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25 septembre 2016

Saint Vincent de Paul, 27 septembre 18h : messe et conférence sur le lieu de protection de l’enfance

chapelle  de l'hôpital saint vincent de Paul 72- 74 avenue Denfert- rochereau.JPGA l’occasion de la Saint Vincent de Paul, une messe sera célébrée le mardi 27 septembre 2016, à 18h à la Chapelle de l’ancien hôpital saint Vincent de Paul, pour les résidents et les bénévoles, ainsi que pour tous les voisins du quartier.
Elle sera suivie par un exposé du P. Franck Derville qui racontera l’histoire des enfants trouvés et protégés à St Vincent de Paul et d’un pot d’accueil.

72-74 avenue Denfert-Rochereau

06 juillet 2016

Bernard Sarrette, un directeur du Conservatoire de Musique (1796-1822)

 Bernard Sarrette dessin réalisé par  Isabey.JPEG L’ouverture d’une voie allant de la rue de la Tombe Issoire à l’avenue d’Orléans (Général Leclerc) fut commencée en mai 1863, son achèvement eut lieu en 1892. On la nomma rue Sarrette au mois d’avril 1890.Qui était Bernard Sarrette ? Raconter sa vie c’est faire l’historique du Conservatoire de Musique et de Déclamation. Il était né à Bordeaux en 1765, fut capitaine d’Etat Major en 1789 et fut chargé cette année-là, par le général Lafayette d’organiser la Musique de la Garde Nationale.

En novembre 1793, la Convention supprimait l’Ecole de musique militaire où professait Bernard Sarrette pour la remplacer par l’Institut National de Musique. L’ordre donné par Lafayette fut difficile à réaliser, puisqu’il s’agissait de faire exécuter et chanter les hymnes révolutionnaires aux quatorze armées de la République. Sarrette se débrouilla en faisant ouvrir des écoles de musique dans une quinzaine de villes de province. Ses cours furent à l’origine de nos conservatoires provinciaux.

Le 3 juin 1794, Sarrette recevait du Comité de Salut public un ordre pour faire apprendre l’hymne destiné à la Fête de l’Etre Suprême qui devait avoir lieu le 20 du même mois. Tous les professeurs membres de l’Institut musical se regroupèrent pour faire chanter dans les différents quartiers de Paris l’hymne nouveau. Paris fut transformé en une immense Ecole de musique où Adolphe Adam, Grétry, Cherubini, Méhul firent répéter la mélodie de Gossec. Le 20 Prairial, à la plus grande satisfaction de Robespierre, l’hymne fut exécuté par un chœur immense et formidable.

La Convention, par la loi du 16 Thermidor de l’An 3 remplaça (3 août 1795) l’Institut National par un Conservatoire de Musique et chargea Sarrette de son organisation puis de sa direction en 1797. L’inauguration du Conservatoire eut lieu le 17 octobre 1796 dans les locaux de la rue Bergère qui devaient être occupés 115 ans jusqu’à leur transfert rue de Madrid en 1911.Il faut souligner que le Chant du Départ que composa Méhul et dont Chénier avait écrit les paroles fut exécuté à l’Ecole de la Garde Nationale où professait Sarrette. Sarrette fut maintenu dans ses fonction sous l’Empire, mais la Restauration les lui enleva en 1822. Cherubini lui succéda à la tête du Conservatoire redevenu Ecole Royale de Musique. Le buste de Sarrette fut placé dans une des salles principales de l’Ecole, redevenue le Conservatoire en 1831. Le 13 avril 1858, eurent lieu ses obsèques où le Tout-Paris des Arts et des Lettres était présent. Il faut rappeler que Sarrette avait été l’initiateur de concerts et de représentations d’élèves et le père des Théâtres d’applications.

 - Documentation extraite du N° 28 de la S.H.A du XIVe

 Photo : Bernard Sarrette ( dessin réalisé par Isabey)

22 juin 2016

Promenade « Sur les pas de Amadeo de Souza Cardoso à Montparnasse » 25 juin 15h

amadeode de  Souza  Cardoso à Montparnasse avec des artistes Portugais en 1907.jpgLa Société Historique et Archéologique du 14ème propose : une promenade urbaine « Sur les pas de Amadeo de Souza Cardoso dans le Montparnasse de la Belle Epoque»  guidée par Georges Viaud, président  de la SHA14 et  réalisée en partenariat avec  l’Institut Camoes du Portugal à Paris.

 Samedi 25 juin : Départ à 15h de La Coupole. 102 Boulevard du Montparnasse

Photo : A l’atelier d’Amadeo de Souza Cardoso, 150, boulevard du Montparnasse, XIVe, Il y a œuvré d’octobre 1907 à mars 1909 De gauche à droite, sur la photographie, nous voyons les peintres portugais Emmerico Nunes, Manuel Bentes, Amadeo, et l’architecte Afonso Ferraz.

http://www.sha14.asso.fr/activites/amadeo-de-souza-cardos...

Du 18 avril au 18 juillet, une importante rétrospective est présentée au Grand-Palais : l’exposition sur Amadeo de Souza Cardoso, Le Secret le mieux gardé de l'art moderne .

20 juin 2016

L'Arpajonnais un chemin de fer sur route de Paris à Arpajon

 Arpajonnais MONTROUGE les installations de  La Porte d'Orléans.JPG     Le 19 janvier 1881, une concession pour l’exploitation d’une ligne de tramway entre Paris et Arpajon fut demandée. Ce chemin de fer – mais c’était plutôt un tramway – suivait la route nationale 20 sur la plus grande partie de son trajet, mais s’en écartait pour desservir Wissous, Morangis, Sceaux-les-Chartreux, Leuville.               

La compagnie avait son siège 68 rue Beaunier et fut constituée au capital de deux millions de francs, porté  en 1909 à 6 millions 207 200 francs. Cette compagnie était constituée pour une durée de 90 ans (1979) mais fut dissoute en 1936 après être entrée en liquidation en 1922.              

La ligne fut inaugurée le 10 mai 1894. L’horaire du train d’inauguration précise le départ de Paris Porte d’Orléans à 10 heures 40 et de son arrivée à Arpajon à 12 heures 18. Ce train desservait les Halles de Paris et apportait à la Capitale tous les produits maraîchers récoltés le long du parcours. La distance des Halles à Arpajon était de 37 kilomètres environ, dont cinq kilomètres dans Paris. Les trains de denrées alimentaires ne circulaient dans Paris que de une heure à quatre heures du matin. Cela facilitait énormément le travail des maraîchers dont les charrettes jusqu’alors, s’acheminaient péniblement la nuit par la route  d’Orléans.              

