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21 mai 2007

St Pierre de Montrouge - Visite architecturale - 1863-1872

Isabelle Loutrel, paroissienne et documentaliste en histoire de l’architecture, vous propose une rencontre hebdomadaire sur le blog pour évoquer la construction  de l’église St Pierre de Montrouge ,bâtie à partir de 1863 par l’architecte Emile Vaudremer.

Une bibliographie est disponible en permanence sur la page.

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I -L’implantation de Saint-Pierre de Montrouge dans le quartier

Jusqu'en 1860, le quartier ne faisait pas partie de la ville de Paris qui arrêtait ses limites aux barrières d'octroi de Claude-Nicolas Ledoux, c'est-à-dire, en ce qui concerne notre arrondissement, celle de Denfert-Rochereau abritant aujourd’hui le service des carrières et l’entrée des catacombes. Avant la construction de St Pierre, les terrains étaient donc sur la commune de Montrouge, commune très étirée et morcelée puisque les fortifications construites par Thiers pour défendre l'accès de Paris vers 1840 venaient séparer le Petit-Montrouge, actuel 14e arrondissement, du Grand-Montrouge, actuelle commune de Montrouge.

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Ce célèbre plan des Cassini (astronomes drirgeant l'Observatoire de Paris, de père en fils) montre la limite de Paris, et Montrouge, représenté par sa paroisse et son cimetière.

Elles furent remplacées dans les années trente par la bande d’immeubles à bon marché en brique bordant maintenant les boulevards des maréchaux. Devant le manque sensible d’un lieu de culte de proximité dans le quartier du Petit-Montrouge, il est décidé, en 1848,  d’édifier la chapelle St Pierre entre l’actuel passage Rimbaut et la rue Thibaud, mais l'idée de construire une grande église pour faire le pendant avec St Jacques le Majeur du Grand-Montrouge avait pris corps. Les crédits manquèrent et seuls de nouveaux terrains furent acquis en 1852. La petite chapelle provisoire continua donc son rôle de lieu de culte pour cette partie de Montrouge, malgré sa mauvaise qualité de construction. 

 

Bibliographie sommaire :

-Vaudremer, Emile. Monographie de Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1872.
-Inventaire général des œuvres d’art appartenant à la Ville de Paris dressé par les services des Beaux-Arts, Paris, 1878-1886.
-Plaquette de l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge, diocèse de Paris, 1984.
-Brunel, Georges. Dictionnaire des églises de Paris, Paris, 1995.
-Thomine, Alice. Emile Vaudremer, éd. Picard, Paris, 2004

Voir l'article suivant 

14 mai 2007

la mystérieuse et médiévale Tombe-Issoire (suite)

Dans un précédent article -voir l'article-, nous nous étions efforcés de cerner les origines de la légende concernant la mort du géant Isoré  et de la réalité de sa tombe située sur le parcours du grand chemin d'Orléans. Ce n'était qu'une légende forgée à partir d'un fait réel qui s'était passé à Lutèce en 978… Cette légende s'alimentait de la réalité tout simplement, mais n'avait aucun fondement historique qui eût pu corroborer l'existence même de ce géant.

Aussi nous faut-il reprendre nos investigations. Un chroniqueur vivant au XVII° siècle, Henri Sauval (1623 - 1676) constatait dans une de ses chroniques que …" sur le grand chemin d'Orléans, une vieille croix ruinée, est appelée la Croix Isore et ne ressemblait pas mal au Tombeau d'une personne de qualité ; car, outre qu'elle était de pierre, et élevée sur une espèce de tertre. Elle était encore plantée au milieu d'une autre pierre fort grande et carrée, longue à la façon d'une Tombe"…

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L'actuelle rue de la Tombe Issoire, à hauteur de la rue d'Alésia

 Il faut préciser ici que, sur le territoire futur du 14e ardt, il existait des croix de carrefour. A l'époque du récit ci-dessus, on en dénombre encore huit, dont faisait partie celle située au carrefour actuel des rues Dareau et Tombe Issoire. La croix qui nous concerne se nommait : " Croix de la Tombe Isore".
On sait depuis longtemps que ces croix répandues en nos campagnes  et sur certains lieux-dits, commémoraient un événement local et faisaient l'objet souvent de légendes diverses. Pour compléter le tout, on sait qu'il existait dans Paris, au Moyen Age, d'autres croix de carrefour qui avaient repris à leur compte la légende  du géant Isoré. Il faut encore préciser que notre rue de la Tombe Issoire était la route qui conduisait les pèlerins vers Saint Jacques de Compostelle, et que souvent les routes offraient des étapes où l'on rencontrait telle relique de saint, ou parfois de héros de chansons de geste… L'univers poétique et onirique de tout le Moyen Age était d'une grande richesse, mais aujourd'hui il est inintelligible pour nous, excepté aux spécialistes.

Mais continuons notre enquête. Vers 1678, le plan d'Albert Jouvin de Rochefort, représentant une partie du territoire qui concerne le secteur Dareau /Tombe Issoire, mentionne un lieu-dit du nom de Tombisoire, placé exactement au carrefour mentionné plus haut. Différentes orthographes sont à souligner à ce sujet, puisqu'on relève : Tumbam Isaure (1231), Tumbam Ysore (1259), Tombe Isoire (1466) et enfin Tombisoire en 1675. Une ordonnance de la ville, de mars 1736, confirme ce toponyme en reprenant les modifications phonétiques successives dues à l'évolution de la prononciation des mots dans la langue française.  Précisons que le nom composé de Tombe-Issoire ou Tombissoire se rencontre aussi en Picardie, à Jonquières, près de Compiègne, et au S.E de cette localité à Canly. Le nom signifie "un souterrain sonore". Par ailleurs, il y a lieu de penser que pour des raisons linguistiques, anecdotiques, géographiques, les vocables de "tombe" et "issoire" se soient accolés tout naturellement.

Ce qui va nous conduire à l'explication des mots "Tombe issoire", que nous allons vous donner très prochainement. 

R.R.

NDLR : documentation provenant du n° 46 de la Revue de la S.H. A. du 14ème

08 mai 2007

La médiévale rue de la Tombe Issoire

Notre 14ème arrondissement possède une rue dont le nom est peut-être le plus mystérieux et le plus énigmatique :  la rue de la Tombe Issoire,  ancienne voie romaine de Lutèce à Orléans.

L'explication la plus couramment donnée est celle qui se rapporte à l'histoire, ou plutôt à la légende concernant la mort et l'inhumation du géant Isoré, tué en un combat singulier au XII° siècle, aux portes de Paris. Cette histoire est rapportée par l'une des versions du Moniage Guillaume, texte anonyme du XII° siècle, appartenant au cycle de Guillaume d'Orange, l'une des grandes gestes de l'époque.

