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11 novembre 2011

Vendredi 11 novembre 2011 : 93 ème anniversaire de l'armistice de 1918 qui mit fin à la guerre de 1914-1918

-Armistice train.jpgDans le 14ème la cérémonie de commémoration :

Messe à 10h pour les défunts de toutes les guerres à l' église Saint Pierre de Montrouge.

A 11h 30, les autorités municipales se retrouvent avec tous ceux qui le souhaitent au monument aux morts, place Ferdinand Brunot ( à côté de la mairie du 14ème) 

Le 11 novembre 1918, l'Armistice met fin à la « Grande Guerre » de 1914-1918, à laquelle ont participé 19 pays et qui a fait plus de 18 millions de morts (civils et militaires) et 20 millions de blessés. 
A 11h00, le 11 novembre 1918, sur le front, le clairon sonne le cessez-le-feu. Quelques heures plus tôt, dans la clairière de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, les allemands ont signé l'armistice avec le maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées.

Il aura fallu des années pour inscrire dans la loi l'idée de rendre un hommage aux quelques 1.400.000 soldats français tués entre le 2 août 1914 et le 11 novembre 1918, dont des dizaines de milliers ne furent jamais identifiés. Ce sont les anciens combattants qui vont imposer peu à peu le 11 novembre comme une fête nationale.

Comme chaque année une cérémonie commémorative se déroulera à l'Arc de Triomphe.

Un 11 novembre en hommage à tous les soldats "morts pour la France"Après la disparition des derniers poilus de la Grande Guerre, les cérémonies du 11 novembre marquent vendredi l'hommage aux soldats "morts pour la France" sur tous les fronts, avant l'inauguration par Nicolas Sarkozy du nouveau musée consacré à 1914-1918, à Meaux.

24 octobre 2011

« Dans les pas de Picasso à Montparnasse » mardi 25 et dimanche 30 octobre 15h, visites organisées par Secrets de Paris.

Picasso à Montparnasse.jpg L'association Secrets de Paris propose mardi 25 et dimanche 30 octobre une visite du quartier Montparnasse autour de Picasso. "Pour le 130e anniversaire de sa naissance, dans les pas de Picasso à Montparnasse , nous revivrons le cubisme, mais également ses amitiés et ses amours, du boulevard Montparnasse à la rue Campagne Première."

Rendez-vous à l'angle du boulevard Montparnasse et de l'avenue de l'Observatoire (RER Port-Royal), au pied de la statue du Maréchal Ney (75006), à 15h.
Tarif : 10 euros. Durée de la balade : environ 2h.

http://secretsdeparis.blogspirit.com/i-les-prochaines-visites/

22 octobre 2011

Le Palais du Bardo au Parc Montsouris

bardo,palais du bardo,paris 14e,lavoixdu14e.info,météorologie nationaleJusqu’en 1991, le Parc Montsouris abrita le Palais du Bardo, reproduction à une échelle réduite de la Résidence d’été des Beys de Tunis. Celle-ci figura dans la section tunisienne de l’Exposition Universelle de 1867 organisée au Champs de Mars, comme spécimen du style architectural mauresque.
Une fois l’exposition terminée, la ville de Paris acheta au Baron Jules de Lesseps pour la somme de 150 000 francs or, cette reproduction que des ouvriers tunisiens remontèrent en quatre mois sur la partie la plus élevée du Parc Montsouris, dans la perspective de l’avenue René Coty.

Ce bâtiment qui était destiné à servir de logement au personnel de l’Observatoire bardo,palais du bardo,paris 14e,lavoixdu14e.info,météorologie nationalechargé de l’étude du climat parisien, eut à souffrir du siège puis de la Commune de Paris. Après une restauration en 1872, on en fit un observatoire météorologique que Marié Davie dirigea jusqu’en 1886. En 1876 on y ajouta un service consacré à l’étude des eaux, et à partir de 1893, on y fit des analyses chimiques et bactériologiques de l’air de la capitale. A partir de 1947, les statistiques des données climatiques de la Ville de Paris y furent suivies. En 1974, les services de la Météorologie Nationale furent transférés dans un petit bâtiment moderne construit à l’ouest du Palais.

 Le Palais du Bardo qui était classé au Registre des Monuments Historiques devait être restauré dans les années 80 pour abriter un Musée tunisien, mais il fut détruit par un incendie en mars 1991, ce qui détermina sa disparition définitive peu après cette date.

Cliquer sur les images pour les voir en plus grand

18 octobre 2011

Le maréchal Brune et son boulevard

Les "boulevards des Maréchaux" qui limitent la frontière du Paris "intra muros" actuel, évoquent les guerres du Ier Empire ; celles-ci ont contribué à donner à notre pays, une épopée à la fois prestigieue mais aussi malheureuse, et à plus d'un titre négatives pour la renommée de la France.

De l'Espagne à la lointaine Russie, les armées de Napoléon se sont élancé dans des aventures toujours plus meurtrières, et les maréchaux, la plupart issus de la Révolution, y ont su développer leur talent de stratèges. Ainsi, du maréchla Brune.

Jusqu'en 1919, paris 14e,lavoixdu14e.info,marechal brune,brune,révolution,napoléonil faut rappeler qu'un boulevard militaire (belle photo de Atget, ici Porte d'Orléans, cliquez pour agrandir) ceinturait Paris en suivant les fortifications érigées par Thiers en 1842, et ce sur plus de 37 kilomètres. Leur disparition programmée après la Première Guerre Mondiale, fut à l'origine de la construction sur les terrains libérés de nouveaux quartiers où s'élèveront des logements H.L.M. paris 14e,lavoixdu14e.info,porte d'orléans,marechal brune,brune,révolution,napoléonLes portes d'Orléans et de Vanves verront ainsi  l'édification d'immeubles modernes à partir des années 30. Mais "quid" du maréchal Brune ?

 Guillaume Brune est né le 13 mai 1763 à Brive, d'une famille de juristes. Sa carrière est toute tracée, il sera magistrat. Mais, envoyé à Paris pour suivre des études, il préfère fréquenter les salles de jeux, où il perd énormément d'argent. Il finit par devenir ouvrier typographe. La Révolution le transforme en pamphlétaire : il achète une petite imprimerie, et s'inscrit au Club des Cordeliers où il rencontre Danton et Desmoulins. Heuresement pour lui, il ne s'est pas mêlé aux massacres de Septembre et il rejoint la garde nationale de Seine-et-Oise. Adjudant major en décembre 1791 à l'armée de Belgique, il devient général le 18 août 1793

En 1791, il entre à lparis 14e,lavoixdu14e.info,marechal brune,brune,révolution,napoléona garde nationale de Paris puis au 2ème bataillon de volontaires de Seine et Oise. Le 13-Vendémiaire, il participe à la répression de l’insurrection royaliste, aux côtés de Barras et du général Bonaparte. Il est nommé en Italie et est présent à Rivoli (14 janvier 1797) ; il est promu général de division en 1797, et placé à la tête de l’avant-garde.

Après une brève mission en Suisse, le Directoire le nomme commandant de l’armée de Hollande. Le 19 septembre 1799, Brune vainc les forces russo-anglaises à Bergen. Cette victoire lui vaut d’être nommé commandant en chef de l’Armée de l’Ouest avec mission de pacifier la Vendée. Peu après, les chefs Chouans signent un traité de paix. En août 1800, Brune part remplacer Masséna à la tête de l’Armée d’Italie.

En 1802, Bonaparte, Premier Consul, commence à réunir tous les pouvoirs ; il éloigne ce républicain convaincu en le nommant ambassadeur en Turquie, mais il l’inclut dans la liste des maréchaux de 1804. L’année suivante, Brune, revenu en France, est général en chef de la future Grande armée réunie à Boulogne. En 1806, il est gouverneur des villes hanséatiques.