La section de Paris à Antony fut électrifiée en 1901. Le matériel roulant comportait des locomotives à vapeur, à air comprimé, à accumulateur électrique et des automotrices électriques. Après la guerre de 14, le département de la Seine acheta à la compagnie de Paris Arpajon la concession que l’Etat lui avait consentie en 1891. Cet achat fit l’objet d’un décret du 20 novembre 1922, tandis-que l’exploitation était affermée à la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne (STCRP), ancêtre de la RATP. L’exploitation prit fin le 5 octobre 1936, offrant aux Parisiens le dernier visage d’un « Arpajonnais » qui effectua là, sa dernière et ultime apparition aux Halles de Paris 

 -Documentation extraite du N° 27 de la S.H.A du XIVe

photo:  installations de la ligne de tramway Paris - Arpajon  à la Porte d' orléans

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13 juin 2016

La Maison de retraite La Rochefoucauld (suite et fin)

ancien hospice la Rochefoucauld photo Atget.jpgEn 1807, la description qui est faite de l'établissement nous invite à ressusciter la vie de cet hospice :"on remarque près de la barrière d'Enfer une maison de retraite pour 250 vieillards". Cette maison est superbe extérieurement et intérieurement et est située dans une jolie plaine. La principale entrée est sur la grand route. Il serait à désirer que cette maison pût contenir 500 lits". Les premier bâtiments de 1783 étaient modestes et contenaient douze puis seize lits. Ces lits étaient destinés à des prêtres et à des personnes de qualité "tombées dans l'infortune" et dont l'initiative fut reprise par Madame de Chateaubriand avenue Denfert en 1828.

En 1816, le duc La Rochefoucauld Liancourt fut nommé membre du Conseil général des hospices. Le 11 janvier 1822, un arrêté du ministre de l'Intérieur donnait à l'établissement le nom d'Hospice de La Rochefoucauld. Après la Révolution, l'hospice fut desservi par les sœurs Grises ou Filles de la Charité. Ce fut en 1884 que l'hospice fut laïcisé. Malgré sa nouvelle dénomination, on continua après 1822 à l'appeler "Maison royale de retraite" qui à cette époque, admettait les employés ayant consacré leur vie au service des hôpitaux puis les personnes infirmes et âgées de plus de 60 ans moyennant pension.

En 1835, l'hospice avait pour adresse : "Barrière d'Enfer, Petit Montrouge, n° 9" et en 1842 l'adresse indique : "route d'Orléans n° 15". Numéro qu'il a gardé depuis sur l'avenue du Général Leclerc.

- Documentation extraite du N° 27 de la S.H.A. DU 14e .

Photo : Ancien hospice La Rochefoucauld  (Atget)

05 juin 2016

La Maison de retraite La Rochefoucauld

Hopital de la rochefoucauld photo récente.jpgLe 15 de l’avenue Général Leclerc voit l’entrée d’un jardin au fond duquel se situe une importante construction, celle de la Maison de retraite que voulut établir la duchesse de La Rochefoucauld-Liancourt en 1782. Cet établissement est aujourd’hui dirigé par l’Administration des Hôpitaux de Paris et est devenu un centre de gérontologie.                             

L’histoire de cette maison de retraite plonge dans les dernières années du 18ème siècle. Il faut savoir que les Pères de la Charité – ordre de religieux institué en 1617 pour soigner les malades – obtinrent en mars 1781 l’autorisation d’acquérir des terrains au Petit Montrouge en vue d’y édifier un hospice. La duchesse de La Rochefoucauld donna 36352 livres pour sa fondation et le roi Louis XVI 10 000 livres de rente.               

Au début, douze lits furent créés, dont six affectés au traitement d’ecclésiastiques et six à des militaires indigents et malades. Par ailleurs, 100 000 livres furent alloués par l’assemblée du clergé pour la construction de la maison. Les prévôts des marchands et échevins de Paris fondèrent trois lits à perpétuité dans le futur hospice en affectant 1800 livres de rente sur le domaine. L’établissement ouvrit en 1783 sous le nom d’Hospice ou Maison royale de santé. L’établissement jouissait d’une concession de 15 lignes d’eau provenant de l’aqueduc d’Arcueil. Sous la Révolution, la Maison royale devint en 1792 l’Hospice national, réservé aux malades des districts de Bourg la Reine, devenu Bourg- Egalité. En l’an IV (1796), l’Hospice national devint Succursale des incurables, hommes et femmes et en l’an VI Hospice de Montrouge.                             

Pendant la tourmente révolutionnaire, la situation des établissements charitables fut déplorable et instable. Elle redevint normale par la création en 1801 du Conseil général des Hospices, remplacé en 1849 par la naissance de l’Assistance Publique. Un arrêté du Conseil Général des Hospices lui donna le nom de La Maison de retraite de Montrouge. C’est alors en 1801 et 1802 que furent construits les bâtiments que nous voyons actuellement avenue du Général Leclerc. Les plans furent dressés par un des grands architectes du 18ème siècle, Jacques Denis Antoine (1733-1801) auquel on doit la Monnaie de Paris. L’artiste mort en 1801 ne vit pas son œuvre, seulement achevée en 1802.   ( à suivre ) -

Documentation extraite de la Revue N° 27 de la S.H.A. DU 14E 

08 mai 2016

Cérémonie en hommage à Olga Bancic

Olga_Bancic Plaque commemorative 114_rue_du_Chateau_Paris_14_.pngMardi 10 mai 2016 à 11h30. Cérémonie en hommage à Olga Bancic, devant la plaque apposée en sa mémoire sur l’immeuble qui fut son dernier domicile. 114, rue du Château.

Cette immigrée roumaine juive et communiste, seule femme membre du groupe Manouchian, fut décapitée à l’âge de 32 ans le 10 mai 1944 pour ses actions de résistance face au régime collaborationniste.

25 mars 2016

La SHA du 14ème annonce :

Gauguin auto portrait au christ jaune.JPGLes activités de la Société Historique et archéologique du 14ème sont diverses. ainsi :

Le 26 mars : à la salle polyvalente de la Mairie, à 15 heures : une conférence sera donnée sur : "Gauguin à Montparnasse et dans le 14ème", avec projections de Jean-Louis Robert.

Le 9 avril : Réunion à la salle polyvalente à 15 heures, à propos du jeu-concours : "Retrouvons le 14ème notre arrondissement", présenté par Yvan Belledame et Jean-Pierre Terseur. Le bulletin de participation est à demander auprès de la Société, 2 place Ferdinand Brunot et est à renvoyer avant le 19 mars chez Monsieur Belledame 31 rue Raymond Losserand 75014.

Le 21 mai à 15 heures, au départ de la Coupole : une promenade est organisée à Montparnasse par Georges Viaud sur : "le peintre portugais Amadeo de Souza Cardoso".