Qui était Isoré ? Roi de Conimbre - ou Coïmbra, ville du Portugal - il mesurait quatre mètres cinquante de haut !! A la tête d'une armée de Sarrazins et de Saxons, il fait le siège de Paris, dans lequel est retranché le Roi de France : Louis Ier (814 - 840) , fils de Charlemagne. Le géant Isoré défie les assiégés. C'est alors que le comte Guillaume accourt par la route d'Orléans. Dans le texte de la légende, il est présenté comme étant St Guillaume du Désert, cousin de Charlemagne et petit-fils de Charles Martel…

Ce qui est important à savoir, c'est que la chanson de gestes du Moniage Guillaume ne situe par la rencontre du combat et la mort fatale d'Isoré dans les parages de l'actuelle rue de la Tombe Issoire, mais bien au niveau du fossé du petit Châtelet, près du Petit Pont  et donc de la Seine, là, où à l'époque se situait l'enceinte nord de Paris.

Précisons que l'origine du texte du Moniage Guillaume est due à l'exploit d'un soldat de Hugues Capet, qui fut vainqueur en un combat singulier contre un Germain, à la porte du Châtelet. Cet affrontement, qui lui est bien réel, est rapporté par un moine du nom de Richer - moine de St Rémi de Reims au X° siècle - Ce haut fait d'armes eut lieu en 978, lors du siège de Paris par l'empereur Otton II ( 955 - 983). 

 Ce combat fut à l'origine de plusieurs fictions littéraires…, celles-ci faisant intervenir divers personnages historiques ayant vécu entre le début du X° et du XII° siècle. D'où l'impossibilité majeure de pouvoir conclure à l'identité réelle du supposé géant, et surtout de savoir si ce combat singulier eut lieu sur la rive droite ou sur la rive gauche de la Seine. Enfin, il ne nous est pas permis, après tant de variantes dans le récit, de confirmer avec certitude, si la "tombe" du géant Isoré, se situe rue de la Tombe Issoire ou non !

Cette imprécision dans la relation historique mais reprise par les différentes digressions de textes légendaires, permit ainsi à nos ancêtres, d'imaginer moult légendes locales invérifiables. Alors, où sont la vérité et le secret de cette appellation toponymique qu'est la "rue de la Tombe Issoire" ? Un prochain article vous offrira toutes les précisions utiles pour décrypter les arcanes de ce mystère…

R.R                                                                                                                                                                            R.

N.D.L.R.  La documentation ayant servi à la réalisation de cet article est issue du N° 46 du bulletin de la S.H.A. du 14°.              

 

20 avril 2007

Nos fontaines Wallace

Parmi les éléments du mobilier urbain qui ont survécu aux dernières décennies, quelques fontaines "Wallace" nous offrent un témoignage un peu anachronique, mais qui entretient dans le décor de nos rues, un sujet de curiosité bien mérité.

 A l'origine, il y eut un philanthrope anglais : sir Richard Wallace (1818-1890) né à Londres et mort à Paris. Ce gentleman avait passé la grande majorité de sa vie  en notre capitale. Né très fortuné de par son père et son grand-père, il fut un amateur d'art éclairé qui a rassemblé une inestimable collection de tableaux, statues, armes, meubles et objets d'art. Cette collection est aujourd'hui visible à Londres (Hertford  House) et l'abondance des œuvres d'art françaises y est remarquable.

medium_180px-Fontaine_paris.JPGVers la fin du Second Empire, il avait fait la proposition de doter la capitale de "cinquante fontaines à boire sur les points les plus utiles de la capitale pour permettre aux passants de se désaltérer".

Eugène Belgrand ( 1810 – 1878), directeur des  services des Eaux et des Egouts, fut chargé de la mise à exécution de cette offre. En 1873 commença la pose des fontaines dont le nombre fut porté à quatre-vingts. Chaque modèle pèse 700 kg. A l'origine, un gobelet était lié à la fontaine, mais fut supprimé en 1952 pour raison d'hygiène.

Un autre modèle à robinet, actionné par un bouton-poussoir se trouve dans les jardins publics, parcs et squares. Il s'agit là aussi d'une "Wallace".Plus de 130 années après leur création, nos "Wallaces" fonctionnent toujours. La "Parisienne des Eaux" en assure le service et la maintenance. Coulant nuit et jour, chaque fontaine débite 4000 litres d'eau par jour, parfaitement potable, puisque alimentées par le réseau public d'alimentation. Précisons que l'eau distribuée aux Parisiens provient de sources captées dans un rayon de 80 à 150 km. Quatre aqueducs totalisant 600 km acheminent l'essentiel de la consommation complétée par les usines de traitement puisant le précieux liquide dans la Marne et la Seine, en amont de Paris.

Notre 14ème peut s'enorgueillir de posséder sept fontaines dont la dernière mise en service il y a deux ans, est située au carrefour Alésia-Sarrette-Tombe Issoire.

Ainsi, sir Richard Wallace, par son amour de Paris, nous  invite toujours à venir partager le "pot de l'amitié" avec lui, et ce pour longtemps encore sans doute.                                                                                                                                                                   R.R.

NDLR – Documentation extraite du N° 40 de la SHA du 14e.

16 avril 2007

Le Peit Montrouge, notre quartier

Le quartier du Petit Montrouge est né de l'extension - c'est en cela un paradoxe - de la commune du Grand Montrouge vers le nord, au tout début du 19ème siècle. Ce hameau, implanté sur près de 2 kilomètres le long de la route d'Orléans correspondait à une nécessité économique de l'époque. Cette route d'Orléans était une voie importante de transit vers la Beauce, productrice de céréales (d'où de nombreux moulins installés sur le territoire du Petit Montrouge), et le centre de la France puis vers l'Espagne.

Ainsi, auberges, commerces de fournitures pour les voitures et les chevaux, fabriques de bâches, de harnais, de cordages, marchands de vêtements de travail, de fourrages, d'outillages, de quincaillerie et de denrées alimentaires prospéraient. Signalons que des minoteries remplacèrent peu à peu les moulins qui fonctionnaient encore au milieu du 19ème siècle (il en existait 24 à cette époque).

Mais il faut situer maintenant la position de notre "hameau" face à l'extension de Paris qui fit suite à l'annexion par le Second Empire des territoires quasiment vierges compris entre le mur des Fermiers Généraux -  on disait alors la Ferme - construit entre 1787 et 1797, et la ceinture de fortifications construite sous Louis Philippe de 1841 à 1845 sur 36 kilomètres. Cette  nouvelle "ceinture" étant édifiée bien au large du mur de la Ferme.

