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11 juin 2008

Le passage Joanès

4cf88a5b714bc6bb5f694b891810a08f.jpgUn corridor ? Une sorte de sas ? Entre la rue Didot et la rue Joanès, ce passage presque invisible pour l'oeil distrait, s’est trouvé blotti entre deux murs aveugles. C’est un couloir si étroit qu’aucun trottoir n’a pu être prévu. Seul, végète ici un petit immeuble isolé et en retrait, une sorte d’île en pleine mer, une île de silence. En ce lieu, aucune rumeur ne passe et ne parvient à faire éclore le moindre soupçon de vie. Il n’y a rien à voir. On passe et cela suffit. De chaque côté, des murs aveugles, des murs-remparts qui n’offrent que leur ombre à tout regard. Et l’ombre protège l’étranger qui chercherait à sonder les flancs muets de cette quasi forteresse. On souhaiterait que des arbalètrières s’ouvrent sur le ciel, que la lumière traverse l’espace clos de ce boyau, que le rire d’un enfant s’échappe et fleurisse les quelques mousses humides que le pavé luisant déchiffre.

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Mais non, le vide, la vacuité, le non-être s’arrangent pour tenir en haleine le passant jeté dans le désarroi d’une attente insupportable et l’ événement qui ne surgira jamais.  Soudain, une sorte d’angoisse rampante surgit dans l’air, dans la reptation lente d’une quelconque limace. Le promeneur obtiendrait-il un sursis pour surseoir à sa déception vaine ?

Le passage Joanès intrigue par l’incongruité de sa présence en ce point particulier de Paris. Trait d’union ou de rupture ? La rue Didot, flamboyante par ses lumières et pimpante de ses commerces, se refuse à combler le fossé qu’a creusé l’intrus au sein d’un quartier animé et populaire. Deux univers parallèles, deux continents en vis-à-vis. Un océan invisible les sépare. L’union est impossible, le divorce est permanent.

Alors, toi le passant somnambule qui empruntera le passage Joanès, fais attention que le filet de l’imaginaire ne t’étouffe, au milieu du gué, là, où la raison est sans domicile fixe, là où le hasard fantastique parle à voix basse dans la nuit de tes songes, une nuit où le regard blafard d’une lune livide et muette, cisèle la passementerie de quelques rêves insolites...

Toi le flâneur, amoureux des impasses et des cours secrètes, des jardins dérobés, des énigmes du faubourg, des portes cochère que verrouillent les mystères de la ville, ne traverse pas le passage Joanès, qu’en évoquant la protection de la Providence, afin que les issues ne se referment sur tes épaules. Rappelle-toi qu’il y a des lieux  éloignés de toute lumière, où le soleil n’a jamais réussi à placer son empire.

R.R

22 mai 2008

Vu du pont

Le parapet du pont, avenue Jean Moulin est tout entier festonné de mousses et de lichens ; dentelles que le vent et le soleil ont déposé là, au bord du vide, afin que les yeux du passant fixent l’écriture révélant les premiers souffles de la vie. Ce pont surplombe la voie du chemin de fer de Petite Ceinture. De là, en regardant vers l’est, et longeant la rue de Coulmiers, la profonde tranchée en contrebas attire quelques plantes téméraires qui s’accrochent en amateurs d’escalade. La voie ferrée, dans sa plus grande configuration, se présente sous un piteux état. Les traverses délitées malmenées par les assauts de la pluie et du temps, sont devenues peu à peu les vertèbres dénudées d’un animal antédiluvien. Surgit alors, de façon spontanée, l’image d’un squelette, témoin insolite offrant ses blessures en sacrifice, au regard d’un soleil  indifférent,  qui dans la nudité et l’apparence d’une dépouille abandonnée, reste le témoin silencieux du passé, au cœur de la chair vivante de la ville.

