillante, laissant à l’esprit l’image de celle lointaine saisie au cœur même d’un village ; elle est noyée, presque effacée par les façades hautaines des immeubles haussmaniens proches,  immeubles sévères qui négligent de porter un regard bienveillant sur les pavés alentour, ceux-là qui captent sous la pluie, le miroir gris du ciel parisien.

Cette place porte un nom : « Place des droits de l’enfant ». Une plaque bleue le rappelle. Les « droits de l’enfant » ? L’appellation peut paraître étrange en ce lieu, mais peut orienter notre interrogation.. Quelle est la personne qui de nos jours ignorerait les droits élémentaires dus à l’enfant, personne fragile s’il en est, dépendante de ses parents, et par extension de la société toute entière ?

Un enfant, c’est la jeune pousse d’un chêne, le futur grand arbre en devenir, qui se mêlera à la majesté de la forêt, la forêt des hommes qui de tout temps sur la planète se sont réunis pour faire surgir des groupes, des nations, des civilisations…

La « Place des droits de l’enfant » est un symbole unique. Elle est petite, quasi invisible face au creuset de l’immense mégalopole, mais elle porte un message fort : celui incarné par le respect du à l’autre, l'innocence et la pureté à préserver. Toute vie à ses débuts, nous invite à nous ouvrir sans réserve, à ce sentiment d’appartenir à une grande famille : celle universelle, portée par l’amour envers notre prochain.   R.R

20 mai 2011

Visites organisées par l'association Secrets de Paris dans les pas de Picasso à Montparnasse samedi 21 mai et le quartier Montsouris le dimanche 22 mai

paris 14,lavoixdu14e.info,secrets de paris,picasso,montparnasse,montsourisSamedi 21 mai 2011 à 15h : Dans les pas de  Picasso à Montparnasse  nous revivrons le cubisme, mais également ses amitiés et ses amours, du boulevard Montparnasse à la rue Campagne Première.
Rendez-vous à l'angle du boulevard Montparnasse et de l'avenue de l'Observatoire (RER Port-Royal), au pied de la statue du Maréchal Ney (75006), à 15h.

paris 14,lavoixdu14e.info,secrets de paris,picasso,montparnasse,montsourisDimanche 22 mai 2011  à 15h :Visite du quartier Montsouris :
Evocation des principaux peintres et sculpteurs ayant œuvré dans le quartier.
Rendez-vous à l'angle des rues Sarrette, Alésia et Tombe-Issoire (75014, M° Alésia) devant la fontaine Wallace, à 15h.( durée environ 1h45)
Tarif : 10 euros. Réservations par courriel

14 mai 2011

Dimanche 15 mai 10h45 : Le sculpteur Alberto Giacometti à Plaisance et à Montparnasse, visite organisée par l'association Secrets de Paris.

Giacometti.jpgNous irons à la découverte des lieux que le sculpteur Alberto Giacometti a hantés et qui le hantaient ; de son atelier caché dans une petite rue de Plaisance, à ses adresses fétiches, en passant par les ateliers de ses amis.
Rendez-vous à l'angle des rues Didot et d'Alésia (M° Plaisance), devant le lycée du 132, rue d'Alésia (75014), à 10h45.

Réservation par courriel, Tarif : 10 euros, Renseignements: http://secretsdeparis.blogspirit.com/i-les-prochaines-vis...

07 mai 2011

Une rue, un poète

Le promeneur, amoureux de découvrir l’originalité des rues de son quartier, est parfois contraint de constater que celles-ci n’offrent aucun intérêt apparent, aucun relief qui puisse nourrir  sa soif de curiosité.

Nulle façade ne semble porter la marque d’une originalité architecturale quelconque. On dirait que les architectes se sont donné le mot afin que leurs œuvres soient le plus possible passe-partout, la banalité tenant lieu de laisser-passer universel. A première vue, il ne se passe rien ici. Une sorte de fatigue, accompagnée de mollesse et d’abandon s’échappe par les fenêtres. L’œil est invité à ne pas s’attarder sur cet ennui qui perce à travers les façades, et qui inonde les trottoirs de la poussière grise des heures perdues. L’esprit souffre alors d’une sorte de raréfaction de l’air, d’une absence d’atmosphère où la beauté absente ne serait réservée qu’aux avenues prestigieuses des beaux quartiers, ceux qui ignorent avec condescendance les quartiers populaires.