On peut remarquer ainsi que le hameau du Petit Montrouge fut séparé, sans autonomie administrative propre, du  Grand Montrouge, par l'édification des fortifications de Louis Philippe. Signalons qu'en 1847 naquit une petite église, située un peu en amont du carrefour actuel Alésia-Général Leclerc. C'est en 1852 que, le  second Empire naissant, dota la commune du Grand Montrouge, d'une mairie mais située sur le territoire du Petit Montrouge. Celle-ci deviendra la mairie du 14e ardt, lors de l'annexion à Paris en janvier 1860, du territoire dit du "Petit-Montrouge", séparant ainsi définitivement le "Grand" du "Petit". Notons que notre mairie actuelle fut agrandie sous la 3ème République et que le premier maire de notre ardt fut Alexandre Dareau, lui-même déjà maire du Grand Montrouge de 1843 à 1848 et de 1850 à 1859. Il exerça son nouveau mandat dans le 14ème de 1860 jusqu'à sa mort en 1866.

Lors de l'élection à la présidence de la République de Napoléon III en 1851, celui-ci avait reçu en héritage un Paris à la fois informe et infecte qui avait peu évolué depuis le Moyen Age, en dépit de monuments prestigieux contenus en son centre historique. Aussi, devenu empereur, Napoléon III, féru des nouvelles idées sur l'urbanisme - son exil à Londres y fut pour beaucoup - prit-il la décision avec son préfet Haussmann d'annexer au Paris ancien, les territoires situés entre le mur des Fermiers Généraux et les fortifications de Louis Philippe. Paris passait ainsi de 12 à 20 arrondissements. Ainsi, notre 14ème arrondissement prit date le 1er janvier 1860.
R.R.
NDLR: Documentation provenant de la revue d'histoire de la SHA du 14ème n°29

09 avril 2007

La petite histoire de nos rues

Nous commençons aujourd'hui à vous raconter l'histoire des rues de notre quartier : le Petit Montrouge, tant sur le plan des sites de celles-ci que des divers noms qui leur ont été attribués au cours des 140 dernières années.

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La célèbre photo de Giacometti, rue d'Alesia, par Henri Cartier-Bresson 

Ainsi de la rue d'Alésia. La voie fut ouverte en deux tronçons : 1° à l'est de la place Victor Basch qui fut tracé de 1863 à 1869 et allant jusqu'au carrefour Santé-Amiral Mouchez, à la limite du 13ème arrondissement. Le pont du chemin de fer de Sceaux surplombant cette portion date de l'année 1868 ; 2° à l'ouest sur le très ancien tracé rectifié d'un "chemin de la Justice" qui conduisait à un gibet… Ce chemin devint au début du 19ème siècle le "chemin des Bœufs".
Après la création du chemin de fer de l'Ouest, ce chemin prit le nom de  "route", puis, "boulevard du Haut Transit" et enfin "rue du Transit" avant de devenir "rue d'Alésia". Il faut signaler que l'appellation de "pont aux Bœufs", donnée au pont du chemin de fer de l'Ouest surplombant cette même rue, provenait du point de débarquement des bestiaux avant leur conduite jusqu'aux abattoirs de Vaugirard, les terrains de ceux-ci ayant été transformés sous la forme du parc Georges Brassens.

La rue d'Alésia est un segment de 2,4 kilomètres, faisant partie de la grande rocade qui, par les rues de Tolbiac, d'Alésia, de Vouillé et de la Convention, vint, il y a 135 ans, doubler les anciens boulevards extérieurs des Fermiers Généraux et des boulevards des Maréchaux, et relier ainsi les ponts de Tolbiac et de Mirabeau.

Sous la 3ème République, le voisinage de la rue d'Alésia entraîna de facto la dénomination des rues de Gergovie et de Vercingétorix. On peut signaler qu'un hôtel meublé de la rue du Château s'empressa de dédier en son temps son enseigne à Jules César…
Il faut encore préciser que l'écrivain : G. H. Rosny Aîné, auteur du roman "la guerre du feu" habita jusqu'en1910 au     n° 72 de la rue d'Alésia.
Prochainement, nous continuerons notre promenade à travers plusieurs de nos rues qui sont toutes les héritières de l'histoire locale de notre quartier.
R.R.
NDLR : Documentation provenant de la revue d'histoire de la SHA du 14ème n° 35.

31 mars 2007

Journée découverte des galeries d’art Pernety

 dimanche 1er avril de 12h à 19h30 : 5 lieux, 5 animations :

à 14h30 récital de piano et exposition sur les mémoires de la ville ( peitures, photos, graffitis, gravures

à l’Entrepôt 7 rue Francis de Pressensé .

15h30 contes et chants et expo de peintures de Yo Marchand

à la galerie d’Est en Ouest, 1 rue Francis de Pressensé

16h 30 à la galerie art Montparnasse, 2bis rue Raymond Losserand

expo de peintures de Jarek Kruck et sculptures  de M.T. Tsalapatanis, concert de Electronica Tri Hop Jazz.

17h 30 Galerie Elda Mazer, 7 rue Raymond Losserand

concert Pop Rock et expo de photos de E. Niemczura, peintures de L. Todisco et C.Biskup.

18h30  récital de poésie Jazz et expo de peintures de Bernard Jeufroy

à la galerie Expression Libre 41 rue Hipolyte Maindron.

15 mars 2007

A la recherche des senteurs perdues

Nous Parisiens du 3ème millénaire, ne résistons pas au plaisir de parcourir l'évocation que fait Georges Duhamel dans sa chronique : "le notaire du Havre", à propos des odeurs qui envahissaient la rue Vandamme et ses environs dans les années 1889 - 1894. Duhamel y avait passé une partie de son enfance, et le texte qui suit pourra nous faire rêver quant aux plaisirs olfactifs de cette époque lointaine.  Le seul fait de flâner dans ce quartier proche de la gare Montparnasse, pouvait suggérer que le jardin d'Eden y était installé et y avait répandu ses subtiles fragrances.