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De l’autre côté du pont, on entend le chant aigu d’un oiseau invisible. Il est là, caché parmi l’effondrement de branches cassées qui pourrissent dans le labyrinthe chaotique d’herbes et d’arbrisseaux enchevêtrés. Instant insolite. L’oiseau partage son empire avec le brouhaha incessant que font les voitures glissant plus haut sur la chaussée.

Je me penche par dessus le parapet. J’aperçois la voie du chemin de fer. Les rails, se souviennent-ils encore du dernier chuintement d’essieux que des wagons tintinnabulants faisaient ? La rouille a posé d’un doigt protecteur son ultime vernis sur l’acier inerte, figé dans une pose hiératique. Voit-elle, la nuit, s’engouffrer dans la chambre humide du prochain tunnel, le fantôme d’un train sans voyageurs ? Et que dire des ultimes volutes de fumée des locomotives ? Ne déposent-elles pas encore leurs escarbilles sur les quelques fils téléphoniques, abandonnés çà et là, dans le fossé tout proche ?

Vers l’ouest, et longeant la rue Auguste Caïn, on voit le long du talus, des arbres foudroyés qui achèvent d’expirer, tandis que le lierre monte à l’assaut des robiniers qui suffoquent dans la crispation d’une mortelle étreinte.

Tiens ! un chat… Il attend, il surveille, peut-être l’oiseau qui chantait tout à l’heure. Voilà un autre chat. Ils se tiennent à distance. Ensemble, ils jouent le rôle de sentinelle auprès d’une citadelle abandonnée et tiennent sans doute le registre de leurs chasses nocturnes : souris, mulots, oiseaux. Dans leur langage de chats, comparent-ils l’importance de leurs proies à l’aune de leur appétit ?

Vu du pont de l’avenue, le chemin de fer de Petite Ceinture est une sorte de cimetière au destin incertain, dont les âmes errantes courraient après le dernier train fantôme, celui qui passe aux stations sans s’arrêter, un train qui poursuivrait son voyage éternel, vers un terminus silencieux et invisible, celui du temps…

J’achève ici mon voyage, en prenant garde de ne pas laisser mes bagages sur le quai. Quelque voyageur égaré dans le futur pourrait en disposer et profiter de ma présence invisible pour se souvenir que dans un passé lointain, je suivais la voie d’un chemin de fer, devenu aujourd’hui parfaitement imaginaire.    

R. Rillot

07 mai 2008

Rémy Dumoncel, héros de la Résistance

c444717ba5d318b1b513ed4c3d41781c.gifUne rue de notre arrondissement porte son nom. Mais qui était-il ?  Il fut maire d’Avon de 1935 à 1945. Durant la première Guerre mondiale il fut blessé cinq fois et fait prisonnier. Son courage et son héroïsme lui valurent plusieurs citations. Après la guerre, il rejoint les éditions Taillandier, puis épouse en 1919 la fille Taillandier. En 1928, il dirige la publication « Cinémagazine », puis s’installe à Avon dont il devient le maire en 1935.  En 1940, devant l’invasion allemande, il refuse de démissionner de son poste de maire.  Les autorités allemandes s’en méfient. Rémy Dumoncel, de son poste privilégié accueille les prisonniers évadés et les fait passer en zone dite « libre ». A la Préfecture de Melun, il organise un service clandestin de cartes d’identité qui lui permet de sauver de nombreux juifs qu’il héberge lui-même dans sa propriété de Dordogne. En janvier 1940, les Allemands lui demandent de désigner vingt otages. Il se désigne lui-même, ainsi que son secrétaire et deux ecclésiastiques dont le père Bunel, directeur du collège Saint-Thomas d’Avon, ce dernier fut emmené par la Gestapo pour avoir caché des enfants juifs, événement dont Louis Malle a tiré un film : «  Au revoir les enfants ».  Le 4 mai 1944, la Gestapo le recherche  et procède à plusieurs arrestations à la mairie de Melun. Il est arrêté et incarcéré à Fontainebleau.  Transféré à Compiègne puis emmené au camp de Neuengamme, il y meurt d’épuisement le 15 mars 1945, bien peu de temps avant la victoire sur l’Allemagne nazie.  