Lors de la campagne de Prusse en 1807, il s’empare sans coup férir de Straslund. Toutefois, au lieu de louanges, il s’attire les foudres de l’Empereur car dans la convention passée ensuite avec les Suédois, il parle de l’Armée française et non de l’Armée de Sa Majesté Impériale et Royale. Napoléon l’écarte définitivement.

Dès le 1er avril 1814, Brune signifie son accord au gouvernement provisoire. Il se rallie aux Bourbons, qui rechignent pourtant à accepter ses services. Brune les propose alors à Napoléon, quand celui-ci revient de l’île d’Elbe, en 1815. Il est nommé pair de France pendant les Cent-Jours. A la seconde Restauration, il se rend à Paris pour faire à nouveau acte d’allégeance au nouveau pouvoir quand il est reconnu dans les rues d’Avignon par des Royalistes, qui l’attaquent et l’assassinent. Son corps est ensuite jeté dans le fleuve sans autre forme de procès.

  A Sainte-Hélène, dans le Mémorial, Napoléon dira de lui : "C'était un déprédateur intrépide, et j'ai eu tort de ne pas me confier au maréchal Brune en 1815, il connaissait tous les vieux de la Révolution, il m'aurait organisé facilement 25 000 ou 30 000 fédérés qui eussent dominé la défection des chambres."

Et l'appréciation de Napoléon à Sainte-Hélène:
«Je rends justice au maréchal Brune; il a bien fait en Hollande; la bataille d'Alkmaar a sauvé la République d'un grand péril».

13 octobre 2011

Notre- Dame du Rosaire : Conférence du centenaire Le 15 octobre à 15h

Première conférence du centenaire, à 15h, dans la salle Sainte Thérèse : « Paroisse et quartier : cent ans de histoire commune »

194 rue Raymond Losserand

 

09 octobre 2011

En descendant le boulevard (VII ) - ( Fin) -

la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux,lavoixdu14e.info,paul appell,edgar quinet,nicolas poussin,raspail,eluard( Voir la note précédente) Nous continuons notre promenade pour évoquer les multiples aspects du boulevard Raspail à partir du numéro 250, où se situe l’Ecole des Assistantes Sociales et Infirmières visiteuses. (cliquez sur les images pour les agrandir)

Au 240 – 242, voici l’Académie Raspail, située au fond de la Cité Nicolas Poussin. Puis, nous approchons du  boulevard Edgar Quinet. A l’angle se situe le « Café des Arts », la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux,lavoixdu14e.info,paul appell,edgar quinet,nicolas poussin,raspail,eluarddénommé avant la dernière guerre : « Aux Quatre Sergents » (de la Rochelle) ; ceux-ci sont enterrés dans le cimetière tout proche. En face, le café brasserie : « le Raspail Vert » a remplacé celui portant l’enseigne : « Aux Grands Hommes » (il s’agissait d’Edgar Quinet et de Raspail).la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux,lavoixdu14e.info,paul appell,edgar quinet,nicolas poussin,raspail,eluard

Continuons. Au 230, une plaque indique que le poète Pierre Seghers a vécu ici de 1944 à 1987. Il y avait sa maison d’édition, rendue célèbre par la parution en format de poche de nombreux poètes contemporains, sous l’appellation : « Poètes d’aujourd’hui », dont le premier numéro sera consacré à Paul Eluard. Plus de 280 titres paraîtront sous cette appellation. Rappelons ici, quelques étapes de sa vie .Il est né en 1906. Durant la Seconde Guerre, il en entre en résistance avec la revue : «  Poètes Casqués », dont le premier abonné sera Aragon. Plus tard, il ouvrira ses collections au cinéma, aux philosophes et aux savants, aux musiciens, à la chanson  (« Poésie et chanson »). En 40 ans d’édition, il publiera plus de 400 monographies et 2000 poètes du monde entier.

Au 228, le trottoir voit soudain son niveau s’affaisser par quatre marches d’escalier. Cela peut surprendre le flâneur qui rêve un peu… Nous sommes ici sur l’ancien niveau du Mont Parnasse. Au 218, l’immeuble arbore au-dessus de la porte d’entrée le numéro 20, ancien numérotage qui débutait à partir du boulevard Montparnasse.

la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux,lavoixdu14e.info,paul appell,edgar quinet,nicolas poussin,raspail,eluardAu passage, signalons la disparition du cinéma «  Raspail », au 216, qui était très fréquenté dans les années 60 et où étaient présentés de nombreux films d’art et d’essai.

Trois immeubles mitoyens apparaissent au 214. C’est le recteur Paul Appell qui la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux,lavoixdu14e.info,paul appell,edgar quinet,nicolas poussin,raspail,eluardles inaugura en 1924 .Il s’agit de la Maison des Etudiantes. Madame Paul Appell a été présidente de la Société Universitaire des Amis de l’Etudiante. Au 208, le « Café du Gymnase » s’appelait « le Pélican » aux beaux temps des « Montparnos ».

De 1829 à 1877, s’ouvrait au niveau du 206, un vaste terrain consacré au marché aux fourrages, et qui s’étendant dans l’axe de la rue Huyghens, allait jusqu’au boulevard Edgar Quinet. En 1866, le percement du boulevard Saint Marcel dans le 13ème,  fit transférer ici le marché aux bestiaux du boulevard de l’Hôpital. Le 23 septembre 1870, le marché est déplacé à la Villette. En 1875, se tient ici, tous les dimanches, un marché aux chiens. Le 7 juillet 1877, le marché aux fourrages se retrouve à Montrouge, tandis que le marché aux chevaux se dirigera sur les abattoirs de Vaugirard…

Nous pouvons maintenant conclure,  en évoquant un autre aspect de ce secteur, en particulier celui de la rue Huyghens, où la proximité de l’Académie de la Grande Chaumière (rue de la Grande Chaumière), attirait la présence de modèles féminins qui étaient pour la plupart de nationalité italienne. Mais la guerre de 14-18 mit un terme à cette présence, l’ambassade d’Italie ayant exigé leur disparition.

Nous espérons vous avoir intéressé par notre promenade. Il ne tient qu’à vous d’en apprécier le parcours en flânant, promeneur léger mais attentif, inspiré par la nostalgie des ombres du passé et  de celles encore inconnues du futur…

 N.D.L.R..  Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

07 octobre 2011

Chronique d’une mort annoncée à Montsouris

Le hêtre pourpre, plus que centenaire du parc Montsouris (au centre sur la photo) va être abattu. Il existait déjà lors de la création du parc Montsouris sous le Second Empire (La Voix vous a parlé de cette création, cliquez ici) Bien que rien ne le laisse apparaître, les services techniques le considèrent dangereux, car il risque de tomber. En effet, selon les experts, un champignon (Meripilus giganteus)attaque ses racines, et il devient creux à sa base. Cela n’empêche pas la sève de circuler, et il parait en bonne santé.

HetreMontsouris99.jpg

Un périmètre de sécurité a été installé dans un rayon de 25 m, égal à la hauteur du hêtre (au centre sur la photo). Des panneaux pour informer le· public sont mis en place

Il sera remplacé par un érable pourpre de 6 à 7m de hauteur, qui peut s’élever jusqu’à 25 mètres.montsouris,hêtre,érable,lavoixdu14e.info Ce hêtre  (cliquez sur l'image pour agrandir) était répertorié parmi les 60 arbres remarquables de Paris, qui, nous dit-on, (Direction des espaces verts et de l'environnement) sont en bonne santé.

