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14 octobre 2006

Un jardin fou

La rue de Coulmiers est une rue du XIV° qui entretient sur la partie surplombant la tranchée du chemin de fer de ceinture, la nostalgie d'une nature livrée à elle-même. Celle-ci s'apparente, sur plus de deux cent mètres à un jardin protégé de toute intervention humaine, ce qui est un avantage, car ici, les herbes folles, les plantes sauvages, les arbres mêmes ne reçoivent ni engrais, ni pesticides et cela donne des résultas pour le moins surprenants.

Tenez ! il y a un poirier qui donne de vrais poires, la vigne y pousse et donne des grappes de vrai raisin.

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Au centre, le poirier, difficile à reconnaitre!

(vue du pont de la rue Friant)

Rien ne dit qu'elles puissent  fournir du bon vin ! mais enfin… Il y a aussi de la clématite, et du lilas… La vigne vierge y est présente et toutes sortes de graminées y prolifèrent. Je ne parle pas des acacias et des cerisiers. Bref, ce jardin "naturel" est l'Eden retrouvé en plein Paris, à deux pas du Périph… L'habitant qui surplombe de sa fenêtre ce jardin "fou" doit se dire devant cette magnificence bucolique : "Belle nature, tu as encore du chemin à faire pour reconquérir tout Paris".

Utopie ? Mais qui sait si dans dix mille ans, le jardin "fou" de la rue de Coulmiers, n'aura pas submergé les tours de  Notre-Dame et monter jusqu'à Montmartre, simplement par défi, ou peut-être pour retrouver et ressusciter les graines aujourd'hui enfouies parmi les interstices des pierres de nos immeubles, de nos tours et de nos monuments et qui n'attendent que le signal codé qui leur donnera l'heure de leur libération définitive ? Alors, attention, ouvrons l'œil et cultivons notre jardin !                                                                                                       R. Rillot  

20 septembre 2006

Un pseudo peut cacher n'importe qui !

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 Avez-vous remarqué cette photo sur certains panneaux publicitaires de notre quartier ? Une affiche restée malheureusement trop peu de temps sur nos murs !

En lisant le journal j’ai glané quelques précisions.
Il s’agit d’une campagne publicitaire lancée par Valérie Wertheimer, de nationalité suisse. A travers son association, « Action innocence » elle s’efforce de préserver les enfants des dangers d’Internet. Elle n’a de cesse d’attirer l’attention sur la multiplication des sites pédophiles et pornographiques auxquels sont confrontés les enfants.

Pour cette mère de deux grands enfants, le choc se produit en 1994, lors d’un voyage en Thaïlande, où elle note le rôle influent de la Toile dans la pédophilie infantile. Elle vient d’obtenir le trophée « Whirlpool femme de cœur 2006 »
fr Bernard M. 

13 juillet 2006

Un "titi" de Paris

  On s'interroge parfois sur l'origine des noms de rues,  portés sur les plaques identifiant celles-ci. Ainsi, à l'intersection des rues Hallé et Ducouëdic, la place Michel Audiard, d'ailleurs très modeste par sa superficie, retient l'attention. 

Elle nous évoque l'histoire de ce "tonton flingueur" que fut Michel Audiard. Celui-ci était  né dans le 14ème au 2, rue Brézin, le 15 mai 1920. Il a vécu longtemps dans nos quartiers, puisqu'on le retrouve habitant chez un oncle au 27bis de l'avenue du Parc Montsouris ( Av. Coty de nos jours). 

Quand on sait qu'il obtint un C.A.P.  de soudeur à l'autogène, on peut se demander par quel hasard, il put approcher le milieu du journalisme  et plus tard celui du cinéma en tant que dialoguiste en 1949. Sa rencontre avec Jean Gabin en 1955 fut déterminante, ainsi que celle avec J.P. Belmondo.

  Pour se fixer un des aspects du personnage que fut ce "titi", le plus parisien de tous, on se rappellera quelques répliques savoureuse qui font flores parmi tant d'autres, ainsi : " Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche" - "Il vaut mieux aller la tête basse que les pieds devant" - "Une minute d'écart, ça peut se transformer en une année de placard". La liste de ces aphorismes n'est pas exhaustive, chacun pouvant aller à la pêche et en ramener  une merveilleuse "friture" de formules savoureuses.  

09 juin 2006

Par nos rues et nos avenues

Les noms d'hommes ou de femmes ( hélas plus rares) que portent les plaques indicatrices , affichées à l'angle de nos rues, doivent attirer l'attention du promeneur et lui permettre de ressourcer sa mémoire ou de combler son ignorance à propos de personnages plus ou moins célèbres, mais toujours intéressants à découvrir. Ainsi, de Georges Lafenestre, dont le patronyme est attaché à l'avenue du même nom, débutant au carrefour formé par le croisement de la rue Didot et du Bd. Brune.