Photo: Autoportrait de Gauguin 1889 Musée d' Orsay

24 mars 2016

La Librairie Ecarlate annonce : rencontre avec Jacques Bouveresse mercredi 30 mars

le livre ecarlate 30 mars 2016 rencontre avec jacques Bouveresse.jpgLes Editions Agone et le Livre Ecarlate ont le plaisir de vous inviter à rencontrer :

Jacques Bouveresse, pour : "Nietzsche contre Foucault"

Le mercredi 30 mars 2016, à partir de 19 heures, à la Librairie Ecarlate : 31 rue du Moulin Vert - 75014-Paris-

Prochaines rencontres

Delphine de Vigan mercredi 6 avril

Benjamin Péret mercredi 13 avril

Jérôme Baccelli mercredi 20 avril

21 mars 2016

Arago, directeur de l'Observatoire de Paris

 François_Arago.jpgAprès la période dite des Cassini et celle relative à la Révolution (1793 – 1795), effectuée par Nouet, Perny et Ruelle, tous élèves de Cassini, une nouvelle équipe apparaît avec Lalande (de 1795 à 1801), Méchain (1801 à 1804), Delambre (1804 à 1822), Bouvard (1822 à 1843), et enfin Arago, de 1843 à 1853.

Il nous paraît intéressant de présenter Arago comme personnalité importante dans le domaine de l’astronomie et en général de la vie civile et politiqueArago est né le 26 février 1786 à Estagel près de Perpignan. Reçu premier à l’Ecole Polytechnique à 17 ans, il fut nommé secrétaire bibliothécaire du Bureau des Longitudes en 1805 et promu astronome adjoint en 1807. A la mort de Méchain, il contribua à la triangulation des Baléares (mise au point de la méridienne jusqu’à Barcelone).

En 1809, il est nommé à l’Académie des sciences, dont il deviendra secrétaire perpétuel jusqu’en 1830. Il étudie l’électro-magnétisme et découvre ainsi la possibilité d’aimanter un barreau d’acier en le plaçant au cœur d’un circuit électrique. Ampère en tirera l’invention de l’électro-aimant. Il ouvre un cours public d’astronomie en février 1813 à l’Observatoire. Le succès est immédiat et dépasse les espérances, nécessitant le transfert de ce cours au Collège de France.

Depuis 1830, Arago est député, extrême gauche ; il sera ministre de la guerre et de la marine du gouvernement provisoire de 1848. En 1834 il publie Astronomie Populaire, devenant la même année directeur des observations à l’Observatoire. En dépit de son refus de porter serment à Napoléon III, il conserve cependant sa charge de directeur. Il meurt quasiment aveugle le 2 octobre 1853.Après sa disparition, l’Observatoire de Paris change de régime : le Bureau des Longitudes en est dessaisi et ce sera le règne de Le Verrier…

- Documentation extraite du n° 26 de la revue de la SHA du 14ème.

16 mars 2016

Fleurissez vos fenêtres !

Des graines à tous les étages.jpegAvec l’opération « Des graines à tous les étages », la Ville de Paris encourage les Parisiens à végétaliser leurs bords de fenêtres, balcons et terrasses, pour participer à l’embellissement de notre cadre de vie et au développement de la nature en ville. L’opération se déroule en deux temps : à partir du 17 mars, des graines seront distribuées gratuitement aux Parisiens ; puis, à partir du mois de mai, les plus belles plantations seront récompensées dans le cadre d’un concours photo.

Lancement le mercredi 16 mars à la Maison du jardinage (41, rue Paul-Belmondo - Parc de Bercy, Paris 12e) en présence de Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris chargée des Espaces verts, de la Nature, de la Biodiversité et des Affaires funéraires, et de Catherine Baratti-Elbaz, maire du 12e arrondissement. Tout l’après-midi, des animations et ateliers de jardinage seront proposés aux Parisiens par les conseillers de la Maison de jardinage.

Des sachets de graines seront distribués gratuitement à l’accueil de La Mairie du 14e à partir du vendredi 18 mars. (2 place Ferdinand Brunot 75014)

20 février 2016

Commémoration de Missak Manouchian 21 février, rue de Plaisance

commémoration Missak Manouchian 21 février 2016.jpegLa mairie du 14e commémorera Missak Manouchian (1906-1944), poète et résistant français d'origine arménienne, commissaire militaire pour la région parisienne des Francs-Tireurs et Partisans - Main­d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI). Après de nombreux actes de résistance et d'attentats contre le régime collaborationniste, Manouchian et 21 de ses camarades furent fusillés par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien, en refusant d'avoir les yeux bandés.

Dimanche 21 février 2016 à 11h30, devant la plaque apposée en sa mémoire sur l’immeuble qui fut son dernier domicile, 11 rue de Plaisance.

09 février 2016

L'Observatoire de Paris au moment de la période révolutionnaire

L’Observatoire de Paris de 1789 à 1795 

observatoire-creation.jpgAu moment de la période révolutionnaire, Cassini IV voit s’achever la restauration et la réorganisation de l’Observatoire.(cliquer sur l'image pour l'agrandir) Le Règlement signé par Louis XVI est mis en œuvre. Il dispose de trois élèves appointés.Le 16 juillet 1789, une inspection d’une patrouille du district du Val de Grâce recherche des armes. Les difficultés commencent, l’argent vient à manquer pour l’entretien du bâtiment et les élèves sont plus assidus aux manifestations républicaines qu’aux observations.

Le 31 août 1793, la Convention stipule que les quatre astronomes jouiront des mêmes droits. Les astronomes sont Cassini et trois élèves recrutés en 1785 : Nouet, Perny et Ruelle. Nouet sera stagiaire à l’Observatoire en 1782 puis en mission géodésique à saint Domingue. En 1795, il partira avec l’Armée du Rhin puis ensuite avec l’expédition d’Egypte. Jean Perny de Villeneuve découvrira une comète en 1793 et sera amené en 1795 à établir des mesures de triangulation dans les Flandres. Alexandre Ruelle trouvera la protection de Cassini après avoir déserté un régiment de Dragons mais quittera l’Observatoire avant la fin de 1793. Il participera à la conspiration de Babeuf en 1797 ; condamné, il entrera dans l’administration de la Loterie où l’on perd sa trace.

Cassini n’accepte pas le décret du 31 août 1793 qui consacre l’annihilation de ses efforts. Il démissionne le 5 septembre 1793 après s’être confronté à ses élèves et au citoyen Lakanal, désigné comme inspecteur de l’Observatoire par le Comité de l’Instruction Publique. Après son départ, Perny fut nommé directeur temporaire durant un an,  puis remplacé par Nouet. L’Observatoire sera alors inactif et resta à l’abandon pendant deux ans.