Ce grand témoin de la vie à Paris, qui a connu trois guerres, méritait bien ce témoignage de reconnaissance.

A.C.

01 octobre 2011

En descendant le boulevard (VI)

(Lire la note précédente) Le territoire de la commune de Montrouge s’étendait jusqu’au « Grand Cours »  (actuel bd. du Montparnasse). L’annexion du 1er janvier 1860, sous le Second Empire d’une partie des territoires  des communes suburbaines, entraîna la démolition du mur des Fermiers Généraux. Aussitôt, le boulevard qui nous concerne, vit sa largeur repoussée à 70 mètres. Cette allée plantée d’arbresla voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux, vit alors l’apparition de la fête foraine, dite plus tard «  du Lion de Belfort ». Mais en 1895, on aligna la largeur du boulevard sur celle de la partie nord, plus étroite, à 38m 40. Ainsi, les terrains longeant le cimetière situé plus à l’ouest, furent lotis par la construction d’imposants immeubles  de style haussmanien( N° 234 à 286) et la fête foraine transférée sur le boulevard Saint Jacques tout proche.

(Cliquez sur les images pour arandir) Nous voici à la hauteur de la rue Victor Considérant, tracée sur une partie du cimetière désaffecté      entre 1887 et 1895. V. Considérant était un ami de Raspail. Il fut l’adepte de Fourrier et député «quarante-huitard ». Il fut banni de France de 1849 à 1869.

Puis, en descendant le boulevard en direction des stations de métro Raspail et Vavin, nous rencontrons une série d’immeubles « haussmaniens » au confort « bourgeois ». Au 278, s’installa au début de 1913, la revue mensuelle illustrée : «  les Soirées de Paris » dont le directeur était Guillaume Apollinaire et Jean Cérusse.

la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers générauxAu 276, le sculpteur Derré sculpta en 1905 trois bas-reliefs représentant , l’Amour, la Maternitéla voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers générauxla voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers générauxla voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux et la Mort. L’immeuble sis au 270, à l’angle de la rue V. Schoelcher, a été primé en 1889 pour  l' heureux  accord réalisé entre la  pierre  et  la   brique. Juste à côté, au 268,  la galerie d’art «  Camera Obscura » présente régulièrement des œuvres de peintres et de photographes contemporains.

Puis, à partir du 254, les bâtiments de l’ESA  apparaissent. Il s’agit d’une école d’architecture fondée en 1865 par Emile Trélat, avec l’appui de la princesse  Mathilde et de la Famille impériale. la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers générauxEn 1868, cette école délivrait son premier diplôme. Etablissement libre, son enseignement etait plus technique qu’aux Beaux Arts. Dans la cour de l’école, signalons quelques colonnes  et leurs chapiteaux  provenant du Palais des Tuileries, démoli après l’incendie de la Commune. Sur le même terrain, un batiment verre et métal abrite l'école d'art Camondo et une extension de l'ESA.la voix du 14è,derré,apollinaire,mur des fermiers généraux

Dans un prochain chapitre, nous terminerons notre promenade du boulevard en direction du carrefour Vavin-Montparnasse. (Lire la prochaine et dernière note)

-N.D.L.R. Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

28 septembre 2011

Montparnasse au temps d'Apollinaire (juin 1914)

apollinaire.jpg(Apollinaire, blessé, dessiné par Picasso) Dans le numéro de Paris-Journal daté de juin 1914, Apollinaire faisait une présentation du quartier Montparnasse, dont nous nous faisons l’écho en diffusant de larges extraits des lignes écrites par le poète :

… «  Montparnasse d’ores et déjà remplace Montmartre. Alpinisme pour alpinisme, c’est toujours la montagne, l’art sur les sommets. Les Rapins ne sont plus à leur aise dans le Montmartre moderne, difficile à gravir, plein de faux artistes, d’industriels fantaisistes et de fumeurs d’opium à la flan.

 A Montparnasse, au contraire , on trouve maintenant de vrais artistes, habillés à l’américaine. Quelques uns d’entre eux se piquent le nez à la coco. Mais, ça ne fait rien, les principes de la plupart des Parnassois ( comme on les appelle pour ne pas les confondre avec les Parnassiens) sont opposés à l’ingestion des paradis artificiels quels  qu’ils soient.

Que voilà un pays agréable où tout ciel est pour l’usage externe du plein air et des terrasses : celle des Lilas où dominent Paul Fort, Charles Guérin, Flandrin, Mme Marval… celle de la Rotonde où l’on voir Kisling, Max Jacob, Rivera, Friesz… celle du Dôme où se tiennent Basler, Goetz, Pascin… Celle du petit Napolitain où se rafraîchissent Chirico, Modigliani… celle enfin du Versailles où reviennent Marquet, Benoni-Auran, etc…

C’est de la région dont les cafés sont les oasis , que « Montparnasse » veut  être l’organe, gazette hebdomadaire où l’art et la littérature trouvent leur compte et que dirige notre ami Paul Husson…

Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, né le 26 Août 1880 à Rome et mort pour la France le 9 novembre 1918. 

N.D.L.R  Documentation extraite de la Revue N° 21 de la S.H.A. du 14E.     

27 septembre 2011

Le boulevard Raspail lorsqu'il s'appelait le boulevard d'Enfer (V)

(Lire la note précédente ) Sous  Louis XV,  la route d’Orléans ( actuelle avenue du Général Leclerc), drainait tout le trafic vers le sud. La rue d’Enfer ( actuelle avenue Denfert-Rochereau), était étroite et peu propice à l’écoulement du trafic. Aussi avait-il été décidé de rejoindre le « Grand Cours » ( actuel boulevard du Montparnasse) par un boulevard prenant son départ à la nouvelle Porte de Paris, sise sur la place actuelle de Denfert-Rochereau. Les terrains traversés appartenaient dans leur majorité en 1772 , à « la Ferme du pressoir ». Ils étaient constitués de champs, jardins, vignobles, le tout parsemé d’excavations faites par les carrières ; de rares maisons étaient reliées entre elles par des sentiers. Ici, il faut citer un vieux chemin carrossable qui, partant de l’ancienne porte Saint Michel ( Carrefour du Bd. St Michel – Ecoles des Mines aujourd’hui) traversait la rue Notre-Dame des Champs après avoir longé les Chartreux, puis la rue Joseph Bara, et  le cours du Montparnasse. Les rues Auguste Mie et la rue Raymond Losserand ( ex chemin de Vanves) se trouvent les héritières de cet antique chemin de Paris vers la forêt de Clamart… Dans le cimetière  du Montparnasse, dont la réalisation avait été décidée en 1804 et seulement réalisée en 1824, on aperçoit la tour d’un vieux moulin situé sur le parcours de ce chemin, lieu où se retrouvaient au 18ème siècle, les collégiens de Louis-le-Grand et ceux de l’Oratoire, situé rue d’Enfer.

Signalons que sur le nouveau boulevard, fut inauguré en 1772, le «  théâtre Montparnasse », premier du genre, qui, disparu sous le Ier Empire, fut réinstallé en 1817, rue de la Gaîté.

LV-DenfertRochereau-3712b.jpg(la Barrière d'Enfer - cliquez) En 1786, s’élèvent l’enceinte et les barrières des Fermiers Généraux (… ce mur murant Paris qui rend Paris murmurant !)  Celles-ci empruntent le boulevard de Montrouge ( actuel Bd. Edgar Quinet) et le Bd. d’Enfer (actuel Bd. Raspail). En 1787, deux pavillons symétriques seront construits par Charles-Nicolas Ledoux à la barrière d’Enfer. Enfin en 1791, notre boulevard reçoit le nom officiel de Boulevard  d’Enfer. Dans un prochain article, nous descendrons le boulevard, côté des numéros pairs. A bientôt ! (Lire la note suivante)

- N.D.L.R  Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

19 septembre 2011

Raconte-moi ton 14ème : rallye pédestre et conférence jeudi 22 septembre à la mairie.