Qui était ce personnage ?  L'oubli et l'indifférence ont fait leur oeuvre pour fermer l'horizon à l'intérêt qui pourrait lui être porté, car il s'agit là d'un poète dont l'œuvre est aujourd'hui passée à la trappe. Et pourtant… Poète ?  Ouis, il le fut, fréquentant un mouvement qui eut son importance dans la littérature française du XIX° siècle : " Le Parnasse", né en 1864, et dont les membres ( le chef de file en fut Leconte de Lisle), s'efforçaient d'exprimer leurs sentiments et leurs pensées par des oeuvres poétiques où le verbe, soutenu par une langue qui se devait par sa forme d'une précision impeccable , cultiver le goût de la perfection par une prosodie dominée, et le souci exigeant d'une beauté souveraine.

Georges Lafenestre fut encore membre de l'Institut, professeur au Collège de France, Conservateur du musée de Chantilly. Il fut l'ami de François Coppée, également académicien et poète, ainsi que d'André Theuriet, écrivain, dont l'œuvre est également bien oubliée. Menant une longue carrière artistique, il fut à l'origine d'études et de critiques concernant l'histoire de l'art. Ainsi, il affirmait :" En fait d'art, les plus belles phrases ne valent pas la plus simple vue des choses. Tout ce que nous pouvons faire, nous, pauvres écrivains, admirateurs des grands artistes, c'est d'apprendre à les aimer, c'est d'enseigner à les voir".

Lafenestre resta attaché à tous ceux des poètes qui demeuraient fidèles à la tradition nationale : goût de la composition expressive, sentiment naturel, amour de la pensée nette, de l'expression claire, du langage simple et vivant. Sa parenté avec Sully-Prudhomme, Alphonse Daudet, François Coppée, Théophile Gautier le rapproche d'un "grand" que fut ce cher Lafontaine ! Une référence… Voici brièvement parcouru la vie de ce poète qui vécut de 1837 à 1919, celle-ci se passant en grande partie à Bourg-la-Reine. Ainsi, notre 14e, déjà bien pourvu en artistes et en écrivains, nous rappelle que la poésie peut enchanter nos avenues, même si celle qui nous concerne, naît sur "Maréchaux" pour finir au sud de l'arrondissement sur l'enfer du Périphérique !  les                                   

R.R -NDLR – Documentation extraite d'une étude parue dans un numéro de la SHA du 14°.  

03 mars 2006

Dimanche d'hiver

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Soleil d'hiver sur une place du 14ème

A.C.

18 février 2006

Qui était Paul Bert ?


Qui était Paul Bert ?

Il y a comme cela des noms de rues ou de bâtiments qui nous interrogent. Illustres d'antan, ils ont perdu leur lustre et n'évoquent plus pour la plupart d'entre nous que le lieu qui porte leur nom.

Un exemple avec Paul Bert. Nous connaissons tous le lycée du même nom situé 7, rue Huyghens dans le XIVe arrondissement (métro Vavin). Mais qui est Paul Bert ?

Paul Bert est un physiologiste et homme politique français, né à Auxerre en 1833 et décédé à Tonkin le 11 novembre 1886.
Professeur de physiologie à la Sorbonne, membre de l'Académie des sciences, député républicain, ministre de l'Instruction publique et des Cultes du gouvernement Gambetta, résident général au Tonkin et en Annam, Paul Bert a été l'un des premiers artisans - avec Jules Ferry - de l'école gratuite, laïque et obligatoire. Partisan affirmé de la laïcité, il a lutté, au nom de la liberté de conscience, pour la suppression de l'enseignement religieux et l'introduction de l'instruction civique et morale. Il est donc l'un des pères fondateurs de notre système scolaire...

Du reste, à lire les citations qu'il nous a laissé, on a peu de doute sur la foi - bien laïque - qui l'animait : « Voici que la Science est venue donner un but à l'humanité» « L’école, c’est notre Eglise laïque à nous. ». « Avec la science, il n’y aura plus de superstitions ni de croyances aux miracles, plus de coups d’Etat et de révolutions. » « Si nous croyons entendre quelque chose, ce ne sera que l’écho de notre pensée. »« Libérer l’Ecole, c’est achever la plus belle des conquêtes de la Révolution française. »...

...Homme de science et politique, anticlérical libre-penseur, républicain et patriote convaincu, la pensée de Paul Bert demeure d'une étonnante actualité à l'heure où la nécessité (ou non) d'actualiser la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat fait débat, occupe les colonnes de nos journaux et l'esprit de nombre de nos intellectuels ou politiques. Qui a dit que l'Histoire est un perpétuel recommencement ?

Pierre

19 décembre 2005

La découverte de la vitesse de la lumière à l'Observatoire de Paris

Le Roi Soleil ne pouvait pas faire moins : à l'Observatoire que le Roi vient de créer, à la fin du 17ème siècle, l'astronome danois Ole Römer démontre magistralement l'existence de la vitesse de propagation de la lumière.