Documentation extraite du n° 26 de la Sha du 14ème.

Le 14ème arrondissement : le plus "hospitalier" de Paris, conférence le 13 février

L’histoire des hôpitaux de notre 14ème est à intégrer à l’histoire religieuse et médicale des hôpitaux de Paris. Ainsi, l’Hôtel-Dieu est fondé au 2ème siècle par saint Landry évêque de Paris et est situé à partir du 9ème siècle au sud de l’ancienne cathédrale précédant la Notre Dame actuelle (12ème siècle). Les Sœurs Augustines sont en charge de cette hôpital et y resteront jusqu’au 19ème siècle.              

Au 13ème siècle, le roi Saint Louis fonde les Quinze-Vingts, deuxième de la capitale. A Paris, les premières hospitalières sont des femmes pieuses mais elles n’étaient pas des religieuses. Elles étaient des femmes volontaires destinées à aider les pauvres et les malades. En 1651, l’Hôtel-Dieu est sur l’île de la Cité en sa partie sud et face à la cathédrale gothique qui a remplacé l’ancienne cathédrale Saint Etienne.              

Un premier renouveau hospitalier se distingue au milieu du 17ème siècle, grâce à Saint Vincent de Paul et la création des Dames et des Filles de la Charité, avec Louise de Marignac et l’œuvre des Enfants Trouvés.               

Le 19ème siècle va fonder l’hôpital moderne grâce à Pasteur, Lister (Joseph Lister, l'un des premiers à utiliser les techniques préconisées par Pasteur) et aux premiers chirurgiens. Un progrès sensible apparaît au début du 19ème siècle : le malade est seul dans son lit et les contagieux sont séparés des autres.  

Une conférence de Roland Berman sur l’histoire des hôpitaux du 14ème aura lieu le samedi 13 février à 15 heures, à la mairie du 14ème, salle polyvalente.

2 place Ferdinand Brunot 75014 Métro Mouton- Duvernet- Bus 28

01 février 2016

Une famille d'astronomes : les Cassini (suite) (IV)

Jean- Dominique Cassini IV 1748-1845.jpg Jean-Dominique, comte de Cassini, est né à l’Observatoire de Paris le 30 juin 1748. Il fit ses études secondaires au collège du Plessis à Paris, puis chez les Oratoriens à Juilly.

En 1768, il est nommé commissaire pour « l’épreuve des montres marines » et à cet effet, il voyage en Atlantique, entre l’Amérique et les côtes d’Afrique. En 1770, il est élu à l’Académie des Sciences et devient membre associé en 1785. L’académie le charge de la rédaction du « voyage en Californie », de l’abbé Chappe. Il assume graduellement les responsabilités de directeur de l’Observatoire, lorsque la maladie tient Cassini III éloigné de ses responsabilités.

Officiellement directeur en 1784, il persuade Louis XVI de l’urgence qu’il y a à restaurer le bâtiment qui ne l’a pas été depuis sa construction. Il renonce peu à peu à son travail scientifique et se consacre à des écrits visant à défendre le prestige scientifique de sa famille.

En 1810, il publie ses mémoires « pour servir à l’histoire des sciences et à celle de l’Observatoire royal de Paris ». Ces documents sont précieux, notamment en ce qui concerne la période dite révolutionnaire.cassini carte de paris.png

Maire de Thury et juge de paix, il se consacre à ses administrés. Il sera pensionné et décoré par Napoléon, puis par Louis XVIII. Il meurt le 18 octobre 1845, à 97 ans.

Les Cassini participèrent pour l’essentiel à la création des cartes de France. Colbert s’adressa naturellement à cette illustre famille. Une carte spéciale des environs de Paris fut ainsi gravée de 1671 à 1678, mais n’était pas graduée en coordonnées géographiques (longitude et latitude), l’Académie n’ayant pas voulu cautionner un méridien imparfait.

- Documentation extraite du n° 25 de la revue de la Sha du 14ème.

25 janvier 2016

Une famille d'astronomes : les Cassini (suite) (III)

César-François_Cassini miniature de Jean-Marc Nattier.jpgCésar-François Cassini était le second fils de Jacques Cassini. Il était né à Thury (Oise) le 17 juin 1714. Il étudie en famille à l’Observatoire de Paris et montre très tôt des dons pour l’astronomie. Sa carrière scientifique prend part au débat qui oppose cartésiens et newtoniens à propos de la forme de la Terre. Cassini II décida d’entreprendre la mesure de la perpendiculaire à la méridienne, de Brest à Strasbourg, mesure de grande importance pour l’établissement de la carte de France. Il fut aidé dans cette opération par son fils César-François qui se familiarisa ainsi avec les opérations géodésiques.

L’Académie décide d’organiser deux expéditions, l’une au Pérou en 1735 et l’autre en Laponie en 1736, pour mesurer un arc de méridien sous des latitudes différentes. Les premières opérations géodésiques établies par Cassini II ont paru à César-François comme étant douteuses. En conséquence, on revérifia la méridienne de Paris en 1739 et 1740, l’arc Dunkerque-Collioure n’était pas assez étendu pour permettre de déterminer une courbure significative, compte-tenu des erreurs de mesure.

César-François épousa en 1747 Charlotte Drouin de Vandeuil et eut deux enfants : Jean-Dominique, qui lui succéda à l’Observatoire sous le nom de Cassini IV, et une fille, Françoise-Elisabeth. Il fut par ailleurs membre étranger de la Royal Society et de l’Académie de Berlin et renoua des liens avec la ville de Bologne.
En 1771, Louis XV créa pour lui le poste de directeur général de l’Observatoire. Ainsi, il obtenait le droit héréditaire d’être logé à l’Observatoire avec survivance pour ses héritiers. Cassini III fut surtout un grand géodésien et un cartographe de talent. On peut lui attribuer la qualité du travail qui accompagna l’établissement de la première carte moderne de la France.

- Documentation extraite du N° 25 de la S.H.A du XIVe

 

21 janvier 2016

Les activités de la SHA du 14ème : conférence samedi 23 janvier 15h

Le  samedi 23 janvier, 15h, une conférence avec projection aura lieu à la salle polyvalente de la Mairie et concernera : La légende des siècles ; l’histoire des voies du 14ème. Cette conférence avec projection sera faite par Monsieur Georges Viaud.

Notre arrondissement est le seul de Paris à compter un certain nombre de voies évoquant La Légende des siècles de l’Antiquité au 20ème siècle. Le 14ème a été constitué de parties annexées aux villages de la banlieue : Gentilly à l’est de la rue de la Tombe Issoire, de Montrouge avec le Petit Montrouge, qui était alors plus important que la ville elle-même et du village de Vaugirard à l’ouest de la rue de Vanves.