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" A peine sortis de l'école, nous flairions comme de jeunes limiers, tout le long des trottoirs chauds, les inquiétantes odeurs de la jungle citadine. J'aimais la rue Vercingétorix, la rue du Château, la rue de l'Ouest, et si je ressuscite un jour, fantôme aveugle, c'est au nez que je reconnaîtrai la patrie de mon enfance. Senteurs d'une fruiterie, fraîches, acides et qui, vers le soir, s'attendrissent, virent doucement au relent de marécage, de verdure fanée, d'aliments morts. Fumet de la blanchisserie, qui sent le linge roussi, le réchaud, la fille en nage. Remugle de la boucherie, qui tient le "bouillon et bœuf", fade et terrible parfum des bêtes sacrifiées ; notes résineuses, forestières, de la sciure de sapin répandue sur le dallage. Emanations, comme d'un vase, d'une boutique vide que l'on est en train de repeindre. Concert de l'épicerie, aromates, momies d'odeurs, messages de continents perdus au fond des livres. Bouquets chimiques du pharmacien, qu'illuminent, dès la chute du jour, une flamme rouge, une flamme verte, noyées toutes deux dans des bocaux ronds. Haleine de la boulangerie, noble, tiède, maternelle. J'allais, les narines en éveil, le souffle vite haché, vite repris." 

Aujourd'hui, les directeurs de supermarché, épaulés d'experts "aromathérapeutes", pourraient s'inspirer de ce texte afin de revoir leur copie. Ils contribueraient ainsi à réveiller nos narines aseptisées par le surgelé incolore et inodore, le steak exsangue,  l'escalope anémiée, la salade défrisée. Ne parlons pas du vin sans raisin et du poisson sans arêtes… Affaire à suivre. Qu'en pensez-vous ?
R.R.

 

08 mars 2007

Abbé KELLER: la Cité du Souvenir et la Chapelle Saint Yves

L’Abbé Keller est ordonné prêtre en 1920, à la fin de la guerre de 14-18 qui a fait 1,3 millions de morts chez les soldats, et après la grippe espagnole (venant d’Amérique) qui a tué 400.000 français et 40 millions de personnes dans le monde.

A 24 ans, le jeune prêtre est hanté par la misère qu’il côtoie tous les jours, et, lui qui est issu d’une riche famille, de Wendell, n’a qu’une idée, venir en aide aux plus malheureux et créer pour eux les conditions d’une vie digne.

Nommé vicaire à Saint Dominique, il décide de créer un ensemble où les familles éprouvées et de modeste condition pourront être chez elles. Une opportunité se présente : la zone de fortification est déclassée, le réservoir de Montsouris est juste terminé, et un terrain, le Plateau Saint Yves, est à vendre.

En 1925, l’Abbé Keller lance une souscription par actions et y investit une grande part de sa fortune. Des gens modestes donnent, 80.000 prospectus sont distribués dans Paris les fonds sont rassemblés en un mois. La somme nécessaire est même dépassée. En juillet, la Société Anonyme d’Habitations à Bon Marché « La Cité du Souvenir » est créée, avec un capital de 1.000.000 F.. La société achète le terrain, occupé par 80 habitants. Ils acceptent de partir, l’Abbé Keller leur ayant trouvé un autre lieu.

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180 logements sont construits avec sur la porte de chacun d’eux le nom d’un soldat mort à la guerre. Ils sont répartis en trois immeubles en triangle dont deux sur la rue Saint Yves encadrent l’entrée. Au centre la chapelle, « Dieu est au centre ». Elle est classée monument historique, pour les fresques de Georges Desvallières, l'un des rares expressionnistes français à porter l'étiquette de "rénovateur de l'art chrétien", ce qui semble l’avoir condamné au purgatoire! Après le traumatisme de la guerre de 14-18 où il perdit son fils Daniel, il se consacre en effet à la peinture religieuse, "peintre des mystères douloureux et de la guerre" selon Maurice Denis, co-fondateur avec lui, en 1919, des Ateliers d'Art Sacré.

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La Cité dispose d’un jardin d’enfants, d’un dispensaire, d’un patronage. L’Abbé Keller a créé tout un système, remarquable pour l’époque, de ce qui ne s’appelait pas encore l’action sociale.

Le reste des fonds réunis en 1925 a été utilisé pour l’achat de la Ferme de Montsouris, 26-28 rue de la Tombe-Issoire. En 1934, la Fondation des Berceaux du Souvenir a été créée et reconnue d’utilité publique. En 1953, elle obtient de développer au 26-28 rue de la Tombe-Issoire et au 15-17 villa Saint-Jacques (acquis en 1942), des logements pour des personnes de condition modeste et les activités du Centre d’œuvres de Jeunesse.

Peu avant sa mort en 1986, sentant ses forces faiblir, l’Abbé Keller a cherché à ce que son œuvre continue à vivre dans l’esprit qu’il avait voulu. Malheureusement l’ensemble 26-28 rue de la  Tombe Issoire,  villa Saint Jacques et ferme Montsouris, voit maintenant son avenir en grave indécision. En revanche, la Cité du Souvenir a trouvé le cadre nécessaire à sa pérennité, garde son caractère social et sa chapelle reste ouverte au culte.

Alain CONSTANS

01 mars 2007

Le quartier du petit Montrouge

Petit Montrouge est le nom de ce quartier du 14e plus connu sous le nom de quartier Alésia  Avant 1860, ce lieu faisait partie de la commune de Montrouge, divisée en Petit Montrouge et Grand Montrouge, devenu le Montrouge actuel. On peut voir actuellement, Place Michel Audiard, au 44 de la rue du Couëdic, un bâtiment de style Directoire, qui est en fait l’ancienne Mairie Annexe de la commune de Montrouge.

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Ce quartier est limité au Nord par le quartier de Montparnasse, à l'Est par celui du Parc de Montsouris, au Sud par la commune de Montrouge, et à l'Ouest par le quartier de Plaisance. Le nom d’Alésia, a été donné à la rue d’Alésia et à l’actuelle place Hélène et Victor Basch (Victor Basch, philosophe, président de la Ligue des Droits de l'Homme, assassiné avec sa femme Hélène par la Milice le 10 janvier 1944), à l’époque Napoléon III, l’empereur étant très attaché aux racines de la France, particulièrement les gaulois.

Cette place était le grand carrefour des anciennes routes de Chartres et d’Orléans, aujourd’hui haut lieu parisien des embouteillages et de la pollution, avec notamment son axe principal,l’avenue du Général Leclerc.

Une origine religieuse et maraîchères

Géographiquement, c’est un plateau qui descend à l’Est en coteaux vers la Bièvre, aujourd’hui enterrée. Avant la Révolution, le plupart des terrains appartenaient aux communautés religieuses, la plupart faisant partie des terres de la Commanderie de Saint-Jean-de-Latran, confisquées par la Révolution. Il y avait au début du 19ème des terres agricoles maraîchères, parsemées de moulins à vent, des restaurants et des guinguettes où se retrouvaient les parisiens le dimanche. Au cours du 19ème, l’urbanisation sera rapide avec magazins, entrepôts et maisons bourgeoises. Mais ce n’était pas un lieu très bien fréquenté, les rixes n’y étant pas rares. En 1832, la guillotine est installée à la « barrière » Saint Jacques, attirant des populations plutôt avides de sensations fortes.

