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14 mars 2008

« Paris » film de Cedric Klapisch

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Paris est malade, Paris est en sursis. C’est une maladie de cœur. Elle peut être mortelle, à moins que… Mais avant l’issue fatale, Paris vit, court, observe Paris vivre. Paris, c’est Pierre, danseur au Moulin Rouge. Par sa fenêtre, il voit mille choses, mille vies. Oui, Paris se laisse regarder, admirer. Car Paris est grand, beau, vibrant. Paris clame ses splendeurs par la bouche d’un grand expert en histoire : grandiose Fabrice Luchini, emphatique au possible devant son auditoire, béat et pitoyable en amoureux. Car le cœur  de Paris bat au rythme de ses amours, prof-élève, frère-sœur, amours adultères ou étudiantes…Paris fait ses défilés de mode, Paris fait son marché, s’approvisionne à Rungis (spectacle garanti) ; Paris se sourit, se rencontre, s’aime, se réconforte, se chante, pleure, rit, danse, tout étonné d’être, à la veille de sa mort annoncée, si vivant !

De l’autre côté de la mer, loin, si loin, d’autres morts en sursis -mais eux sans espoir- s’embarquant au péril de leur vie, destination la capitale. A la question de l’un d’eux à son passeur : « ça en vaut vraiment la peine ? » La réponse tombe, comme un gong : « Et comment ! » alors Paris ? Hé bien oui, plutôt  deux fois qu’une. Et la vie continue…

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Tous les acteurs sont stupéfiants de naturel, de sympathie, de lumière, de fragilité, de générosité.  Romain Duris nous fait hurler à la l’injustice qui le frappe.  Lui qui aime tant la vie, qui la danse si bien. Juliette Binoche est Elise, la sœur de Pierre, la soeur, la complice, l’amie qu’on aimerait tous avoir. On retrouve avec plaisir le profil et les yeux sublimes de Mélanie Laurent qui a des airs bouleversants de Françoise Dorléac. Albert Dupontel, François Cluzet et les autres sont formidables mais parmi ce fantastique panel d’acteurs, aucun ne s’impose par rapport à un autre, c’est le miracle du film choral. De même, les musiques du film nous offrent de très beaux moments mais il n’y a pas l’air qui accompagnerait le film comme une seule et même respiration.
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 Non, tout doit rester multiple. Klapisch n’est pas Lelouch ni Kubrick, certains pourront le regretter. Impuissance ou refus d’un créateur de monter son film autour d’une unité « impérialiste », un grand rôle, un grand refrain musical ? Non, on aime le « Paris » de Klapisch, tous ses acteurs sont des premiers rôles et, même en sursis, son Paris multiple et sentimental en diable est bel et bien vivant, jusqu’au bout…de la pellicule.

Dans son rôle de boulangère raciste, Karin Viard vaut, à  elle seule, le déplacement !

Marie-Josée Carita

06 mars 2008

"Bienvenue chez les Ch'tis"

7687d73d98253fbe25731dd812a97768.jpgConçu et réalisé par Dany Boon, ce film qui a déjà reçu un grand succès de la part du public, est une bouffée d’air frais dans le panorama du cinéma de divertissement. Le rire, la tendresse, le naturel, l’émotion et le comique de situation sont les ingrédients incontournables de ce genre de spectacle.

Ici, on est très loin de l’artificiel et du vulgaire. La truculence débridée des personnages, les rires « hénaurmes » de Dany Boon et de Kad Merad sont de gros pétards qui explosent au ras de l’écran, au nez et à la barbe du spectateur le plus blasé. Ces rires nous éclaboussent de mille et un éclats de lumière dans une jubilation de moments irrésistibles.

Il faut remarquer ici, et c’est là la face cachée du film, de l’importance donnée au langage, plus spécialement à ce patois inimitable, cette différence que nos langues locales présentent, face aux français officiel et « civilisé ». Différence que reflètent nos habitudes de vie et de pensée, toutes enfouies, balisées par des idées reçues, et pour lesquelles le conformisme du « penser correct » s’attache à montrer uniquement les aspects  archaïques  et vieillots. Mettre en valeur la langue de « tous les jours » d’une région française, c’est plonger jusqu’aux racines lointaines d’un pays et de son patois qui resurgissent, revivifiés. A partir de là,  dans un jeu ludique et débridé, où la langue locale est mise en valeur, les situations deviennent imprévisibles, saugrenues. Le délire créé par la confusion du sens déstabilise les protagonistes. Le comique prend alors son envol pour nous livrer « ex abrupto » l’or d’une expression verbale foisonnante, truculente et décalée. Rabelais est en embuscade !

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Si vous y ajoutez le piment et les vicissitudes d’un amour conjugal chancelant et les promesses d’un autre naissant, de l’ accumulation des clichés que doivent supporter les « gens du nord » et la rude amitié de deux compères-complices, vous obtenez un mélange explosif où le naturel, l’authentique de l’humain sont à fleur de peau et emportent le spectateur le plus morose dans une chevauchée du rire la plus fantasque.

Voici un film à déguster sans précaution, pour sa bonne humeur intégrale, l’apprentissage et la joie de vivre ensemble dans la différence de nos « patois », de nos « us et coutumes »  si divers, et encore en usage dans la mémoire secrète de nos  belles provinces.  Ce spectacle est une réussite pour les « gens du Nord », et de ce « plat pays » qui ne manquent pas de relief !!

R. Rillot

23 février 2008

La visite de la fanfare

De Eran Kolirin, avec Sasson Gabai, Ronit Elkabetz, Saleh Bakri

047c9243bb550e98985b97e312d06632.jpgUn incident banal, des petits riens : une fanfare de la police d’Alexandrie est invitée en Israël pour jouer lors de l’inauguration d’un centre culturel arabe. A l’aéroport, dans le sud du pays, ça cafouille. Personne ne vient chercher les musiciens. Le chef de la fanfare décide que sa petite troupe prendra le bus. Mais, la méconnaissance de la langue aidant, les Egyptiens, sanglés dans leurs uniformes impeccables, débarquent dans un bourg perdu au milieu du désert. Une famille israélienne, qui tient un café-restaurant, décide de les accueillir pour la soirée et la nuit…

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D’où vient que ces petits riens, cette erreur de ligne d’autobus se transforme en un film qui offre autant de grâce ? C’est tout le mystère, et la surprise heureuse de l’œuvre de  Eron Kolirin, un jeune cinéaste  israélien qui promet. Il y a, dans « la visite de la fanfare » des silences aussi parlants que de longs discours, des incommunicabilités qui font mal, des confidences qui émeuvent, de la tendresse, mais aussi de l’humour qui vous arrache, au détour d’un geste ou d’un regard, un sourire ravi ou même un franc éclat de rire.
Et ce film, à la fois léger et grave, en dit très long, en creux, sur le conflit du Moyen-Orient. Avec un optimisme presque camouflé, il dit qu’il est possible de se parler, de s’entraider, de se confier, entre des peuples habitués à se regarder en chiens de faïence. Voilà un petit bijou qui vous laisse, en sortant de la salle, avec cette joie que l’on affiche lorsque l’on a trouvé un porte-bonheur.