De l’Antiquité nous avons reçu les rues des Thermopyles, Léonidas, la cité Hannibal, les rues d’Alésia, de Gergovie et de Vercingétorix. Plus tard, de Rome, nous avons l’avenue Sibelle et les rues de l’empereur Julien et de l’empereur Valentinien.

L‘évocation de ces rues nous promet une promenade instructive dans le passé, à la fois historique et contemporain de notre arrondissement.

Salle polyvalente de la Maire du 14ème . 2 place Ferdinand Brunot

18 janvier 2016

Une famille d'astronomes : les Cassini (suite) (II)

 Nous avons traité dans un précédent article l’histoire de Jean-Dominique Cassini (1624-1712).

Cassini Jacques  dit Cassini II portrait hypothétique.jpgNous traitons aujourd’hui le parcours de Jacques Cassini, fils du précédent (1677-1756). Il est né à l’Observatoire et commence ses études à l’Observatoire même, avant d’entrer au Collège Mazarin. Elève à l’Académie des Sciences en 1694, il succède à son père comme pensionnaire en 1712. Il est associé à ses travaux tout en traversant l’Europe avec lui. Il prend part à de nombreuses opérations géodésiques et astronomiques et se lie d’amitié avec Newton, Halley, Flamsteed. Il est admis à la Royal Society, ainsi qu’à l’Académie de Berlin.

C’est lui qui effectue en grande partie les opérations géodésiques sur la méridienne qui va de Dunkerque à Collioure. Ses travaux astronomiques ne sont pas aussi importants que ceux de son père, mais cependant, il établit la première détermination significative du mouvement des étoiles : il est établi que l’univers stellaire n’est pas immuable et que les « étoiles fixes » ne méritent pas cette affirmation rigoureuse.

En 1740, il abandonne progressivement son activité scientifique, laissant à son fils César-François le soin de poursuivre le travail familial, à savoir la charge de l’Observatoire et l’établissement de la carte de France.

Il assura par ailleurs d’importantes charges administratives : maître ordinaire de la Chambre des Comptes, Magistrat à la Chambre de Justice en 1716 et Conseiller d’Etat en 1722. Il mourut le 15 avril 1756, des suites d’un accident survenu sur le chemin de sa propriété de Thury.

- Documentation extraite de la revue de la SHA n° 25 du 14ème. 

03 janvier 2016

Jean-Dominique Cassini (1625-1712)

Quatre générations de Cassini se sont succédé à la tête de l’Observatoire de Paris, fondé en 1667. On peut ainsi parler d’une dynastie.

jean- dominique Cassini.jpgLe premier de la lignée, Jean-Dominique, était né à Périnaldo en Italie (Comté de Nice). Il fit des études chez les Jésuites à Gênes, ainsi que des études de lettres et de théologie. Une grande curiosité intellectuelle le pousse vers la poésie, les mathématiques et l’astronomie.

Attiré par l’astrologie, il se rend à l’évidence et comprend que celle-ci est une pseudo-science. Invité par le riche marquis C. Malvasia, il découvre dans son observatoire de nombreux instruments mis à sa disposition et travaille avec deux astronomes : les pères Riccioli et Grimaldi. Ses observations et ses publications astronomiques de valeur, le font nommer professeur d’astronomie à l’université de Bologne en 1650. Il a 25 ans. En 1663, il entre au service du pape. Sa notoriété ayant franchi les frontières, Colbert, en 1668, lui offre de devenir un membre correspondant de l’Académie. Il lui demande de l’aider dans la construction du nouvel observatoire de Paris.

Cassini quitte Bologne en février 1669 et est reçu par le roi. Participant aux travaux de l’Académie, il s’engage à faire modifier les plans de Perrault pour mieux adapter le bâtiment aux observations astronomiques. Cependant, il n’est pas accueilli favorablement par certains académiciens. Mais séduit par la vie et les conditions de travail qui lui sont faites, il s’habitue à son nouvel état et gagne les collaborations essentielles à l’Académie. Dès 1671, il commence les travaux d’observation et assure la direction scientifique de l’Observatoire.

Sa naturalisation à la citoyenneté française lui fut obtenue en 1673. Il se marie en 1674 avec Geneviève de Laistre qui lui apporte en dot le château de Thury en Beauvaisis, qui deviendra la résidence d’été de la famille. Il aura deux fils : Jean-Baptiste et Jacques, ce dernier lui succédera à ses fonctions en 1712.

La famille Cassini est très attachée à la paroisse Saint Jacques du Haut-Pas, alors paroisse de l’Observatoire. En 1710, devenu aveugle, Jean-Dominique obtient de l’archevêché la permission de faire dire la messe dans son appartement. Il meurt en septembre 1712 et est inhumé en sa paroisse de Saint Jacques.

- Documentation extraite du N° 25 de la S.H.A du XIVe.

23 décembre 2015

La Fondation de l'Observatoire de Paris (II)

l'observatoire de Paris.jpgDepuis sa construction, l’Observatoire a subi peu de changements. Seules, les sculptures ornant le fronton triangulaire de la tour carrée nord ont disparu. Au 19ème siècle, de chaque côté du bâtiment principal furent adjointes deux ailes supplémentaires et la terrasse sud fut dallée en 1843.

Le domaine fut agrandi en 1884 par l’adjonction de jardins privés provenant d’anciennes maisons situées sur le lieudit Longue Avoine. Cet agrandissement s’arrêta à la tranchée effectuée en 1866 pour le percement du boulevard Arago. La partie sud de ce terrain qui est en pente jusqu’au niveau du boulevard, est ouverte au public l’après-midi.l'observatoire de  paris site.jpg

Lors de l’annexion de ces terrains, l’amiral Mouchez, alors directeur de l’Observatoire, fit combler les fossés sud de la terrasse. A cet endroit, existait une mare qui servait de trop-plein aux eaux de l’aqueduc de Rungis et d’Arcueil et qui alimentait un lavoir public situé sur le grand chemin du Faubourg Saint Jacques.

En 1970, le domaine de l’Observatoire s’est encore agrandi par l’acquisition de terrains situés sur l’avenue Denfert-Rochereau (au 77). Ces terrains comportaient au 18ème siècle une propriété disparue à ce jour. Depuis, deux immeubles ont été construits. L’un abrite les services techniques et administratifs de l’Institut National d’Astronomie et de Géophysique (INAG), et le service des calculs et de mécanique céleste du Bureau des Longitudes. Sont installés également les laboratoires de recherche de l’Observatoire, et notamment le Bureau International de l’Heure.