Jeudi 22 septembre, est organisée une soirée visite-conférence qui comporte

- Un rallye pédestre autour du patrimoine du quartier. Rendez-vous est donné à 17h45 sur le parvis de la Mairie. Détails, décors, recoins, laissez-vous guider  et partez à la découverte des richesses du XIVème. !

-  A partir de 19h, salle des mariages : Conférence « Raconte moi ton 14e » animée par l’association Culture et Patrimoine et la Société Historique et Archéologique du 14eoù plusieurs intervenants vous raconteront « leur XIVème arrondissement. » - M. Koltirine (président de l’association Culture et Patrimoine et rédacteur en chef de la revue Paris Patrimoine)- M. Viaud (président de la société d’Histoire et d’Archéologie du XIVème arrondissement.- M. Gazet (membre de l’association SOS PARIS et réalisateur de films sur le patrimoine)

Entrée libre. Mairie, 2 place Ferdinand Brunot. 

Renseignements : http://www.culture-et-patrimoine.com/

17 septembre 2011

Les Carrières-Catacombes dans le XIVe

Depuis l’époque romaine, les bancs de calcaire situés sur la rive gauche de la Seine ( Montagne Sainte Geneviève, et site des arènes de Lutèce ) avaient été exploités  à ciel ouvert, pour fournir de la pierre destinée aux constructions civiles et religieuses. Au Moyen Age, afin de préserver le sol agricole situé au-dessus, l’exploitation s’enfonce dans le sous-sol. Ainsi naissent peu à peu des couloirs  et les excavations correspondantes à l’exploitation des bancs de calcaire.

Au XVe et XVIe siècles, voleurs et coupe-jarrets infestaient les communes de la banlieue sud : Arcueil, Gentilly et Montrouge, se cantonnant dans les ruines du château de Bicêtre. Sous François Ier, des bandes de mercenaires, débris des armées d’Italie après la défaite Pavie  en 1525, se répandent dans les vastes carrières de Montrouge et de Montsouris.

paris 14e,lavoixdu14e.info,catacombes,denfert rochereau On sait que ces carrières sont devenues les Catacombes de Paris, vers la fin du XVIIIe siècle, alors qu’il devenait nécessaire de supprimer  du centre de Paris, les cimetières qui ceinturaient les églises de l’époque. Plus de 6 500 000 corps ont ainsi été évacués, surtout de nuit  puis  répartis dans les vastes excavations des anciennes carrières.

Singulière curiosité sont les escaliers qui permettent d’y accéder. Dans le Paris-Souterrain de M. Gérard, auteur d’une magistrale histoire des carrières, il est fait état dans le XIV°, de onze escaliers qui permettent de pénétrer dans les dites Catacombes. Le plus profond est avenue Reille ; il compte 117 marches… Par ailleurs, au 21bis de l’avenue du président Coty, existe un singulier puits par lequel sont jetés les ossements provenant d’anciens cimetières parisiens ou de tombes abandonnées dans les cimetières actuels.

Ainsi, sous nos pieds, le passé  de l’Histoire parisienne continue de témoigner de l’intarissable présence de l’homme au cours des siècles, et ce n’est pas fini…

N.D.L.R.  Documentation  extraite du N° 23 de la Revue de la S.H.A. du 14e

14 septembre 2011

En remontant le boulevard(IV)

(Lire la note précédente) Nous arrivons enfin sur les terrains de la « Maison Marie-Thérèse », nom donné en mémoire de la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI. par madame de Chateaubriand qui ouvrit ici une infirmerie destinée à l’origine aux prêtres âgés. medium_infirmerie.jpgCette infirmerie fut léguée plus tard à l’archevêché de Paris, tandis que le couple Chateaubriand y vécut de 1826 à 1838. Après la Grande Guerre, l’archevêché céda une partie du terrain à un groupe d’intellectuels de la colonie américaine qui fonda en 1928 au 261, « l’American Student Club » qui comportait salon, bibliothèque, gymnase, piscine… Mais ce Centre fut remplacé en 1994 par une nouvelle construction due à l’architecte Jean Nouvel, où s’établit la « Fondation Cartier pour l’art contemporain ». Le bâtiment s’inscrit au mieux dans l’environnement, car il joue sur les transparences. Jardin, salles d’exposition, étages supérieurs, sont traversés par la lumière omniprésente. Cela donne à l’ensemble une légèreté particulièrement harmonieuse dont beaucoup de bâtiments contemporains  devraient pouvoir s’inspirer.infirmerie marie-therese,chateaubriand,paris 14e,lavoixdu14e.info

4246984997.jpgPrécisons que l’infirmerie Marie-Thérèse (photo) a gardé aujourd’hui son caractère d’accueil pour les prêtres âgés qui trouvent ici la sérénité nécessaire à une retraite  paisible.

Plus loin, au 231, et sur un terrain qui appartenait à l’Infirmerie, s’est édifié l’immeuble de la Direction de l’Aéroport de Paris.

Enfin, à l’angle du boulevard et de l’avenue Denfert-Rochereau ( ex rue d’Enfer ), était un café, disparu depuis. Entre 1860 et 1890, un petit marché aux fleurs fonctionnait là, tandis que jusqu’en 1914, un marché hebdomadaire aux oiseaux s’y était établi.

Ici se termine notre promenade au cours de laquelle nous avons parcouru 780 mètres… Dans un futur proche, nous entreprendrons la descente du boulevard, côté des numéros pairs, pour faire de nouvelles découvertes, accompagnées de nouvelles surprises!  (Lire la note suivante)

N.D.L.R  Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

12 septembre 2011

En remontant le boulevard(III)

Voici le troisième volet de notre découverte du boulevard Raspail.  (lire le précédent)

LyceeJeanQuarré.jpgNous sommes au niveau du 231, devant la vaste façade d’un bâtiment récent (le lycée hôtelier Jean Quarré), qui a remplacé l’ancien lycée technique Raspail, lui-même déménagé près de la porte Didot. Il avait pris la suite de l’Ecole Professionnelle de St Ouen, déménagée après avoir été sinistrée durant la deuxième guerre mondiale.

Il faut dire que ce lieu a subi de nombreuses modifications depuis longtemps. Ainsi, en 1855, fonctionnait ici un des dépôts de la « Compagnie des petites Voitures », absorbée en 1894 par la « Compagnie Générale des Voitures à Paris », qui créa entre 1920 et 1924 une douzaine de garages pour les 1500 taxis qu’elle possédait en 1929. Il est probable que cet immense terrain d’angle était à l’origine propriété de l’horticulteur Noisette dont l’adresse était au 51 Bd. d’Enfer.

Aux heures fastes de Montparnasse, on trouve à cet  endroit du boulevard, un lieu où s’implanta en novembre 1923, la « Sorbonne Montparnassienne » qui avait pour nom vérItable : « l’Académie du Caméléon », laquelle venait du 146 du Bd du Montparnasse. Cette Académie prétendait devenir une Maison des intellectuels. Elle éditait un bimensuel : Paris-Conférences ; l’expérience dura  cinq ans puis disparut.

Vint ensuite en 1930, un vaste édifice en béton qui devait être le « Salon Parnasse », composé d’un vaste hall entouré de galeries superposées en gradins. Mais l’expérience échoua et le bâtiment devint le lycée technique Raspail, cité plus haut.

paris 14e,lavoixdu14e.info,raspail,jean quarrAujourd’hui, un square fait l’angle avec la rue Campagne Première. Il est dédié au peintre Yves Klein, qui avait son atelier au 9 de cette rue, tandis qu’il habitait au 14.