Gérard Desmedt

15 février 2008

L’Ile, film de Pavel Lounguine

Dans la lointaine Russie, un bateau amène sur une île occupée par des moines  un homme misérable. Chaque jour celui-ci, devenu moine lui-même, rame jusqu’à l’île voisine, déserte ; là, il peut crier sa misère au milieu des lichens et des blocs de granit glacés. Régulièrement, une barque lui apporte des visiteurs tourmentés en quête de bénédiction,

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parfois de guérison. Il les reçoit sans ménagement, voire avec rudesse mais lit à travers eux, comme un véritable voyant, ce qu’ils cherchent. Leur vérité, il la leur crie, dussent-ils se boucher les oreilles pour ne pas l’entendre.  Un jour, une ultime barque ramènera sa dépouille sur son île.

Le monastère orthodoxe qui accueille cet hôte singulier le tolère plus qu’il ne l’intègre. A partir de lui et de ce qu’il faut bien appeler ses bizarreries c’est toute une transformation qui va s’opérer sur toute la communauté routinière d’abord sceptique puis admirative pour le « Saint ». Rude apprentissage pour ceux qui vont se plier à ses enseignements !

Dans les brumes expressionnistes des eaux du Nord ( fleuve ? mer ?) , les tempêtes de neige, la fonte des glaces, le soleil couchant, les nuits près du feu rougeoyant de la chaudière, tout un cycle de vie accompagne notre découverte de la sainteté « slave » jusqu’à l’ultime dépouillement, la nudité d’une âme.

En ce début de carême, il ne saurait y avoir de meilleure introduction à la route vers Pâques pour un croyant.

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Et pour tous, un émerveillement devant la beauté qui émane des images simples et fortes de ce film, mais aussi devant la peinture naïve d’un être facétieux qui ne se plia pas au « sérieux » des humains fussent-ils moines. Ce personnage, Anatoli, est incarné avec beaucoup de justesse par Piotr Mamanov.

Marie-Josée Carita

Le film est à l’affiche du cinéma « Les 7 Parnassiens », 98 boulevard du Montparnasse Métro Vavin ou Montparnasse. Bus 68-58

08 février 2008

Cine-ma différence

Dimanche 10 février à 11 heures 

2d378c48be14c9336da881c450fde1f2.jpgLes Trois Brigands

de Hayo Freitag
Film d'animation d'après le conte de Tomi Ungerer, durée 1h20

au Cinéma Majestic Passy
18 rue de Passy, Paris 16ème (Métro Passy).  Tarif unique : 4 euros

La salle ne peut accueillir plus de deux personnes en fauteuil : si vous ne pouvez vous transférer, merci de réserver.

Ciné-ma différence  Site : http://www.cinemadifference.com

Courriel : contact@cinemadifference.com
Tél. : 06 24 78 57 25

 

25 janvier 2008

" Va, vis et deviens" de Radu Mihaileanu

Ce film ouvre le festival de la charité à Saint Pierre de Montrouge, le dimanche 27 janvier à 14h au centre Alésia-jeunes. La projection est gratuite et gracieusement autorisée par "Les films du losange". Le réalisateur, Radu Mihaileanu, sera présent pour le débat qui est organisé ensuite.

Fin 1984 début 1985, une grande opération est menée à l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, consistant à emmener des milliers de Juifs Ethiopiens, les Falashas, vers la Terre Sainte, via des camps de réfugiés du Soudan. Parmi eux, un jeune garçon que sa mère catholique force à se faire passer pour juif afin de le sauver de la famine et de la mort. Arrivé en Israël, Schlomo, est adopté par une famille française séfarade de Tel-Aviv et grandit avec l'obsession de retrouver sa mère, restée dans le camp de réfugiés. Celui-ci va devoir s'intégrer, en mentant sur ses origines.

Ce beau film pose les problèmes entraînés par l’immigration : le déracinement, Schlomo ne se sent pas vraiment chez lui dans ce nouveau pays. Le problème d’identité : l’enfant exilé, malgré l’amour que lui donne sa famille adoptive, ne veut pas renier ses origines. Il tente de s’intégrer mais va rencontrer le racisme, l’intolérance religieuse, les haines politiques …

C’est surtout un film magnifique sur l’amour : celui qu’il reçoit de sa mère, de sa famille adoptive, et l’amour filial qui donne la force à l’enfant de se construire … Tout cela est exprimé grâce au jeu émouvant des acteurs et à la splendeur des photos.

C’est une excellente introduction aux thèmes de réflexion et d’échanges des journées à venir.

Monique Garrigue-Viney


La séance se déroulera le dimanche 27 janvier à 14 h à 18h (film 2h20 puis débat) au centre Alésia Jeunes, 16 rue du Moulin Vert. Les  places sont  limitées : La réservation est conseillée auprès du centre paroissial, 9 passage Rimbaut. Tel : 01 43 95 41 00 (lundi au vendredi  de 9h à 12h /14h à 18h- samedi 10h à 12h)

Pendant le film, il y aura une garderie et des animations pour les plus jeunes. (3 à 12 ans)

23 janvier 2008

Le Renard et l'Enfant de Luc jacquet

Un renard, une enfant. Une histoire simple où l’amitié, la tendresse, se rencontrent pour former un couple. Découverte de l’autre. Négation de la peur. Noces de la poésie des paysages avec l’insolite d’une aventure improbable mais cependant bien réelle. Aventure du regard aussi. Celle de l’enfant qui s’étonne, découvre, et s’engage vers ce qui est différent de lui-même. Expérience de l’altérité, de cette empathie vers le vivant, vers son semblable. L’enfant ose, l’animal accepte une relation hors norme. L’enfant s’aventure et la nature lui tend la main dans une sorte d’initiation toute naturelle, quasi cosmique. La chrysalide se déchire peu à peu à travers un chant splendide d’images transcendant le réel, le métamorphosant dans une symphonie éblouissante où la poésie a le dernier mot.

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Voici un film où la beauté se révèle, se dénude sous le boisseau d’une histoire simple, attachante, même si la mort du renard vient ternir in fine le conte, où tout est faux et vrai à la fois mais toujours émouvant, révélateur d’une traversée initiatique, celle que nous dévoile à merveille le miroir de la vie.

Luc Jacquet, par une succession de plans sophistiqués,  offre au spectateur une panoplie d’images merveilleuses pleines de sensibilité qui nous ouvrent la fenêtre d’une poésie où la nature nous confie ses mystères.

R.Rillot 

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20 novembre 2007

Le dernier voyage du juge Feng. Film de Liu Jie

Nous voici en Chine en 2006 ? Cela reste à voir...

Un vieux juge part avec sa greffière et un novice, juste sorti de sa formation de magistrat. Ils voyagent à pied sur des sentiers escarpés à côté de leur cheval qui porte quelques bagages, un panneau représentant l’emblème national du tribunal chinois et …une télévision. Cette caravane pittoresque va rendre la justice dans des villages isolés du Yunnan, province du sud-ouest de la Chine.