L’Observatoire de Paris marque une date dans l’organisation de la recherche ; il s’agit là du premier observatoire national. L’Observatoire de Greenwich sera fondé huit ans plus tard.

Documentation extraite du n° 25 de la revue de la SHA du 14ème.

16 décembre 2015

La Fondation de l'Observatoire de Paris (I)

 En 1666, l’Académie des Sciences appelée aussi Nouvelle Académie venait d’être créée. Elle était installée rue Vivien, dans des bâtiments appartenant à l’un des fils de Colbert. Les astronomes de l’époque s’y trouvèrent très vite à l’étroit.

Observatoire de Paris HenriColbert présente à LouisXIV les membres de l'académie royale des Sciences on voit au fond l'observatoire de paris en construction peinture de Testelin.jpgDès 1665, Adrien Auzout se fit l’interprète auprès du roi pour demander la construction d’un grand observatoire. Il intéressa Colbert au projet, qui accueillit favorablement la suggestion. L’acte de vente d’un grand terrain fut signé le 7 mars 1667.
Le domaine était d’une superficie de 2,5 hectares, situé hors de Paris, au lieu-dit le Grand Regard (il s’agit du regard de l’aqueduc des eaux de Rungis et d’Arcueil, construit en 1613) . On érigea un mur de clôture. L’entrée principale se fit par le chemin du Faubourg Saint Jacques, l’actuelle avenue de l’Observatoire n’étant réalisée qu’en 1811, et dont le  projet était prévu depuis 1796.

L’emplacement fut particulièrement bien choisi, car ici c’était la campagne avec des moulins à vent. L’horizon était dégagé de tous côtés.

Le 21 juin 1667, les astronomes de l’Académie vinrent tracer la méridienne qui devait servir à orienterObservatoire de  Paris-meridienne.jpg
le bâtiment
. L’architecte Claude Perrault (frère du conteur) dressa les plans du bâtiments. La construction fut rapidement menée, en dépit des travaux de consolidation exécutés dans les sous-sols. Le gros œuvre fut terminé en 1672, tandis que les travaux d’aménagement se poursuivirent jusqu’en 1683. On profita de la présence des carrières souterraines pour aménager un puits de 28 mètres. Ce puits devait servir à des observations zénithales. En fait, il n’a servi qu’à des expériences sur la chute des corps et sur le pendule.   (à suivre).

Documentation extraite du n° 25 de la SHA du 14ème.

Photo 1:Colbert présente au Roi Louis XIV les membres de l'Académie royale des Sciences. L'observatoire en construction est visible à l'arrière plan. (Peinture de Henri Testelin d'après Charles le Brun conservée au Château de Versailles)

Photo 2: Salle méridienne, dite salle Cassini : sur la ligne de laiton, longue de près de 32 mètres, vient se projeter l’image elliptique du Soleil produite par un gnomon situé à une hauteur de 9,9377 m7. (Un gnomon est un instrument astronomique servant à établir la hauteur du soleil. Celle-ci est déterminée par la longueur de l'ombre projetée par l'instrument sur une table le plus souvent plane).Le méridien de Paris est défini le 21 juin 1667 par les mathématiciens de l'Académie. En ce jour de solstice d'été ceux-ci tracèrent sur le sol le méridien puis les autres directions nécessaires à l’implantation exacte du futur Observatoire de Paris.

Hommage à Robert Marchand le 19 décembre 9h30

robert marchand,paris 14eLe dévoilement de la plaque en hommage à Robert Marchand, à l'initiative du Conseil de Quartier Montparnasse-Raspail, aura lieu  le 19 décembre à 9h30, sur le mur de l'Ecole des Beaux-Arts au 80 Bd Montparnasse, Paris 14e.

Cette cérémonie aura lieu en présence de M. Claude Frescura, représentant sa famille, et de M. le Colonel (h) Fred Moore, Chancelier de l'Ordre de la Libération, Délégué national du Conseil national des communes «Compagnon de la  Libération, Sophie JOSPIN Chargée de Mission Affaires scolaires et périscolaires, Politique de la Ville, Citoyenneté et Vie associative, Cabinet de Carine PETIT, Maire du 14ème.

Lien vers la page de l'Ordre de la Libération qui lui est consacrée. (cliquer)

07 décembre 2015

Paul Verlaine à l'hôpital Broussais (1895)

Paul Verlaine.jpgDans les derniers jours de sa vie, Verlaine, dans ses rechutes successives, se réfugiait à l’hôpital : il fut ainsi tour à tour pensionnaire de Vincennes, Tenon, Saint Antoine, Cochin et Broussais. Pierre Louÿs lui rendit visite. Il en fit le récit suivant :

Une vision socratique à un point inouï. Des yeux de fauve, très obliques, un front énorme, une barbe inculte, longue, poussant jusque sous les yeux et très rare sur le menton ; voilà se qui me frappa. Puis je regardais tout autour. Quelle misère ! Sur un lit de fer, des draps grossiers et sales et au fond, adossé sur un oreiller presque vide, il avait sur la tête un bonnet de coton sale, d’où tombaient sur un gros cou, des mèches droites de cheveux gris et sur le corps, une chemise en grosse toile marquée de majuscules noires HOPITAL BROUSSAIS. La chemise, entièrement ouverte, laissait voir sa poitrine velue, grise et grasse. Nous nous approchons. Il salue, ramène vivement sa chemise, rougit un peu et nous fait enlever ses manuscrits de la chaise, qui est près de son lit. Je vais prendre une autre chaise dans un coin.Au dessus de sa tête, son numéro de lit, sa pancarte : « VERLAINE, PAUL, HOMME DE LETTRES » ; et, sur une planche étroite, des lettres, des feuillets et une pile de livres brochés, recouverte de papier journal, au bas de laquelle est une Bible.  

Nous vous proposons, afin d’illustrer ce qui précède, trois strophes extraites d’un volume de poèmes : « Romances sans paroles », afin que le lecteur puisse apprécier la sensibilité et la musicalité de la poésie de Verlaine.

Dans l’interminable ennui de la plaine 

Dans l’interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable. 

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune. 

 

Corneille poussive,

Et vous, les loups maigres,

Par ces bises aigres,

Quoi donc vous arrive ?

30 novembre 2015

Une histoire de la Cité universitaire ( VIII)

1945 - 1946 

      En septembre 1945, les militaires quittent la Cité. Le nouveau recteur Lirondelle a été nommé Délégué Général. La tâche de remise en état des immeubles est ardue compte tenu du dénuement général. Peu à peu les Maisons sont repeintes, les chambres remeublées : on ajoute des lits supplémentaires et dès la rentrée de 1946, 3000 jeunes gens retrouvent leur place boulevard Jourdan.