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Alors, la mélancolie est ici maîtresse des lieux, la tristesse l’accompagne de sa petite musique trop lointaine pour être reconnue. Les dissonances de ton attendent le promeneur à chaque porche d’immeuble. On est stoppé net sur le seuil de l’allégresse, de la fantaisie, du simple bonheur d’être.

Il en va ainsi de la rue Paul Fort, ou plutôt de l’ancienne rue de Montsouris, qui rappelait autrefois que les environs marqués de quelques moulins, étaient habitués aux sarabandes de nombreuses et actives souris.

Si Paul Fort, en tant que poète est évoqué ici, c’est qu’il fut bien présent dans le XIVe, puisqu’il habita au 18, de la rue Boissonnade en 1898, ainsi qu’au 6, de la rue Sophie Germain en 1902. On sait que ce poète fut prolifique et même un peu trop, compte tenue de l’aisance et de l’abondance de ses textes. Poète léger sans doute, un peu facile, diront certains, quant à la formulation de sa prosodie, il n’en reste pas moins qu’il se rattache à deux aînés importants : François Villon et Paul Verlaine. Il avait d’ailleurs l’habitude d’affirmer : « il faut être de toutes les écoles avec conviction… il ne faut être d’aucune »… Il affirmait encore : «  qu’il fallait se laisser aller aux charmes du beau hasard »… Sur son lit de mort, il laissera tomber cette formule pleine de charme et d’humour : «  Je suis au tombeau. Le rossignol chante »… En 1912, un critique, Michel Décaudin affirmait : « il est la commune mesure de la poésie contemporaine »…  Apollinaire et André Salmon apprécieront sa fantaisie. Alfred Jarry, Léon-Paul Fargue, Pierre Louys et Francis Jammes seront ses amis.

Ainsi, peut-on vraiment prétendre qu’il ne se passe jamais rien rue Paul Fort ? En vérité, l’ombre silencieuse du poète circule incognito sur les façades, caresse les corniches, glisse  sur les croisées des fenêtres, grimpe jusqu’aux combles, éclairant le ciel de la poussière des mots répandus.. «  par dessus les toits ». Alors, la vie redevient joyeuse car «  le poète a toujours raison » … Le poète et  ses poèmes, c’est un peu comme vont les nuages, toujours en voyage, toujours à la recherche d’une indicible utopie à vivre, qui pénètre nos rêves, ouvre les portes des jardins secrets de l’âme. Tous deux éclairent les chemins de nos existences, lorsque la nuit se fait trop dense, et que l’espérance tarde à venir… A ce titre, la rue Paul Fort, modeste dans sa configuration, apporte-t-elle à notre sensibilité une musique, dont la douce mélodie est teintée d’une mélancolie dense, retenue, musique au charme secret, que le promeneur patient ne cessera de découvrir.   R.R

Lire aussi l'article que La Voix a consacré à Paul Fort lui-même et à sa rue, il y a deux ans.

30 avril 2011

Dimanche 1er mai à 15h : Plaisance secret

gauguin,plaisance,paris 14,paris 14e,lavoixdu14e.info,lavoixdu14e,gaitéVisite du quartier Plaisance, habité notamment par Gauguin, Cézanne et le Douanier Rousseau et évocation de l'histoire du château du Maine.
A 15h.Rendez-vous à la sortie du métro Gaité (côté des numéros pairs de l'avenue du Maine, devant le centre commercial Gaité).
Durée : environ 1 h 30. Tarif : 10 euros.
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Réservation par courriel
http://secretsdeparis.blogspirit.com/i-les-prochaines-vis...