Traversons cette dernière. A l’angle du boulevard, existait une petite maison de faubourg où vécut quelque temps dans une chambre misérable, Arthur Rimbaud accompagné de Verlaine.  De nos jours, un restaurant «  le Duc » a pris la place, remplaçant un restaurant-dancing, le « Normandy », symbole  éteint de la vie artistique de l’avant-guerre.

Au 247, s’ouvre le passage d’Enfer, seule appellation subsistant  de l’origine. Ce passage existait déjà en 1808. Les maisons basses et les pavés inscrivent leur nostalgie dans un lieu qui  a gardé son charme presque champêtre d’une autre époque.

Enfin, pour clore provisoirement notre promenade, au 253, il y avait l’impasse Sainte Elisabeth, devenue après son prolongement jusqu’au boulevard Montparnasse, la rue Boissonade, savant helléniste qui vécut de 1774 à 1857. (Lire la note suivante)

N.D.L .R  Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

 

09 septembre 2011

En remontant le boulevard (II)

(Lire la note précédente) Nous continuons  notre balade sur le  boulevard Raspail, côté des numéros impairs, en direction de Denfert-Rochereau, laissant planer en nos mémoires, le souvenir des jardins de la Grande Chaumière . Ici même, au N° 201, le restaurant le  Rond-Point , modernisé en 1958, était l’héritier du Café Baty. Aujourd’hui, ces établissements ont disparus et ont été remplacés successivement par le  "Bar à  huîtres"  et de nos jours par le  "Restaurant de Haute mer". Apollinaire, disait à propos du café Baty : « c’est le dernier des véritables marchands de vin, quand il se sera retiré, cette profession aura disparu de Paris ; il restera des bistrots, mais le «  chand d’vin » aura vécu.Le patron avait servi, René Benjamin, Apollinaire, Pierre Benoît, Billy, Jean Cocteau, Max Jacob, Giraudoux, Vincent d’Indy… L’enseigne porta un temps celui du restaurant : "La Grande Chaumière" .

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Nous voici maintenant au 207. Pierre Benoît y habita de 1918 à 1923. Au 209, un café appelé autrefois" La Guérite", fut un rendez-vous d’artistes : « le groupe des Caïmans » suivi par le « Groupe de l’échelle » .Aujourd’hui, la Guérite a fait place aux « Fondus de la Raclette ». Plus loin, au 213, une vitrine attire notre attention : « Aventuria », créateur de voyages en direction des USA, du Canada et de l’Afrique Australe.

Le 221 vit le statuaire Hiolle, vers 1880. De son atelier entouré d’arbres, il disait : « C’est rien poétique ici, on entend toujours gueulé les petits oiseaux ».

Au 229, nous remarquons la façade incurvée de l’immeuble qui respectait un très vieil acacia, planté semble-t-il, par Victor Hugo. Mais le vieil arbre a disparu. C’est à cet endroit que s’était installé en 1864, le « Cercle catholique d’ouvriers », dit Cercle Montparnasse, et c’est dans cette salle que fut lancé le 15 juin 1894, la Schola Cantorum, par l’organiste Charles Bordes. Le  premier concert eut lieu le 17 mai 1896 en la salle du cercle Montparnasse, tandis que le 15 octobre fut créé un cours de chant liturgique et de musique religieuse. Nous vous quittons ici pour un prochain rendez-vous sur le boulevard.  (Lire la note suivante)

 -N.D.L.R. Documentation extraite  de la Revue N° 5,  de la S.H.A. du 14e.

07 septembre 2011

Pierre Seghers au musée du Montparnasse : soirées littéraires dès le 8 septembre

Musée du Montparnasse.jpgUne série de rencontres, de lectures, des projections d’archives et de films autour de l’oeuvre et de la personnalité de Pierre Seghers se dérouleront en septembre 2011 au Musée du Montparnasse

Le jeudi 8 septembre 2011 à 19h : Soirée « Résistance » avec Bruno DOUCEY, présentation du livre « Comme une main qui se referme » de Pierre SEGHERS.

Le jeudi 15 septembre à 19h30 : Soirée « poétique » avec Lucienne Deschamps, Jean-Claude Bourbault et Ophélie Orecchia dans des textes de Jacques Prévert, Robert Desnos, Blaise Cendrars, René Char, Pierre Mac Orlan… (textes dits et chantés). (En collaboration avec Edwige Avice Présidente des « Ateliers de Mai » et Jacqueline Zana-Victor secrétaire général).

Le mercredi 21 septembre 2011 à 19h : Soirée « littéraire » avec le parcours de Jean-Marie Drot et la présentation du livre « Artisan d’une télévision citoyenne » par Claude Carrez.

Musée du Montparnasse · 21 avenue du Maine · 75015 Paris | Tél. : 01 42 22 91 96 · Fax : 01 42 22 91 00- Métro : Montparnasse-Bienvenüe (lignes 4, 6, 12, 13)

Renseignements : 01 42 22 91 96

Rappel sur l'exposition « Pierre Seghers – Poésie, la vie entière »

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06 septembre 2011

En remontant le boulevard (I)

Une longue balade nous attend tout le long du boulevard Raspail, une importante artère du XIVe arrondissement.

Nous voici du côté des numéros impairs du dit boulevard, à l’angle que fait celui-ci avec le boulevard du Montparnasse, en remontant vers Denfert-Rochereau.

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Carrefour Montparnasse-Raspail en 1910

Pendant la 1ère partie du XIXe siècle, l’emplacement était occupé par de vastes jardins sur lesquels était installé une sorte de Luna Park. Ainsi, sous la Restauration, sévissait ici, la mode des « Montagnes russes » , divertissement qui consistait  en un hangar monté sur un rocher en bois qui permettait d’y accéder, et de là , le visiteur pouvait se lancer sur une pente de 65 mètres à l’aide de chariots et de gondoles… On appelait aussi ce lieu de détente : «  le jardin des Montagnes Suisses ».

A l’arrière de cet endroit ( numéros 205 à 299 de l’actuel boulevard du Montparnasse) s’étendaient les jardins du « Bal de la Grande Chaumière », né en 1787, et dont la propriété appartenait à l’anglais Tinkson, après fusion avec le restaurant Fillard,  prenant lui-même la suite du « Café Turc ». Les Benoît père et fils succèdent à Tinkson et lancent les « Montagnes russes ». Les jardins y attenant comportaient grottes en pierre meulière, des tapisseries de verdure, des talus de gazon, et des fleurs…

La réputation un peu scandaleuse de la Grande Chaumière débute vers 1830, avec les « Chicards », les « Flambards », et plus tard avec les « Boussingots ». En 1844, on y danse les premières polkas et une danse toute nouvelle, qui deviendra célèbre sous le Second  Empire : le « Chahut », ancêtre du « Cancan ». Là se retrouvent des jeunes gens dont certains deviendront célèbres : Thiers, Barbès, ainsi que des filles célèbres : Mogador, Lola Montes, Louise-la balocheuse… Louise-la- loucheuse…

C’est en 1858, que Bullier s’installe près de l’Observatoire, avec la « Closerie des Lilas ». C’en est fini de la Grande Chaumière. Elle avait fait son temps, elle disparaît peu à peu.

Nous continuerons notre promenade sur le boulevard  d’Enfer, la première dénomination du boulevard Raspail, lors d’une prochaine évocation. (Lire la note suivante)

N.D.L.R. Documentation extraite de la Revue N° 5 de la S.H.A. du 14e.