- N.D.L.R.  Informations extraites du numéro N° 48 de la revue de la S.H.A.  du 14e.

13 avril 2008

Une sculpture géante sur le carrefour d'Alésia

Notre mairie, bien que tout nouvellement élue, nous gratifie déjà d’une sculpture géante sur le carrefour d’Alésia.

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Accrochée au clocher de Saint Pierre, cette nouvelle œuvre magistrale de plus de 60 mètres de haut, dominera le triste carrefour d’Alésia pendant 18 mois au moins. Mais, par souci de bonne gestion, on en profitera pour réaliser quelques réparations sur ce clocher, qui en avait bien besoin (changements de pierre, réfection de toitures, étanchéité des claustras, etc…).

Et quand, dans 18 mois, on démontera cette sculpture, nous retrouverons notre clocher remis à neuf.

Autre marque de grande générosité de nos édiles, il sera doté d’un éclairage incorporé, qui resplendira dans toutes les avenues environnantes. Rappelons tout de même, qu’en matière de générosité, c’est nos impôts qui règlent la note.

A.C.

16 février 2008

Transparence et propreté !

Avez-vous remarqué, lors de vos allers et venues dans nos quartiers, que nos cabines téléphoniques sont les parentes pauvres des services de nettoyage : tags divers, canettes de bière, cadavres divers en carton ou métalliques, reliefs moisis de nourriture, sans compter moult déjections sans identité particulière, mais cependant nauséabondes ?

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Je sais, vous me direz qu'à l'époque bénie du téléphone mobile, les cabines téléphoniques de France Télécom sont devenues des êtres obsolètes, des monstres antédiluviens, ou peut-être des monuments en voie d'extinction, des chefs-d'oeuvre en péril,  non référencés à la liste supplémentaire des monuments historiques... Mais cela ne  justiifie pas leur abandon programmé à la déshérence, à la ruine certaine, car si l'on n'y prend garde,  ces petits abris où l'on pouvait s'abriter lors d'orages violents ou de chutes de neige abondantes, ne seront bientôt plus qu'un souvenir, souvenirs d'un Moyen Age Téléphonique, où  parfois les amoureux trouvaient refuge pour échanger des conversations que l'épaisseur d'une vitre protégeait de l'indiscrétion...

Messieurs les édiles, soyez moins discrets quant à la maintenance en bonne santé "sanitaire" de ces petites édicules dont le rôle sera toujours d'être les confidents attentifs de bavards impénitents mais toujours passionnés !

R.Rillot 

 

28 septembre 2007

Jeux de lumière à Montparnasse

Le ciel de Paris réserve de belles surprises : le lever de soleil éclaire le ciel d’une lumière rougeoyante, les immeubles sont encore dans l’ombre.

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Le soir, le coucher de soleil se reflète sur le Méridien et le transforme en flèche lumineuse qui se découpe sur les nuages menaçants.

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 Ces magnifiques photos nous ont été envoyées par Marie Belin.

M.G.

16 juillet 2007

Soleil et nuages à Montparnasse

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Le temps gris et orageux de la première quinzaine de juillet a eu cet avantage d’offrir des effets de lumière saisissants et des « ciels» magnifiques,. Voici deux photos du quartier Montparnasse que nous a envoyées Marie Belin.

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14 avril 2007

Un certain silence

Lundi de Pâques…Le parc Montsouris, ce matin-là, frissonne dans la lumière du ciel. Celle-ci saupoudre d'une fine poussière de soleil, chaque buisson, chaque massif de fleurs offerts à ses caresses. Notre regard devient tout à coup plus attentif, plus lent à décrypter les arcanes secrets du printemps.

Du faîte des platanes et des marronniers au feuillage encore hésitant, pleuvent mille éclats chatoyants de lumière qui s'épanouissent dans l'ombre des viornes, des buis, des sureaux, buissons inondant de leurs ondes successives les plages désertes des allées et des sentiers du parc.