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Les cas soumis sont variés : litige entre deux sœurs pour un vase qui est leur seul héritage, la destruction d’une tombe par un cochon que l’on fait comparaître devant le tribunal… A chaque cause, il y a une confrontation entre les coutumes ancestrales qui varient d’un village à l’autre et la loi nationale chinoise. C’est par de longues négociations que le juge Feng et sa greffière, Tante Yang, parviennent le plus souvent à régler les différends entre les paysans. C’était pour représenter la diversité des ethnies que la greffière sans diplôme avait été désignée. Mais ce temps est révolu : on lui a signifié qu’elle ne pourrait plus continuer à exercer. Le jeune juge incarne le nouvel ordre qui brusque les traditions et qui, par l’application stricte de la loi, révolte les paysans.

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 C’est donc à un voyage haut en couleurs avec des situations cocasses que le spectateur est convié dans le décor grandiose du Yunnan. Il mêle des scènes pittoresques jouées par des paysans (qui ne sont pas des acteurs professionnels) et des moments très mélancoliques pour le vieux juge et sa greffière qui, ayant consacré toute leur vie à rendre la justice, sentent que leurs efforts ne sont plus reconnus ni respectés. Ils n’ont plus de place dans la nouvelle Chine. Ils doivent se séparer, alors qu’ils étaient devenus si proches au long de ces années passées à exercer le même travail. Le juge Feng est joué par Baotian Li (très connu en Chine) et la greffière par Yang Yaning. Tous deux expriment parfaitement la souffrance, la dignité blessée et la solitude de leurs personnages : quelques mots, quelques regards suffisent.

Je vous conseille vivement d’aller voir ce film tout à la fois dépaysant, drôle, poétique, émouvant qui fait découvrir un aspect étonnant de la diversité de la Chine.

Il est encore à l’affiche des 7 Parnassiens.

Monique Garrigue

14 novembre 2007

Persépolis

6b9c7c5920977adaa024cd55fdfc27cc.jpgC'est le titre d'un recueil d'albums de bande dessinée et d'un film d'animation réalisé par l'auteur, Marjane Satrapi, et par Vincent Paronnaud.
Cette oeuvre retrace avec humour l'enfance et l'adolescence de Marjane Satrapi de 1979 à 1994, date de son départ en France.

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Ce récit évoque le quotidien d'une jeune iranienne issue d'une famille privilégiée dans un contexte très particulier : la révolution islamique, le durcissement du régime, la répression contre les opposants, la guerre contre l'Irak....Viennent ensuite son adolescence en Autriche, puis sa vie d'étudiante et de femme à son retour en Iran.

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Tous ces événements sont présentés du point de vue de l'enfant puis de la jeune fille, ce qui permet un ton décalé et un humour caustique sous une apparente naïveté. C'est une critique virulente des excès du régime islamique avec sa morale contraignante et hypocrite, les emprisonnements arbitraires, les exactions,  mais aussi du régime antérieur du Chah. Les conséquences dramatiques sur le peule iranien de la guerre avec l'Irak sont mentionnées(bombardements, difficultés au quotidien...) Marjane Satrapi dresse un portait au vitriol des tares de la civilisation occidentale individualisme égoïste, désespérance des jeunes, drogue...

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Le film est très beau, la BD a , à mon avis, un graphisme un peu dur. Mais je vous conseille les deux :le film , primé au festival de Cannes, est encore à l'affiche des salles d'art et d'essai .

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L'album se trouve en librairie, il édité par l'Association , collection Ciboulette. 

«Avis aux lecteurs qui ne sont pas amateurs de BD : il vous faudra un temps d'adaptation car les nuances d'un style littéraire manquent, mais peu à peu vous vous laisserez prendre par l'intérêt du scénario qui fait redécouvrir tout un pan de l'histoire iranienne.»

Monique Garrigue

08 novembre 2007

Mon frère est fils unique

64f605c6b9a74acdca9d5fff94b8608c.jpgFilm italien de Daniele Luchetti qui décrit l'adolescence et les engagements politiques d'Accio, teigneux idéaliste, en révolte constante dans l'Italie des années 60-70. Accio fait d'abord un séjour au séminaire puis s'engage aux côtés des Facistes pour s'opposer aux idées communistes de son frère aîné, Manrico. Celui-ci a tout ce qu'Accio n'a pas : la beauté, le charisme, l'amour  de ses parents et surtout celui de la belle Francesca dont il est lui-même tombé  éperdument amoureux.
Les rapports entre les deux frères oscillant entre admiration, jalousie, rivalité, et tendresse sont dépeints avec finesse et drôlerie. L'itinéraire de cet ado toujours en colère, mal dans sa peau, en constante recherche d'un idéal, permet d'évoquer avec beaucoup d'humour les tribulations idéologiques de l'Italie et de l'Europe occidentale dans les années 60-70.

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Les  Italiens savent à merveille revisiter leur histoire en l'incarnant dans des personnages fragiles et attachants en l'associant au destin d'une famille.
Le spectateur revit avec beaucoup d'intérêt cette période de grande agitation idéologique: il rit et s'émeut car le ton va de la farce au drame. L'excellente interprétation met en relief les sentiments de chacun des personnages avec beaucoup de justesse.
On peut voir actuellement ce film dans les cinémas d'art et d'essai .
                                                                                                                                                                                      M.G.

16 octobre 2007

Cinémadifférence présente

Les amateurs de grands paysages, d'émotion et de musique sont attendus
samedi 20 octobre à 11 heures

au Cinéma L'entrepôt, 5-7 rue Francis-de-Pressensé, Paris 14ème, Métro Pernety, entrée 4 €

 

L'Histoire du Chameau qui pleure
Film de Byambasuren Davaa et Luigi Falorni, 2003
durée 1h30, VF

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Vendredi 19 et Samedi 20 octobre, Ciné-ma différence sera également présent au 5ème Forum de l'intégration des personnes handicapées à la vie de la cité,
organisé par la Ville de Paris, de 11 h à 19 h, place Joffre (Champ de Mars), entrée libre.
Venez nous y rencontrer dans l'espace Culture, au sein du pôle Culture, sport, loisirs et tourisme


Attention : les salles ne disposant que de deux places pour les fauteuils, merci de réserver par mail ou téléphone si vous ne pouvez vous transférer dans un fauteuil de cinéma.

Toutes les séances en France, infos et programmes : www.cinemadifference.com
En pièce jointe : les séances parisiennes 2007-2008 et le flyer de la séance

 

Ciné-ma différence : A cette séance, la norme c'est nous !