29 avril 2011

le petit train du manège, au parc Montsouris

Une petite baraque, des rires, des pleurs d’enfant, des parents affairés à placer leurs bambins sur la locomotive ou sur les wagons qui lui sont accrochés. Bientôt, le convoi s’ébranle dans le bruit lointain d’un « teuf-teuf » d’autrefois, au temps où les « Pacific 231 » n’avaient pas été avalées par le crocodile TGV ! Le petit train circule, minuscule chemin de fer sur un circuit en boucle. Le paysage y est redondant à chaque tour . On entre par un tunnel, pour en ressortir dans la seconde suivante. On imagine les grands plaines traversée, la Beauce, le Far West américain, les montagnes aussi, le Mont Blanc ; celui-ci est franchi si vite que déjà se profilent Venise, Constantinople, à moins que l’on soit dans le tunnel sous la Manche ! Les enfants sont aux anges. Il font leur premier grand voyage, sans les parents ! A nous la liberté ! Emotion, évasion, premiers pas sur les prairies de l’émancipation, celles de l’imaginaire, celles où l’on rêve d’aventure, intense sensation de tous les possibles. Le transsibérien est bien là, les steppes glacées, la toundra… A deux pas de là, glisse sur de vrais rails le R.E.R., celui qui va de Roissy à Saint Rémy, serpent urbain, avide d’engloutir chaque jour des milliers  de moutons consentants…

Le petit train du manège n’avale pas les bambins rieurs et conquis, il les emmène bien au-delà, vers le soleil, les plages. Dans le ciel, il y a des mouettes toutes blanches qui sont si vivantes, qu’à l‘arrivée en gare, un enfant, les yeux encore grand ouverts sur l’horizon infini des images entrevues, dira à sa maman : «  Maman,  je suis allé à la mer » !        R.R

21 avril 2011

Une tapisserie descendue du ciel

L’immeuble a trois étages, il est plutôt modeste et légèrement  en retrait de la rue. Autrefois, des jardins devaient l’envelopper et de grands arbres le caresser de leurs branches protectrices. On dirait qu’un léger parfum venu de la campagne, glisse encore sur les pierres, en traversant la grille d’entrée. Dans l’air, flottent les effluves lointaines d’une nostalgie tenace, indéfinissable. Le siècle passé a oublié d’emporter avec lui les poussières grises du temps. Ici, un royaume d’ombres et de lumière, joue en ce début d’après-midi, sa partition « mezzo vocce », tandis que sur les murs se diffusent des stries colorées que le tamis d’un vitrail invisible et pourtant présent, se charge de répandre alentour.

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Nous sommes rue du Moulin vert. Cette partie garde le charme un peu désuet d’une rue de village, fait de discrétion paisible, de sérénité, d’une sorte de timidité que l’enfant ressent à l’orée des mystères de la vie.

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17 avril 2011

le petit jardin

Au cœur de la ville, au cœur des pierres froides du silence, dans le sillage pulvérulent de la poussière, posée à l’image d’un écrin délaissant ses limites, là où buissons et tonnelles, lilas et glycines dessinent leurs étreintes affectueuses, le promeneur soudain étonné de la lenteur d’une lumière dorée, se pénètre du plaisir d’un temps figé, à la lisière d’un ciel festonné de cheveux d’ange. Il s’arrête, surpris d’être au centre d’une aquarelle dont le peintre aurait laissé glisser son pinceau sur un parterre d ‘étoiles colorées, lentement balancées par la palme tiède de l’air d’une matinée d’avril, attachée à rappeler les effluves parfumées d’une journée de juin.

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14 avril 2011

Le tabac des catacombes

Sans doute, l’avenue du Général Leclerc est-elle peu propice à l’exercice du grand art que devrait être tout flânerie, tant est oppressant cette agitation exsudant de toute part : piétons stressés, voitures hoquetantes, motos-fumigènes, etc…