Une architecture très mélangée

Ce quartier présente une grande diversité architecturale. L’ « Haussmannisation » y est peu présente, les rue totalement Haussmanniennes sont plutôt rares, par exemple la rue du Lunain

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et partiellement la rue d’Alésia et le quartier de la Mairie. Les façades en plâtre sont fréquentes, indiquant l’origine populaire du quartier. Le sud du quartier possède  un habitat début du 20ème siècle et années 30. Enfin, on y trouve une proportion supérieure à la moyenne parisienne de petites constructions

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de un à deux étages. On peut voir un résumé des architectures du quartier, rue Bezout, en quelque sorte musée architectural de l’arrondissement.

Alain Constans

23 février 2007

Un hospice du 18ème siècle, la Rochefoucauld

Est-ce la demeure orpheline d'une noble famille dont la descendance se serait éteinte, la résidence oubliée d'un riche bourgeois ou le château de la Belle au Bois dormant que des promoteurs distraits auraient écarté de leurs projets ? Le promeneur curieux ayant traversé la barrière d'Enfer puis remontant l'avenue du Général Leclerc, côté des numéros impairs, découvre soudain au n° 15, un espace fait de jardins qui, en avant-scène, livrent à la vue, la façade imposante d'un bâtiment dont la facture est d'un classicisme sobre et équilibré.medium_facade_larochefoucauld.jpg
Nous voici devant la Maison de retraite La Rochefoucauld, actuellement unité de gériatrie de l'AP -HP, toujours en activité. Mais cette Maison a une histoire singulière. Ainsi…
Le 3 août 1781, aidés par la duchesse de La Rochefoucauld-Liancourt, les Pères de la Charité - ordre religieux institué en 1617 pour soigner les malades - signèrent devant notaire, un acte d'acquisition d'un terrain de 22126 m2, appartenant au sieur Du Lion de Boissy, afin d'y établir un hospice. La duchesse y investit 36352 livres pour sa fondation. Louis XVI offrit 10000 livres de rentes constituées sur les aides et gabelles pour l'entretien des religieux et la création de douze lits. D'autre part, 100 000 livres furent allouées par l'Assemblée du Clergé tandis que les prévôts des marchands et échevins de Paris y affectèrent 1800 livres de rente… D'autres dons affluèrent et c'est ainsi qu'en 1783, fut ouvert l'"Hospice" ou "Maison royale de santé". Il y avait alors seize lits de disponible "destinés aux prêtres et aux personnes de qualité tombées dans l'infortune".
Et la Révolution 
La tourmente révolutionnaire transforma cette Maison en"Hospice national", réservé aux malades du district de Bourg-la-Reine, devenu Bourg-Egalité. En 1796, l'hospice devint :"Succursale des Incurables, hommes et femmes", et en 1798 :  "Hospice de Mont-Rouge". Puis en 1801, fut créé le Conseil général des Hospices qui dura jusqu'en 1849. Il fit de cette Maison :"La Maison de retraite de Montrouge".
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Il faut préciser que les bâtiments actuels que nous voyons de l'avenue du Général Leclerc ont été construits en 1801-1802 par Jacques-Denis Antoine, grand architecte du 18ème siècle qui construisit la Monnaie de Paris. Signalons qu'après cet agrandissement, la capacité de l'établissement permit d'accueillir jusqu'à 250 vieillards.
Hospice de la Rochefoucauld
Après la Révolution et l'Empire - nous sommes en 1816 - le duc de la Rochefoucauld-Liancourt, descendant de  la duchesse, fut nommé membre du Conseil général des Hospices. Le 11 janvier 1822, le nom "d'Hospice de la Rochefoucauld" fut définitivement arrêté, tandis que les Pères de la Charité furent remplacés par les Sœurs grises ou Filles de la charité. Ce n'est qu'en 1884 que l'Hospice fut définitivement laïcisé.    
Témoin de  l'Histoire et de l'assistance auprès de la vieillesse, cet établissement, dorénavant voué à la gériatrie, donne aujourd'hui encore à notre 14ème, une image bienveillante et vivante au service des ultimes années de la vie.

R. Rillot

N.D.L.R. : documentation extraite du n° 27 de la S.H.A. du 14ème

 

06 février 2007

L'Arpajonnais, un chemin de fer d'autrefois

L'inauguration du tramway sur les maréchaux entre le pont du Garigliano et la porte d'Ivry ne doit pas nous faire oublier les réseaux de tramways existant entre les deux guerres, et en particulier le chemin de fer de Paris à Arpajon qui fut en service de 1894 à 1936.

En 1881, l'ingénieur Henri Vieillard présenta une demande en concession d'une ligne de tramways à traction mécanique destinée au transport des voyageurs et des marchandises entre Paris et Arpajon.

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L'affiche du tramway 

A cet effet, une société au capital de deux millions de francs fut créée en février 1889 : la Compagnie du chemin de fer sur route de Paris à Arpajon. Son siège social était situé au 68 de la rue Beaunier. L'inauguration eut lieu le 10 mai 1894. La voie ferrée suivait la route nationale 20 sur la plus grande partie de son trajet mais s'en écartait à plusieurs reprises, notamment pour desservir  Wissous, Morangis,  Sceaux-les-Chartreux et Leuville. L'exploitation de cette ligne de 37 kilomètres s'est faite en plusieurs étapes. En avril 1893, ouverture du tronçon Paris-Porte d'Orléans - Antony et successivement en 1893, 1894, 1985 les tronçons Antony - Longjumeau, Longjumeau - Monthléry et Monthléry -Arpajon, ainsi que Porte d'Orléans les Halles et Porte d'Orléans Odéon.

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L'arrivér à Arpajon 

Quelques précisions sur l'exploitation de la ligne : on a dit que la distance était de 37 kilomètres entre Paris et Arpajon, dont cinq kilomètres dans Paris, neuf dans le département de la Seine et vingt trois dans le département de Seine et Oise. Les trains de denrées maraîchères (principale activité du chemin de fer) fonctionnaient de une heure à quatre heures du matin, pour alimenter les Halles centrales. Auparavant, ces mêmes denrées étaient acheminées la nuit vers Paris sur des charrettes péniblement tractées par des chevaux.