 


     Ciné-ma Différence       
     Tel : 06 24 78 57 25       
     Courriel : contact@cinemadifference.com        
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20 juillet 2007

Le scaphandre et le papillon

                                                                                

 

                                                              Un film de Julian Schnabel à partir de l’œuvre de  Jean-Dominique Bauby

Une lumière éblouissante, des images d’abord  floues, puis des visages penchés sur un homme qui respire difficilement. Il ne sait pas où il se trouve, il ne se souvient pas de ce qui lui est arrivé. Peu à peu, il réalise que personne ne semble l’entendre, qu’il est totalement paralysé. Cet homme, c’est Jean-Dominique Baudy, rédacteur en chef du magazine Elle, qui vient d’être victime d’un accident vasculaire cérébral. Un médecin (Patrick Chesnais ) lui explique qu’il a été plongé dans un profond coma et que le tronc cérébral est touché et qu’il est atteint d’un syndrome extrêmement rare « le locked in syndrome ».  

Cet homme de 41ans, rédacteur en chef de « Elle », brillant, un peu superficiel, séduisant, à qui tout a réussi jusqu’à présent, se trouve enfermé dans son corps comme dans un scaphandre. Il ne peut ni parler, ni bouger ni manger, ni respirer sans assistance. Il entend, voit d’un œil et peut bouger une paupière. Une orthophoniste, (Marie-Josée Croze) va lui apprendre à communiquer grâce à des clignements de paupière. Après avoir eu envie de mourir, il décide d’écrire un livre qu’il va, dicter lettre par lettre, à une jeune femme envoyée par sa maison d’édition Il formule dans sa tête le texte, l’apprend par cœur et répond avec un mouvement de paupière à chaque lettre épelée : les mots, les phrases, le récit prennent ainsi forme grâce à l’énergie farouche de l’auteur et à l’attention compréhensive et à la persévérance de la secrétaire (incarnée par l’excellente Anne Consigny).  

Julian Schnabel filme en caméra subjective ce que voit, ressent et pense Jean-Dominique Bauby qui garde un imaginaire libre et plein de fantaisie (le papillon). L’approche qu’il a de son entourage est exprimée avec beaucoup d’humour, l’image s’attarde sur un décolleté, une jambe gracieuse de femme, la statue de l’impératrice Eugénie (Emma de Caunes) qui s’anime, la crinoline bouge, on imagine le sillage parfumé…  

Jean-Dominique Bauby reste le même dans son scaphandre, il lui arrive même d’avoir des pensées voluptueuses, ou des instants d’irritation lorsqu’on lui masque l’écran juste au moment d’un match, des moments de désespoir, en particulier lorsqu’il ne peut embrasser ses enfants. Mais il garde un humour décapant par rapport à lui-même.  C’est un témoignage bouleversant de ce que peut ressentir un malade immobilisé et de sa relation aux autres, de sa réflexion sur sa vie passée ou actuelle.

La voix de Mathieu Amalric exprime magnifiquement les pensées du personnage principal. Emmanuelle Seigner joue avec beaucoup de finesse l’ex-femme de D. Bauby, par un pincement des lèvres, une pâleur soudaine qui disent sa souffrance ou sa gêne.   Julian Schnabel a pris certaines libertés par rapport à l’œuvre de Jean-Dominique Bauby, mais il en conserve bien le ton sarcastique. Ce très beau film est poétique et émouvant et donne envie de lire «  Le scaphandre et le Papillon » qui est un récit tout à la fois plein d’humour et poignant écrit dans un style imagé et alerte.                                                                                                                                                                                           Monique Garrigue

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11 juillet 2007

LE MAS DES ALOUETTES

Attention, grand film!

289aa91016f90adf7c5128255b3febde.jpgAutant par le thème, dramatique, que par la vérité de la reconstitution historique, voilà un film remarquable, LE film du génocide arménien, des frères Paolo et Vittorio Taviani. En Anatolie, au début du XX è siècle, une famille arménienne aisée connue dans la région pour ses services rendus à la communauté turque qu’elle inonde de ses largesses, est menacée par le décret de mise à mort des membres mâles de la communauté arménienne et la déportation des membres féminins. Les bonnes relations avec la hiérarchie militaire de la région n’y feront rien. La tragédie se mettra en marche et suivra son lugubre accomplissement, pas tout à fait quand même. Le salut interviendra par là -même où le mal est entré. Le dénonciateur du lieu de refuge de la famille, le mas des Alouettes, Nazim, mendiant  musulman tirant sa subsistance de ses bienfaiteurs chrétiens, son forfait une fois accompli, n’aura de cesse de sauver les survivants. Il fera jouer, à cette fin, le réseau des mendiants de tout le Moyen-Orient.

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Belle réflexion sur la trahison et la réparation, sur la charité chrétienne et le devoir de reconnaissance des musulmans obligés de trahir leurs bienfaiteurs des temps de paix quand ils sont décrétés  ennemis de l’Etat en temps de guerre . Une très belle actrice, Paz Vega dans le rôle de Nunik, la jeune fiancée à un soldat turc, Tchéky Kario dans le rôle du père de famille arménien, André Dussolier dans celui du Colonel turc contrarié dans son amitié impuissante, sont impressionnants et donnent toute sa force et toute sa grandeur tragique à cette fresque historique bouleversante. Les images ne sont pas édulcorées mais telle est la tenue du film que la mémoire retient d’autres épisodes  puissants par le degré d’engagement des protagonistes et le courage auquel ils seront tous tenus. Le ton est celui du récit de souvenir d‘un survivant, avec ses flash back où alternent des scènes de dureté et celles, pleines de charme, de la  vie bourgeoise d’une famille aisée d’Orient , avec ses traditions de minorité religieuse en terre d’Islam.

 Le cœur de l’homme est un paramètre jamais totalement prévisible. C’est dans cet imprévisible que le meilleur peut parfois avoir une dernière chance de se  manifester. Pour toutes ces  raisons vous aurez peut-être envie de voir ce «  Mas des Alouettes »qu’un  certain Alphonse Daudet,  celui des Contes du Lundi, célèbre pour d’autres mas… n’aurait pas désavoué .

M.J.C. 

18 juin 2007

FRAGILE(S): un film de Martin Valente

medium_fragile1.jpgFragile(s) sort en salle le 20 juin, La Voix l'a vu pour vous en avant première, soirée organisée par www.avant-premieres.net. C'est le deuxième film de Martin Valente, jeune et talentueux réalisateur, et il vous emmène dans un chassé-croisé entre Paris et Lisbonne de personnages dans des situations de fragilité.

Le réalisateur explore le thème de la fragilité, tous ces moments de la vie où l’être humain se sent vulnérable, inutile et mal aimé et montre combien ce mal est fréquent et même banal. A travers 6 personnages, 3 hommes et 3 femmes,  d’âges et de parcours très divers, Il évoque avec beaucoup de finesse les caractéristiques de cette situation, le doute, le sentiment de ridicule, de vide, le repliement sur soi, l’enfoncement dans l’échec. Bien sûr, les situations sont plus ou moins graves: la dépendance à la drogue pèse évidemment bien plus lourd que la confrontation avec l’insuccès ou la mélancolie du vieillissement.

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François Berléand et Sara Martins 

Comment sort-on de cet état ? Le réalisateur qui rassemble les fils de ces 6 vies dissemblables en formant 3 couples qui se rencontrent  fortuitement à Lisbonne, ne se préoccupe pas de vraisemblance. Il montre seulement que la fragilité rend plus attentif à l’autre et permet une véritable rencontre, sans faux semblants où chacun se sent de nouveau exister dans le regard bienveillant qui lui est adressé et prêt à  se remettre en route.