27 août 2011

Rémy Dumoncel, le Résistant

Remy Dumoncel.jpgUne rue du XIV° porte son nom, reprenant une partie de la rue Dareau. D’une certaine manière il fut de notre arrondissement puisqu’il  travailla aux Editions Tallandier,  dont le siège était rue du Saint-Gothard un certain temps. Il avait épousé en 1919,la fille de Jules Tallandier.

 Rappelons brièvement sa vie. Né en octobre 1888, il fut maire d’Avon de 1935 à 1945. En 1914, il fut mobilisé et fut blessé cinq fois et fait prisonnier. Pour son courage il reçut la Croix de guerre et la Légion d’Honneur. Maire d’Avon jusqu’en 1940, il refuse de démissionner contre les atteintes de l’occupant. Sachant que ses sympathies allaient à la France Libre, les Allemands le surveillent. D’ailleurs, il accueille les prisonniers évadés et les fait passer en zone libre. Il organise à cette effet, à la préfecture de Melun un service clandestin de cartes d’identités et il héberge de nombreux juifs dans sa propriété de Dordogne.

En 1940, les Allemands lui demande de désigner vingt otages : il fournit quatre noms dont le sien, ainsi que celui du père Jacques ( Louis Bunel) directeur du collège Saint-Thomas d’Avon. Celui-ci fut emmené par la Gestapo pour avoir caché des enfants juifs. Louis Malle en  tirera un film : « Au revoir les Enfants ».

Le 4 mai 1944, Rémy Dumoncel est à Paris. Il est recherché par la Gestapo. Il sera arrêté et incarcéré à Fontainebleau, transféré à Compiègne et de là, à Neuengamme. Il meurt le 15 mars 1945. Son nom est inscrit au Panthéon.

N.D.L.R  Documentation extraite de la Revue N° 48 de la S.H.A. du 14e.

 

26 août 2011

Un certain Michel Audiard

 Michel  Audiard.jpgMichel Audiard est un enfant du XIV°, puisqu’il est né à  la  maternité de Port-Royal le 15 mai 1920.Il sera toujours fidèle à son quartier dont il gardera une certaine manière d’être et de vivre. Il fait ses études primaires au Cours Saint Pierre, 16, rue du Moulin vert. Il y obtient son certificat d’études avec la mention bien. Pris d’une passion pour la petite reine, il décide de se lancer pour devenir coureur cycliste. Il sera inscrit durant sept ans au Vélo Club du 14° arrondissement et durant ces années, participera à différentes courses autour de Paris avant de choisir la piste. Par la suite, devenu journaliste, le metteur en scène André Hunebelle lui proposera d’écrire des scénarios. Les répliques des Tontons flingueurs ou des Barbouzes marqueront le cinéma , qu’apprécieront Blier, Ventura, et Gabin.

Son personnage est celui du vrai « titi » parisien, toujours prêt à sortir une blague de la plus haute loufoquerie, avec cet accent inimitable qu’on lui connaissait et qui était la signature du parler faubourien d’alors.

 Le 3 mai 1947, il se marie à l’église Saint-Dominique. Deux enfants naîtront de ce mariage. Mais il sera très affecté par la mort accidentelle de son fils François en janvier 1975. Sa détresse fut immense. Il dira : « Je n’ai plus l’esprit à jouer, il y a un certain temps que je ne joue plus… à rien… depuis qu’une auto jaune a percuté une pile de pont de l’autoroute du Sud et qu’un petit garçon est mort ».

Michel Audiard est décédé à Dourdan, le 27 juillet 1985.

N.D.L.R.  Documentation extraite du N° 48 de la Revue de la S.H.A. du 14e.

23 août 2011

Les moulins de Montsouris

La butte de Montsouris, là où se rejoignent les rues de la Tombe Issoire, de l'avenue Reille et du boulevard Jourdan a toujours été le lieu  privilégié pour accueillir de nombreux moulins à vent. Dans l'histoire de Montrouge, huit de ces moulins sont cités à hauteur de l'avenue du  président Cotty - ex avenue du parc Montsouris-. L'un d'eux portait le nom de Moulin de Montsouris, et se voyait à l'angle obtus que forme les rues de la Tombe-Issoire et de la Voie-Verte (rue actuelle du Père Corentin). Le 25 novembre 1916, la Commission du Vieux Paris avait proposé l'apposition d'une plaque rappelant ce moulin, à cet endroit, mais le voeu n'a pas été exaucé.  Il y avait dans ledit moulin, un cabaret tenu par la mère Blézimart, rendez-vous des duellistes, qui y venaient déjeuner après avoir échangé quelques fines lames !

Un autre moulin, dit de la Marjolaine, se trouvait à peu de distance du précedent au milieu de l'îlot formé par les rues de la Voie-Verte et de la rue du Douanier Rousseau.

Citons enfin  le Moulin du Bel Air, à l'angle de la rue la Tombe Issoire et du boulevard Jourdan, face à ce bastion 81, qui ne sera plus bientôt qu'un souvenir, remplacé par les premiers bâtiments de la Cité Universitaire. Il y avait en ce moulin, un cabaret où venaient se désaltérer les ouvriers des carrières voisines,  celles-ci y étaient nombreuses à cet endroit et toutes étaient exploitées à ciel ouvert.

N.D.L.R.  Documentation extraite du N° 23 de la S.H.A. du 4e.

10 août 2011

Certains artistes préféraient vivre dans le 14e...

Notre arrondissemtent a toujours été privilégié pour devenir la ruche où des artistes, après avoir vécu des "vaches maigres", sont devenus célèbres par la suite. Les  rues suivantes ont vu déambuler pendant la période de l'entre-deux guerres, des noms  connus universellement.  Ainsi :

Maïakovski Vladimir : 29, rue Campagne Première ( Hôtel Istria).

Man Ray :29 rue Campagne Première.

Masson André : rue Campagne Première.

Matisse Henri : 132 bd. Montparnasse et 37 bis Villa d'Alésia.

Joan Miro : 39, rue Delambre ( hôtel Apollinaire).

Modigliani Amédeo : 216 bd Raspail, 3 rue Campagne premirère et 16, rue du Saint Gothard.

Piet Mondrian : 5, et 26 rue du Départ, rue de Coulmiers, 278 bd Raspail.

Edxard Munch :32, rue de la Santé.

Ozanfant  Amédée :  53, avenue Reille, 16,  rue Campagne Premirèe et 16 rue Boissonnade

Piacasso Pablo :5bis rue Victor Schoelcher, 242Bd Raspail ( cité Nicolas Poussin).

Picabia Francis : 29, rue Campagne première ( hôtel Istria).

Rousseau ( dit le Douanier) :36 rue Gassendi, 2bis rue Perrel, 3, rue Vercingétorix, 44, avenue du Maine, impasse du Rouet et 44, rue Daguerre.

Soutine Chaïm :25, avenue du Général lecler, 35 avenue du président Coty, 26-28 Bd Edgar Quinet, 26, rue des Plantes, rue de l'Aude, 18 villa Seurat, 8 rue du Saint Gothard.

Nicolas de Staël :7, rue Gauguet.

Tal Coat  Pierre :7, rue Brézin.

Tanguy Yves : 54, rue du Château, rue du Moulin Vert.

Utrillo Maurice :42 rue des Plantes et 1, rue Cabanis.

Vlaminck Maurice de : 26 rue du Départ.

Zao-Wouki :51  bis rue du Moulin Vert et 19 bis rue Jonquoy.