Après la guerre de 14/18, le développement progressif du transport des marchandises par camion sonna le glas de l'exploitation de l'Arpajonnais. Dès 1935, la Compagnie fut mise en liquidation financière. Entre temps, la STCRP (ancêtre de la RA TP) continua l'exploitation jusqu'en octobre 1936, date à laquelle fut mis fin l'exploitation du chemin de fer d'Arpajon.

Ainsi disparut une figure emblématique qui anima l'avenue d'Orléans pendant plus de quarante ans.                  R.R

NDLR : informations provenant du Bulletin n° 27 de la SHA du 14ème ardt.

23 janvier 2007

Trois conférences sur la Genèse.

Premier livre de la Bible, la Genèse a de tout temps inspiré les artistes. Au cours de ces trois conférences nous prendrons d’abord le temps de relire quelques textes fondateurs (récits de création, déluge, vie d’Abraham), puis nous découvrirons comment ces récits ont étés mis en images. Depuis les miniatures romanes jusqu’à Chagall que de création !

-         Mardi 23 Janvier : « Les récits de création » - les premiers chapitres de la Genèse

-         Mardi 6 mars : le Déluge – Noé et la nouvelle création

-         Mardi 24 avril : le cycle de la vie d’Abraham

Ces trois conférences sont assurés par le frère Jean Jacques Danel, Franciscain et historien d’art.

Horaires : 20h30 – 22h. Lieu : couvent Saint François 7 rue Marie Rose 75014 Paris.  Métro Alésia. Tel : 01 40 52 12 86. - Courriel : danel@franciscains-paris.org

04 janvier 2007

L'écriture, une belle histoire

Jusqu'au 10 mars 2007, le musée de la Poste présente une très belle et didactique exposition sur toutes les formes d'écriture employées par l'homme, depuis les temps les plus reculés : écritures égyptienne, indo-européenne, sumérienne, puis sémitiques, alphaet araméen, hébreu, phénicien , grec, latin, sans oublier les idéogrammes chinois .

En annexe, nous assistons à la naissance de l'imprimerie, nous admirons l'étonnante collection de caractères typographiques de l'Imprimerie Nationale. Puis, remplaçant le calame et la plume d'oie, voici différents modèles de plumes métalliques, la naissance de la machine à écrire, et enfin l'apparition de la fameuse pointe Bic…Une exposition qui passionnera l'amateur autant que le spécialiste; l'écriture étant à l'origine même de toutes les civilisations… Vaste programme !
                                                                                                                                                        R. Rillot
Musée de la Poste - 34, Bd. de Vaugirard - 75015  Paris

03 décembre 2006

31, rue Campagne Première, l'immeuble d'ateliers

La rue Campagne Première, qui va du boulevard Raspail au boulevard Montparnasse, porte le nom de la « première campagne » du général Taponnier contre les autrichiens à la fin du 18e. En 1912, y fut construit au numéro 31 un immeuble d’ateliers d’artistes, conçu par l’architecte André Arfvidson et décoré de superbes céramiques d’Alexandre Bigot.

 

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On y voit quatre étages d’ateliers à deux niveaux, les sculpteurs au rez-de-chaussée (la pierre, c’est lourd) et les peintres au dessus. La très belle façade sur la rue, orientée au nord, est entièrement recouverte de grès flammé ocre par le céramiste. Mais le véritable chef-d’oeuvre est au sud sur le passage d’Enfer avec ses céramiques plus discrètes, à même le ciment, sur laquelle donnent les appartements, sur deux niveaux aussi, avec leurs séjours, leurs cuisine. Sur ce même passage d’Enfer, la façade est entourée de maisons de ville, qui doublent les ateliers du rez-de-chaussée.

 

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 Relevé de la façade, par Muriel Bailleux, Justine Fourier et Sandrine Gonan

Mais, cet immeuble n’a jamais été occupé par des artistes ; il n’a connu qu’une ocupation bourgeoise. Les artistes de l’époque, il faut plutôt les chercher dans les traverses, les passages et les fonds de cours, dans la cour du 9, par exemple ; dans cette cour, longue et étroite, des ateliers avaient été construits sur plusieurs niveaux, avec des matériaux de récupération de l’exposition universelle de 1889. Ils ont abrité Giorgio de Chirico ou Rainier Maria Rilke

A.C. 

28 novembre 2006

Exposition de Marie Belin à la bibliothèque Vandamme à Montparnasse jusqu’à la fin novembre

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Marie Belin est une passionnée de la mer  qu’elle sillonne volontiers à voile. Les paysages marins, la faune et la flore des pays côtiers sont des thèmes favoris de ses photos. Habitante du quartier Montparnasse, proche du jardin Atlantique qui est entièrement inspiré par l’Océan, elle a su y photographier d’immenses couchers de soleil, ou au contraire des détails qui évoquent les bateaux, la plage. L’exposition est installée sur des cordes dans la bibliothèque Vandamme, 80 avenue du Maine , jusqu’au 1er décembre 2006 : « Vagues végétales, inserts marins, des indices allant vers la mer…et vers Mouchotte,  les immeubles ou le jardin sont presque toujours visibles… » Il y a aussi, placée à l’entrée, une vitrine, comportant  une petite « déco » atlantique qui donne des indices sur l’inspiration de la photographe. Et, comme une signature ou plutôt une « une griffe » : Le Chat …Les lecteurs de La Voix du 14ème se souviennent certainement des photos de Marie Belin qui ont si bien illustré ses articles et dossiers.

Voir l'album, en haut de la colonne de droite
Monique Garrigue

11 novembre 2006

le programme du mois de la photo

Le mois de la photo bat son plein, y compris et surtout dans le 14ème, arrondissement au riche passé artistique, où ont vécu de grands photographes, comme par exemple Eugène Atget, qui avait son atelier rue Campagne Première.

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Photo Eugène Atget, vers 1900 

Le programme complet pour peut être téléchargé ici:

 http://www.mairie14.paris.fr/mairie14/download/Moisdelaph...

A.C.

28 octobre 2006

le mois de la photo dans le 14e

Depuis sa création en 1980, le Mois de la Photo a fortement contribué à faire de Paris une des grandes capitales de la photographie. Il a lieu en novembre, tous les deux ans, les années paires, et s'appuie sur une importante mobilisation des institutions culturelles et des galeries parisiennes.Chacune des éditions du Mois de la Photo, consacrée à une thématique spécifique, est ainsi l'occasion de présenter entre 70 et 80 expositions et d'organiser des projections, des rencontres et des débats. Cette année, c'est autour des rapports entre photographie et page imprimée que s'organise le festival.