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Jean-Pierre Darroussin et Marie Gillain 

C’est donc un film sensible, au ton juste et porteur d’un message d’optimisme, servi par une remarquable équipe de comédiens, Jean-Pierre Darroussin, François Berléand, Caroline Cellier, Jacques Gamblin et des moins connus comme Sara Martins, une révélation. Seul, à en croire Darroussin au cours du débat qui a suivi la projection, le chien n'aurait pas été à la hauteur pendant le tournage, jouant les Rantanplan!

A voir!

Isabelle Constans 

15 juin 2007

DIALOGUE AVEC MON JARDINIER. Un film de Jean Becker.

medium_djardinier1.jpgAprès « La Vie des autres » , « Ne t’en fais pas, je vais bien » ,« l’Italien » , « Michou d’Auber » « Odette Toulemonde » et quelques autres films sauvant l‘humanité du désastre, nous sommes conviés à partager une belle histoire de frères, une histoire de fraternité. Un peintre parisien lancé prend ses distances avec la capitale et retourne dans la maison de ses parents morts depuis longtemps, en province. Le jardin est détruit par les herbes folles et il veut le refaire. Un ancien copain d’école vient pour la place de jardinier. Le temps de refaire le potager, de replanter les rosiers à l’ancienne, les conversations vont bon train entre les vieux compères. Leurs vies s’y dessinent à grands traits. Celle, curieusement mécanique et faussement tranquille de l’ancien employé des chemins de fer devenu jardinier du dimanche, et celle aux éclats désordonnés de l’artiste parisien, émiettée et narcissique.

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Au centre, le réalisateur Jean Becker 

Pas de clash entre les deux copains, pas de jalousie, aucune lutte des classes . Un seul vainqueur: l’amitié, le partage des passions de la vie quand elle devient souci de l’autre. Alors ce qui est soustrait devient ce qui augmente.

Voilà un film qui renferme tous les ingrédients du succès. Deux très grands acteurs vrais et émouvants, Daniel Auteuil détendu , humble, Jean-Pierre Darroussin , enfantin ,tatiesque sur sa mobylette, amoureux de mère nature; des fous-rires et des larmes rentrées; l’amitié aussi absolue que l’amour,  parée des mêmes vertus psychiques profondes. De quoi rendre le public heureux et reconnaissant.

M.J.C.

29 avril 2007

Film : L’ami de la famille, de Paolo Sorrentino

medium_amifamille1.jpgLa Voix l’a vu en avant-première pour vous dans le cadre de Avantpremieres.org, créé par l’ami Pierre Vallet. Il sortira le 2 Mai dans les salles. C’est le dernier film de Paolo Sorrentino, qui concourra pour la Palme d’or à Cannes, comme l’avait fait son précédent film « Les conséquences de l’amour » en 2004, mais qui était rentré bredouille.

Le héros, bien qu’il soit bien difficile de le qualifier ainsi, est un vieil usurier, affreux, laid, d’une avarice sordide. Il a un rapport morbide avec l’argent et avec les femmes. Ses clients, dans une situation infernale, viennent lui faire une cour éhontée et se font plumer. Par flagornerie, ils l’appellent l’ami de la famille, celui qu’on vient voir quand on est pris à la gorge. Il vit seul avec sa mère grabataire tout aussi noire.

Il a compris, comme le lui avait d’ailleurs dit son père qu’il n’était fait que  pour les petits coups, qui l’ont d’ailleurs monstrueusement enrichi.

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Malheureusement pour lui, son attraction maladive pour les femmes va le faire tomber dans un piège gros comme une maison, et croyant faire le gros coup, il va se ruiner, malgré les appels à la prudence de sa mère.

Vous l’avez compris, on nage dans le sordide. Paolo Sorrentino fait dans le pessimisme glauque et noir. D’ailleurs, présent lors de cette avant première, à la question : « Tout le monde, n’est pas aussi horrible. Quelle est la part de fiction ? », il a répondu : « Rien, tout peut être réel. »

Sortie le 2 Mai 

Avec Giacomo Rizzo, Fabrizio Bentivoglio, Laura Chiatti

A.C. 

13 avril 2007

Le come-back, un film de Mark Lawrence

medium_comeback1.jpgDestin mélancolique, même s’il l’accepte avec flegme,  que celui d’Alex Fletcher, chanteur pop naguère triomphant, aujourd’hui oublié au profit de son ancien partenaire. Désormais, il se cantonne aux foires et aux parcs d’attractions.

Subitement, une singulière "dea-ex-machina" se manifeste sous l’aspect juvénile de Haley Bennett, alias Cora Corman, vedette en expansion, qui réclame au has been une chanson d’amour.

Il n’y a qu’un détail qui coince. Le chef d’œuvre doit être prêt dans un délai de trois jours. Or, Alex, excellent musicien, n’est pas un as de la création littéraire.

La fortune, ou chance, joue toujours un rôle prépondérant dans les comédies romantiques. Le défi à relever, pour les scénaristes, consiste généralement à masquer son apparition sous les dehors les plus inattendus possibles. Ici la révélation passe par les plantes et emprunte les traits émouvants de Drew Barrymore.

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Inutile d’en dévoiler davantage : l’histoire est du reste assez prévisible, car elle a déjà été racontée cent fois sous d’autres formes. On retrouve dans le film de Mark Lawrence l’atmosphère pétillante des comédies musicales, où s’illustrèrent jadis Ginger Rogers et Fred Astaire. L’irruption de la pop music et de l’humour britannique – car le film est truffé de mots d’auteur hautement réjouissants – dans un schéma convenu mais toujours efficace, fonctionne parfaitement.

Une touche de satire, un brin de nostalgie, donnent tout son sel à la romance. Elle est fort bien servie par les comédiens, aucun second rôle n’étant sacrifié au couple vedette. Hugh Grant, un peu vieilli, exploite son créneau habituel de séducteur-sans-le-faire-exprès avec un soupçon d’autodérision qui lui va bien.

Josée Cathala

Le come back, un film de Mark Lawrence, avec Hugh Grant, Drew Barrymore, Jason Antoon, Emma Lesser, Haley Bennett.

02 avril 2007

« Une vérité qui dérange » à l’Entrepôt

l’Entrepôt, 7-9 rue Francis de Pressensé75014

medium_veritequiderange1.jpgSi vous voulez compléter votre information sur l’effet de serre et le réchauffement climatique vous pouvez aller au cinéma l’Entrepôt voir ce documentaire «  une vérité qui dérange »qui y est diffusé régulièrement. (Horaire des séances à consulter dans un programme de spectacles)

Le réalisateur Davis Guggenheim donne la parole à l'ancien vice-président des Etats-Unis et candidat malheureux à la Présidence en 2000 : Al Gore. Celui-ci s'est lancé depuis des années dans une lutte contre le réchauffement de la planète et dans un plaidoyer pour l'adoption de technologies et sources d'énergie alternatives. C’est une conférence très claire illustrée de beaux reportages.