On pourrait compléter  cette liste par des noms d'artistes moins connus, mais nous pouvons affirmer que notre quartorzième est  une plaine fertile où fleurisent et continuent de fleurir  un grand nombre d'artistes sans doute inspirés par le bon air qui souffle sur les Trois Monts : Montparnasse, Montsouris et Monrouge. Allez savoir ...

23 juillet 2011

Balzac, et le quartier de l'Observatoire

 En 1833, Balzac habite rue Cassini, à deux pas de l’Observatoire. A cette époque, il publie un roman : « Histoire des treize Ferragus », et Balzac, dans la préface précise : «  les Treize Ferragus sont des aventuriers qui sous l’Empire se réunissaient en une fraternité secrète : les Dévorants, une tribu de Compagnons, ressortissant à la grande institution mystique formée entre les ouvriers de la chrétienté pour rebâtir les temple de Jérusalem.

Et voici comment Balzac décrit ce quartier de l’Observatoire, encore à l’époque un no-man’s land : … Un de ces « melmoths » parisien était venu se mêler depuis quelques jours parmi la population sage et recueillie qui, lorsque le ciel est beau, meuble infailliblement l’espace enfermé entre la grille sud du Luxembourg et la grille nord  de l’Observatoire, espace sans genre, espace neutre dans Paris. En effet, là, Paris n’est plus ; et, là, Paris est encore. Ce lieu tient à la fois de la place, de la rue, du boulevard, de la fortification, du jardin, de l’avenue, de la route, de la province, de la capitale ; certes, il y a tout cela, mais ce n’est rien de tout cela : c’est un désert. Autour de ce lieu sans nom, s’élèvent les Enfants trouvés, la Bourbe, l’hôpital Cochin, les Capucins, l’hospice la Rochefoucault, les Sourd-Muets, l’hôpital du Val-de-Grâce ; enfin tous les vices et les malheurs de Paris ont là leur asile ; et, pour que rien ne manque à cette enceinte philanthropique, la science y étudie les marées et les longitudes ; M. de Châteaubriand y a mis l’infirmerie Marie-Thérèse, et les carmélites y ont fondé un couvent. Les grandes situations de la vie sont représentées par les cloches qui sonnent incessamment dans ce désert…

Le temps a passé. Mais si vous vous glissez entre les marronniers de l’esplanade, devant l’Observatoire, vous apercevrez peut-être l’ombre de Balzac qui vous fera de loin un signe amical, sans doute afin que vous le rejoigniez. Ne le décevez pas, répondez-lui…    R.R

N.D.L.R. Documentation extraite du numéro 21 de la S.H.A. du 14e

14 juillet 2011

Chateaubriand, de la rue d'Enfer au boulevard d'Enfer

Infirmerie marietherese.jpgDans ses mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand ( livre  III) se plaît à décrire sa nouvelle résidence, rue d’Enfer, où sa femme administre une infirmerie : « l’Infirmerie Marie-Thérèse », créée en 1819 avec l’aide de la duchesse d’Angoulême, Marie-Thérèse, fille de Louis XVI. A la lecture des lignes qui vont suivre, nous pouvons facilement revisiter les lieux qui pour l’essentiel du domaine ont peu changé, ainsi :

« … Une fois ma maison achetée, ce que j’avais de mieux à faire était de l’habiter : je l’ai arrangée telle qu’elle est. Des fenêtres du salon on aperçoit d’abord ce que les Anglais appellent pleasure-ground ( pelouse de jeu) avant-scène formée d’un gazon et de massifs d’arbustes. Au-delà de ce pourpris, par-dessus un mur d’appui que surmonte une barrière blanche losangée, est un champ variant de cultures et consacré à la nourriture des bestiaux de l’Infirmerie. Au-delà de ce champ vient un autre terrain séparé du champ par un autre mur d’appui à claire-voie vert entrelacée de viornes et de rosiers du Bengale…. Mes arbres sont de mille sortes. J’ai planté vingt-trois cèdres de Salomon et deux chênes de druides…. Un mail, double allée de marronniers, conduit du jardin supérieur au jardin inférieur ; le long du champ intermédiaire la déclivité du sol est rapide. Ces arbres, je ne les ai pas choisis comme à la  « Vallée aux Loups » en mémoire des lieux que j’ai parcourus… Ils croissent chaque jour, du jour que je décrois : ils se marient à ceux de l’enclos des Enfants trouvés et du boulevard d’Enfer, qui m’enveloppent. Je n’aperçois pas une maison ; à deux cents lieues de Paris, je serais moins séparé du monde. J’entends bêler les chèvres qui nourrissent les orphelins délaissés…. Je vois de ma fenêtre un calvaire qui s’élève entre un noyer et un sureau : des vaches, des poules, des pigeons et des abeilles…

paris 14e,lavoixdu14e,chateaubriand,infirmerie marie-thereseBelle évocation d’un lieu qui a gardé, en dépit de l’urbanisation progressive, une nostalgie bucolique. Ici, c’était encore la campagne ; la route d’Orléans prenant son départ à la barrière d’Enfer, ne s’appelait pas encore l’avenue du Général Leclerc !     R.R

(Vue actuelle du parc de la maison de retraite - cliquer pour agrandir) - N.D.L.R  Documentation extraite du numéro 21 de la revue de la S.H.A. du 14e.


06 juillet 2011

La Coupole et les artistes, le quartier Montparnasse et la bohème, visites « Secrets de Paris » les 9 et 10 juillet

Visites organisées par Secrets de Paris les 9 et le 10 juillet

Samedi 9 juillet 2011 à 16h : La Coupole et les artistes de Montparnasse

La Coupole, née en 1927, fut un haut lieu des années folles. Bien des histoires d'amour si sont nouées, tandis que quelques tables plus loin s'élaboraient de loufoques canulars. La Coupole est un résumé, à elle seule, de l'histoire de Montparnasse. Son décor Art Déco a été inscrit à l'inventaire des monuments historiques
Thomas Dufresne qui propose cette visite guidée est un des auteurs de l'
Abécédaire de La Coupole aux éditions du Cherche Midi

A 16h.-Rendez-vous à l'intérieur de La Coupole (102, bd du Montparnasse, 75014, M° Vavin) à gauche de l'escalier.-Tarif : 7 euros + une consommation (café ou bière par exemple).
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Réservation par
courriel.

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30 juin 2011

Visites organisées par Secrets de Paris : Picasso à Montparnasse le 2 juillet et Plaisance Secret le 3 juillet à 15h


Samedi 2 juillet 2011, 15h  : Dans les pas de Picasso à Montparnasse,   nous revivrons le cubisme, mais également ses amitiés et ses amours, du boulevard Montparnasse à la rue Campagne première. Une promenade originale sur les lieux fréquentés par Picasso( qui aurait eu 130 ans cette année) et ses amis.

Rendez-vous à 15h. à l'angle du boulevard Montparnasse et de l'avenue de l'Observatoire (RER Port-Royal), au pied de la statue du Maréchal Ney (75006), Durée : environ 2h.- Tarif : 10 euros.
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Réservation par courriel


Dimanche 3 juillet 2011, 15h : Plaisance secret.

Ses artistes et leurs ateliers depuis le XIXe siècle (Gauguin, le Douanier Rousseau, Cézanne...).. et évocation de l'histoire du château du Maine.
Rendez-vous à 15h à la sortie du métro Gaité (côté des numéros pairs de l'avenue du Maine, devant le centre commercial Gaité 75014).
Durée : environ 1h30.
Tarif : 10 euros.