L’enfer est à porté de nos yeux, de nos oreilles et de nos esprits assiégés ! Nous titubons presque lorsque, glissant notre regard – et sans y prêter attention - notre esprit est surpris par l’inscription portée au-dessus de la vitrine d’une boutique où se présente une annonce bien curieuse : « Le tabac des Catacombes » ! Qu’est-ce donc ? Doit-on comprendre que le tabac proposé ici est issu de souterrains mystérieux et tout proches, où l’empire de la nuit règne sans partage sur un paysage fait de zombis et d’ombres spectrales ? Devons-nous écouter la mélancolique mélopée  chantée par un visiteur malchanceux de ces lieux et, qui égaré à tout jamais, continue d’espérer de revoir la lumière, en fumant une pipe débonnaire et consolatrice ? Ainsi, le  tabac consommé accompagnerait-il  les propres cendres de l’étourdi flâneur cataphile, qui au fil des kilomètres parcourus en souterrain, aurait semé les petits cailloux de la distraction, ou ceux plus mystiques,  d’une éternité bien mal engagée ?

Mais ne soyons pas trop assujettis à nos hypothèses, gardons les pieds sur la terre, à défaut de laisser leurs traces en dessous… Nous sommes bien avenue du Général Leclerc, à Paris, dans le 14e, et si l’envie nous prend, nous pouvons pousser la porte de cette boutique pour nous y approvisionner de cigares et autre calumets, tirer sur une Gauloise, s’amouracher d’une Gitane, sucer le culot d’une bouffarde, ou s’envoler sur des nuages de tabac, en craquant une allumette. Cela nous mettra sur les routes de Cuba, du Brésil ou de la Virginie ! A cet instant précis, il ne sera plus question de Catacombes, mais de savoir apprivoiser, sans qu’elle nous tue, l’herbe à Nicot !   R.R

02 avril 2011

Visite guidée organisée par l'association Secrets de Paris : Montparnasse et la bohème le 3 avril à 15h

Dimanche 3 avril 2011 à 15h: Montparnasse et la bohème

bohème,montparnasse,thomas dufresne,paris 14,lavoixdu14eBalade dans le Montparnasse artistique, ses cafés, ses ateliers, ses anecdotes.
Rendez-vous au carrefour Vavin, devant La Coupole (102, bd Montparnasse, 75014, M° Vavin), à 15h.
Tarif : 10 euros.

Thomas Dufresne, depuis plus de 25 ans, donne des conférences, écrit des articles et des livres sur l'histoire de Paris et sur l'histoire de l'art. Il est membre de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement.
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Réservation par courriel

Renseignements :http://secretsdeparis.blogspirit.com/

23 mars 2011

Ah ! quelle vacherie...

Non, il ne  s‘agit pas d’une expression destinée à expulser une contrariété due à un quelconque ennui domestique : robot électrique ayant rendu l’âme, fuite à la machine à laver, etc…, mais seulement du sens propre attribué à l’un de ces bâtiments destiné à abriter un élevage de vaches… Et Paris en fut pourvu, bien pourvu jusqu’en 1950 !

Après l’annexion des nouveaux territoires des communes de banlieue en janvier 1860, les fermes de ville, les fermes de nourrisseurs, les «vacheries » y furent très nombreuses. Précisons que bien avant la Révolution française, le lait était à la base du petit déjeuner d’alors. De plus en plus de vaches étaient donc entretenues à l’intérieur du mur des Fermiers Généraux, certains habitants ayant leur propre « laiterie » installée dans leurs jardins et remises. Ainsi, les terrains où se trouve l’actuelle Emile Dubois et les immeubles du « Méridien » étaient à cette époque un vaste enclos à bestiaux.

paris 14e,lavoixdu14e,ferme de montsourisEn 1855, 2300 vaches occupaient 150 vacheries. La population parisienne augmentant toujours plus ( 1 174 000 habitants en 1856 – 1 696 000 en 1861), la décennie 1870 – 1880 vit de 20 à 30 vacheries supplémentaires s’installer sur Paris. On en compta 305 en 1879, 476 en 1888, 502 en 1892…

Paris était devenu au fil des ans une immense ferme : 7000 vaches y séjournaient , produisant 1000 000 litres de lait… Chaque vacherie comportait en moyenne 14 bêtes. Et en ce qui concerne notre 14e ardt, notons que la ferme de Montsouris encore visible de nos jours, comportait au 26, de la rue de la Tombe Issoire, une porte charretière, sa hauteur permettait de rentre les foins !