Dans le 14e, trois établissements y participent

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La Fondation Henri Cartier-Bresson

21 septembre - 23 décembre 2006

"Le Scrapbook d'Henri Cartier-Bresson"

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La Galerie Camera Obscura (14e arr.)
10 novembre - 23 décembre 2006
"Masao Yamamoto. Nakazora, entre la terre et le ciel"

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La Galerie du Montparnasse (14e arr.)
1er novembre - 15 novembre 2006
"Daniel Simon. Impressions"

A.C. 

26 octobre 2006

La photographie humaniste (1945-1968) à la Bnf

 C'est un courant, chez les photographes, qui privilégie la personne humaine et sa relation avec son milieu, en dehors du portrait classique, évidemment. Il a débuté dans la période 1945-1950 et a duré une bonne dizaine d'années. Il est illustré par des noms célèbres comme Boubat, Doisneau, Izis, Ronis, Niepce (Jeanine), ou Sabine Weiss, mais aussi par de très nombreux artistes moins onnus.
medium_BNFexposition_601_1.jpg Consacrée à la photographie dite « humaniste » et à la phase la plus féconde de ce courant, cette exposition présente des tirages de photographes célèbres et d'auteurs moins connus tout aussi représentatifs de ce courant comme Marcel Bovis, René-Jacques, Jean Dieuzaide, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier ou encore Eric Schwab. Tous ont en commun d'avoir été des « reporters illustrateurs » et d'avoir nourri de leurs images le paysage visuel des Français de l'après-guerre à travers revues, ouvrages, calendriers, agendas ou affiches, présents dans les fonds de la BnF. Par leurs illustrations, ces photographes « humanistes » animés d'une foi délibérée dans le genre humain et son avenir, ont contribué à construire une imagerie nationale faite de lieux pittoresques et d'archétypes sociaux.
Bnf, site François Mittérand
31 octobre-28 janvier 2007
mardi-samedi de 10 h à 19 h, dimanche de 12 h à 19 h
fermé lundi et jours fériés
tarif: 7.00 euros, réduit : 5.00 euros

20 octobre 2006

les globes de Coronelli à la Bnf

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Ces deux globes mythiques sont de retour à la Bnf après une histoire à épisodes et à rebondisements, comme seule sait nous concocter notre  (très) chère adminstration. Mais qui est Coronelli? Interrogeons Wikipedia:
Coronelli est un religieux franciscain et docteur théologie au Collegium San Bonaventura à Rome. Ce sont les globes qu'il a créés qui ont fait sa renommée. En 1678, Coronelli crée deux globes pour le duc de Parme. Ces globes avaient un diamètre de 1,75 m et étaient délicatement réalisés. Le cardinal d'Estrées, ambassadeur français de Louis XIV à la cour de Rome lui passe commande de 2 globes, pour les offrir au roi. Coronelli s'installe alors à Paris en 1681, où il résidera deux ans. Réalisées de 1681 à 1683, ces deux sphères, l'une terrestre et l'autre céleste mesurent 3,82 m de diamètre et pèsent environ 2 tonnes chacune.

    * globe terrestre: il présente l'état des connaissances géographiques alors connues
    * globe céleste: il représente l'état du ciel à la naissance de Louis XIV. Peint et enluminé par Jean-Baptiste Corneille, y sont représentés les constellations sous forme d'animaux fantastiques, les étoiles et les planètes, le tout dans un camaïeu de bleu
.
medium_coronelli-1.jpg Ces globes sont donc "mis en majesté", dixit Bnf, par l'architecte JJ Bravo au fonds du Hall ouest, dans un décor spécialement installé. Une courte expo animée indique l'état des connaissances de l'époque et compare avec les moyens actuels. Ces beaux globes sont assez fascinants, par l'imbrication de peintures et de tracés scientifiques et par l'étonnante connaissance de l'époque de la terre, pourtant explorée avec des bateaux lents et peu sûrs et avec des moyens de navigation et d'observation rustiques.
Cette visite vaut le coup, car elle permet à ceux qui n'y sont jamais entrés de visiter une partie de l'édIfice de la Bnf, (entrer par l'OUEST, et descendre au Hall Ouest, l'entrée est libre).
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Après la visite, on peut déambuler sur l'esplanade  supérieure et gagner le Parc de Bercy en traversant la Seine sur la nouvelle passerelle (dessinée par l’architecte Dietmar Feichtinger, elle forme un arc élancé de 270 mètres de long, avec de deux entrelacs), en remarquant au passage la nouvelle piscine flottante sur la rive gauche.
ouvert tous les jours sauf jours fériés de 9h à 19h
dimanche 13-19h, lundi 14-19h
A.C.

12 octobre 2006

Une petite histoire du Bd. Raspail

 L'histoire de nos rues et avenues est parfois paradoxale. Ainsi, celle qui concerne le Bd. Raspail. Nous vous proposons d'évoquer son parcours depuis la place du Lion de Belfort jusqu'à son terminus sur le Bd. Saint Germain, soit 2 km 335 de longueur. et plus particulièrement le tronçon compris entre le Bd Montparnasse et Denfert.

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Vue du carrefour Raspail-Rennes vers 1900

Celui-ci a été construit de 1760 à 1767, sous le règne de Louis XV. et était destiné à relier le "Grand Cours du Midi" ( actuel bd. Montaparnasse) édifié sous Louis XIV, à la "Barrière d'Enfer". Durant la seconde partie du 18° siècle, les limites de Paris englobèrent progressivement le territoire de l'Observatoire construit sous Louis XIV, pour atteindre la porte de la nouvelle route d'Orléans ( aujourd'hui l'avenue du Général Leclerc).

Il fallait donc construire une nouvelle voie plus large et plus pratique venant du N.O, que celle venant du nord , celle-ci étant plus étroite : la rue d'Enfer ( aujourd'hui avenue Denfert-Rochereau). Le nouveau boulevard prit à l'origine le nom de boulevard d'Enfer, et ne devint  boulevard Raspail qu'en juillet 1889.

Plus tard, sous le Second Empire, à l'autre extrêmité, un tronçon fut entamé par le Baron Haussmann entre le Bd St Germain et la rue de Grenelle. Un troisième tronçon fut construit de part et d'autre de la rue de Rennes en 1866, un quatrième en 1869, entre le rue de Sèvres  et la rue Chomel, et ce n'est qu'en 1878 qu'on reprit les travaux pour relier l'ensemble de ces différentes sections. Enfin, en juillet 1913, l'inauguration officielle eut lieu par le Président de la République : Raymond Poincaré. clôturant ainsi définitivement le projet ! 