    On constate un afflux important de contingents d’étudiants étrangers : la Cité en reçoit un millier. Pressée de reprendre sa tâche, la cité a dû refuser à l’UNESCO, l’installation provisoire à la Maison Internationale des bureaux de son siège.

Raoul Dautry.jpg1948 - 1950 Raoul Dautry remplace André Honnorat, à la direction de la Fondation Nationale. A partir de mai 1950 , il est secondé par le recteur Marchand, Délégué Général. 

1950 – 1969 

Les trois membres fondateurs disparaissent l’un après l’autre, à partir de l’ été 1950.

De nouveaux chantiers s’ouvrent sur le Campus : Cité Internationale Universitaire saison-2-acteurs-clés.jpgchantiers de maisons nouvelles, chantiers de travaux d’embellissement et d’équipement, aménagement de nouveaux terrains de sport, nouveaux locaux pour les services.. Ce ne sont plus 3000 étudiants prévus à l’ouverture de la Cité, mais 6000. De même qu’une église avait été édifiée sur le territoire de Gentilly, dûe à la générosité de Pierre Lebaudy, on envisage de construire un centre protestant, une synagogue et une mosquée. Deux nouveaux restaurants sont aménagés. Ils servent journellement une moyenne de 10 000 repas. En 1958, l’Hôpital Universitaire Internationale (côté pair du boulevard Jourdan) était mis en service. Après la disparition de Raoul Dautry, c’est André François-Poncet, puis Bernard Chenot qui assumèrent la présidence de la Fondation. Les présidents se sont toujours appuyés sur les Délégués Généraux. L’importante donation Kahn Wolf de 1973 permettra de prévoir, dès que les terrains occupés par l’Ecole Normale Supérieure de Jeunes Filles auront été libérés, une grande Maison de Résidence Internationale.  

photos : 1 ) Raoul  Dautry -2) les acteurs de la construction saison2 ( 1946- 1969)

21 novembre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris - VII-

1940 – 1944

A partir de juin 1940, le domaine est totalement occupé par les Allemands, à l ‘exception des bâtiments du Service administratif et du Service médical.
Pauvres en moyens matériels, un comité des œuvres sociales joue un rôle précieux auprès des anciens résidents prisonniers ou de ceux qui étant en situation de détresse, reviennent. Le service médical est très actif. On y cache parfois quelques persécutés…
André Honorat et Jean Branet président et secrétaire de la Fondation, ainsi que le recteur Charléty sont en « zone libre ». Le directeur du Collège Franco-Britannique : Auguste Desclos ainsi que Lucien Maury, de la Fondation Suédoise, et les directeurs des Fondations Belge et Hellénique défendront la Cité jusqu’à la Libération.
La proximité d’une usine de construction aéronautique (Gnome et Rhône) et la transformation en casernes des maisons de résidence fit craindre l’anéantissement de la cité par des bombardements éventuels. La réouverture d’une ou plusieurs maisons au profit des étudiants est totalement exclue durant cette période.
Août 1944 : c’est la Libération. Parmi les troupes américaines et les soldats de l’armée Leclerc, se trouvent d’anciens résidents qui viennent aux nouvelles.
Cité Internationale Universitaire Maison des Etudiants Canadiens  2.jpgDurant ces cinq années d’occupation, la Cité universitaire avait néanmoins beaucoup souffert. Les services de l’Education de l’armée américaine s’y installeront à l’automne 1944. Un semblant de vie culturelle renaît peu à peu. La Maison Internationale et la Maison du Canada reçoivent des activités diverses auxquelles sont conviés les étudiants français et leurs maîtres, relations qui leur vaudront ultérieurement des postes temporaires ou permanents outre-atlantique.

Photo : la Maison  des Etudiants canadiens

08 novembre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris -V-

Naissance et croissance, de 1920 à 1939

1931-

cité internationale fondation suisse.gifCette année-là voit l’ouverture de la dix huitième fondation, celle de la Confédération Helvétique, puis de la dix neuvième : le Collège franco-britannique.

Des services communs à toute la Cité, dont quatre restaurants sont ouverts progressivement, en attendant la construction de la Maison Internationale capitale de la Cité.

1932-

André Honnorat cède ses fonctions au recteur Coulet qui mettra en place l’organisation administrative de la Cité ainsi qu’un règlement général que toutes les fondations devront respecter.

La libération des terrains de l’ancienne « zone » occupés par une population pauvre et hétéroclite permettra l’aménagement de jardins. Le dernier des 860 « zoniers » ne s’en va qu’en février 1934.

1934-cité internationale universitaire parc.jpg

André Honnorat aura jusqu’à la fin de sa vie en 1951 le souci d’assurer à chaque maison un cadre de verdure et un environnement agréable. Il en discutera le plan et choisira les plantations. De ses voyages, il rapportera des graines et des plantes, tels les pins blancs du Temple du Ciel à Pékin, des lavandes de ses Alpes de Haute Provence. Il fit également aménager les terrains de sport et dans le souci d’effacer les antagonismes nationaux, il demanda que les équipes sportives étudiantes ne fussent jamais nationales. La construction du stade universitaire dénommé Charléty fut parachevée depuis la seconde  guerre mondiale.

1936-

cite universitaire batiment central.jpgLe 14 novembre 1936, la Maison Internationale fut inaugurée grâce au mécénat de John D. Rockfeller Junior qui fit une donation royale de trois millions de dollars. Cette maison comporte salons, salles de spectacles, restaurant, bureaux administratifs, bibliothèque centrale, chambres d’hôtes et un bureau de poste.

Le 1er septembre 1939, la Cité se vide de ses résidents. Ceux-ci à l’époque étaient répartis dans 19 maisons abritant 2400 ressortissants de 52 nationalités.

Photos: 1) fondation suisse 2) parc de la Cité Internationale Universitaire 3) la Maison Internationale

- Documentation extraite de la Revue N° 23 de la S.H.A. du 14e.

28 octobre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris -IV-

Naissance et croissance, de 1920 à 1939 

1929-1930

La mise en souterrain du chemin de fer de Sceaux fut évaluée à 23 millions de francs. Les travaux terminés en 1931, la ligne fut électrifiée et rattachée à la Compagnie du Métropolitain de l’époque (CMP). Le trajet entre la Cité et le Quartier Latin fut ainsi raccourci, le terminus de la ligne s’établissant à la station Luxembourg.

Cité Internationale Universitaire  maison de cuba.jpgPlusieurs donations portèrent de douze à quinze les fondations de la Cité : la Maison de Cuba, le Collège des Etudiants du Danemark, la Maison de Monaco. Cette dernière maison inaugurée le 17 mai 1937 sera la dernière des maisons construites avant la Seconde Guerre Mondiale.