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Al Gore dénonce des faits alarmants, mais sans jamais culpabiliser l'auditoire afin de lui faire prendre conscience du danger qui plane sur notre planète. Cette démarche positive permet de réfléchir utilement et de susciter les initiatives pour faire des économies d’énergie.

M. G.

en VO :

Jeu, Dim, Lun : 17:40, Ven, Mar : 13:40, Sam : 15:40

28 mars 2007

Ensemble, c'est tout, un film de Claude Berri

medium_ensemblectout1.jpgSans en avoir l'air, ce film plein de gaîté et de fraîcheur, nous dévoile toutes les difficultés survenues entre quatre personnages que les hasards de la vie ont fait se rencontrer. Partager une vie commune, vivre ensemble, cela n'est pas une sinécure, tant les caractères et les tempéraments peuvent s'affronter dans la vie quotidienne. Mais ce film nous dévoile aussi toute la tendresse et la générosité qui sont cachées en chacun de nous, et qui au fil de l'histoire se révèlent à maintes reprises.

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Audrey Tautou y est particulièrement touchante par son naturel presque enfantin, sa gentillesse et sa fraîcheur innées. Guillaume Canet se forge une identité plus abrupte et contemporaine mais il camoufle à peine une sensibilité à fleur de peau. Quant à Laurent Stocker, très "vieille France", il est l'élément plein de fantaisie décalée qui donne à ses rapports avec autrui une coloration "lunaire" et irréelle. Françoise Bertin est l'aïeule qui nous offre un visage plein de bonté, de nostalgie et d'abandon face à la sollicitude aimante de son petit-fils, et ceci en dépit d'une solitude assumée.

Un film qui pose sur les sentiments humains des couleurs rafraîchissantes et printanières.
                                                                                                                                                           R.R.

27 mars 2007

Ciné-ma Différence: S.O.S.Fantomes

Chassez les fantômes avec Ciné-ma Différence !
Dimanche 1er AVRIL 2007 à 11 heures

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au Cinéma Majestic Passy
18 rue de Passy, Paris 16ème
Entrée 4€
Métro Passy / Parking en face du cinéma

La séance suivante aura lieu samedi 28 avril à 11h à l'Entrepôt (14ème) :
L'Apaema organise des séances bimensuelles de cinéma ouvertes à tous mais destinées en priorité à des enfants, des jeunes ou des adultes handicapés mentaux, autistes ou polyhandicapés. L'objectif est de "profiter comme tout le monde de la possibilité d'aller à une séance de cinéma dans sa ville avec son enfant/son parent [et] pouvoir exprimer son plaisir, son intérêt, son inquiétude, son ennui, par des mouvements, des paroles, des bruits... sans déclencher regards furibonds et remarques désagréables", et de se familiariser avec le cadre et les usages d'une salle de spectacle. 

S.O.S  FANTOMES (Ghostbusters)  en VF
Réalisateur : Ivan Reitman, 1984
avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Harold Ramis, Sigourney Weaver, Rick Moranis, Annie Potts
Film américain

Genre : Comédie
Durée : 1h 50mn

Infos et programmes sur le site Internet : www.cinemadifference.com ou au 06 24 78 57 25.

 

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Ciné-ma Différence
Tél : 06 24 78 57 25
www.cinemadifference.com
contact@cinemadifference.com
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Catherine Morhange
Présidente de Ciné-ma Différence
Vice-présidente de l'Apaema
Tel : 06 16 90 76 58
catherine.morhange@cinemadifference.com
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19 mars 2007

Film : La vie des autres, de Florian Henckel Von Donnersmarck

 medium_viedesautres1.jpg avec Sebastian Koch, Martina Gedeck    
Berlin Est, 1984. Georg Dreyman est un auteur dramatique, bien en cour dans les cercles communistes. Sa compagne, Christa-Maria Sieland, est une comédienne reconnue. Le ministre de la culture demande à Anton Grubitz, un officier de la Stasi, la police politique du régime, de surveiller l’écrivain qu’il soupçonne de sensibilité aux idées venues de l’Ouest. En réalité, le ministre cherche à écarter Dreyman, dont il convoite la femme... L’officier truffe l’appartement du couple de micros, sa vie privée est écoutée, épiée, violée, 24 heures sur 24. Mais à travers ses écoutes, le lieutenant colonel Grubitz découvre les tourments, les hésitations de l’écrivain, la trahison de Christa-Maria, la duplicité de son supérieur...
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Ce film remarquable et talentueux de Florian Henckel Von Donnersmarck, jeune cinéaste allemand touche juste, et fort. Il y a dans “La vie des autres” l’Histoire, l’amour, le courage de certains et la lâcheté des autres, une réflexion sur la dictature, la liberté, et un chemin vers la rédemption. Les acteurs y sont tous excellents, et l’auteur a su transcrire l’atmosphère lourde et grise des pays de l’Est, tandis que la marmite bouillonne déjà.
    Gérard Desmedt      

12 mars 2007

ODETTE TOULEMONDE Film d’Eric-Emmanuel Schmitt

Critique à deux voix!

(Pour)

medium_toulemonde1.jpgOui, j'ai aimé ce film! Il dépeint une famille pas si démodée que ça : un logement étroit pour 3, 4, voire 5 personnes, la mère, géniale Catherine Frot a un petit boulot de vendeuse, complété par un travail  ''à la pièce'' fait régulièrement tous les soirs, (agencer des plumes pour des spectacles de cabaret), une fille sans charme, très mal dans sa peau, et un fils, coiffeur à l’heureux caractère, mais qui amène chaque jour un nouveau garçon dans son lit ...La mère donne le ton car elle est fantaisiste, philosophe, sensible, courageuse...On s'attache à cette femme qui décolle de la vie quotidienne au bas mot, qui s'enthousiasme pour des romans, qui chante et danse tout en faisant ses tâches pourtant peu gratifiantes dans cet appartement minuscule. Oui, ce film est à la gloire des femmes seules qui doivent assumer leurs enfants tout en travaillant. Arrive dans sa vie le ténébreux écrivain (Albert Dupontel) de ses romans chéris...mais il ne fait pas le poids à côté d'elle. Cette actrice joue décidément très juste et a beaucoup d'humour, on rit ! Je ne nie pas qu'il y ait quelques clichés...mais tout compte fait, c'est assez normal de s'envoler dans la nuit sur un croissant de lune, avec un amoureux...

B.B. 