Le silence est alors maître des lieux. Il règne soudain un ordre surnaturel, divin oserait-on dire. Oui, divin, car l'harmonie du monde devient ici sensible pour le promeneur, lui-même devenu attentif et silencieux devant le spectacle toujours renouvelé du premier instant de la Création.

Le témoin que nous sommes, soucieux de ne pas gêner par sa présence, l'impensable alchimie que la Nature offre à sa méditation, ne peut que contenir son émotion, de peur de détruire l'instant ineffable où il réalise que la communion sensible avec la symphonie pastorale de ce jardin, rejoint la présence intime d'une autre communion plus essentielle, celle  que lui suggère le regard porté sur   l'Univers.
                                                                                                                                                                                                               R.R       

14 novembre 2006

Lumière d'automne

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Matin de novembre dans une rue du 14e

14 octobre 2006

Un jardin fou

La rue de Coulmiers est une rue du XIV° qui entretient sur la partie surplombant la tranchée du chemin de fer de ceinture, la nostalgie d'une nature livrée à elle-même. Celle-ci s'apparente, sur plus de deux cent mètres à un jardin protégé de toute intervention humaine, ce qui est un avantage, car ici, les herbes folles, les plantes sauvages, les arbres mêmes ne reçoivent ni engrais, ni pesticides et cela donne des résultas pour le moins surprenants.

Tenez ! il y a un poirier qui donne de vrais poires, la vigne y pousse et donne des grappes de vrai raisin.

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Au centre, le poirier, difficile à reconnaitre!

(vue du pont de la rue Friant)

Rien ne dit qu'elles puissent  fournir du bon vin ! mais enfin… Il y a aussi de la clématite, et du lilas… La vigne vierge y est présente et toutes sortes de graminées y prolifèrent. Je ne parle pas des acacias et des cerisiers. Bref, ce jardin "naturel" est l'Eden retrouvé en plein Paris, à deux pas du Périph… L'habitant qui surplombe de sa fenêtre ce jardin "fou" doit se dire devant cette magnificence bucolique : "Belle nature, tu as encore du chemin à faire pour reconquérir tout Paris".

Utopie ? Mais qui sait si dans dix mille ans, le jardin "fou" de la rue de Coulmiers, n'aura pas submergé les tours de  Notre-Dame et monter jusqu'à Montmartre, simplement par défi, ou peut-être pour retrouver et ressusciter les graines aujourd'hui enfouies parmi les interstices des pierres de nos immeubles, de nos tours et de nos monuments et qui n'attendent que le signal codé qui leur donnera l'heure de leur libération définitive ? Alors, attention, ouvrons l'œil et cultivons notre jardin !                                                                                                       R. Rillot  

20 septembre 2006

Un pseudo peut cacher n'importe qui !

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 Avez-vous remarqué cette photo sur certains panneaux publicitaires de notre quartier ? Une affiche restée malheureusement trop peu de temps sur nos murs !

En lisant le journal j’ai glané quelques précisions.
Il s’agit d’une campagne publicitaire lancée par Valérie Wertheimer, de nationalité suisse. A travers son association, « Action innocence » elle s’efforce de préserver les enfants des dangers d’Internet. Elle n’a de cesse d’attirer l’attention sur la multiplication des sites pédophiles et pornographiques auxquels sont confrontés les enfants.

Pour cette mère de deux grands enfants, le choc se produit en 1994, lors d’un voyage en Thaïlande, où elle note le rôle influent de la Toile dans la pédophilie infantile. Elle vient d’obtenir le trophée « Whirlpool femme de cœur 2006 »
fr Bernard M. 

13 juillet 2006

Un "titi" de Paris

  On s'interroge parfois sur l'origine des noms de rues,  portés sur les plaques identifiant celles-ci. Ainsi, à l'intersection des rues Hallé et Ducouëdic, la place Michel Audiard, d'ailleurs très modeste par sa superficie, retient l'attention. 