La seizième fondation fut celle de la Grèce,Cité internationale universitaire Fondation hellenique.jpg achevée en 1932, et financée par des mécènes grecs pour 82 %, le solde par le gouvernement grec.

La dix septième fut celle de la Maison des Provinces de France.

Cité Internationale Universitaire maison-des-provinces-de-france.jpg

 

 

 Madame Charles-Louis Dreyfus créa un service médical, cellule mère du futur Hôpital Universitaire International, qui sera construit après la guerre entre les numéros 40 et 48 du boulevard Jourdan.

Sur le terrain du n° 48 se replia en 1940 sur des constructions légères et provisoires, l’Ecole Normale de Jeunes Filles de Sèvres. Aujourd’hui, de nouveaux bâtiments sont en cours de construction.

Photos :1) Maison de Cuba 2)Fondation hellénique 3) Maison des provinces de France

18 octobre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris -III-

Naissance et croissance, de 1920 à 1939

1927-Cité internationale Universitaire maison du japon 2.jpg

Cinq fondations avaient été lancées de 1923 à 1925. Six autres suivront quant à leur mise en construction. Il s’agit des maisons du Japon, (première  pierre posée en octobre 1925),  du collège néerlandais inauguré en novembre 1927, puis viendront la maison des Etats-Unis (première pierre en avril 1928), la maison de l’Indochine (première pierre en juillet 1928), la maisonCité U maison de suède et collège d'espagne.jpg d’Espagne, puis la maison de Suède (première pierre en avril 1929).

En juin 1927, David Weill fait une donation de 1 million 950 000 francs, permettant à la Ville de Paris d’acheter à l’Etat un terrain de 1 hectare 80 à la porte de Gentilly. La superficie de la Cité se porte alors à 40 hectares, ce qui permettra après la Seconde Guerre mondiale d’implanter les maisons d’Italie, de l’Inde, du Maroc, des Industries alimentaires, du Portugal et de la Fondation franco-brésilienne.

maison-du-maroc-cite-internationale-universitaire.jpg

1928-

Le 20 juillet, la Cité « U » s’étendra de nouveau sur une bande de terrain située sur Gentilly mais qu’elle perdra plus tard pour livrer passage au boulevard périphérique.

Il faut savoir qu’à cette époque, la ligne dite de Sceaux, dont la Compagnie d’Orléans était propriétaire, traversait en surface le terrain de la Cité. Deux passages à niveau situés boulevard Jourdan et à Gentilly furent supprimés. La Ville de Paris participa au financement du souterrain actuel.

photos 1) maison du Japon -2) Maison de la Suède et Collège d'Espagne 3) maison du Maroc

10 octobre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris -II-

Naissance et croissance, de 1920 à 1939 (suite)

cité internationale Universitaire Fondation biermans lapotre façade.jpgAvril 1924-

La première maison étrangère, celle des étudiants belges et luxembourgeois sera inaugurée le 4 novembre 1927, après une donation de 15 millions faite par Monsieur et Madame Biermans-Lapôtre.

Mai 1924-

Cité internationale universitaire maison de l'argentine.jpg

Une donation de Otto Bemberg sera faite à la république d’Argentine pour la construction de la maison de ce pays. Cette maison peut se prévaloir d’un privilège d’extraterritorialité contraire au principe de neutralité politique. La maison sera ouverte en 1928.

Décembre 1924-

Une donation du sénateur Wilson et de ses amis est faite pour la construction d’une maison des étudiants canadiens, qui sera inaugurée par le prince de Galles en octobre 1926.

1925-

André Honnorat, compte-tenu des difficultés pour obtenir des fonds, s’efforce avec l’aide du conseiller d’Etat Jean Branet et du banquier David David-Weill, de donner une base juridique et financière à un organisme destiné à la gestion de la Cité, au nom de l’Université de Paris. Il crée la Fondation nationale de la Cité Universitaire de Paris, reconnue d’utilité publique et chargée avec l’Université de Paris de réaliser et de gérer la Cité selon des dispositions statutaires très précises. Le triumvirat Honnorat, Branet et David-Weill déploie une activité intense qui fait de la période 1925-1936 la phase la plus créative de la cité. (A suivre)

André Honnorat photo 2.jpg

Cité Internationale Universitaire jean-branet.jpg

David David-Weill par Édouard Vuillard,1925.jpg

- Documentation extraite du N° 23 de la revue de la S.H.A. du 14e.

Photos:

1) fondation Biermans-Lapôtre

2) maison de l' Argentine

3) André Honnorat, 4) Jean Branet (monument édifié à la Cité Universitaire), 5) David David-Weill peint par Vuillard

04 octobre 2015

Une histoire de la Cité Universitaire de Paris (I)

Naissance et croissance, de 1920 à 1939

Année 1920-André Honnorat-ciup-.jpg

L’idée d’un projet de Cité ouverte aux étudiants de tous les pays susceptibles d’étudier à Paris a été proposée par le député André Honnorat qui l’avait exposée en septembre 1918 à la Chambre des Députés.

Celui-ci devint ministre de l’instruction publique en janvier 1920. Il avait rallié à son idée le recteur de l’Académie de Paris, Paul Appell qui lui-même lui présenta Emile Deutsch de la Meurthe, pressenti pour financer la première fondation.

Honnorat fit pression pour que Deutsch de la Meurthe reçoive de l’Etat et de la Ville de Paris la libre disposition d’un terrain (30 hectares) pour construire une cité prévue pour trois mille étudiants. Précisons que Deutsch de la Meurthe offrait un don de dix millions de francs or pour lancer la première maison de la Cité.Émile Deutsch de la Meurthe 1921.jpg

Juin 1921-

Entre l’Etat (ministère de la Guerre) et la Ville de Paris, une convention détermina la vente de neuf hectares de fortifications et de dix huit hectares de terrains adjacents de l’ancienne zone militaire. Puis, ces vingt sept hectares firent l’objet d’une cession entre la Ville et l’Université de Paris. L’Université reçut du Parlement (28 juin 1921) un crédit de 13 millions cinq cent mille francs pour l’acquisition de ces vingt sept hectares. L’aménagement des terrains demanda ensuite presque deux ans.

Mai 1923-

La première pierre de la Fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe est à l’origine de la naissance de la Cité.

(A suivre)

Cité Inernationale Universitaire fondation_louise_et_emile_deutsch_de_la_meurthe.jpg

- Documentation extraite du N° 23 de la Revue de la S.H.A du 14e.

Photos : 1) André Honnorat - 2)Emile Deutsch de la Meurthe- 3) Fondation Deutsch de la Meurthe .

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