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(Contre)

Ce sont plutôt de bonnes choses qui restent de cette femme romanesque qu'est Odette. Sauf que c'est Catherine Frot et que l'on ne croit pas vraiment à son côté inculture de midinette. Alors bien sûr, en fleur bleue amoureuse de son auteur préféré, elle est merveilleuse mais c'est encore un rôle de composition. On pense à la sœur provinciale des  « Sœurs ennemies », à la femme décidée de « Mon petit doigt m‘a dit » et on n‘y croit pas énormément à la femme heureuse d'un rien, qui chante et danse en écoutant des disques de Joséphine Baker, c'est un peu trop rétro. Comment s’identifier à ce personnage équilibré et inébranlable (voir sa réaction très distancée face à la femme battue). Sa vie n’est pas facile pourtant entre le nouveau copain de son fils homosexuel et l’ancien copain de sa fille, toujours affalé devant la télé; mais pour elle, tout va bien. En fait, Odette n’a rien à voir avec vous et moi, c’est une sainte. D’ailleurs, tous les jours, dans ses déplacements invariables, elle fait la rencontre de Jésus. Pas étonnée du tout, elle lui lance à chaque fois un affectueux « ça va Jésus »? Le pauvre Jésus semble en mauvaise passe…

Et lorsqu’elle voit l’homme qu’elle aime repartir vers son foyer et que son cœur lâche, elle s’allonge près de Jésus agonisant. On eût aimé que le film s’arrêtât là, mais un réalisateur incapable de résister à la bluette la fait ressusciter et convoler? Pour le coup, on y croit moins ! On peut trouver la fin lourde et convenue. Dommage.

M-J.C.

05 mars 2007

Michou d'Auber

film français de Thomas Gilou et Messaoud Hattou.

medium_michou1.jpgVoici un film où l'émotivité est forte sans être ridicule, où les bons sentiments ont le goût de l'honnêteté. Cela se passe en 1960, en pleine guerre d'Algérie. Un enfant kabyle est laissé à la DDASS par son père dont la femme est mourante, avec son frère aîné. L'enfant, Messaoud, est pris dans une famille vivant en pleine campagne française, le Berry ; lui est un ancien militaire traumatisé par la guerre d'Indochine, elle est femme au foyer n'ayant pas pu avoir d'enfant.

Toute l'histoire porte sur l'intégration de cet enfant " arabe " dans un milieu particulièrement hostile, enfant que l'on fait appeler " Michel " ou Michou pour les intimes, qui va au catéchisme après avoir dû s'efforcer de ne plus parler d'Allah. Le film est touchant par l'amour que développent ces parents adoptifs, amour qui grandit en passant les barrières des a priori, des idées toutes faites, grâce en grande partie à l'extrême intelligence vive et aimante de Messaoud-Michel.

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Son frère, placé dans une famille plus frustre se montrera vite rebelle. Mais ce qui donne un relief tout particulier au film est le contexte politique de la guerre d'Algérie. Les blessures morales des soldats rentrés, l'action des membres de l'OAS, le racisme affiché, crée une ambiance générale tendue pendant qu'à Paris se multiplient les émeutes.

Et pourtant, chaque personnage du film est le témoin de la complexité humaine, des multiples facettes de toute personnalité qui font que ce n'est pas si simple que cela le racisme ou la différence…Comme le dit le père adoptif à un moment donné, après avoir été reçu -à contrecœur- comme un prince par une famille fêtant l'Aïd, " c'est quoi être arabe ou ne pas être arabe, c'est un peu plus d'un côté, un peu moins de l'autre, et puis çà change quoi…rien pour l'Autre, là-haut " (de mémoire). Les comédiens sont magnifiques et très convaincants. 

                                                                                                                                                 Isabelle Loutrel 

03 mars 2007

L’italien

medium_italien1.jpgDe nos jours, dans la campagne enneigée de la Russie , un couple d’Italiens vient choisir pour adoption un enfant recueilli dans un orphelinat avec un grand nombre d’autres malheureux perdus ou abandonnés .Aussitôt leur choix fait, en attendant que les papiers soient remplis, l’enfant devient pour ses camarades dépités «  l’Italien ».

 Nous avions entendu parler de ces orphelins de Russie et le talent du réalisateur nous les fait rencontrer et suivre au long de leurs journées communautaires remplies de violence, car dans cette société close, la loi du plus fort est sans pitié, mais surtout d’attente . Qui viendra? Des parents potentiels pour ces enfants ?Ou leur mère, prise de remord?

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Ce qui force l’admiration , dans ce film,,outre le jeu fascinant du jeune Vania ( Kolia Spiridonov), c’est le parti pris du réalisateur, Andrei  Kravchuk de jouer la sobriété de ton. Le malheur des enfants n’est jamais souligné, il est suggéré. Les personnages des adultes responsables de cette « Institution » particulière sont remarquablement saisis, dans leur avidité de gain et leur lâcheté. Mais c’est compter sans l’ingéniosité et l’héroïsme de Vania, parfaite figure de  résilience, qui a décidé, lui, qu’il avait droit au bonheur. Une merveilleuse leçon de ténacité et de liberté.

MJC 

 

 

19 février 2007

La Môme

 medium_Lamome.jpgEnfant du "Paname populaire", aujourd'hui bien lointain, cette "Môme", qu'Olivier Dahan ressuscite, est riche en images fortes. Le pavé de Belleville, les cabarets, le monde interlope du milieu croisent l'ascension de la chanteuse découvrant New-York et l'Amérique, les galas à l'Olympia, mais aussi les amours tumultueuses, la descente aux enfers par l'alcool, et enfin la déchéance…

Marion Cotillard est impressionnante de vérité. Elle s'incarne et incarne l'âme et le physique de Piaf. Elle apporte une troublante copie à l'image sans retouche de l 'original, tandis que le montage du film avec ses flash-back incessants donne au film un rythme haletant, parfois brouillon mais toujours puissant.

La tentation de donner à l'ensemble une vision mélodramatique est certaine, et on aurait apprécié de voir plus marquée l'importance de certains personnages secondaires, ceux-ci n'apparaissant qu'en filigrane, sans doute pour ne pas affaiblir l'icône flamboyante de la star.

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Ce film est une biographie attachante qui renforce l'image vivante du mythe d'une vedette toujours éternelle, et dont la chanson était sa seule raison de vivre.

                                                                                                                                                                                                               R.Rillot  

 

 

31 janvier 2007

« Je vais bien, ne t’en fais pas » de Philippe Lioret

medium_18649422.jpgDans la sélection des nominations pour l’attribution des Césars, ce film est particulièrement émouvant. Vous pouvez encore le voir dans les cinémas d’art et d’essai tels que le Denfert ou l’Entrepôt.

Lili (18ans) revient de vacances. Elle s’inquiète de l’absence de son frère jumeau, Loïc, ses parents lui répondent de manière très évasive. Elle apprend seulement qu’il est parti à la suite d’une dispute avec son père. Commence l’attente de plus en plus désespérée de Lili qui se laisse mourir jusqu’au moment où elle reçoit un mot de lui qui la tire de sa dépression. Elle quitte le domicile de ses parents où l’ambiance est de plus en plus lourde et triste. Elle devient caissière et part à la recherche de Loïc pendant les week-ends.

Le film décrit avec une très grande justesse cette quête angoissée, et l’inertie apparente des parents dont on découvre peu à peu la souffrance insurmontable et l’impuissance totale à expliquer la situation à leur fille et à lui apporter le soutien qu’elle attend d’eux.