Mais le déclin  de cette activité progressa rapidement. En 1910, les vacheries parisiennes ne sont plus que 141, 30 en 1920, 3 en 1950 et encore 150 en banlieue proche ( au-delà du périph). Le Paris « rural » avait vécu. Seul vestige de cette époque révolue, la Ferme de Montsouris, déjà citée, et située au-dessus de la carrière de Fort-Mahon est un témoignage de cette époque. Son activité s’est éteinte définitivement en 1940. L’abbé Keller était propriétaire de la parcelle sur laquelle elle se situe, mais la convoitise des promoteurs immobiliers a bien failli faire disparaître le site qui, en 1994 a été classé et préservé. La dernière vacherie survivra-t-elle, et pour combien de temps ? 

N.D.L.R. Documentation extraite du Bulletin N° 188 de la S.H.A. du 14 , mars-avril 2011.

S.H.A. du 14e : http://sha14.asso.fr

18 février 2011

Les rues de nos quartiers : la rue des Plantes

rue des plantes.jpgLa rue des Plantes est une des plus vieilles rues de notre arrondissement. (Cliquez sur la photo pour agrandir) Elle était déjà présente sur une carte datant de la fin du 17e siècle, sous le nom de Chemin de Paris à la Croix du Gord ou chemin des Plantes.  A la fin du 18e siècle, notre voie se nomme Chemin vert allant à la Croix du Gord et à Montrouge. De ce vert lieu-dit, nous avons conservé la rue du Moulin vert. Précisons que la Croix du Gord était un calvaire situé au carrefour actuel de la rue des Plantes et de l’avenue du Maine. Le terme de Gord désigne un petit étang mais aussi une pêcherie, un piège à poissons…

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L'asile Bon Secours, créé par l'abbé Carton, sur le site de l'actuel Hopital Bon Secours

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08 février 2011

Les rues de nos quartiers

Le noms de nos rues rappellent souvent le passage ou les souvenirs s’attachant à des personnages importants ou plus modestes et qui ont marqué leur époque. Il en est de même de certains « lieux-dits » qui rappellent la passé campagnard de nos quartiers, issus pour ce qui concerne le XIVe arrondissement, de faubourgs situés au-delà  du mur des Fermiers Généraux.  Ainsi :

-Le Passage Dareau. Il a moins de cent mètres de long et est entièrement situé dans la zone des anciennes carrières de la Tombe-Issoire. Il existe depuis le début du XVIIIe siècle et porta jusqu’en 1877, le nom champêtre de passage des jardins. En raison du voisinage de la rue dédiée au premier maire Alexandre Dareau, depuis 1858, ce passage fait la jonction de cette rue avec celle de la Tombe-Issoire.

La célèbre brasserie Dumesnil ( successeur de la plus que centenaire «  Brasserie du Marché aux Chevaux ») avait ses installations à l’angle du passage Dareau et de la rue de la Tombe-Issoire. Ses caves occupaient une portion importante des anciennes carrières. Une sorte de structure en bois de charpente, appartenant à la brasserie, subsista jusque vers les années 70 à la surface du terrain envahi par les herbes folles.

Place de l’Abbé Jean Lebeuf : A la jonction des rues du Château, de l’Ouest et Guilleminot, cette place est proche de l’église Notre-Dame du Travail. Son appellation  n’a aucun rapport avec ce lieu de culte. En effet, ce prêtre né en 1687, décédé en 1760 était un chanoine d’Auxerre ; il consacra  plusieurs années de sa vie à une monumentale « Histoire de la Ville et du Diocèse de Paris ». Histoire dont 15 volumes  parurent en 1754. C’est là une œuvre d’une grande érudition, sa conception étant très proche de la science historique contemporaine. Cet abbé fut membre de l’Académie des Inscriptions dès 1740.