Ainsi, ce sont sous trois régimes politiques différents : - Royauté - Empire et III° République - que le Bd. Raspail fut réalisé... La morale de cette aventure urbaine montre que la patience en matière d'urbanisme est une faculté somme toute fort estimable, alors qu'un escargot eût déjà parcouru la totalité du parcours en moins de temps que les 153ans   qui furent nécessaires à sa réalisation.                                                                                                                

28 septembre 2006

Claire Dominique Laurent expose à Notre Dame du Travail

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Exposition sous le parrainage de Art, Culture et Foi
 Inauguration dimanche 1er octobre, à 15h, église Notre Dame du travail
rue Guilleminot Paris 14e

26 septembre 2006

Une émission à ne pas manquer

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Une « histoire du christianisme qui tente de répondre aux objections les plus courantes. »

Préparée par Michel Cool, ancien directeur de Témoignage chrétien.

 « Je suis chrétien, catholique. J’ai beaucoup travaillé en tant que journaliste sur l’avenir du christianisme. Ce patrimoine de questions abordées et de rencontres en tous genres marque mon récit. »

« Je m’inscris dans le sillage d’un christianisme d’ouverture, celui de Vatican II, qui n’oublie ni la contemplation ni l’engagement. »

« En retraçant l’histoire de quelques grands papes, j’ai découvert que de nombreux catholiques ignoraient leur propre histoire. »

« C’est en redonnant le goût de cette culture chrétienne, en puisant dans ce trésor des siècles, que l’on trouvera la voie pour bâtir l’avenir. Telle est ma conviction. » (source : Journal La Croix)

fr Bernard M.
 

23 septembre 2006

Le jardin de Monet à Giverny

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Pour la fête des jardins, venez visiter avec nous le jardin de Claude Monet, ce grand maître impressioniste et ses célèbres nymphéas.

Cliquez sur l'album en haut de la colonne de droite.

A.C. 

21 septembre 2006

Fête des jardins 2006: 10ème anniversaire

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Premier week-end d'automne, samedi 23 et dimanche 24 septembre, c'est la Fête des jardins: de nombreuses manifestations et évenements  dans notre arrondissement. Le programme est disponible en Mairie et également sur son site Internet. Cliquez ici.

Vous trouverez également en Mairie des possibilités de randonnées pédestres, et de promenades en Batobus.

En revanche, il semble que le seul jardin de religieux, ouvert en la circonstance dans l'arrondissement, soit celui des soeurs Saint Joseph de Cluny, rue Méchain. 

M.G. 

17 septembre 2006

14e: Le Salon des Arts est ouvert

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Le Salon des Arts vient d'ouvrir ses portes de 10h à 17 heures (19h le jeudi)
Plus de 300 artistes du 14e, peintres, sculpteurs, graphistes exposent, montrant la vitalité de la création artistique dans l'arrondissement, toujours recherché et apprécié des artistes.
Mairie annexe, 12, rue Durouchoux, entrée gratuite. 

11 septembre 2006

Thermes et Hôtel de Cluny

Le Musée du Moyen Age, situé dans ces lieux présente une soixantaine d’œuvres nouvelles, acquises sous l’impulsion de la directrice Viviane Huchard, malheureusement trop tôt disparue : acquisitions réalisées à titre onéreux ou dans le cadre de mécénat. Il s’agit d’œuvres du Xe au XVIe siècle, dans des matériaux et des techniques les plus variés, sculptures de pierre, albâtre, bois ou ivoire, tissus et tapisseries, peinture sur parchemin, bois ou verre, orfèvrerie, email.

Jusqu’au 6 novembre, Place Paul Painlevé, 75005 Paris

A.C.

27 juillet 2006

La prison de la Santé en sursis

                                            La Prison de la Santé est-elle en sursis ?

Une rumeur persistante, relayée par la presse  (le Parisien du 22 juin) fait état d'un projet de reconstruction totale sur le site. En son état actuel, la vétusté de cette prison est flagrante et ne correspond plus aux normes modernes d'incarcération des prisonniers.

Mais rappelons brièvement son histoire. Inaugurée le 20 août 1867. elle est à l'époque remarquable par ses éléments de "confort", salubrité, propreté et aération. On y remarque que chaque détenu y possède un "lit",et qu'il peut se "laver". Les bâtiments sont chauffés : 12° dans les galeries et les dortoirs, 14° dans les cellules et ateliers, 18° à l'infirmerie. L'intégralité du tout-à-l'égout est effective ( à  Paris, seulement à partir de 1889).

Aujourd'hui, le temps a fait son oeuvre : plâtre des plafonds effondré, les blocs Cet D sont fermés depuis mars 2006, obligeant le transfert de 450 détenus. Citons que l'architecte de cette prison est Emile Vaudremer – Prix de Rome – et qu'il fut à l'origine  du  projet et de la réalisation de l'église Saint-Pierre de Montrouge.

Alors, quel futur pour ce site ? Le nouveau PLU de Paris le dira peut-être, mais du projet à sa réalisation, les décennies ont parfois raison des meilleures intentions.                                                                                                                                                                                      R.R.

20 juillet 2006

Yves Klein, un peintre de Montparnasse

                                           Yves Klein, rue Campagne Première

Les 10 et 11 juin, plus de 4000 personnes sont venues fêter ce peintre qui hanta le quartier Montparnasse et qui fut à l'origine de la "monochromie bleue".

Il est reconnu comme ayant été un des plus grands de la peinture contemporaine en créant des "états de peinture immatérielle à travers  des monochromies blanches, noires, vertes, orangées, rouges et jaunes". Sculptant l'eau et le feu, il est l'inventeur des "Anthropométries" – pinceaux vivants donnant lieu à des "happenings". Il affirmera : "mon but est de renouer avec la légende du Paradis perdu". A la recherche de l'absolu, toute sa quête fut celle de retrouver l'état antérieur au péché originel. Il devint Chevalier de l'ordre des Archers de Saint Sébastien, dépendant de l'évêché de Soissons.

Jusqu'au 4 février 2007,une exposition lui est consacrée, à la Coupole, boulevard Montparnasse.                        R.R.

 

06 juin 2006

Nicolas POUSSIN, conférence au Couvent des Fransciscains

Le frère Jean-jacques DANEL, présente le 6 juin à 21h 30

Nicolas POUSSIN, peinture d'un savant et d'un croyant

sept sacrements et quatre saisons

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 Autoportrait

Couvent des Franciscains 21h 30

7, rue Marie Rose