Réservation par courriel

20 mai 2011

Visites organisées par l'association Secrets de Paris dans les pas de Picasso à Montparnasse samedi 21 mai et le quartier Montsouris le dimanche 22 mai

paris 14,lavoixdu14e.info,secrets de paris,picasso,montparnasse,montsourisSamedi 21 mai 2011 à 15h : Dans les pas de  Picasso à Montparnasse  nous revivrons le cubisme, mais également ses amitiés et ses amours, du boulevard Montparnasse à la rue Campagne Première.
Rendez-vous à l'angle du boulevard Montparnasse et de l'avenue de l'Observatoire (RER Port-Royal), au pied de la statue du Maréchal Ney (75006), à 15h.

paris 14,lavoixdu14e.info,secrets de paris,picasso,montparnasse,montsourisDimanche 22 mai 2011  à 15h :Visite du quartier Montsouris :
Evocation des principaux peintres et sculpteurs ayant œuvré dans le quartier.
Rendez-vous à l'angle des rues Sarrette, Alésia et Tombe-Issoire (75014, M° Alésia) devant la fontaine Wallace, à 15h.( durée environ 1h45)
Tarif : 10 euros. Réservations par courriel

14 mai 2011

Dimanche 15 mai 10h45 : Le sculpteur Alberto Giacometti à Plaisance et à Montparnasse, visite organisée par l'association Secrets de Paris.

Giacometti.jpgNous irons à la découverte des lieux que le sculpteur Alberto Giacometti a hantés et qui le hantaient ; de son atelier caché dans une petite rue de Plaisance, à ses adresses fétiches, en passant par les ateliers de ses amis.
Rendez-vous à l'angle des rues Didot et d'Alésia (M° Plaisance), devant le lycée du 132, rue d'Alésia (75014), à 10h45.

Réservation par courriel, Tarif : 10 euros, Renseignements: http://secretsdeparis.blogspirit.com/i-les-prochaines-vis...

28 avril 2011

l'hôtel Istria, rue Campagne Première

Les années 1923 – 1929 doivent être considérées comme celles représentatives des fameuses « années folles »  ayant régi toute l’activité artistique du quartier Montparnasse.

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Ainsi, l’hôtel « Istria », sis 29, rue Campagne Première, est un de ces lieux resté célèbre qui, aujourd’hui est le témoin encore vivant des heures « chaudes » de ce quartier. Ainsi, Man Ray y fut, alors qu’il avait son atelier dans l’immeuble mitoyen.  Marcel Duchamp  y habita. Quant à Tristan Tzara, on dit qu’il sortait de l’hôtel à quatre pattes pour ne pas avoir à inventer d’excuses à ses retards  de paiements… Francis Picabia et Erik Satie sont venus là pour travailler à leur ballet  « Relâche » qui sera monté le 5 septembre 1924 par Germaine Everling, réveillée la nuit par les folles dégringolades dans les escaliers, de Kisling… Radiguet vécut un amour avec Bronya. Elsa Triolet vécut à cet hôtel jusqu’à sa rencontre avec Aragon à la Closerie des Lilas en 1929. Le poète écrira : «  Lorsque tu descendais à l’Hôtel Istria, / Tout était  différent rue Campagne Première / En mille neuf cent vingt-neuf vers l’heure de midi… Bientôt le poète russe Maïakovski débarque en ce lieu, le 9 novembre 1924 ; il dit : « c’est le petit hôtel le meilleur marché et le plus propre qui soit : je fais des économies et j’essaye de ne pas trop traîner à droite et à gauche… »  Ici, il attend l’obtention d’un visa pour les Etats-Unis que l’on ne lui accordera pas. Il repart pour Moscou le 27 décembre après avoir été volé de tous ses papiers et de son argent  ! Il reviendra le 10 juin 1925, partira aux Etats-Unis. On le retrouve à ce même hôtel en mai 1927, novembre 1928, et la dernière fois en  mars 1929. Dans le poème  « Verlaine et Cézanne », il évoquera plus tard l’étroitesse de sa chambre…

Ainsi, l’hôtel Istria reste un haut lieu de l’univers artistique des années 30, marquées par le Surréalisme et l’incomparable révolution des arts , et ceci dans tous les domaines d’application. Aux frontières de Montparnasse, des cafés « le Dôme », « la Coupole », « la Rotonde », il est le témoin vivant d’une époque devenue lointaine mais toujours vivante dans les mémoires.

02 avril 2011

Visite guidée organisée par l'association Secrets de Paris : Montparnasse et la bohème le 3 avril à 15h

Dimanche 3 avril 2011 à 15h: Montparnasse et la bohème

bohème,montparnasse,thomas dufresne,paris 14,lavoixdu14eBalade dans le Montparnasse artistique, ses cafés, ses ateliers, ses anecdotes.
Rendez-vous au carrefour Vavin, devant La Coupole (102, bd Montparnasse, 75014, M° Vavin), à 15h.
Tarif : 10 euros.

Thomas Dufresne, depuis plus de 25 ans, donne des conférences, écrit des articles et des livres sur l'histoire de Paris et sur l'histoire de l'art. Il est membre de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement.
Accessible aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
Réservation par courriel

Renseignements :http://secretsdeparis.blogspirit.com/

23 mars 2011

Ah ! quelle vacherie...

Non, il ne  s‘agit pas d’une expression destinée à expulser une contrariété due à un quelconque ennui domestique : robot électrique ayant rendu l’âme, fuite à la machine à laver, etc…, mais seulement du sens propre attribué à l’un de ces bâtiments destiné à abriter un élevage de vaches… Et Paris en fut pourvu, bien pourvu jusqu’en 1950 !

Après l’annexion des nouveaux territoires des communes de banlieue en janvier 1860, les fermes de ville, les fermes de nourrisseurs, les «vacheries » y furent très nombreuses. Précisons que bien avant la Révolution française, le lait était à la base du petit déjeuner d’alors. De plus en plus de vaches étaient donc entretenues à l’intérieur du mur des Fermiers Généraux, certains habitants ayant leur propre « laiterie » installée dans leurs jardins et remises. Ainsi, les terrains où se trouve l’actuelle Emile Dubois et les immeubles du « Méridien » étaient à cette époque un vaste enclos à bestiaux.

paris 14e,lavoixdu14e,ferme de montsourisEn 1855, 2300 vaches occupaient 150 vacheries. La population parisienne augmentant toujours plus ( 1 174 000 habitants en 1856 – 1 696 000 en 1861), la décennie 1870 – 1880 vit de 20 à 30 vacheries supplémentaires s’installer sur Paris. On en compta 305 en 1879, 476 en 1888, 502 en 1892…

Paris était devenu au fil des ans une immense ferme : 7000 vaches y séjournaient , produisant 1000 000 litres de lait… Chaque vacherie comportait en moyenne 14 bêtes. Et en ce qui concerne notre 14e ardt, notons que la ferme de Montsouris encore visible de nos jours, comportait au 26, de la rue de la Tombe Issoire, une porte charretière, sa hauteur permettait de rentre les foins !

Mais le déclin  de cette activité progressa rapidement. En 1910, les vacheries parisiennes ne sont plus que 141, 30 en 1920, 3 en 1950 et encore 150 en banlieue proche ( au-delà du périph). Le Paris « rural » avait vécu. Seul vestige de cette époque révolue, la Ferme de Montsouris, déjà citée, et située au-dessus de la carrière de Fort-Mahon est un témoignage de cette époque. Son activité s’est éteinte définitivement en 1940. L’abbé Keller était propriétaire de la parcelle sur laquelle elle se situe, mais la convoitise des promoteurs immobiliers a bien failli faire disparaître le site qui, en 1994 a été classé et préservé. La dernière vacherie survivra-t-elle, et pour combien de temps ? 

N.D.L.R. Documentation extraite du Bulletin N° 188 de la S.H.A. du 14 , mars-avril 2011.

S.H.A. du 14e : http://sha14.asso.fr