Dès l'invention de la lunette astronomique par Galilée en 1609, le ciel s'était révélé d'une richesse insoupçonnée. Les notions que l´on avait sur l'univers sont bouleversées, et tout engage à perfectionner l'instrumentation. De plus, l'indispensable complément des mesures astronomiques, la connaissance précise de l'heure a été rendue possible par l'invention du pendule régulateur par Huygens en 1657.

Des membres de la communauté scientifique élaborent le projet d'une Compagnie des sciences et des arts, et le physicien et astronome Auzout expose dans une dédicace au Roi le pressant besoin de l'établissement d'un observatoire astronomique. Le Roi crée l'Académie royale des sciences et l'Observatoire royal. Le terrain est acheté et le 21 juin 1667, jour du solstice d'été. Les mathématiciens tracent sur le terrain le méridien et les autres axes nécessaires à l'implantation exacte de l'édifice; dont le plan médian définira désormais le méridien de Paris.

L'Observatoire de Paris est construit de 1667 à 1672 par Claude Perrault, médecin et architecte, dans l'axe de la perspective du Palais du Luxembourg, perspective toujours visible à travers les jardins du Sénat et l'avenue de l'Observatoire. Il est le frère de Charles Perrault, célèbre pour ses contes et homme de confiance de Colbert.

Et c'est là que le jeune astronome danois vient travailler, attiré par cet observatoire, le premier au monde. Avec beaucoup de clairvoyance, en observant les éclipses de Jupiter, il démontre que la lumière a une vitesse et la mesure avec une précision étonnante pour l'époque. Il reste peu connu et pourtant cette découverte remarquable est fondamentale pour la physique moderne, dans la célèbre relation d'Einstein E=MC2

Plus tard, il rentre à Copenhague et poursuit ses travaux, qui disparaissent malheureusement dans le grand incendie de la ville.

A. Constans

Visite de l'Observatoire.

Chaque premier samedi du mois sauf Août, à 14h 30, à condition de s'être inscrit par courrier uniquement (Unité de communication, visites, 61 av. de l'Observatoire 75014.).
Joindre un enveloppe timbrée. Il faut un certain délai, en raison du nombre de demandes.
On visite aussi les sites de Meudon, nombreux télescopes, et Nançay, spécialisé en radioastronomie. Visite également pendant les Journées Portes Ouvertes et du Patrimoine. On peut effectuer des observations sur les instruments de l'Observatoire pendant les Nuits des Planètes.

Prix 4,5 euros, réduit 2 euros

A.C.

15 juin 2005

Graffiti dans la cité *

Lorsque les murs dessinent des rivières arc-en-ciel, que le ruisseau retient les pleurs d'un enfant, la rue affiche son cœur courant d'air et le ciel chante en solo la romance de la pluie.

A cœur-volant, un peuple d'ombres écrit des histoires, et le livre ouvert du vent raconte le poème imaginaire de la ville.

Alors, les pavés brûlent dans la jungle des cris, et les larmes sèchent sur le fil du désamour.

Alors, la rue respire comme un chant de bleuets. Chaque gosse porte à sa bouche ensoleillée le sang rouge d'une rose émerveillée.

La rue devient une forêt d'aquarelles, où mille étoiles rassemblent les épis du jour, où mille soleils enflamment les carrefours, tandis que mille regards s'envolent, papillons incandescents dans l'incendie mourant du soir.

R.Rillot

* il s'agit d'une vue prise rue des Thermopyles

Les Atlantes


Le passant distrait qui ne lève jamais la tête, ne pense pas un seul instant à la position inconfortable des deux Atlantes du 20bis de la rue d'Alésia. Ceux-là ne bronchent, ne faiblissent ni ne murmurent. Seuls, les habitants des étages leurs sont reconnaissants, car sans eux, ils ne retrouveraient peut-être pas leur logis. Mais écoutons les confidences de ces mystérieux Atlantes.

"Nos épaules sont lasses, nos muscles meurtris, nos vertèbres écrasées, nos os brisés et nos cervelles asphyxiées. Nous sommes des esclaves. Parfois, il nous vient à l'esprit de tout laisser tomber… mais que diraient les propriétaires ? Alors nous continuons silencieux à contenir notre souffrance au cœur de la pierre. Passants, n'entendez-vous pas nos cris? Soyez compatissants, faites-nous un petit sourire en passant."

Ce que je fis immédiatement, et ils m'en remercièrent par un clin d'œil !

R. Rillot

Le temps des cerises


Elle a fleuri ici, la boutique aux cerises, loin des prairies, loin du poussiéreux boulevard. Et l'on voit dans la rue, le moineau fort bavard raconter une histoire, légère sous la brise. Peut-être que naquit dans le Lutèce ancien, sous le bosquet plaisant, la cerise mutine qui, jalouse du sourire de sa voisine, s'en vint jusqu'à Plaisance y déposer le sien. Mais aujourd'hui, hélas, les cerises sont cuites... et la boutique a les yeux clos. Alors, passant, rêve à des clafoutis dont l'arôme puissant charme notre palais et le tien, Sybarite !

Cette boutique située 4, rue de Plaisance est le siège d'une petite maison d'édition. R.Rillot