Elle nous évoque l'histoire de ce "tonton flingueur" que fut Michel Audiard. Celui-ci était  né dans le 14ème au 2, rue Brézin, le 15 mai 1920. Il a vécu longtemps dans nos quartiers, puisqu'on le retrouve habitant chez un oncle au 27bis de l'avenue du Parc Montsouris ( Av. Coty de nos jours). 

Quand on sait qu'il obtint un C.A.P.  de soudeur à l'autogène, on peut se demander par quel hasard, il put approcher le milieu du journalisme  et plus tard celui du cinéma en tant que dialoguiste en 1949. Sa rencontre avec Jean Gabin en 1955 fut déterminante, ainsi que celle avec J.P. Belmondo.

  Pour se fixer un des aspects du personnage que fut ce "titi", le plus parisien de tous, on se rappellera quelques répliques savoureuse qui font flores parmi tant d'autres, ainsi : " Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche" - "Il vaut mieux aller la tête basse que les pieds devant" - "Une minute d'écart, ça peut se transformer en une année de placard". La liste de ces aphorismes n'est pas exhaustive, chacun pouvant aller à la pêche et en ramener  une merveilleuse "friture" de formules savoureuses.  

09 juin 2006

Par nos rues et nos avenues

Les noms d'hommes ou de femmes ( hélas plus rares) que portent les plaques indicatrices , affichées à l'angle de nos rues, doivent attirer l'attention du promeneur et lui permettre de ressourcer sa mémoire ou de combler son ignorance à propos de personnages plus ou moins célèbres, mais toujours intéressants à découvrir. Ainsi, de Georges Lafenestre, dont le patronyme est attaché à l'avenue du même nom, débutant au carrefour formé par le croisement de la rue Didot et du Bd. Brune.

Qui était ce personnage ?  L'oubli et l'indifférence ont fait leur oeuvre pour fermer l'horizon à l'intérêt qui pourrait lui être porté, car il s'agit là d'un poète dont l'œuvre est aujourd'hui passée à la trappe. Et pourtant… Poète ?  Ouis, il le fut, fréquentant un mouvement qui eut son importance dans la littérature française du XIX° siècle : " Le Parnasse", né en 1864, et dont les membres ( le chef de file en fut Leconte de Lisle), s'efforçaient d'exprimer leurs sentiments et leurs pensées par des oeuvres poétiques où le verbe, soutenu par une langue qui se devait par sa forme d'une précision impeccable , cultiver le goût de la perfection par une prosodie dominée, et le souci exigeant d'une beauté souveraine.

Georges Lafenestre fut encore membre de l'Institut, professeur au Collège de France, Conservateur du musée de Chantilly. Il fut l'ami de François Coppée, également académicien et poète, ainsi que d'André Theuriet, écrivain, dont l'œuvre est également bien oubliée. Menant une longue carrière artistique, il fut à l'origine d'études et de critiques concernant l'histoire de l'art. Ainsi, il affirmait :" En fait d'art, les plus belles phrases ne valent pas la plus simple vue des choses. Tout ce que nous pouvons faire, nous, pauvres écrivains, admirateurs des grands artistes, c'est d'apprendre à les aimer, c'est d'enseigner à les voir".

Lafenestre resta attaché à tous ceux des poètes qui demeuraient fidèles à la tradition nationale : goût de la composition expressive, sentiment naturel, amour de la pensée nette, de l'expression claire, du langage simple et vivant. Sa parenté avec Sully-Prudhomme, Alphonse Daudet, François Coppée, Théophile Gautier le rapproche d'un "grand" que fut ce cher Lafontaine ! Une référence… Voici brièvement parcouru la vie de ce poète qui vécut de 1837 à 1919, celle-ci se passant en grande partie à Bourg-la-Reine. Ainsi, notre 14e, déjà bien pourvu en artistes et en écrivains, nous rappelle que la poésie peut enchanter nos avenues, même si celle qui nous concerne, naît sur "Maréchaux" pour finir au sud de l'arrondissement sur l'enfer du Périphérique !  les                                   

R.R -NDLR – Documentation extraite d'une étude parue dans un numéro de la SHA du 14°.  