Rue Léopold Robert : Cette petite rue de moins de 100 mètres révèle la présence lointaine d’un modeste chemin de servitude au voisinage du boulevard Montparnasse. Ce chemin était extérieur aux limites du territoire de l’octroi avant le mur des Fermiers généraux et fut intégré à celui-ci en 1787. Jusqu’en 1892, cette rue porta le nom d’un poète polonais : Adam Miickiewicz ( 1798-1855), puis ensuite on lui attribua le nom du peintre Léopold Robert (1794 – 1835). Cet artiste est rattaché à l’école française, spécialiste des paysages champêtres. Les prodromes de la fameuse Alliance franco-russe (1894) n’ont pas été étrangers à ce changement d’appellation. Le n° 10 de cette rue porte une plaque commémorative en mémoire de Marguerite Audoux ( 1863 – 1937), lauréate du prix Fémina en 1910, pour son roman « Marie-Claire ». Ancienne enfant de l’Assistance Publique, domestique de ferme, elle était devenue couturière à Montparnasse. Ayant rencontré des écrivains d’avant-garde, elle entreprit d’écrire un récit de son existence grise et pauvre. De 1908 à 1937, elle vécut en ces lieux. Rappelons qu’un hebdomadaire féminin reprit pour titre le prénom de son personnage littéraire.

N.D.L.R  Documentation extraite du N°   43 de la S.H.A. du 14e.

30 janvier 2011

Les rues de nos quartiers

La rue du Saint-Gothard  .

rue_st_gothard_2.jpgC’est en 1877, que cette rue prit le nom  de « Saint-Gothard », en l’honneur du passage des Alpes par Napoléon à la tête de l’armée française. A l’origine, cette rue était un chemin : le Chemin des Prêtres – nom mentionné dès l’année 1730, - et dont le tracé complet se voit sur le plan officiel des Postes en 1861, entre la rue Dareau et l’actuel boulevard Jourdan. La création de l’avenue et du parc Montsouris sous le Second Empire, a entraîné la suppression de la majeure partie de cette voie au-delà de la rue d’Alésia. A l’origine, c’était une chemin de campagne : la courbe de la rue en atteste l’origine. Mais quels étaient ces « prêtres ». Le mystère reste entier, car on ne trouve pas dans le voisinage immédiat d’établissements religieux, autre que celui de la Commanderie de Saint-Jean de Latran, sise dans le petit quartier  « Hallé-Commandeur ». Il se serait agi sans doute d’un chemin de promenade. Il est à remarquer que le tracé de la ligne du R.E.R. tout proche ( ex ligne de Sceaux) suit la courbe sinueuse de cette voie… La rue a été longtemps le siège de la célèbre maison d’édition Arthème Fayayrd, qui remontait à 1857.

La rue des Suisses .

ruedessuisses.jpgC’est une voie dans le quartier de Plaisance. Elle faisait partie d’un très long sentier des Suisses, allant rejoindre au nord, par la barrière du Maine, la caserne du Régiment des Gardes Suisses au temps de l’Ancien Régime. Au sud, ce sentier descendait à travers les vastes terrains occupés par les hôpitaux Saint-Joseph et Broussais. Il se poursuivait au-delà des fortifications de Thiers, puis traversant le territoire du village de Vanves, aboutissait à Bagneux, où subsiste la rue des Suisses, dans le prolongement du pont qui surplombe les voies ferrées du dépôt de Montrouge-Châtillon. A Bagneux, une compagnie de ces Gardes Suisses ( corps dont la fidélité à la monarchie française fut indéfectible) était en garnison et logée chez l’habitant. Il faut noter qu’une autre compagnie était stationnée à Montrouge, où sa présence est attestée de 1689 à 1764. Le cimetière de ces mercenaires était à Châtillon-sous-Bagneux. ruedessuissesherzogde meuron.jpgNotons qu’à la hauteur du n° 185 de la rue Vercingétorix, un passage des Grisons (canton suisse  fournissant ces gardes), ainsi qu’un passage des Suisses, ouvrant au n° 29 du boulevard Brune ont longtemps confirmé ce cheminement helvétique sur notre territoire. Ces deux voies ont disparu aujourd’hui.