Les relations entre les parents et les enfants, au moment où ceux-ci deviennent adultes et où l’amour qu’ils éprouvent les uns pour les autres n’arrive plus à se dire, sont admirablement rendues grâce à une mise en scène dépouillée et au jeu des acteurs toujours retenu : un regard, un dos plus voûté  de Kad Mérad expriment sa solitude, sa culpabilité. Isabelle Renauld incarne parfaitement, la mère, totalement déchirée. Mélanie Laurent, Lili, est tout à la fois charmante et émouvante, elle passe de la révolte au désespoir avec une grande sincérité. Toutefois le scénario, bâti à partir d’un roman d’Olivier Adam, comporte des invraisemblances gênantes qui affaiblissent un peu cette description si fine et attachante d’une famille en plein désarroi.

Monique Garrigue

28 janvier 2007

Le grand silence: interview du réalisateur

La Voix vous a récemment présente le film Le Grand Silence, tourné à la Grande Chartreuse par Philip Gröning, seul cameraman, sans éclairage artificiel, sans équipe technique et en respectant l'obligation de silence.Philip Gröning est allemand mais s'exprime en français.

Le site internet des jeunes chrétiens inXL6 a réalisé une interview du réalisateur, qui apporte un grand éclairage à son oeuvre. Interview que vous pouvez lire en cliquant sur le lien suivant: Interview de PH.Gröning

05 janvier 2007

Le grand silence

Une longue file d’attente sur le trottoir devant le cinéma l’Arlequin, rue de Rennes. Une assistance attentive dans un silence quasi religieux. Elle marque sa satisfaction par des applaudissements à la fin de la projection.

Pas d’action, pas de musique, simplement les bruits de la vie de tous les jours dans ce monastère de la Grande Chartreuse. Un cadre exceptionnel au flanc de la montagne dans le Vercors. On devine que la vie doit être rude sous ce climat. On entre dans ce monastère en hiver, quand la neige a tout recouvert. La caméra s’introduit partout, voit tout, d’abord le moine agenouillé à son prie-dieu. Elle insiste pour nous dire qu’il passe de longues heures en contemplation. Puis ce sont les occupations, sans éclat, de la vie de ce solitaire, dans ce cadre si rustique: lectures, repas, préparation de la provision de bois pour l’hiver. Ce sont aussi les temps de vie commune, à la chapelle, au réfectoire le dimanche, à la promenade une fois par semaine.

L’ambiance vous saisit. On redécouvre les vertus du silence, la poésie que recèle les choses les plus simples : le spectacle changeant de la nature selon les saisons, le bruit de la pluie qui tombe, le vent agitant la forêt… On se prend à penser que l’agitation perpétuelle de notre monde nous a, semble-t-il, entraînés dans une course folle qui nous a rendus aveugles sur les beautés ordinaires de ce monde.

Le spectateur brûle du désir de connaître le secret de ces hommes qui ont choisi de vivre une vie si différente de la nôtre. Les voici, au plein de l’écran, l’un après l’autre. Leur regard intense, plusieurs secondes durant nous pénètre : beaux visages pacifiés dont on envie la profondeur !

Un beau film à voir. Ce n’est pas ce qu’on présente d’ordinaire au cinéma. Un film qui nous incite à faire retour sur nous-mêmes, à redécouvrir le sens de la transcendance, la profondeur des choses.

fr Bernard M.

Pour en savoir plus cliquez ici :

 

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16 novembre 2006

Désaccord parfait

Une comédie sentimentale

medium_desaccord.jpgL'humour anglais  joint à celui de l'esprit français, donne à ce film une tonalité particulière. Lorsque Alice d'Abanville (Charlotte Rampling) doit remettre au cinéaste Louis Ruinart (Jean Rochefort) le "Batar" d'honneur pour son œuvre, on entre tout de suite dans un univers où fleurissent les petites phrases assassines, les rancoeurs en tout genre, les répliques vachardes accompagnées de banderilles bien placées.

Autrefois, Alice et Louis ont vécu une grande passion, voici de cela trente ans. Puis ils se sont séparés. Aujourd'hui, les règlements de compte alimentent l'acidité de leurs propos, et montrent que les plaies du passé ne sont pas toutes refermées. Mais au delà de ce nouveau face à face, les sources de la tendresse ne sont pas taries. Gestes et paroles révèlent l'âme de chaque personnalité dans une possible et probable réconciliation qui serait à venir, mais qui pour l'instant est bien fragile et aléatoire. A ce stade, le film semble vouloir donner raison à un certain, sinon désenchantement, du moins détachement de chacun, face à l'ambivalence des sentiments.

Dès  le début, un cocktail savoureux et décalé se met alors en place, illustrant les situations, où la fantaisie, le burlesque l'emportent sur le comique convenu ; cocktail soutenu par l'ironie et les sarcasmes d'Alice dont l'image s'oppose à celle de Louis, celle-ci un brin surréaliste, déjantée, en un mot poétique.

Le spectateur retrouvera ici, tant dans les dialogues que dans les situations, le schéma traditionnel de la comédie sentimentale, celle à laquelle nos parents, nos grands-parents adhéraient sans réserve. A vous d'en évaluer le juste équilibre.

On pourra regretter cependant qu'Antoine de Caunes n'ait pas cru devoir prolonger au delà des premières scènes le rythme tonique des premières images, et rendre ainsi les séquences suivantes plus dynamiques. Par moment, on s'assoupit… Dommage.

R. R.

06 novembre 2006

The Queen, ou la fragilité du pouvoir

medium_the_queen.jpgLa mort accidentelle de Lady Diana, survenue le 31 août 1997, et qui bouleversa autant le peuple anglais que de nombreux admirateurs dans le monde entier, a permis à Stephen Frears de montrer avec délicatesse et beaucoup de tact, que derrière le "mur" du pouvoir, l'être humain, qu'il soit Reine d'Angleterre ou Président d'une nation, peut être, face à la raison d'Etat, sujet aux atermoiements, aux hésitations dans les décisions à prendre, et cela devant une opinion publique, plus encline à exprimer ses émotions immédiates, qu'à privilégier les impératifs de la raison.

L'enjeu est ici autant sentimental que politique, car la monarchie britannique, lors de cet événement improbable, a failli perdre sa crédibilité. Elisabeth II, interprétée d'une manière géniale par Helen Mirren, est au centre d'un conflit à la fois d'ordre privé et politique, où Tony Blair joue finement sa carrière.

L'émotion est toujours présente dans ce film. Partagée entre les conventions d'une éducation rigide, passéiste et les élans du cœur, Elisabeth finira par accepter d'aller au devant de ses sujets afin de partager avec eux, leur chagrin et ainsi retrouver in fine, auprès de la nation britannique le prestige d'une monarchie malmenée dans ses fondements.

Ce film est une belle réalisation qui oriente notre réflexion sur les réalités du pouvoir, ses faiblesses, ses incertitudes, mais aussi sur le charisme d'une reine désireuse de retrouver l'affection de son peuple.



                                                                                                                                                          R. Rillot