03 mars 2006

Dimanche d'hiver

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Soleil d'hiver sur une place du 14ème

A.C.

18 février 2006

Qui était Paul Bert ?


Qui était Paul Bert ?

Il y a comme cela des noms de rues ou de bâtiments qui nous interrogent. Illustres d'antan, ils ont perdu leur lustre et n'évoquent plus pour la plupart d'entre nous que le lieu qui porte leur nom.

Un exemple avec Paul Bert. Nous connaissons tous le lycée du même nom situé 7, rue Huyghens dans le XIVe arrondissement (métro Vavin). Mais qui est Paul Bert ?

Paul Bert est un physiologiste et homme politique français, né à Auxerre en 1833 et décédé à Tonkin le 11 novembre 1886.
Professeur de physiologie à la Sorbonne, membre de l'Académie des sciences, député républicain, ministre de l'Instruction publique et des Cultes du gouvernement Gambetta, résident général au Tonkin et en Annam, Paul Bert a été l'un des premiers artisans - avec Jules Ferry - de l'école gratuite, laïque et obligatoire. Partisan affirmé de la laïcité, il a lutté, au nom de la liberté de conscience, pour la suppression de l'enseignement religieux et l'introduction de l'instruction civique et morale. Il est donc l'un des pères fondateurs de notre système scolaire...

Du reste, à lire les citations qu'il nous a laissé, on a peu de doute sur la foi - bien laïque - qui l'animait : « Voici que la Science est venue donner un but à l'humanité» « L’école, c’est notre Eglise laïque à nous. ». « Avec la science, il n’y aura plus de superstitions ni de croyances aux miracles, plus de coups d’Etat et de révolutions. » « Si nous croyons entendre quelque chose, ce ne sera que l’écho de notre pensée. »« Libérer l’Ecole, c’est achever la plus belle des conquêtes de la Révolution française. »...

...Homme de science et politique, anticlérical libre-penseur, républicain et patriote convaincu, la pensée de Paul Bert demeure d'une étonnante actualité à l'heure où la nécessité (ou non) d'actualiser la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat fait débat, occupe les colonnes de nos journaux et l'esprit de nombre de nos intellectuels ou politiques. Qui a dit que l'Histoire est un perpétuel recommencement ?

Pierre

19 décembre 2005

La découverte de la vitesse de la lumière à l'Observatoire de Paris

Le Roi Soleil ne pouvait pas faire moins : à l'Observatoire que le Roi vient de créer, à la fin du 17ème siècle, l'astronome danois Ole Römer démontre magistralement l'existence de la vitesse de propagation de la lumière.

Dès l'invention de la lunette astronomique par Galilée en 1609, le ciel s'était révélé d'une richesse insoupçonnée. Les notions que l´on avait sur l'univers sont bouleversées, et tout engage à perfectionner l'instrumentation. De plus, l'indispensable complément des mesures astronomiques, la connaissance précise de l'heure a été rendue possible par l'invention du pendule régulateur par Huygens en 1657.

Des membres de la communauté scientifique élaborent le projet d'une Compagnie des sciences et des arts, et le physicien et astronome Auzout expose dans une dédicace au Roi le pressant besoin de l'établissement d'un observatoire astronomique. Le Roi crée l'Académie royale des sciences et l'Observatoire royal. Le terrain est acheté et le 21 juin 1667, jour du solstice d'été. Les mathématiciens tracent sur le terrain le méridien et les autres axes nécessaires à l'implantation exacte de l'édifice; dont le plan médian définira désormais le méridien de Paris.

L'Observatoire de Paris est construit de 1667 à 1672 par Claude Perrault, médecin et architecte, dans l'axe de la perspective du Palais du Luxembourg, perspective toujours visible à travers les jardins du Sénat et l'avenue de l'Observatoire. Il est le frère de Charles Perrault, célèbre pour ses contes et homme de confiance de Colbert.