N.D.L.R. Documentation extraite de la Revue n°42 de la S.H.A. du 14e. Cliquez sur les photos pour les agrandir. La dernière photo montre l'immeugle construit il y a quelques années, par les architectes suisses Herzog et de Meuron, construction qui n'a pas laissé le voisinage indifférend!

23 janvier 2011

Les rues de nos quartiers: rue de la Briqueterie et Allée Gaston Bachelard

jeanBortoli,rue briqueterie-Brune.jpgLa rue de la Briqueterie est bien modeste. Elle mesure à peine 90 mètres et est située à l’extrême sud-ouest de notre arrondissement, tout proche de la Porte de Vanves. Son nom est issu d’un lieu-dit . A cet endroit, en effet, une fabrique de briques existait au 19ème siècle, sans doute attirée par la proximité du faubourg de Plaisance tout proche et en phase d’urbanisation intensive.  Cette rue débouche d’un côté sur le boulevard Brune par un escalier constitué par quatre marches , afin de réajuster le dénivellement observé. A l’autre extrémité, elle rejoint la rue Raymond Losserand, en passant par le square Alain Fournier. rue dela briquetterie.JPGPrécisons que l’auteur du « Grand Meaulnes » a vécu  sur le territoire de notre arrondissement, rue Cassini, un lieu diamétralement opposé, puisque situé tout près de l’Observatoire de Paris.

Illustrations: L'immeuble, réalisé par Jean Bortoli, en 1955-58, donnant, en façade, sur le boulevard Brune et sur la rue de la briqueterie, et l'entrée de la rue, coté boulevard Brune, où l'on voit la dénivellation des quatre marches.Cliquez pour agrandir

l’Allée Gaston Bachelard est une voie privée qui s’ouvre à la hauteur du n° 101 du boulevard Brune pour ressortir au n° 95 de celui-ci après avoir suivi un  trajet correspondant à la lettre « pi » majuscule ! Entre les deux jambages verticaux de celle-ci a été aménagé un square à l’usage des enfants  des fonctionnaires de la Poste.alléeGastonBachelard.JPG La voie a une autre issue à partir de sa voie horizontale du fond : après avoir franchi une voûte, on retrouve un passage débouchant à l’emplacement du n° 85 du boulevard. En 1935, le nom du philosophe a été donné à cette allée. Avant sa carrière philosophique, Gaston Bachelard a été agent des P.T.T. Rappelons qu’il fut membre de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques) et que son enseignement porta sur la philosophie des sciences et la psychanalyse générale.

N.D.L.R. Documentation extraite du numéro 42 de la S.H.A. du 14e.

04 janvier 2011

Neige à Montparnasse: d'autres photos

La place de Catalogne la nuit sous la neige photo Marie Belin.JPG

Marie Belin a ajouté des photos de neige à Montparnasse à son album. Voir l'album

21 décembre 2010

Neige à Montparnasse

10  Dans le jardin Atlantique photo Marie Belin décembre 2010.JPG

Marie Belin, qui collabore à La Voix depuis nombre d’années, nous propose un bel album, sur les récentes chutes de neige à Montparnasse, avec la complicité de la gent féline à robe noire, habituée de nos albums !

Images qui nous rappellent que la neige à Paris, n’est pas que source d’embouteillages.

Voir l'album

18 décembre 2010

Un lion d'enfer

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Sur la grand-place, un beau lion somnole,

 Posé sur son vaste socle de pierre.

Patient, il écoute les bruits de la ville

Et rêve au pays dont il serait l’empereur .

 

Depuis quand loge-t-il en ce lieu ?

S’est-il enfui d’un cirque disparu ?

A-t-il dévoré l’homme qui le domptait ?

Porté sur le pavois, il trône comme un roi.

 

Mais au fond sa tristesse est profonde.

Immobile face à tous les moutons,

Piétons, autos, vélos, tous indifférents,

Il voit passer le monde, et le monde l’ignore.

 

Solitaire à jamais, ce grand lion

Ami des petits-enfants, des poètes,

Parcourt les savanes de l’imaginaire .

On peut l’entendre dire : suis le Lion de Belfort

Et j’habite à Denfert.

 

RR