Et c'est là que le jeune astronome danois vient travailler, attiré par cet observatoire, le premier au monde. Avec beaucoup de clairvoyance, en observant les éclipses de Jupiter, il démontre que la lumière a une vitesse et la mesure avec une précision étonnante pour l'époque. Il reste peu connu et pourtant cette découverte remarquable est fondamentale pour la physique moderne, dans la célèbre relation d'Einstein E=MC2

Plus tard, il rentre à Copenhague et poursuit ses travaux, qui disparaissent malheureusement dans le grand incendie de la ville.

A. Constans

Visite de l'Observatoire.

Chaque premier samedi du mois sauf Août, à 14h 30, à condition de s'être inscrit par courrier uniquement (Unité de communication, visites, 61 av. de l'Observatoire 75014.).
Joindre un enveloppe timbrée. Il faut un certain délai, en raison du nombre de demandes.
On visite aussi les sites de Meudon, nombreux télescopes, et Nançay, spécialisé en radioastronomie. Visite également pendant les Journées Portes Ouvertes et du Patrimoine. On peut effectuer des observations sur les instruments de l'Observatoire pendant les Nuits des Planètes.

Prix 4,5 euros, réduit 2 euros

A.C.

15 juin 2005

Graffiti dans la cité *

Lorsque les murs dessinent des rivières arc-en-ciel, que le ruisseau retient les pleurs d'un enfant, la rue affiche son cœur courant d'air et le ciel chante en solo la romance de la pluie.

A cœur-volant, un peuple d'ombres écrit des histoires, et le livre ouvert du vent raconte le poème imaginaire de la ville.

Alors, les pavés brûlent dans la jungle des cris, et les larmes sèchent sur le fil du désamour.

Alors, la rue respire comme un chant de bleuets. Chaque gosse porte à sa bouche ensoleillée le sang rouge d'une rose émerveillée.

La rue devient une forêt d'aquarelles, où mille étoiles rassemblent les épis du jour, où mille soleils enflamment les carrefours, tandis que mille regards s'envolent, papillons incandescents dans l'incendie mourant du soir.

R.Rillot

* il s'agit d'une vue prise rue des Thermopyles

Les Atlantes


Le passant distrait qui ne lève jamais la tête, ne pense pas un seul instant à la position inconfortable des deux Atlantes du 20bis de la rue d'Alésia. Ceux-là ne bronchent, ne faiblissent ni ne murmurent. Seuls, les habitants des étages leurs sont reconnaissants, car sans eux, ils ne retrouveraient peut-être pas leur logis. Mais écoutons les confidences de ces mystérieux Atlantes.

"Nos épaules sont lasses, nos muscles meurtris, nos vertèbres écrasées, nos os brisés et nos cervelles asphyxiées. Nous sommes des esclaves. Parfois, il nous vient à l'esprit de tout laisser tomber… mais que diraient les propriétaires ? Alors nous continuons silencieux à contenir notre souffrance au cœur de la pierre. Passants, n'entendez-vous pas nos cris? Soyez compatissants, faites-nous un petit sourire en passant."

Ce que je fis immédiatement, et ils m'en remercièrent par un clin d'œil !

R. Rillot

Le temps des cerises


Elle a fleuri ici, la boutique aux cerises, loin des prairies, loin du poussiéreux boulevard. Et l'on voit dans la rue, le moineau fort bavard raconter une histoire, légère sous la brise. Peut-être que naquit dans le Lutèce ancien, sous le bosquet plaisant, la cerise mutine qui, jalouse du sourire de sa voisine, s'en vint jusqu'à Plaisance y déposer le sien. Mais aujourd'hui, hélas, les cerises sont cuites... et la boutique a les yeux clos. Alors, passant, rêve à des clafoutis dont l'arôme puissant charme notre palais et le tien, Sybarite !

Cette boutique située 4, rue de Plaisance est le siège d'une petite maison d'édition. R.Rillot